Tegucigalpa, Honduras (CNN) - Des milliers de Honduriens noirs ont défilé dans les rues de la capitale vendredi 3 avril dernier, tandis que le président du pays s’est engagé à faire davantage pour la promotion et pour la protection de leur patrimoine. 

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 Environ 2.000 Honduriens afrodescendants et afrocaribéens - connus sous le nom Garifuna – se sont rendus à Tegucigalpa en provenance des communautés éparpillées le long de la côte du pays pour le début des commémorations du  Mois du patrimoine africain. 

Ils ont apportés 214 tambours avec eux alors qu’ils défilaient dans les rues - exigeant le respect de leurs droits et pour célébrer l'arrivée des Garifuna dans les pays d'Amérique centrale il ya 214 années. 

"Aujourd'hui, cela fait 214 années que nous sommes ici, à faire nos demandes fermes, contre la répression gouvernementale des communautés Garifuna, contre l'invasion des terres de nos communautés par les propriétaires fonciers et les grands projets étrangers qui ont vendu notre propriété et pour demander une éducation interculturelle et bilingue", a déclaré le Dr. Luther Castillo, un militant Garifuna.  

En lançant les festivités, le président Porfirio Lobo a annoncé qu'il allait signer un accord dans les six mois pour accorder aux populations autochtones et noires du Honduras un droit préférentiel pour qu’elles choisissent les enseignants et les médecins pour leur propre village.  

Les communautés Garifuna demandent depuis longtemps une telle autorisation, qui permettrait un enseignement bilingue dans les classes dans lesquelles seules l’Espagnol était enseigné autrefois.  

"Ce devrait être une occasion pour nous de réfléchir afin d'avoir une société plus harmonieuse, sans aucune forme de discrimination, avec une justice sociale et des opportunités pour tous", a déclaré Lobo. 

Il a prédit qu'il serait reconnu comme un défenseur des droits des afrohonduriens d'ici la fin de son mandat. 

Les autorités gouvernementales ont déclaré que les festivités de vendredi dernier marquaient la première fois qu'un président hondurien inaugurait ce mois. 

La poste nationale prévoit t également d'émettre des timbres commémorant le Mois du patrimoine africain. 

 Le Honduras sera l'hôte d'un "Sommet mondial de l'afrodescendance" en août. 

 Ana Pineda, la ministre de la justice, a déclaré que le gouvernement hondurien se préoccupe des droits des garifuna et d'autres groupes ethniques, en faisant allusion comme preuve à la création par le gouvernement d'un ministère des peuples autochtones et afrodescendants. 

 Mais les militants qui marchaient ce vendredi ont déclaré que le gouvernement doit faire davantage pour reconnaître leurs droits. 

 "Du simple fait d'être de cette couleur et de parler la langue que nous parlons, nous subissons la répression dans ce pays" a indiqué Keldy Bermudez, unl’étudiant. " Donc, en tant que jeune Garifuna, nous exigeons que nos droits soient respectés pour ce que nous sommes." 

 En 2001, l'Organisation des Nations Unies a reconnu la langue, la danse et la culture des Garifuna, qui vivent aussi dans d'autres pays d'Amérique centrale. 

 

Le Journaliste Elvin Sandoval a contribué à ce reportage.

 Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/