À la fin de la Rencontre Ibéro-américaine de l’Année Internationale des Afrodescendants (Afro XXI) ce samedi, les pays de la région se sont mis d’accords pour la création d’un fonds à contributions volontaires pour financer des projets dédiés à la préservation de la culture africaine qui servira de réparation historique à la population noire.

AFROXIIILe fonds sera administré par le Secrétariat-Général Ibéro-Américain (Segib), selon la déclaration signée lors de la clôture de l’événement qui s’est déroulé à Salvador, capitale de Bahia, qui a vu la présence de quatre présidents et de hauts représentants de 16 pays latino-américains et africains.

Parmi les autorités ayant pris part à la rencontre organisée en raison de l’Année Internationale des Afrodescendants se trouvaient la présidente Dilma Rousseff; les chefs d’état de l’Uruguay, José Mujica; de la Guinée, Alpha Condé, du Cap Vert, Jorge Carlos Fonseca; ainsi que le premier-ministre de Saint-Vincent et des Grenadines, Ralph Gonsalves.

Le vice-président de la Colombie Angelino Garzón, le secrétaire-général ibéro-américain, Enrique Iglesias, ainsi que des hauts fonctionnaires des organismes de l’ONU étaient également parmi les représentants politiques et des organisations présentes.

En plus de la création du fonds, lors de la rencontre, il a été décidé d’instaurer un observatoire des données statistiques sur les afrodescendants en Amérique Latine et dans les Caraïbes, pour compiler les données sur la population noire dans la région avec pour objectif de contribuer au développement de politiques publiques.

La déclaration propose une décennie dédiée aux afrodescendants, qui englobe des initiatives contre le racisme et en faveur de l’intégration des noirs dans au cours des dix prochaines années.

De manière symbolique, la déclaration a inclus la proposition de nommer la ville de Salvador "Capitale ibéro-américaine des afrodescendants".

Un deuxième document a été élaboré lors de l’Afro XXI, la Charte de Salvador. Le texte regroupe une longue liste des principes et de recommandations visant à améliorer l’accès des noirs à l’éducation, à la justice et aux charges publiques, de même que des mesures pour éliminer la discrimination et la racisme.

La Charte demande aux pays du groupe de protéger les jeunes noirs qui subissent le "génocide" de la violence dérivée de la pauvreté et dénonce les pratiques d’intolérance religieuse et de dépréciation de la culture africaine.

Sur le plan politique, la constitution d’un forum permanent des afrodescedants aux Nations Unies a été suggérée de même que la fondation d’un centre historique pour préserver la mémoire de l’esclavage.

La présidente Dilma a indiqué lors de la cérémonie que jusqu’à ce jour, on ressent les "conséquences dramatiques" de l’esclavage, comme l’invisibilité "invisibilité" des pauvres, la misère, la violence, la discrimination et le racisme.

"La pauvreté au Brésil a un visage noir, féminin et très souvent infantile. Sauver ces populations est un des objectifs essentiel de mon Gouvernement", a affirmé Dilma, qui a défendu l’application de mesures inclusives et de redistribution de la richesse.

Dans le même ordre d’idées, le chef de l’État uruguayen a annoncé que son gouvernement fera bénéficier aux noirs de mesures politiques d’inclusion dans l’éducation dès 2012.

"Qu’aucun noir, aucun homme ou aucune femme qui coule dans ses veines du sang africain ne reste sans éducation de qualité", a affirmé Mujica, qui a souligné qu’il ne sera jamais possible de payer la dette historique due à la population originaire de l’Afrique.

Le président du Cap-Vert a insisté sur la défense de la liberté religieuse et culturelle comme élément faisant partie de la promotion de l’Égalité raciale.

"Nous ne pouvons pas oublier que les plus grandes violences liées au racisme sont contre la culture et la religion des afrodescendats

", a affirmé Fonseca.

Pour sa part, le responsable du Segib a évoqué la nécessité de surmonter l’exclusion et les inégalités entre les races en éradiquant le racisme, qui selon lui est un sentiment "très souvent incorporé à la société ".

"Le métissage représente le plus important actif social de l’Amérique Latine et de la Caraïbe, et il doit être reconnu avec un regard sur le passé, le présent et l’avenir", a souligné Iglesias dans son discours de clôture d’un événement qui a réuni près de 2000 personnes parmi lesquelles des étudiants, des dirigeants, des activistes depuis jeudi dernier.

 

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com