Baezpar Cristián Báez, Dirigeant de Lumbanga. Coordinateur d’Incide à Arica.

Le grand déficit auquel nous faisons face en tant qu’ethnie afrodescendante consiste en ce que l’État ne nous a pas reconnu formellement, ce qui pourrait se produire lors du recensement de 2012, avec l’inclusion d’une question permettant aux afrodescendants de s’autodéfinir comme tels, en faisant honneur à leurs racines et en se rendant visibles dans la société.

Au sujet du bicentenaire, il est opportun et réparateur de souligner que nous les afrodescendants faisons partie de l’histoire du pays. Nos ancêtres sont arrivés en tant qu’esclaves dans le nord du Chili il y a plus de 200 ans. Depuis lors, nous avons contribué de manière substantive au développement économique, politique et culturel.

Économique, puisque pendant de nombreuses années, nous avons constitué une main d’oeuvre gratuite, en travaillant la terre et en contribuant au progrès de lieux comme Azapa, dans la Région d’Arica et Parinacota, un important pole agrícole, qui durant l’hiver approvisionne presque l’ensemble du Chili de ses produits.

Politique, car beaucoup d’entre eux ont combattu pour le pays pendant (la conquête de) l’Indépendance, et beaucoup moururent car ils servaient de chair à canon en se positionnant dans les remiers rangs dans le Régiment Innocents de la Patrie (Regimiento Inocentes de la Patria), où l’on offrait la liberté à nos ancêtres en échange de leur participation à la lutte pour une indépendance qui permet aujourd’hui que le pays célèbre son bicentenaire.

Culturel, par la musique et la danse afro qui constituent une grande contribution à la diversité de notre société et qui connaissent aujourd’hui un immense succès auprès de nombreux jeunes du pays, avec des représentants comme Joe Vasconcellos, Moyeney Valdés et autres, qui se sont inspirés de notre culture et de nos traditions pour diffuser cet héritage.

Le grand déficit auquel nous faisons face en tant qu’ethnie afrodescendante consiste en ce que l’État ne nous a pas reconnu formellement, ce qui pourrait se produire lors du recensement de 2012, avec l’inclusion d’une question permettant aux afrodescendants de s’autodéfinir comme tels, en faisant honneur à leurs racines et en se rendant visibles dans la société.

Pour atteindre un tel objectif, l’INE nous a convoqué à un séminaire le 23 septembre pour que nous exposions nos demandes d’incorporation dans le Recensement, ainsi que les raisons politiques, culturelles, économique et historiques pour lesquelles nous devrions y apparaitre.

Notre premier besoin est de savoir combien nous sommes. L’absence de données statistiques nationales sur la population afrodescendante entraine l’invisibilisation de notre ethnie au Chili. Ces données permettent de concevoir de meilleurs politiques et programme publiques nationaux spécifiques, adapté à notre identité, à notre réalité et à nos aspirations.

Note: Colonne publiée dans la section Cartas al Director de La Nación (20 septembre 2010).

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com