Le groupe Superación de Guadalupe( Colón) a présenté l'oeuvre communautaire “Loubavagu”.

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San Pedro Sula, Honduras

 Par Carlos Rodríguez: carlos.rodriguez@laprensa.hn

En revoyant "Loubavagu" (L’autre côté lointain), il semble que dans des pays comme le nôtre, il n'y a pas de changement et chaque génération doit répéter les luttes du passé pour revendiquer et défendre se droits. Et encore plus quand il s'agit de groupes sociaux considérés comme mineurs et marginalisés depuis des siècles qui rentrent dans une catégorie sous-développée dans un pays sous-développé.

L'histoire des Garifuna est imprégnée de résistance, un mot diabolisé de nos jours, mais applicable à ce peuple qui est allé à contrecourant pour défendre sa dignité. Toujours sous la direction du célèbre dramaturge Rafael Murillo Selva, le groupe Superación de la comunidad de Guadalupe dans le département de Colon, a voyagé pour présenter "Loubavagu" à l'auditorium du Musée d'Anthropologie et d'Histoire de San Pedro Sula.

L'espace était rempli, principalement de jeunes qui ont eu l'honneur d’apprécier l’une des pièces théâtrales les plus importantes du Honduras, qui universalise les problèmes qui touchent d’autres groupes dans le monde : principalement la marginalisation et la discrimination.

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Humour et Réalité

"Loubavagu" commence avec le naufrage au large des côtes de l'île de San Vicente de navires qui transportaient des esclaves africains. Les descendants de ceux qu’on appelle aujourd’hui les Garifunas s’établirent alors sur l’île.

L’œuvre n’omet pas le contexte historique qui renvoie à la lutte entre les empires britannique et français, qui se répartissaient ces terres comme on échange des cartes de poker. Nait alors le personnage de Satuyé, premier héros Garifuna qui opposa une résistance aux anglais qui tentaient d’hypothéquer la liberté de son peuple. Héros respecté par les Garifuna, comme Lempira et Francisco Morazán. Joseph Satuye devrait-il apparaitre dans les manuels d'histoire comme un héros national, puisque lorsque Lempira résista, il défendait son territoire et non pas une division géographique aujourd’hui connue sous le nom du Honduras?

Satuyé sera assassiné et les garifuna déportés. Finalement, ils s’installent sur la côte du Honduras le 12 avril 1797. Le début d'une nouvelle lutte.

"Loubavagu" reflète également l'un des conflits non résolus au Honduras: la lutte agraire. La pièce théâtrale montre de quelle manière les Garifuna, après un long processus bureaucratique, réussissent à obtenir leur titre de propriété. Même si par la suite, ils devront faire face au harcèlements des puissants qui vont même jusqu’à assassiner pour s'emparer de leurs terres.

"Loubavagu" porte cependant également la critique de la communauté garifuna qui perd son identité, en particulier quand elle revient des États-Unis. Bien qu’on y retrouve de l’humour et de la danse " Loubavagu" n'est pas un spectacle pour divertir, c’est le miroir qui reflète des siècles de résistance.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com