Voyage théâtral à travers l'histoire des Garífunas
Le groupe Superación de Guadalupe( Colón) a présenté l'oeuvre communautaire “Loubavagu”.
San Pedro Sula, Honduras
Par Carlos Rodríguez: carlos.rodriguez@laprensa.hn
En revoyant "Loubavagu" (L’autre côté lointain), il semble que dans des pays comme le nôtre, il n'y a pas de changement et chaque génération doit répéter les luttes du passé pour revendiquer et défendre se droits. Et encore plus quand il s'agit de groupes sociaux considérés comme mineurs et marginalisés depuis des siècles qui rentrent dans une catégorie sous-développée dans un pays sous-développé.
L'histoire des Garifuna est imprégnée de résistance, un mot diabolisé de nos jours, mais applicable à ce peuple qui est allé à contrecourant pour défendre sa dignité. Toujours sous la direction du célèbre dramaturge Rafael Murillo Selva, le groupe Superación de la comunidad de Guadalupe dans le département de Colon, a voyagé pour présenter "Loubavagu" à l'auditorium du Musée d'Anthropologie et d'Histoire de San Pedro Sula.
L'espace était rempli, principalement de jeunes qui ont eu l'honneur d’apprécier l’une des pièces théâtrales les plus importantes du Honduras, qui universalise les problèmes qui touchent d’autres groupes dans le monde : principalement la marginalisation et la discrimination.
Humour et Réalité
"Loubavagu" commence avec le naufrage au large des côtes de l'île de San Vicente de navires qui transportaient des esclaves africains. Les descendants de ceux qu’on appelle aujourd’hui les Garifunas s’établirent alors sur l’île.
L’œuvre n’omet pas le contexte historique qui renvoie à la lutte entre les empires britannique et français, qui se répartissaient ces terres comme on échange des cartes de poker. Nait alors le personnage de Satuyé, premier héros Garifuna qui opposa une résistance aux anglais qui tentaient d’hypothéquer la liberté de son peuple. Héros respecté par les Garifuna, comme Lempira et Francisco Morazán. Joseph Satuye devrait-il apparaitre dans les manuels d'histoire comme un héros national, puisque lorsque Lempira résista, il défendait son territoire et non pas une division géographique aujourd’hui connue sous le nom du Honduras?
Satuyé sera assassiné et les garifuna déportés. Finalement, ils s’installent sur la côte du Honduras le 12 avril 1797. Le début d'une nouvelle lutte.
"Loubavagu" reflète également l'un des conflits non résolus au Honduras: la lutte agraire. La pièce théâtrale montre de quelle manière les Garifuna, après un long processus bureaucratique, réussissent à obtenir leur titre de propriété. Même si par la suite, ils devront faire face au harcèlements des puissants qui vont même jusqu’à assassiner pour s'emparer de leurs terres.
"Loubavagu" porte cependant également la critique de la communauté garifuna qui perd son identité, en particulier quand elle revient des États-Unis. Bien qu’on y retrouve de l’humour et de la danse " Loubavagu" n'est pas un spectacle pour divertir, c’est le miroir qui reflète des siècles de résistance.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Quatre ouvrages présentent l 'Afrodescendance au Mexique et en Amérique Centrale
Quatre volumes sur l’afrodescendance au Mexique, en Amérique Centrale et dans les Caraibes viennent élargir la collection 'Africanía'.
VILLE DE MÉXICO- Découvrir les similitudes culturelles, politiques et sociales que l’on retrouve dans les différents peuples d’origine africaine au Mexique et en Amérique Centrale : tel est l'un des objectifs de la série 'Africanía', dont les quatre derniers volumes ont été présenté ce lundi à la Maison de France de México.
Dans la collection, on retrouve 'Política e identidad. Afrodescendientes en México y en América Central' (Politique et identité. Afrodescendants au Mexique et en Amérique centrale ), 'Mestizaje y diferencia alrededor del Caribe' (Métissage et différence dans les Caraïbes) , 'De la libertad y la abolición: africanos y afrodescendientes en Iberoamérica' ( De la liberté et de l'abolition:. Africains et afrodescendants en Amérique Ibérique) et 'Debates históricos' contemporáneos: afrodescendietes de México y Centroamérica' (Débats historiques contemporains :afrodescendants du Mexique et d’Amérique Centrale" .
La première publication a été coordonnée par Odile Hoffmann, la deuxième par Elisabeth Cunin, la troisième par Juan Manuel de la Serna et la quatrième dernière par Maria Elisa Velázquez.
La présentation a eu lieu en présence des coordinateurs et d’Alicia Castellanos, qui a souligné l'importance des deux premiers volumes.
Elle a indiqué que ces livres "représentent une œuvre collective, qui offre un panorama personnel pour la connaissance des afrodescendants et en ce sens, c’est un travail ayant une nouvelle approche dans les interprétations théoriques et méthodologiques".
L'anthropologue de l'Université Autonome Métropolitaine (UAM) Iztapalapa a affirmé que pour les études ethniques, ces recueils contribuent à la réflexion sur l'importance d'étudier les processus de métissage, tout en renforçant la notion de recherche.
Pour Elisabeth Cunin, chercheuse à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD, France), l’œuvre qu’elle a coordonné a pour intention de montrer le métissage comme faisant partie de l'idéologie nationale. Elle clarifie également la complexité de ce phénomène.
"Dans le même métissage, il y avait des populations afrodescendantes, mais d’autres également comme les Chinois, les Turcs, entre autres, et c’est donc un repenser le métissage à partir de l'intrusion des afrodescendans", explique-t-elle.
Du point de vue de la docteure en géographie (Bordeaux, 1983), Odile Hoffmann, le volume qu’elle a sa charge a la particularité de traiter l’afrodescendance en partant de la perspective politique et identitaire.
Dans ce sens, elle précise que ce travail "aborde la politique en partant du multiculturalisme à une politique du métissage, et même à la négation des populations noirs ; ce qui signifie qu’il y a divers façons politique de revendiquer ou de nier le fait africain".
La chercheuse a également indiqué que les quatre volumes sont nés de l'idée d'une congrès 'Diáspora, nación y diferencia' (Diaspora, nation et différence), qui s’est tenu à Veracruz en 2008.
La série 'Africanía' a été créée en 2005 à l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), compte tenu de la nécessité de faire connaitre les recherches historiques et anthropologiques en la matière.
Ainsi, les quatre recueils sont les premiers à aborder la question des afrodescendants au Mexique, en Amérique Centrale et dans les Caraïbes à partir d’une étude comparative.
