Écrit par Lilian Arelly García 

"Aucune institution dans le pays ne va changer votre imaginaire et la possibilité de comprendre la réalité Afro si l’école ne change pas". Telle est la prémisse qui depuis 2009 motive le développement du projet ‘Dignification des afrodescendants et de leur culture à travers l'éducation ethnique Afro en Colombie. ’ (‘Dignificación de los y las afrodescendientes y de su cultura a través de la Afroetnoeducación en Colombia’)

_duc

Maria Isabel Mena García

Initiative qui vise à rendre la population afrocolombienne visible en faisant la promotion de la Chaire  des Études Afrocolombiennes CEA comme stratégie de développement ethnique et culturel et facilitant les actions affirmatives qui éliminent la discrimination raciale et le racisme tant structurel qu’institutionnel existant en Colombie.

Maria Isabel Mena García, coordinatrice du projet mentionné était à Popayán il y a quelques jours pour diriger des ateliers et partager les conclusions de l'étude avec les enseignants et les étudiants.

Dans un entretien avec El Libéral, elle a expliqué que la proposition a reçu le soutien de l’Agence de Coopération Espagnole (AECID) par le biais du programme de développement pour les populations afrodescendantes en association avec le Secrétariat à l’Éducation du District  et que l’objectif de sa tournée est de partager les expériences d’éducation ethniques pour renforcer les actions politiques, pédagogiques et sociales qui encouragent le processus d’inclusion, de visibilité et de développement de la population afrodescendante dans le milieu scolaire.

Elle affirme que l'étude réalisée à Bogota a démontré la persistance du racisme structurel dans le système éducatif.

"L’étude a permis de mettre en évidence que les plus grandes victimes du racisme et de la discrimination raciale sont les enfants afros, ce qui met en plus grand danger leur identité ethnique et raciale que pour d’autres groupes sociaux en situation de vulnérabilité ; que la présence de la Chaire des Études Afrocolombiennes n’est pas formelle dans la structure des Projets Éducatifs Institutionnels (PEI) dans les établissements scolaires et que les enseignants n’assument pas une position en faveur du changement et qu’au contraire, ils favorisent les stéréotypes relatifs au fait que les étudiants afrodescendants ne se distinguent que dans des activités comme la danse, la gastronomie, la musique et l'éducation physique ", déclare l'historienne de l'Université de Valle.

Par conséquent, elle insiste sur le fait qu’il est nécessaire de parler de race et de mettre cette thématique dans le programme, en faisant valoir que "l'école est le territoire où l'être humain a la possibilité de se transformer, de penser" et que si l’on ne débat pas de la différence ethnique, on n’arrivera pas à régler le problème.

"Bogotá servira d’exemple à d’autres régions pour qu’on commence à penser de nouveau.

2011 a

été déclaré par l’ONU année des peuples d’ascendance africaine et l’appareil d’État doit dire ce qu’il en est de la thématique afro, et c’est donc ici l’occasion de proposer des expériences éducatives et sociales qui encouragent la formation intégrale de la population estudiantine et contribuent à la construction d’une identité personnelle, sociale et culturelle cohérente avec l’identité afro".

Elle a ainsi invité les secrétariats d’éducation et les établissements de formation à générer des processus autour de la diversité ethnique et la chaire des études afrocolombiennes. Enfin, elle a recommandé aux  enseignants de s’initier à cette thématique en appelant les étudiants afro par leur nom et par conséquent en éliminant des mots comme negrito’, ‘morochito’ ou ‘cuscús et d’encourager le développement académique sans que leur descendance importe.

Traduit de l'Espagnol Par Guy Everard  Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com