John H. Stanfield II, professeur des Études Afroaméricaines et de la diaspora africaine de l'Université Indiana- Bloomington, croit à l'automotivation comme arme pour mettre fin aux inégalités sociales. Il est actuellement au Brésil pour poursuivre ses recherches et ses étdues sur les inégalités raciales dans le Rio de Janeiro. Lors d'une visite rapide à São Paulo, Stanfield a accordé une entrevue à Afrobrasnews sur l'éducation, les opportunités et l'automotivation:

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Afrobrasnews: Depuis les années que vous faites de la recherche sur les inégalités sociales et raciales dans le Rio de Janeiro, quel est selon vous le facteur primordial qui maintient les jeunes et les adolescents noirs hors des universités?


John Stanfield: Je pense que plutôt que d'attendre des actions du gouvernement, nous devons chercher l'automotivation. Même si on ne dispose pas des ressources, on peut faire le nécessaire pour obtenir le meilleur dans toutes les situations, faire ce qui est possible. Dans les grandes villes, comme Rio de Janeiro, c'est plus simple d'avoir accès à l'information par internet et dans les bibliothèques. Le jeune noir doit s'informer, même pour recevoir l'argent des actions d'inclusion des organes publics.


Afrobrasnews: Pensez-vous que le manque de professeurs et de chercheurs noirs peut avoir une influence dans la non identification des étudiants noirs à l'université?


John Stanfield:
Effectivement. Nous n'avons pas de représentativité dans les salles de classe. Dans les universités, par exemple, il y a très peu de professeurs noirs Nous en avons besoin, d'enseignants et de docteurs noirs intéressés à agrandir et à motiver les générations futures. Et c'est sans parler du nombre de femmes noires qui font de la recherche. Aux États-Unis elles sont très peu nombreuses.

Afrobrasnews: Et qu'est ce qui éloigne la femme du  milieu universitaire?


John Stanfield: Très souvent, la femme préfère rester à la maison avec ses enfants et son mari. Elles finissent par abandonner les études. Je ne dis pas que les femmes doivent abandonner le rêve d'être des épouses, des mères. Je dis qu'il n'est pas nécessaire de s'annuler en tant que citoyenne pour exercer certaines fonctions. Afrobrasnews: Pensez-vous que le machisme dans la société dans laquelle nous vivons peut influencer ce choix?


John Stanfield : J'ai des étudiantes qui se sont laissées prendre par leurs maris et leurs petits amis, qui ont été 'forcées' de consacrer plus de temps au foyer. Nous devons être conscients que sans éducation il n'y a pas de changement efficace. L'amélioration de la vie des noirs est notre responsabilité à tous.

Afrobrasnews: Comment encourager un jeune homme noir, souvent sans ressources, à rechercher l'éducation?


John Stanfield:
Je pense que nous devons faire que ces jeunes aient des objectifs, qu'ils se voient faire ce dont ils rêvent. Nous devons faire qu'ils croient en eux. Surtout qu'ils apprennent à reconnaître et à aimer la culture noire, faire qu'ils soient respectés en tant que citoyens noirs, quelle que soit la position qu'ils occupent.

Par Vivian Zeni

 

 

Traduit du  Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/