Concernant les deux autres ouvrages, Maria Elisa Velázquez indique qu’on "n’en n’a pas parlé pour des problèmes logistiques. "
Toutefois, la chercheuse de l’l'INAH explique que dans le cas de 'De la libertad y la abolición: africanos y afrodescendientes en Iberoamérica' (De la liberté et l'abolition: africains et afrodescendants en Amérique latine) il comprend un partie historique dont l’axe central est la période coloniale.
D’où l'objectif est "de proposer de nouveaux paradigmes, de nouvelles discussions théoriques et réfléchir sur le processus de la liberté et de l'abolition de l'esclavage", signale-t-elle.
Elle souligne que 'Debates históricos contemporáneos: africanos y afrodescendientes de México y Centroamérica' (Débats historiques contemporains : africains et afrodescendants du Mexique et en Amérique centrale) sera prêt dans deux mois, et viendra agrandir la série 'Africanía' qui est composée de sept livres.
Signalons enfin que pour cette présentation ont pris part l'INAH, l'IRD, le Centre d'Études Mexicains et d'Amérique centrale (Cemca), l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM) et les projets Afrodessc et EURESCL AFRODESC.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Daniela Gomes du Mouvement Noir Brésilien : "j'aime mes cheveux afros"
Par Daniela Gomes
Chaque fois que je me regarde dans le miroir avant de sortir et que je vois la façon dont j’utilise mes cheveux aujourd'hui, je constate à quel point ils sont beaux et qu’ils correspondent très bien à mon style.Dans le même temps, me vient habituellement à l'esprit un morceau de Corinne Bailey Rae,
Put your records on qui dit: "Don't you let those other boys fool you. Gotta love that afro hairdo ("Ne te laisses pas tromper par ces garçons. Tu dois aimer ta coupe afro). "
Mais choisir d'utiliser les cheveux afro implique beaucoup plus qu'une simple décision entre défriser ou ne pas défriser ses cheveux, cela implique plus que l'esthétique, accepter de savoir que c’est une option aussi bonne que toute autre.
Il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de regarder une émission de la top-modèle Tyra Banks, ayant pour thème"What is good hair,"(C’est quoi les bons cheveux) où des femmes noires de différents âges, et même des enfants, racontaient leurs aventures et mésaventures avec leurs cheveux et affirmaient que porter les cheveux naturels n’était pas une bonne chose, ou que ce n’était pas acceptable.
Entendre ces témoignages dans l’émission m'a rappelé ma propre relation avec mes cheveux et le poids placé sur nous par la création du stigmate des "bons cheveux".
Cela m’a également fait comprendre qu'il s'agit là d'une autre des particularités partagées par ceux qui sont victimes du racisme, peu importe dans quel pays de la diaspora ils sont nés.
Comme tous les autres enfants noirs au Brésil, j'ai été élevée sous le stigmate de "bons cheveux", ou mieux, le stigmate de ne pas avoir "de bons cheveux". Ce fut l'une des caractéristiques qui m'a fait comprendre de quelle manière mes cheveux renvoient à ma négritude, puisque avec ma peau claire, supposément au Brésil, je ne devrais être victime du racismed’aucune manière.
Mais contrairement à ce que prêchent ceux qui défendent la non-existence du racisme dans notre pays, cela, à mon avis a toujours été l'une des discriminations les plus cruelles.
Quand j’étais enfant, mon désir était d'avoir les cheveux lisses. Je souffrais quand les autres enfants se moquaient de moi et me disaient que mes cheveux étaient en laine d'acier ou riaient quand ils étaient plus touffus. Peigner les cheveux était alors une autre souffrance, même avec toute la patience de ma mère ; il n y avait pas à l’époque au Brésil, des produits spécifiques pour les cheveux afros.
Je me souviens bien que j’enroulais des serviettes de bain sur mes cheveux et je les secouais comme une queue-de-cheval, de la même façon que les filles aux cheveux lisses le faisaient.
A cette époque, ma plus grande douleur était de ne pas être invitée pour être demoiselle d'honneur d’une connaissance, car dans ma tête d’enfant de six ans, cela se produisait parce que j’étais la seule enfant avec les"mauvais cheveux".
J'avais sept ans lorsque j'ai défrisé mes cheveux la première fois. Je me souviens encore avec précision de la forte odeur du produit, qui me faisait penser aux égouts. Je me souviens plus encore de ma joie de voir que mes cheveux étaient finalement lisses.
Mais évidemment, le processus de lissage est temporaire, alors après quelques mois,mes racines crépues insistaient pour réapparaître. D’où la recherche constante de garder les cheveux encore plus lisses n’a fait qu’augmenter ; je suis passée par le touca de gesso (une ancienne méthode de défrisage, qui peut être considérée comme le grand-père du défrisant progressif), qui m'a donné une migraine durant plus d'une semaine.
Puis je suis revenue au lissage acheté en pharmacie, jusqu'à ce que je découvre le défrisage à la soude à l'âge de 16 ans environ.
Cette méthode a été choisie pour son efficacité à laisser des cheveux lisses et "naturels", mais leurs contre-indications étaient de graves brûlures à différentes endroits du cuir chevelu.
Entre un défrisage et l’autre, mon processus de conscientisation au sujet de ma négritude se produisait progressivement, et un jour en lisant la biographie de Malcolm X, je me suis rendue compte que l’agression qu’il avait subie pour lisser ses cheveux et devoir se rincer la tête dans les toilettes, était la même que je subissais quand j’utilisais un produit ayant comme élément principal de la soude caustique qui me causait des blessures sur toute la tête.
Mais je n'étais pas encore prête à laisser mes cheveux naturels, toutes les années de lavage de cerveau qui disaient que mes cheveux étaient "laids" ou "mauvais" avaient très bien fonctionné, puisque je n’arrivais pas à penser à leur épargner les produits chimiques. Une des raisons était de croire que cela ne me permettrait pas trouver un bon emploi, ce qui malheureusement reste une réalité au Brésil.
Après quelques années, j'ai découvert les tresses (un type de tresses différent de ce que je portais enfant), le Kannekalon qui fut mon premier contact avec une coiffure complètement afro et en même temps, mon passeport pour le côté "marginal" des cheveux.
Quand j’ai choisi de porter des tresses, j'ai entendu toutes sortes de questions possibles, allant de pourquoi je n'enlevais pas cette "chose horrible" à est ce que je ne lavais pas mes cheveux quand je portais "ça", et même carrément se permettre d'attraper mes cheveux dans le métro pour voir de quoi ils étaient faits.
Mais j'aimais mes tresses, j'ai toujours été très heureuse de porter mes cheveux ainsi.
