(Xinhua) – Le Musée de la Route de l’esclave situé dans la province cubaine de Matanzas à l’ouest de l’île rappelle les traces laissées par des milliers d’africains emmenés de force en tant que main d’œuvre moins chère.

museoInauguré en juin de l’année dernière par le président du Conseil Exécutif de l’Unesco, le béninois Olabiyi Babalola Joseph Yai, le musée est enclavé dans le Château de San Severino à Matanzas à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane.

L’institution fait partie d’un projet de l’Unesco portant le même nom et qui commémore  chaque 23 août la Journée International du Souvenir de la Traite des Esclaves et de son Abolition. Ce projet, dont le musée cubain est le premier en Amérique  est né en 1993 avec l’intention pour l’Unesco de mettre fin au silence sur la tragédie de la traite des esclaves dans les différences régions et souligner les conséquences de cet infâme commerce sur les sociétés contemporaines.

La Route de l’esclave vise également à contribuer à la compréhension mutuelle et la coexistence pacifique entre les peuples, particulièrement par le biais de la réflexion autour des préjugés liés à l’esclavage, le dialogue interculturel et le pluralisme culturel.

L’inauguration du Musée cubain avait mis en pratique une tentative de l’Unesco qui avait motivé la création de la Route Maya en Amérique Centrale et de la Soie, en Asie.

La forteresse de San Severino dont la construction avait débuté le 13 octobre 1693 est l’une des édifications les plus significatives de la ville de Matanzas et sur ses murs, on peut apprécier les traces indélébiles de la présence esclave.

Il est encore possible de voir les marques que faisaient les esclaves utilisés manœuvres dans la construction pour indiquer l’accomplissement de l’épuisant travail quotidien, et qui prit fin en 1734 après l’élévation des murs, le perçage des tunnels et des réservoirs d’eau et du placement des batteries de la forteresse.

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Dany Glover en visite en septembre 2009

Le château fut à son époque le siège du commandement principal du système de défense de la ville dont faisait partie d’autres structures comme le fort San José de la Vigía, El Morrillo et la batterie de Cajigal.

Le Musée dispose  de quatre salles, la Casa del comendador, Présentation Archéologique, De l’esclavage et Des orishas.

On y expose des horreurs comme le calimbo, une pratique qui consistait à marquer les noirs au fer incandescent dès leur arrivée sur les marchés d’esclaves pour les identifier comme propriété de l’acheteur, avec une lettre ou un signe quelconque.

D’après certaines références, on les marquait également dans les embarcations sur l’estomac, les bras ou l’épaules, et les femmes elles étaient marquées sur la poitrine en el et sur les pieds.

Le Musée présente l’exposition "Afro América: la tercera raíz", avec 105 fiches didactiques et 14 sculptures africaines données par l’artiste cubain Lorenzo Padilla.

Tout près de la fortification, au 19ème siècle, se produisirent de nombreux soulèvements d’esclaves dont l’un des plus célèbres fut mené par la noire Carlota, ce qui explique qu’il est facile de trouver des traces dans les zones archéologiques alentours des anciennes plantations et baraques, où travaillaient et vivaient les esclaves.

À cet environnement s’ajoutent ce qu’on appelle des palenques, des lieux où les esclaves fugitifs habitaient et s’organisaient, dans des cavernes ou dans des endroits d’accès difficile.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com