Écrit par Carlos Santos Cardona Mario 

 

Traduit de  l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

 

afrocolombianasafrocolombians
 
Ana Amelia Caicedo               Teofila Betancur Caicedo  Argelis Anaya Blanco
Municipio de El Bordo            Patía Municipio de Guapi
Localidad de Paso Nuevo, San Bernardo del Viento, Córdoba

 

Les femmes afrocolombiennes sont pleines de rêves, de tendresse, de réalisme, de ténacité et de détermination. Leurs expériences de vie leur ont permis de grandir, de se projeter  et d’aller de l'avant, malgré les difficultés et les obstacles qu'elles ont rencontrés sur leurs routes. 

Trois témoignages en rendent compte, le premier provenant de l'une d'elle, originaire de la terre de la pastèque et du melon,  
Ana Amelia Caicedo, femme de Patia, qui porte dans son sang l'amour pour l'éducation de ses semblables. 


"Avant, nos vies étaient discriminées et oubliées, la femme travaillait toute seule  à vider la calebasse, parce qu'on pensait que c’était le travail des femmes et non des hommes, les choses ont désormais changé, nos familles sont davantages intégrées et on commence à connaître nos droits et devoirs", indique-t-elle. 

Ana Amelia était en enseignante, et tout en appartenant au corps enseignant, dont les cours ont porté de nombreux fruits au sein des communautés éducatives, elle travaillait dans toutes les activités communautaires organisées dans sa municipalité, dont elle fait également partie du groupe de  «chanteuses». 

"Mon leadership s’est nourri de toutes les expériences de groupes de femmes qui occupent actuellement tous les espaces de décision dans ma région de Patía." 

Même si elle n’a pas d'enfants biologiques, elle considère comme tels tous ceux qui sont passés entre ses mains d’éducatrice et d’enseignante exemplaire, auxquels, en quelque sorte, elle a transmis ses connaissances et ses expériences de vie pour faire d’eux des personnes intègres et de bien dans l'avenir. 

"Je veux, en cette date si spéciale, que les femmes teintent d’amour et de tendresse toutes ces choses que nous voulons réaliser, que, on l'espère, nous puissions faire des progrès dans nos buts et objectifs,  et nous rêvons d'une grande Colombie éduquant nos enfants, leur apprenant à emprunter les sentiers du bien et à être utiles pour la société. " 

Teófila Betancur Caicedo, née à Guapi, est un autre exemple de ténacité et d'apprentissage constants, grâce au rôle de leader communautaire qu'elle a joué, elle est également mère et cheffe de famille, et grâce à de gros efforts, elle aide ses deux filles à évoluer. 


"Pendant trop longtemps, il y a eu des barrières, surtout du point de vue économique et de la participation aux affaires de la municipalité, mais grâce aux initiatives gouvernementales telles que Mujeres Ahorradoras en Acción (Femmes Épargnantes en Action), on commence à  travailler dans nos propres unités de production grâce auxquelles nous générons nos propres revenus." 

Elle sent désormais que sa 
vie a changé, elle fait partie de plusieurs espaces de participation, élabore des propositions politiques relatives au genre et aide d'autres femmes de sa région à s’en sortir. 

"Mes deux filles ont déjà terminé leurs études, j'ai quatre petites-filles , je me lève tous les jours à 4h00 du matin par mon travail de mère communautaire et la majeure partie de mon temps est consacrée au travail communautaire, à accompagner les femmes qui ont des difficultés dans les zones rurales. " 

Le plus difficile pour Teófila dans l’histoire de sa vie a été de faire tomber le machisme au sein de son foyer et présent dans la communauté, "obtenir que les hommes valorisent ce que nous réalisons et qu’ils le considèrent comme une contribution à la construction conjointe pour le bien de la famille et de la communauté, qu’ils ne nous considèrent pas comme des concurrentes, mais comme des personnes qui recherchent en permanence des solutions pour la famille et pour la communauté.

Actuellement, elle mène son activité économique collective consistant en la culture sur toit ou terrasse de plantes médicinales, d’herbes et d’épices, une pratique traditionnelle qui favorise le bon voisinage, apporte la  sécurité alimentaire et permet de disposer d’une pharmacie naturelle. 

"On peut arriver à tout si notre pensée est collective, si nous commençons à briser cette barrière de méfiance qui existe entre nous et au sein de nos communautés." 

Le troisième témoignage est de Argelis Anaya Blanco, de Paso Nuevo, San Bernardo del Viento, Cordoba, qui, avec son entreprise d’empanadas, de deditos, de carimañolas a été en mesure de soutenir sa famille. 

"Avec onze autres camarades, nous avons convenu de mettre de côté 500 mille pesos chaque mois, nous avons déjà 3 millions de pesos et cela ajouté à un incitatif financier que nous donnera le  gouvernement nous permettra de créer notre propre boulangerie", dit-elle. 


Argelis est mère de trois enfants, cheffe de famille, et est devenue une experte dans tout ce qui concerne la gestion économique de son foyer, ce qui lui a permis d’assurer l'éducation et la santé de ses enfants. 

"Je rêve de continuer à encourager d'autres femmes pour qu’elles apprennent que, ensemble, nous pourrons réaliser plein de choses, aller de l’avant et améliorer le niveau de vie de nos familles et de la communauté", dit-elle. 

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