Dans l'intervalle entre une tresse et une autre, je continuais de défriser mes cheveux, par le biais de procédés moins agressifs, mais sans la "patience" de les laisser pousser naturellement.
Jusqu'à finalement avoir le courage de les couper, de porter des tresses jusqu'à ce que mes cheveux naturels soient longs et de changer les tresses pour l’afro, ou le black comme on l'appelle ici.
Il pourrait tout juste s’agir d’une autre histoire, car après tout, les femmes changent leur coiffure facilement, ou il pourrait juste s’agir d’une autre mode. Mais j’ai eu très mal de voir les enfants de cette émission expliquer pourquoi ils ne porteraient pas leurs cheveux naturels, pour eux, pour moi et pour toutes les autres filles noires qui en ont souffert et souffrent encore.
Ce n'est pas un processus facile, j'entends encore beaucoup de blagues et de rires quand je marche dans la rue avec mes cheveux afros, beaucoup de gens ne comprennent toujours pas et me disent que c’est laid. C'est quelque chose de plus intrinsèque que l’on pense, car le stigmate des "mauvais cheveux" fait partie de notre société et est à ce point subtil que, souvent, on ne s’arrête pas pour y penser, ni à ce que cela cause dans nos esprits.
Ne pensez pas que j'ai des problèmes avec les cheveux défrisés, relâchés ou de tout autre type. Je ne crois pas non plus que les femmes noires puissent être moins conscientes parce qu’elles ont les cheveux défrisés, mais je crois que cela vaut la peine que l’on s’arrête pour réfléchir sur la raison qui nous amène à faire cela. Est-ce juste parce que c’est quelque chose que nous aimons, un choix de plus, ou est-ce quelque chose de plus profond, qui nous transforme en ses petites filles qui veulent avoir les cheveux lisses et blonds que nous n’aurons jamais.
Je vous laisse cette question et je peux dire que je me sens libre en me regardant dans le miroir et de dire : j'aime mes cheveux afros!
Source:Meu cabelo afro é lindo / My afro is pretty
Traduit de l'Ansglais et du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/
Des sanctions plus sévères pour les femmes noires de peau plus foncée aux États-Unis?
Il y a eu beaucoup de discussions et de recherche sur la question de savoir si la nuance de la peau des africains-américains joue un rôle dans la réussite d'une personne dans la vie et dans la façon dont la société le traite. Et il semble désormais que le débat se soit étendu au système judiciaire. Une étude récente menée à l'Université Villanova a constaté que le ton de la peau avait un effet direct sur la durée des peines de prison requises pour les femmes noires dans le système carcéral de Caroline du Nord, de même que le temps qu’elles purgent leurs peines.
La recherche a découvert que les femmes noires qui étaient perçus comme ayant un teint clair étaient condamnées à des peines beaucoup plus indulgentes, avec à peu près 12% moins de temps en prison que celles qui ont une peau foncée. Les femmes noires de peau claire purgent également environ 11% moins de temps en prison que leurs homologues de peau foncée. L'influence du ton de la peau dans la vie d'une personne a souvent été examinée et débattue, mais cette nouvelle étude met en lumière le fait que le couleurisme, ou la préférence raciale basée sur la peau, est peut-être très bien effective dans notre système judiciaire, et cela pose la question suivante : la justice est elle vraiment aveugle aux États-Unis?
"La justice n'est pas aveugle, en fait, il est plus juste de décrire la justice comme étant myope," déclare Lance Hannon, professeur de sociologie à l'Université Villanova qui est co-auteur de l'étude avec le professeur de sociologie Robert Defina et l’ancien étudiant de troisième cycle Jill Viglione.
"La justice est trop souvent décidée par la capacité à sympathiser avec un accusé ou avec la victime du crime. La compassion quant à elle, est souvent le produit de plus grandes forces sociales comme la ségrégation et la représentation de certains groupes par les médias. Parmi les Noirs, les caractéristiques associées à la blancheur semblent avoir un impact significatif sur les résultats importants dans la vie, comme la quantité de temps qu'on passe en prison. L'étude en question s’ajoute à un nombre croissant de recherches sur le coleurisme qui souligne la complexité du racisme dans notre société. "
L'équipe de recherche a examiné le maximum de peine de prison possible à purger et le temps réel que plus de 12 000 femmes noires condamnées à la prison en Caroline du Nord ont purgé de 1995 à la mi-2009 en utilisant les données du Département des Services Correctionnels de la Caroline. Les informations incluaient la couleur des cheveux, la couleur de yeux, la taille, le poids, le bâti du corps et le ton de la peau du détenu. Et alors qu'une autre étude menée en 2006 par le Centre de Recherche Urbaine du Mississippi a trouvé une corrélation entre la nuance de peau noire foncée chez les hommes et les inconvénients dans le crime et la punition, l'étude de Villanova est la première à analyser l'effet que le teint de la peau a le traitement et sur la peine des femmes noires dans le système de justice pénale.
Hannon affirme que le groupe a découvert des informations sur la nuance de peau des femmes détenues en menant une autre étude sur l'impact de l'incarcération sur les enfants en utilisant les mêmes données. Après avoir lu d'autres travaux sur la manière dont le couleurisme affecte les résultats de liés à l'emploi, et en entendant le sénateur Harry Reid parler du ton de la peau du Président Obama en janvier 2010, le groupe a été incité à approfondir leurs recherches. Hannon indique que si les résultats des recherches sont alarmants, ce qui les a le plus frappé c’était la nette différence de traitement préférentiel donné aux femmes noires minces et de peau claire dans le système carcéral.
"Nous avons été surpris de voir que les femmes noires qui ont été jugées comme étant ‘minces’ ont eu une peine moins lourde, en gardant comme données constantes le type de crime et plusieurs autres variables", dit-il. " Cette conclusions suggère que les femmes noires plus forte reçoivent peut-être une peine parce qu’elles enfreignent les normes sociétales de la féminité. Ou encore dit autrement, les femmes noires minces semblent tirer profit de normes sociétales par rapport à celles qui ne sont pas considérées comme étant minces. A ce niveau, nous ne sommes pas certains si cette conclusion se généralise à des femmes d'autres origines raciales / ethniques. "
Cette étude n'est pas la première à mesurer l'importance d’une peau plus claire pour déterminer les conséquences sur la vie des Africains-Américains. En 2006, l'Université de Géorgie a révélé que les employeurs préféraient recruter des hommes au teint clair plutôt que leurs homologues de peau foncée.
