Les représentants des organisations d’afrodescendanta ont estimé ce lundi devant les autorités de l’INDEC que le fait de demander à la population argentine si elle a des ancêtres africains marque "un tournant historique" qui présente des défis et rend possible la réalisation de politiques publiques en faveur de ce groupe de population.

afroargLors de la réunion qu’ils ont eu avec Ana María Edwin, la directrice de l’INDEC et les formateurs, ils ont également mis en avant la formation d’une centaine de recenseurs et de chefs de radio afroargentins qui ce jeudi sortiront dans les rues de différentes provinces et dans la ville de Buenos Aires.

"Savoir combien nous sommes et dans quelles conditions nous vivons nous permettra de réclamer le développement concret de politiques publiques affirmatives pour inverser des centaines d’années d’exclusion et d’invisibilisation", a indiqué Carlos Alvarez, secrétaire général de l’Association Civile Africa y su Diáspora.

Federico Pita, de la DIAFAR (Diáspora Africana en la Argentina) raconte qu’à Santiago del Estero, il existe des communautés afro, qui se reconnaissent comme telle, à El Bobadal et San Félix, dans le nord est provincial, ainsi qu’à Tucumán, Córdoba et Chaco, entre autres, qui ont une présence importante de descendants des africains

Pour sa part Sergina Boa Morte, née à San Pablo, qui réside à Buenos Aires depuis 40 ans et qui sera recenseuse indique son espoir de "ne pas tomber sur des gens qui ne veulent rien savoir de nous" et elle se demande "ce qu’on fait face au rejet".

Dans ce cas, les recenseurs résoudront le problème avec leur chef de radio, lui ont répondu les formateurs.

"La voisine d’une amie, afro comme moi, lui a dit sans détour qu’elle ne voulait pas vivre à côté des noirs. C’est un combat difficile, parce que mi j’ai cette couleur, mais cela me ravit (que ce soit le cas)", indique la femme.

Sur ce point, Alvarez note que "la nouveauté aura un fort impact social, car personne ne s’attend à un recenseur afroargentin. On verra les réactions".

Les techniciens de l’INDEC ont également expliqué que, comme pour les peuples originaires, la question sur les ancêtres africains n’est contenue que dans le questionnaire long, mais que, comme on prendra des échantillons pour 10% de la population "la statistique aura un haut degré de précision. Nous avons pleinement confiance", a indiqué Sol Padín, coordinatrice adjointe de la Formation.

Edwin, en plus de se dire satisfaite de l’expérience conjointe avec les associations africaines et afrodescendantes et célébrer l’apparition d’autres membres de ce groupe laisse ouverte la possibilité de "continuer de travailler parce qu’il y a beaucoup de choses à découvrir".

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com