L'esclavage en Jamaïque et dans l'ensemble de l'Empire Britannique ne fut pas seulement brutal, il était extrêmement désordonné. Tellement que même la date de sa fin réelle est un sujet de discorde.

 

goldingDe telle sorte que, dans leurs messages exlatapns à l’occasion dela Journée de l'Émancipation, le Premier Ministre Bruce Golding et la chef de l'opposition Portia Simpson Miller ont sembléen désaccord sur l’anniversaire précis que les célébrations de ce jour marquent.

 

M. Golding note que " l'esclavage a officiellement pris fin à minuit le 31 Juillet 1834". Mme Simpson Miller elle se réfère exactement à quatre ans plus tard à "cette date glorieuse de la " Liberté Totale " du 1er août 1838" - à la fin d'une période "d’apprentissage" controversée; ayant pour seul but de faciliter la vie aux propriétaires blancs des plantations de sucre, qui étaient les principaux maîtres d'esclaves.

 

Bien sûr, de manière générale, la date réelle du 'Augus mawnin' importe très peu. Ce qui est beaucoup plus pertinent,c'est que nos dirigeants parlent d’une seule voix de l'importance de se souvenir de l'asservissement de notre peuple et du combat de nombreuses personnes, entre autre notre Héros national, Sam Sharpe, pour se débarrasser de ce crime épouvantable contre l'humanité.

 

Malheureusement, il reste un courant d'opinion important au sein de la population qui cherche à minimiser la valeur de l'histoire et de notre besoin de nous souvenir.

 

Ce journal pense fermement que ce n’est qu’en connaissant et en explorant notre histoire que nous pouvons vraiment comprendre le pourquoi et le comment de qui nous sommes, de manière à pouvoir mieux avancer. Sinon, nous risquons de faire les mêmes erreurs que dans notre passé sordide ou oublier les précieuses leçons que nous devons en avoir appris.

 

Nous suggérons que sur cette question de la traite négrière transatlantique et l'esclavage dans les Amériques, toutes les personnes d'ascendance africaine devraient chercher à imiter l'exemple des autres, surtout celui des Juifs qui n'ont jamais permis au monde d'oublier l'atrocité absolue que fut l’holocauste.

 

Dans le contexte de l'histoire humaine, 170 ans constituent un temps court et les tentacules de l'asservissement demeurent en nous. Une grande partie de l'ignorance,de la pauvreté, des inégalités, de l'indiscipline et de la dépravation qui affligent la société aujourd'hui ont des racines ancestrales dans cette période où certains estimaient qu'il était de leur droit de faire des autres leur propriété.

 

Dans le contexte Jamaïcain, nous devrions tous nous inspirer de la consistance de la lutte et de la résistance, active et passive, de ceux qui ont refusé d'accepter que l'esclavage et la brutalité étaient avec raison leur destin.

 

Ce refus consistant, et permanent de se soumettre à l'oppression et à l'injustice, même au risque de perdre des vies, conduira finalement à l'abolition de l'esclavage dans les années 1830.

 

Les exemples des combattants de la liberté tels que Sam Sharpe, Tacky, Nanny des Marrons et Paul Bogle (de la période post-émancipation) et les milliers d’anonymes qui les ont soutenus doivent être érigés ennormes pour nos jeunes et les enfants dans tous les forums.

 

Leur exemple doit être utilisé pour aider à inspirer l'organisation des communautés,alors que nous nous efforçons de lutter contre les criminels qui veulent terroriser et asservir à nouveau, et alors que nous construisonslaborieusement une économie et une société basées sur des conditions justes et équitables.

 

Ce que nous ne pouvons et ne devons pas faire, c'est de nier ou de supprimer notre histoire..]

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com.

 

http://www.jamaicaobserver.com/editorial/The-logic-of-Emancipation-Day_9353787#ixzz1Ttntmce4