Et en 2005, A Girl Like Me, un documentaire primé de Davis Kiri qui avait è l’époque 18 ans, a examiné les normes de beauté ainsi que les perceptions de la société basée sur les différences en fonction des différences de ton de peau. Une adolescente dans le film, Glenda, y affirme qu'une personne à la peau claire est considéré comme plus belle, tandis qu'une autre fille, Jennifer, dit à Davis qu'elle se sent laide parce qu'elle a la peau foncée.
Les images dans les médias n’aident pas non plus. En 2008, Beyoncé Knowles a même été l’objet d’une controverse au sujet de sa couleur de peau, lorsqu’une publicité de L'Oréal Paris Coloration de Cheveux Feria a présenté une version prétendument plus claire de la star. Cela a suscité des débats sur les normes de la beauté au sein de la communauté noire.
Une étude-recherche réalisée en avril 2011 et publié par Proceedings of the National Academy of Sciences a conclu que les préjugés raciaux inconscients sont présents, même lorsqu'il s'agit de décider à qui nous feront confiance, etquand on prend des décisions importantes sur des choses comme l'argent.
"Comme culture, nous nous efforçons de ne pas laisser le préjugé racial être un facteur significatif dans la façon dont nous choisissons de faire les choses et à un niveau individuel, nous supposons tous que nos croyances reflètent nos actions, mais nous devons savoir que ce ne sera pas toujours le cas", selon des déclarations faites à ABC News en avril dernier par Elizabeth Phelps, psychologue à l'Université de New York et co-auteure de l'étude.
Claudia Martin partage l’affirmation selon laquelle teint de peau et traitement des noirs dans la société sont liés.Martin, qui est africain-américain, affirme que même si elle croit que le coleurisme existe dans toutes les ethnies, elle pense que des études comme celle de Villanova sont nécessaires pour aider à établir un dialogue et de permettre à la communauté noire d’avoir une meilleure compréhension de ce problème.
"C’est malheureux et inquiétant de savoir que deux femmes peuvent commettre le même crime, mais que parce que l'une est plus jolie ou plus mince ou a une peau plus claire, elle recevra une sentence et purgera une peine de moins longue durée", dit-elle. "La manière dont la société perçoit les personnes, et particulièrement ses conséquences dans le système de justice, ne doit pas être déterminé par la race d'une personne, sans parler du teint de la peau. Même si j'ai vu que certaines femmes plus claires de peau sont traités différemment, je ne veux pas généraliser, et par-dessus tout, je crois que la façon dont une personne est traitée est déterminée par la mentalité de la personne avec laquelle ils interagissent. Et c'est pourquoi je pense qu'il est important d'avoir des discussions comme celle-ci pour pouvoir en tant que communauté surmonter ces problèmes. "
On retrouve la phrase suivante postée sur le site internet du département des services correctionnels de la Caroline du Nord: ". Le Départements des services correctionnels de la Caroline du Nord ne discrimine pas sur la base de la race, de la couleur, du sexe, de la religion, de l'origine nationale, de l'âge ou d’un handicap". Mais nulle part n'est mentionné le ton de la peau. Cette étude signifie-t-elle que le couleurisme est une donnée que les responsables des systèmes de justice pénale à travers le pays devraient commencer à prendre conscience? Ce problème devrait-il les préoccuper? Bien qu'un porte-parole du Département des services correctionnels de la Caroline du Nord a refusé de commenter l'histoire, il a envoyé ce message par courriel.
"Le travail de notre bureau consiste à faire appliquer les ordres des tribunaux, de s’assurer que les délinquants purgent les peines que les tribunaux déterminent", indique Keith Acree, responsable de l'information publique pour le département du Nord Caroline du Service correctionnel. "En tant que tel, je ne pense pas qu'il serait approprié pour nous de faire des commentaires sur cette étude."
Hannon indique cependant que le Département des Services Correctionnels de la Caroline du Nord devrait être félicité pour la publication de ce type de données et que plusieurs États devraient prendre note.
"Je voudrais souligner que si la Caroline du Nord n’avait pas mis ces données à disposition du public et facilement accessibles, nous n'aurions pas été en mesure d'enquêter sur la question", dit-il. "Ce serait super si d'autres États suivaient leur exemple en fournissant au public des données de justice criminelle importantes pour le public."
Globalement, Hannon et ses collègues affirment que la réponse à leur recherche a été positive et que les résultats de l'étude représentent tout simplement un morceau d'un grand puzzle qui requiert l'attention du public.
"Lorsqu'il est rassemblé, ce puzzle forme une image inquiétante du racisme institutionnel et individuel continuel," dit-il. " Il ne suffit plus de comprendre la discrimination raciale en s’appuyant uniquement sur la perspective des avantages relatifs des Blancs par rapport aux non-Blancs. À mon avis, nous avons récemment fait beaucoup de progrès en termes de réduction du volume de la discrimination dans le système pénal, mais nous avons encore du chemin à faire. "
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.thegrio.com/news/is-justice-colorblind-in-post-racial-america.php
Clôture de la IVème Rencontre Des Afrodescendants de Caracas
Après trois jours de débats qui ont réunis plus de 600 délégués d'Amérique Latine, des Caraïbes et d'Afrique, les participants ont convenu de six accords lors de la journée de clôture de la IVème Rencontre des Afrodescendants et des Transformations Révolutionnaires. 
Le député de l'Assemblée Nationale Aristóbulo Istúriz, l'un des promoteurs de ce conclave international, a lu chacun de ces accords mentionnés ci-dessous:
Premièrement:
Que la Communauté des États d'Amérique Latine et des Caraïbes (CEPALC) reconnaîsse les contributions morales, politiques, sociales et culturelles de l'afrod escendence dans la formation de notre Amérique, et à cet effet, ce premier accord comprend la création d'un Conseil Consultatif pour l'Amérique Latine et les Caraïbes .
Deuxièmement:
Créer le Conseil National pour les Communautés Afrodescendantes du Venezuela avec un statut interministériel pour approfondir l'éradication du racisme, de l'exclusion et de la discrimination.
Troisièmement:
Créer le Fonds Afrodescendant de l'Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), dont le but est de réparer les injustices faites aux communautés afrodescendants des pays membres de cet organisme et même de ceux qui n'appartiennent pas à l'Alba.
Quatrièmement:
Créer un Fonds de Solidarité envers Haïti pour aider le peuple haïtien à retrouver sa souveraineté.
Cinquièmement:
Exiger de l'OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) l'arrêt des bombardements de la Libye, l'interventionnisme militaire en Afrique du Nord, le respect de Feuille de Route pour la paix de l'Union Africaine et de mettre en œuvre la proposition diplomatique du président Hugor Chávez Frías.
Sixième:
Exiger des Nations Unies (ONU) l'implémentation du Forum Permanent des Afrodescendants.
