SCCPE (Équateur/ Prensa Ministerio de Justicia) - John Antón Sánchez, docteur en Sciences sociales, professeur de l'Institut des Hautes Études Nationales à temps complet et coauteur du livre "Pueblos Afro y Derechos Humanos: Del reconocimiento a las acciones afirmativas" (Peuples Afros et Droits Humains : De la reconnaissance aux actions affirmatives ) édité par le Ministère de la Justice, des Droits Humains et des Cultes.

John

Que repésente pour vous, en tant qu'afrodescendant le fait de publier ce livre ?

Ce livre représente pour moi une opportunité d'inclusion sociale, culturelle et intellectuelle des afrodescendants. C'est d'une très grande importance, car cela représente la construction théorique sur la façon dont on peut aborder le thème des droits et de la justice en partant de la perspective des peuples et des nationalités. Il peut y avoir d'autres livres sur d'autres groupes, mais celui-ci rend visible une population et un peuple qui a subi le racisme épistémologique académique.

Que pensez-vous de l'action de la justice en ce qui concerne les afrodescendants ou afroéquatoriens?

La Constitution de la République soutient que l'Équateur est un État de droit et de justice pour tous, mais il se trouve que au sujet des afrodescendants, la justice met/a des obstacles qui empêchent qu'elle existe, comme le préjugé racial, le racisme et la discrimination institutionnelle et la peur qu'ont les communautés d'exercer leurs droits auprès de ces institutions justement pour l'application de leur droits et de la justice.

Pourquoi en est-il ainsi?

Pour une raison très simple qui est qu'il existe une construction culturelle historique qui trouve refuge dans le racisme structurel, lequel tire son origine de l'esclavage avec tous les préjugés raciaux qui se sont maintenus jusqu'à nos temps modernes. On te dit que le noir représente le mal, le pervers, que le noir est synonyme de délinquance.

Le livre attaque donc ce problème en quelque sorte?

Avec ce livre, nous éduquons les nouveaux juges, les nouveaux fonctionnaires de justice qui est dans un processus de transformation qui a premis la consultation populaire de mai 2011, pour que la justice soit opérée sous le principe de la non-discrimination, de l'égalité et de la plutinationalité.

La publication d'un livre de cette nature peut-elle permmettre d'atteindre cet objectif ?

Non, d'aucune manière. Ce n'est qu'un acte symbolique important, mais il faut déconstruire l'État colonial, il faut changer la mentalité coloniale qui reste sous jacente dans nos sociétés latinoaméricaines.En Équateur, nous sommes en train de faire des pas importants vers la déconstruction. Je pense que le travail que fait le Gouvernement, le Ministère de la Justice aide à cristalliser cette déconstruction de manière à permettre que l'on sache que tous les citoyens sont véritablement égaux devant la loi.

Ce thème de la déconstruction du modèle colonialiste fait partie de l'agenda des afroéquatoriens et quelle a été la contribution du gouvernement actuel pour atteindre cet objectif ?

Il existe un agenda politique du mouvement social afrodescendant qui revendique les droits de l'égalité, les droits contre la discrimination et d'autres actions importantes comme les circonscriptions territoriales. Cet agenda a été interprété par le Gouvernement à travers des politiques publiques importantes comme le décret 60 et le Plan Plurinational contre le Racisme (Plan Plurinacional contra el Racismo). La situation est que ce Plan et les politiques publiques font face à une absence de culture de l'inclusion. Les fonctionnaires, les organisations ont besoin d'une psychiatrie institutionnelle pour déterminer où se trouves les relents du colonialisme, pour les attaquer et instaurer une nouvelle forme de traitement des afrodescendants. Ainsi on pourra présenter un agenda qui existe déjà, mais qui à cause des problèmes déjà décris n'a pas pu être appliqué à cent pour cent.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

Source : http://www.minjusticia.gob.ec