Noelia Ojeda est membre de l’organisation Mizanga, un groupe de jeunes femmes afrodescendantes qui travaillent en faveur des exclus de cette société, entre autres les Noirs et ceux qui souffrent d’un handicap. Noelia est diplômée de l’Université de la République d’où elle a obtenu le titre de Licencié en Sciences Politiques, des études qu’elle a mené en faisant face aux conséquences d’un racisme se manifestant particulièrement dans les établissements éducatifs, mais qui s’étend avec une subtilité  claire dans les autres secteurs de la communauté uruguayenne. L’échange que nous avons eu avec la jeune membre de Mizangas à ce sujet que l’on n’a pas l’habitude d’aborder dans les grands médias a été très intéressant.

 

noeliaOn a beaucoup entendu dire qu’en Uruguay, le racisme n’existe pas, mais il s’agit là d’une négation de la réalité. Le racisme est présent à l’école, dans les différents milieux éducatifs et professionnels. C’est pourquoi nous voulons apporter notre grain de sable pour essayer de transformer cette réalité, pour sensibiliser les gens sur ces sujets”, explique Noelia Ojeda, qui a pris part le 13 juillet dernier au cycle de débats sur la diversité et ses contributions au cours des 200 ans de la révolution artiguiste.

 

Elle reconnait cependant que des politiques ont été établies, qui ont provoqué une avancée dans la prise de conscience pour l’égalité,  mais il y a encore beaucoup à faire. Récemment à Montevideo, il y a eu ce cas horrible d’un monsieur qui a été frappé parce qu’il est afrodescendant, et sa vue est en danger. C’est ce qui me fait dire que si les choses ont effectivement avancé, il y a encore beaucoup à faire”.

 

Noelia affirme qu’il est nécessaire que “la Justice agisse, que l’on actualise les droits humaines généraux, selon toutes les perspectives. Il aussi beaucoup à faire en terme d’éducation, en ce qui concerne la santé des afrodescendants parce que nous sommes sujets à des maladies d’hypertension beaucoup plus que la population Blanche, nous sommes sujets à des maladies du cœur beaucoup plus que la population Blanche ”.

 

Il manque des politiques actives pour renverser ces situations. Mais de même, dans le monde de l’emploi. Les afros en général gagnent moins; les femmes noires pour leur part gagnent moins que les femmes blanches; on ne se préoccupe pas très souvent des droits  si les choses ont évolué dans le secteur du travail domestique, il y a un grand manque en ce qui concerne l’engagement de la partie patronale et syndicale. Mais pour cela, nous devons nous aussi apporter notre grain de sable”, précise la jeune membre de Mizangas, organisation  qui travaille par le biais d’ateliers organisés avec des institutions publiques et sociales, en tachant de renforcer fondamentalement l’identité raciale des jeunes.

 

Dans ce sens, Noelia a souligné que  très souvent, les jeunes doivent quitter leurs lieux d’étude et de travail parce qu’ils se sentent discriminés, on leur applique le racisme même dès l’école. On dirait que non, mais il y a des choses qui marquent les enfants”.

 

Il existe des problèmes structurels dans la société qui ne permettent pas que les afrodescendants atteignent certaines sphères ou certains postes de travail. Nous dénonçons tout cela pour tenter de renverser la situation”, a-t-elle ajouté au moment de préciser que “notre tache auprès des jeunes contemple cette approche, celle de se positionner, de faire valoir ses droits, de s’auto valoriser, de se respecter soi-même en partant de l’image aux autres droits”.

 

Sur son expérience à l’Université,  Noelia Ojeda indique que “jusqu’en troisième année de Faculté, j’étais la seule personne noire de ma  génération. On se demande alors, que se passe-t-il?, il n y a pas de noirs? Il y a des noirs, mais ce qu’il y a c’est qu’ils n’y accèdent pas”.

 

À partir de l’Université, des politiques  importantes peuvent être établies dans ce sens; il y a la bourse Carlos Quijano qui est une aide financière pour le troisième cycle universitaire, même si nous estimons que d’autres appuis concrets pour la population afrodescendante manquent encore”, a-t-elle ajouté.

 

Noelia soutient que la discrimination dans une salle de classe  est très subtile et au niveau du tertiaire, elle ne se manifeste presque pas. Je ne peux pas dire que je me suis sentie discriminée par les professeurs et qu’ils ont été violents envers moi, mais je peux l’affirmer en ce qui concerne certains camarades  avec lesquels ils n’ont pas voulu se retrouver, parce qu’ils ne veulent pas que quelque chose disparaisse de chez eux, car qu’ils pensent que les noirs sont des voleurs ou quelque chose comme ça. Donc, le problème ne vient pas des noirs, il vient du blanc qui a un préjugé”, affirme la Jeune de Mizangas.

 

 

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com 

 

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