Le législateur, qui est vice-président du Parlement, a exhorté à l'interne, tous les Vénézuéliens et toutes les Vénézuéliennes à participer activement par leur contribution à la Loi contre la Discrimination Raciale, qui sera en seconde lecture en juillet.
De plus, Istúriz a instamment invité le pays entier à renforcer les mouvements et les organisations qui luttent contre toutes les formes de discrimination.
Il a lancé un appel spécial en ce qui concerne le Recensement National de la Population et des Logements 2011, qui aura lieu en Septembre, dans le cadre duquel sera demandé "si nous nous reconnaissons comme afrodescendants". En Colombie, seulement 10% ont répondu par l'affirmative " tout le monde ici, nous devons répondre par l'affirmative et a invité l'illustre (...)", a instruit le parlementaire du Parti Socialiste Uni du Venezuela.
Cette Rencontre de l'Afrodescendance en Amérique Latine et dans les Caraïbes, avec la participation de la "mère patrie" l'Afrique, se tient depuis dimanche 19 juin à l'Hôtel Alba à Caracas.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Les Noirs de New York retournent dans le Sud des États-Unis
ParDAN BILEFSKY
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Traditionnellement dans la famille Brown, le Sud des États-Unis était un lieu de fontaines d'eau reservées aux Blancs et de lynchages à l'abri de l'obscurité. C'était un endroit que des N oirs comme sa mère avaient fui.
Mais pour Déborah Brown du Queens, une fonctionnaire à la retraite âgée de 59 ans, le Sud est désormais synonyme de providence.Trois générations de sa famille - 10 personnes en tout - quittent New York et déménagent à Atlanta, pour un nouveau départ économique et, en quelque sorte, renouer avec un passé amer. Parmi eux se trouvent Déborah, sa mère de 82 ans et son fils de 26 ans, qui a déjà décroché un emploi et y est déjà installé.
Le ralentissement économique a propulsé un changement démographique frappant : les New-Yorkais noirs, dont beaucoup sont jeunes et ont fait des études supérieures, prennent la direction du sud.
Environ 17% des Africains-Américains qui ont déménagé vers le Sud en quittant d'autres États au cours de la dernière décennie venaient de New York, soit beaucoup plus que de tout autre État, selon les données du recensement. Sur les 44 474 personnes qui ont quitté l'État de New York en 2009, plus de la moitié, soit 22 508 est allée vers le Sud, selon une étude menée pour le New York Times par le département de sociologie du Queens College.
Le mouvement ne se limite pas à New York. Selon les démographes, le pourcentage de Noirs qui quittent les grandes villes de l'Est et du Midwest et qui mettent le cap sur le Sud atteint désormais son plus haut niveau depuis des décennies.
"Je ressens une forte influence spirituelle qui pousse à retrouner dans le Sud", indique Déborah Brown.
Les enclaves de la classe moyenne comme Jamaica et St. Albans dans le Queens nourrissent cet exode. Des personnalités Noires importantes- telles que James Brown, WEB Du Bois et Ella Fitzgerald - ont vécu à St. Albans, un quartier désormais frappé par un chômage élevé et des saisies de maisons.
La migration de la classe moyenne africaine-américaine contribue à faire fléchir les prix des maisons déjà en baisse. Selon les leaders noirs, cela prive égalemet leur communauté d'investissement et du leadership de certains de leurs professionnels les plus instruits.
Le mouvement marque une inversion de ce qu'on a appelé Great Migration (la Grande Migration), qui a duré à peu près de la Première Guerre Mondiale aux années 1970 et a vu les Africains-Américains déménager vers le nord qui s'industrialisait, pour échapper à des préjugés et pour trouver du travail.
Spencer Crew, professeur d'histoire à l'université George Mason, qui fut le conservateur d'une importante exposition sur la Grande Migration à la Smithsonian Institution, indique que l'exode actuel de New York est en grande partie provoqué par la période économique difficille. New York est de moins en moins abordable, et les noirs voient plus d'opportunités dans le Sud.
Le Sud représente désormais la réussite potentielle pour les New-Yorkais noirs comme ce ne fut jamais le cas avant, déclare le professeur Crew. Dans le même temps, des emplois syndiqués de la fonction publique qui autrefois avaient attiré des milliers de Noirs dans la ville deviennent de plus en plus rares.
"New York a perdu un peu de son cachet auprès des noirs", indique le professeur Crew. "Pendant la Grande Migration, les Noirs sont partis au nord parce qu'on pouvait trouver du travail si on était prêt à se battre.Mais aujourd'hui, il faut moins d'effort pour survivre dans le Sud qu'à New York. Beaucoup de Noirs ont également des racines émotionnelles et spirituelles dans le Sud. C'est comme retourner à la maison."
Déborah Brown, qui a passé 35 ans à enquêter sur la fraude aux allocations pour l'État de New York, a peut-être ressemblé à l'incarnation du rêve américain noir à New York.
Dans les années 1950, ses parents en provenance d'Atlanta ont déménagé à Harlem, puis dans le Queens . Sa grand-mère était domestique, son grand-père était un maçon brique. Une génération plus tard, ses parents étaient prospères. Son père est devenu un haut fonctionnaire des impôts pour l'État; sa mère était secrétaire de direction à la commission des services correctionnels de l'État.
Mais elle affirme que New York est désormais moins accueillante. Déborah envisage de rejoindre, Rachid, son fils de 26 ans qui a quitté le Queens et déménagé à Atlanta l'an dernier après avoir obtenu un diplôme en criminologie, mais n'a pas pu trouver un emploi à New York. A Atlanta, elle est devenue shérif adjointe en quelques semaines et espère ouvrir un restaurant.
"Dans le Sud, je peux acheter une grande maison avec un jardin, comparé à la boîte à chaussures que mon épargne-retraite me permettra de m'acheter à New York," dit-elle.
Le révérend H. Floyd Flake, pasteur de la cathédrale Greater Allen African Methodist Episcopal de Jamaica dans le Queens, forte de 23000 membres, affirme qu'il perd des centaines de fidèles chaque année qui déménagent en Floride, en Géorgie,en Caroline du Nord et en Virginie.
"Pendant des décennies, le Queens a été l'endroit où les membres de la classe moyenne africaine-américaine allait acheter leur première maisom et fonder une famille", déclare M. Flake . "Mais à présent, on voit la tendance inverse avec des Africains-Américains qui sentent que ce n'est plus aussi facile à réaliser et que le Sud est plus bienveillant que New York."
Certains Noirs affirment qu'ils s'en vont non seulement pour trouver un emploi, mais aussi parce qu'ils sont aigris par rapport aux relations raciales.
Candace Wilkins, 27 ans, de St. Albans, qui demeure au chômage malgré un diplôme de commerce, envisage de déménager à Charlotte, NC
Elle affirme que sa décision a été motivée par une altercation avec la police.
Selon les témoins, en Mars 2010, Candace Wilkins a été projeté contre une voiture par un policier blanc après avoir essayé d'aider un voisin noir qui était interrogé. Elle a été accusée de résistance à une arrestation et de conduite désordonnée, selon le bureau du procureur du district du Queens.
Candace Wilkins conteste les accusations, qui sont en instance, et a déposé une plainte contre la police. Une porte-parole de la police a indiqué qu'une enquête était en cour concernant sa plainte.
"La boucle de ma vie est bouclée", déclare Wilkins, dont la grand-mère est née au milieu des champs de coton de la Caroline du Nord et a déménagé dans le Queens dans les années 1950.
"La génération de ma grand-mère a quitté le Sud et est venue dans le Nord pour échapper à la ségrégation et au racisme", dit-elle. "A présent, j'y retourne parce que New York est devenu comme l'ancien Sud dans ses attitudes raciales".
Beaucoup de noirs New-Yorkais qui se trouvent déjà dans le Sud disent avoir peu d'envie de retourner dans cette ville, même si elles sont nostalgiques à l'allusion des métros ou des nuits de Harlem.
Danitta Ross, 39 ans, une courtière en immobilier qui vivait dans le Queens, dit qu'elle a déménagé à Atlanta il ya quatre ans lorsque sa compagnie, en réponse à l'accroissement du nombre de New-Yorkais noirs qui déménageaient vers le sud, a commencé à offrir des séminaires de relocalisation. Elle a aidé à les organiser et a été intrigué.
Danita Ross dit qu'elle avait grandi en entendant des histoires sur la ségrégation à table. Elle dit que la ville d'Atlanta qu'elle a découvert est un lieu cosmopolite de concerts de musique classique, de mariages interraciaux et de maisons opulentes dont des Noirs en sont les propriétaires.
Mère célibataire, elle affirme que pour 150 000 $, elle était en train d 'acheter une maison de sept pièces, avec un garage pour trois voitures, sur une belle parcelle de terrain.
Daanita Ross dit qu 'elle a eu un choc culturel dans le Sud, et a été surprise de constater que les Noirs avaient tendance à l'auto-ségrégation, même dans des quartiers riches.
Elle dit que le Sud - et pas New York -est désormais son chez soi.
"Les gens en Géorgie ont une autre mentalité et la vie est plus détendue et confortable ici", dit-elle."Il ya tout simplement beaucoup plus d 'opportunités."
La vie de déplacés d’une communauté afrocolombienne : “Notre terre, c’est notre vie”
ELMERCURIODIGITAL
BUENAVENTURA, Colombie, (ACNUR) – Au cours des 20 dernières années, Mario s’est vu obligé de fuir à deux reprises de la communauté afrocolombienne de La Gloria, mais il revient toujours, décidé à demeurer dans son lieu d’origine. “C’est ici ma communauté, c’est ici que se trouvent mes racines”, indique l’homme de 50 ans lors d’une visite dans ce bourg endormi, où vivent environ 1.000 personnes déplacées.
La Gloria se trouve dans un lieu humide et exubérant voisin de la ville ruineuse et violente de Buenaventura, le Port colombien le plus important de l’Océan Pacifique et enclave essentielle pour les importations et les exportations, y compris les embarcations illicites de drogues, de métaux précieux, d’armes et de personnes.
Cette ville a également été un point d’attraction pour la population civile fuyant la violence et les menaces qui tourmentent les zones rurales et riveraines de l’intérieur, entre Buenaventura et les contreforts des Andes. Au mois d’avril dernier, plus de 800 personnes ont fui la ville pour échapper aux combats chaque fois plus violents entre groupes armées qui luttent pour prendre le contrôle des exploitations minières et de la culture de la coca.
“Selon les chiffres officiels, il y a dans la ville approximativement 73.000 déplacés internes ”, explique une responsable de la protection de l’ACNUR “Il y a également quelques communautés en danger dans les zones rurales qui ont décidé de demeurer sur leurs territoires [ou à leur proximité] dans une forme de résistance”, ajoute-t-elle, en faisant référence à des endroits comme La Gloria.
Pour les afrocolombiens comme Mario, la terre est fondamentale et c’est la raison pour laquelle beaucoup de déplacés retournent sur leurs terres collectives ancestrales, quand ils en ont la possibilité, dont la propriété leur est reconnue en vertu de la l’emblématique Loi Nº 70 promulguée en 1993.
“Notre terre c’est notre vie”, dit un membre du Processus des Communautés Noires (Proceso de Comunidades Negras), une association qui lutte en faveur des droits des afrocolombiens. “Si nous nous voyons obligés d’abandonner notre terre et notre territoire collectif, nous disparaitrons en tant que groupe et nous finirons par vivre dans la ville avec un style de vie occidental et nous perdrons notre identité”.
L’ACNUR comprend cette façon de penser, et en mettant une plus grande emphase sur la prévention, l’agence pour les réfugiés soutient les mesures visant à aider les communautés rurales “pour qu’elles ne soient pas obligées de quitter leurs territoires et aient la possibilité de revenir sur une période de temps relativement courte ”, indique Terry Morel, représentante de l’ACNUR en Colombie.
“Plus loin tu fuis, plus il est probable que tu passes plus de temps déplacé, et cela signifie une lus grande destruction du tissu social de la communauté et plus de souffrance en général”, ajoute-t-elle.
La Gloria a été créée en 1967 par des personnes originaires des autres régions de l’ouest de la Colombie, comme Mario et ses parents, qui recherchaient des opportunités économiques. Dès la moitié des années 1990, la ville a accueilli des familles qui fuyaient les combats que se livraient les groupes armés rivaux pour le contrôle des territoires de l’intérieur.
Mais selon Mario, cette violence a également affecté La Gloria, une communauté riche en ressources comme le bois, le charbon et l’or. La communauté, dont le sol fertile favorise l’agriculture, fonctionne comme une coopérative presque autosuffisante.
Son leader a été obligé de fuir à deux reprises –en 1997 puis en 2001– après avoir rejeté l’offre des groupes armées irréguliers qui opéraient dans le secteur. “J’ai refusé de m’associer à eux et ils ont essayé de me tuer”, dit-il. “Être déplacé c’est comme être stigmatisé, donc je n’ai pas voulu me faire enregistré comme déplacé”, ajoute-t-il. Mais la majorité des personnes dans cette situation le font.
Mario qui est père de cinq enfants est retourné dans sa région d’origine dans le département de Cauca, vers le sud et est revenu lorsque le danger était écarté. Il a échappé, avec quelques cicatrices, mais d’autres n’ont pas eu autant de chances ; un de ses amis a été assassiné en présence de ces enfants.
Maintenant que le danger a diminué, d’autres sujets préoccupent Mario, comme l’urbanisation croissance et par extension, la nécessité de préserver La Gloria, qui n’a pas été reconnu comme un territoire afrocolombien collectif par les autorités dans le cadre de la Loi Soixante-dix. “On continue de mettre la pression pour être reconnus, même si nous disons que nous sommes une zone rurale, ils nous incluent dans le plan de développement urbain”, indique-t-il.
Mario craint que certaines personnes souhaitent exploiter la zone et construire des usines plantas pour y traiter les ressources naturelles de La Gloria. Pour l’instant, lui et ses voisins continuent d’accueillir les familles déplacées, leur offrant un quart d’hectare de terre pour bâtir une maison simple en bois et en tôle et cultiver des fruits et des légumes pour leur propre consommation.
Il y a des projets coopératifs qui bénéficient à l’ensemble de la communauté, comme l’élevage de poules et de cochons. Mario évoque des projets d’aquaculture et d’horticulture. “Nous avons assez de quoi nourrir la communauté et vendre les excédents”
À La Gloria, il n y a pas d’eau courante (ils utilisent l’eau de pluie et celle provenant d’une source naturelle) ni de systèmes d’aqueduc et d’égouts, même s’ils ont l’électricité. La clinique la plus proche se trouve à trois kilomètres. Cependant, Mario dit qu’ils sont prêts à se passer du grand confort, car “ici, même si nous sommes déplacés de nos lieux d’origine, nous pouvons préserver nos pratiques traditionnelles, notre identité et notre culture”.
Ce n’est pas une vie facile, et ils sont exposés aux maladies comme la malaria, les maladies de la peau et la diarrhée, mais au moins pour eux c’est un foyer.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://www.acnur.org/t3/noticias/noticia/nuestra-tierra-es-nuestra-vida/
La IVème Rencontre Internationale des Afrodescendants solidaire d'Haïti
Par Yolaidy Martínez Ruíz
Caracas- (PL) Plus de 600 délégués présents à la IVème Rencontre Internationale des Afrodescendants ont uni leurs voix pour la solidarité permanente avec Haïti, victime d'une crise humanitaire qui a éclaté suite à un puissant séisme et aggravée par le choléra.
L’édition actuelle du Forum a précisément rendu hommage à cette nation des Caraïbes.
Les participants à la Rencontre ont créé une commission composée de personnalités de différentes nations qui contrôleront la manière dont sera canalisée l'aide financière promise par la communauté internationale pour la reconstruction d’Haïti.
Pendant les trois jours de travail, ce conseil a eu plussieurs sessions et débattu sur les initiatives visant à garantir l'investissement de ces fonds dans les efforts de redressement, la lutte contre le choléra et la localisation des personnes déplacées par le tremblement de terre en Janvier 2010.
Le coordonnateur de l'événement, Enrique Arrieta, a déclaré à Prensa Latina que la Commission comptera sur le soutien du groupe vénézuélien du Parlement Latinoaméricain et se réunira tous les 15 jours.
Selon lui, ces contacts permettront de délimiter les actions de solidarité avec la population du pays francophone et pour effectuer le suivi de l’usage approprié des capitaux envoyés par les gouvernements et les institutions du monde.
L'idée est de disposer d’une équipe vraiment capable de veiller aux intérêts de ce peuple, a-t-il dit.
Pour sa part, la conseillère politique de l'ambassade de l'Argentine au Venezuela, Maria Fernanda Silva, a déclaré que la formation de ce groupe de travail est un pas important en vue de solder la dette historique envers Haïti, acteur de la première révolution réussie dans la région.
Cette nation – a-t-il rappelé – a obtenu son indépendance pleine en 1804 et a aidé les territoires voisins, dans leur lutte visant à mettre fin au colonialisme à l'étranger.
La fonctionnaire a indiqué que "les grandes puissances ne pardonnent pas ce cri de liberté, l’étendard contre l'esclavage sur le territoire haitien et que le créole comme langue nationale ait battu d’autres langues européennes."
Pour cette raison- a indiqué Silva – le travail du conseil sera déterminant pour s'assurer que l'aide soit efficace, savoir comment elle est canalisée et si réellement les nombreuses ONG présentes dans ce pays antillais collaborent à la reconstruction.
Des opinions similaires ont été répétées durant l'événement en faveur du strict respect des promesses faites par la communauté internationale pour faire face à ces défis et à d'autres sur le territoire antillais.
Au début de 2010, Haïti a été dévasté par un séisme de magnitude 7,0 sur l'échelle ouverte de Richter qui a fait au moins 316 000 morts, laissé1,5 million de personnes sans abri et près de 70 % de l'infrastructure effondrée à Port au Prince la capitale et dans d’autres villes voisines.
En Octobre de cette année, une épidémie de choléra s’est rapidement propagée à travers le territoire national, faisant plus de 5400 morts et a même atteint la République Dominicaine voisine, qui a connu à ce jour 48 décès dus à cette in fection intestinale.
La IVème Rencontre Internationale des Afrodescendants a pris fin par une déclaration qui a pour but que la Communauté des États d'Amérique Latine et des Caraïbes, dont la naissance est prévue en Juillet prochain, reconnaîsse les contributions de ce groupe ethnique pour l'indépendance de la région.
Le texte a réitéré la nécessité de créer un fonds régional pour contribuer au développement durable de ces secteurs de populations qui sont traditionnellement exclus par les gouvernements oligarchiques.
Entre autres choses, il plaide pour l’instauration en Amérique latine et dans les Caraïbes d'un conseil consultatif des Afrodescendants qui fera la promotion des politiques contre la discrimination raciale et l'exclusion.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
Lupe Fiasco a-t-il tort de dire qu'Obama est un terroriste?
Écrit par RK Byers
Avant d'être converti par Obama, j'étais fermement contre l'idée d'un président noir.
L'analogie standard que j'utilisais était la suivante :
L'Amérique est comme une voiture volée ; les Indiens en sont les propriétaires légitimes, les Pèlerins / Les Européens en sont les voleurs. Les Noirs sont comme des victimes d'un enlèvement, ligotés et jetés dans le coffre. Maintenant que nous les Noirs avons réussi à nous libérer de notre position de victimes de kidnapping, que l'un de nous essayer de devenir président reviendrait à dire que plutôt que de vouloir nous échapper ou de rentrer à la maison, nous voulions conduire la voiture volée!
Désormais, je pense un petit peu différemment. Pas trop, mais un petit peu.Et c'est d'être une personne qui comprend les sentiments de mes ancêtres face à la marginalisation qui me permet de comprendre en partie où Lupe Fiasco voulait en venir quand il dit "Le plus grand des terroristes c’est d'Obama aux États-Unis d'Amérique."
Les Noirs sont, après tout, un groupe qui s’est battu pour ce pays dans tous les conflits depuis la Guerre d'Indépendance (Révolution Américaine) en dépit d'avoir été, tour à tour, esclaves, soumis aux lois Jim Crow, victimes de lynchage, participants non consentants du separate-but-equal (séparés mais égaux) , électeurs privés de leurs droits, et résidents disproportionnels des complexes carcéraux industriels.
De sentir que l'Amérique mène une sorte de longue et dangereuse escroquerie au détriment de ses habitants les plus foncés s'explique.
Mais au-delà du fait regrettable d’avoir été immédiatement transformé en affiche publicitaire par l'extrême droite, la plus grande tragédie au sujet de la déclaration de Lupe est qu'il semblait être inconscient du concept de perspective.
Comme dans le cas de ces 19 hommes présumés d'origine musulmane qui ont attaqué et détruit le World Trade Center le 11 Septembre 2001 seraient, pour les Américains, considérés comme des "terroristes". Pour Al-Qaïda cependant, ces 19 hommes seraient des martyrs; et même des héros.
Sémantique à part (ce que tu voulais dire, c'est que Obama est le plus grand terroriste du monde) ce que la déclaration de Lupe révèle, c'est qu'il voit encore les États-Unis dans la perspective de l'outsider.
La question devient alors non seulement de savoir comment les noirs dans leur ensemble devraient considérer l'Amérique, mais aussi comment nous le faisons effectivement.
Traduit de l'Ang lais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com
http://newsone.com/newsone-original/rk-byers/was-lupe-wrong-calling-obama-terrorist/
Sans race, une histoire de bullying à l’école
Réflexion autour de 2011 : Année Internationale des Afrodescendants
Par Yolanda Arroyo Pizarro*
À huit ans, j’étais déjà astucieuse. Je savais déjà, à ce moment, que pendant la récréation, pour éviter que mes camarades de classe ne plaisantent sur mes cheveux et ma couleur, je devais aller dans les toilettes et y prendre mon goûter, écrire, parler à mon ami imaginaire, rire, répéter les poèmes appris en classe, réviser l'examen de sciences et me mettre l’inhalateur Albuterol contre l’asthme. J’ai appris à voir mon monde, enfermée dans les toilettes du Colegio San Vicente Ferrer ; j’ai passé de nombreuses années à faire de cet endroit mon refuge.
Je savais aussi que, une fois assise en classe, s’il arrivait à la maîtresse de mentionner le mot ‘África’, je devais dissimuler le stoïcisme et assumer l’attitude qui disait que je m’en fiche, pour ainsi éviter la réaction toujours attendue d’Éliseo ou de José Manuel ou de toute autre personne qui s’associait au harcèlement en évitant d’être lui-même l’objet de l’attention. Le cri cocasse ne manquait jamais, qui proclamait, Yolanda, Africana ! (Yolande, Africaine), tandis que l’enseignante grondait à cause du chahut et tentait d’appliquer les politiques d’intimidation non encore inventées en 1978 (des enfants silencieux, qui respectent les autres, Dieu le père châtie sans bâton ni fouet).
Chaque nuit, je récitais en langue catholique pour que les vierges patronnes de tous les pays et les saints-martyrs de tous les conciles, conclaves et de toutes les autres herbes apostoliques romaines inventées résolvent mon prédicament.
Celui qui, par erreur et par la volonté de Dieu lui-même, m’avait collé au corps à la naissance : ma noirceur. Chaque nuit, je priais pour me réveiller blanche le lendemain. Chaque fois la demande échouait et le mensonge selon lequel «tout est donné à celui qui demande avec foi» devenait manifeste. Chaque matin, j’étais de nouveau noire.
Je n'ai jamais été protagoniste, j’ai toujours vécu à devoir m’ajuster, à devoir surpasser quelque chose, résiliente. À démontrer, histrionique, que je n’étais pas affectée quand les garçons raillaient les fils de barbelés sur ma tête, ou prétendaient que j'étais Méduse et que quelqu’un s’était coupé la main ensanglantée de ketchup juste en touchant mes cheveux. Puis venait la dispute pour enlever le ketchup de mes cheveux, ou le chewing-gum expérimental que le plus courageux y avait collé.
Ne pas savoir comment traiter mes boucles ou mon afro qui avait repoussé, par la suite converti en un volume relâché et malléable après l'imposition de produits chimiques ardents, n’allait pas résoudre le problème, mais plutôt l’empirer.
Grand-mère, pour me calmer, me racontait que j’étais née blanche, blonde et que par son inattention, alors qu’elle essayait de me faire dormir dans son giron, j'avais glissé et j’étais tombée dans une tasse de café. C’était une belle histoire, qui m'a réconforté, mais qui ne cadrait pas avec ma réalité une fois que j'ai dû me mettre à l’œuvre pour aller à la conquête de l'homme blanc, blond, qui me correspondait par décret divin, au nom de l'amélioration de la race. Avec cet objectif en tête, my own Quest for Camelot, j'entreprenais d’essayer de coloniserle cœur de l'homme blanc (il y en eu sept tout au long de ma vie), et à expliquer à ses parents, pourquoi je le méritais et pourquoi eux me méritaient.
Trente ans plus tard, j'ai toujours le sentiment que cette fable-très pauvre, mensongère, pieuse, a déterminé ma vie et ce que je suis aujourd'hui. Peut-être que c'est pour cela qu’en m’asseyant pour écrire, je ne me sens pas tout à fait la noire que je devrais être, ou tout à fait la blanche que je devrais être, ou tout à fait la femme que je devrais être, ou tout à fait l’humaine que je devrais être. Il manque quelque chose, je me perçois comme étant d’une autre planète. C’est peut-être grâce à, ou à cause de cette marque, qu’aujourd'hui je me sens fière de mes racines, mais trahie, fière de mes ancêtres, mais abandonnée, fière d'avoir découvert être une descendante de marrons, de combattants, de réformateurs, mais triste. Désorientée, pas tout à fait confortée. Sans race.
*Yolanda Arroyo Pizarro est romancière, conteuse, essayiste née à Guaynabo au Porto-Rico.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com












