Salvador Suazo dans “Conversemos en garífuna” : “celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

Par Pablo César Zapata : redaccion@laprensa.hn

La Ceiba , Honduras

gariBuiti bináfi, mama”. Tel était le salut adressé par un enfant à sa mère ou à sa grand-mère il y a environ 20 ans dans n’importe quel village garífuna du nord du pays.

Des nos jours, cette coutume qui faisait partie de l’éducation des enfants disparait peu à peu  des foyers.

La nouvelle génération s’habille, se comporte et se croit moins garífuna et plus (nord) américaine, un phénomène social ressenti dans les différentes localités, où au quotidien, on entend de moins en moins la langue maternelle dans la bouche de la population.

Le bombardement exagéré de cultures envahissantes dans les radios et à la télévision a eu un impact sur la jeunesse”, affirme le chanteur international Aurelio Martínez, qui porte très haut le nom du Honduras à chacune de ses performances.

Je vois quatre aspects fondamentaux en cela, et le premier est que nous sommes envahis par d’autres cultures, le second, la jeune génération de parents ne parle pas garífuna à ses enfants. Troisièmement, les pasteurs interdisent des réunions autour de la culture ; et enfin, la communauté métisse prend de plus en plus d’espace dans les villages”, indique-t-il.

Aborder ces sujets met mal à l’aise car il y aurait au sein même de la communauté de nombreuses personnes qui n’aiment pas en entendre parler. Beaucoup reconnaissent que la bataille pour la conservation des valeurs culturelles et de l’identité propres est difficile à gagner.

Davantage encore sont d’accords avec le fait que la perte d’identité obéit à différents aspects dont l’un des principaux est que dans la majorité des foyers, les parents n’apprennent pas à leurs enfants à parler la langue maternelle.

Et on voit même des jeunes opter pour des changements qui vont du défrisage de leurs cheveux, autant chez les femmes que chez les hommes, jusqu’au fait affligeant d’entendre certains dire des choses comme: “ne me parle pas ce machin”, en faisant clairement allusion à la langue garífuna.

Mafeidirunubéi sun le hichugubei nagúburigu nun. Je ne perdrai pas ce que m’ont laissé mes ainés”, indique la jeune Mariela Cacho, qui croit fermement qu’il y a encore du temps pour récupérer les espaces perdus.

Le ministre de la Culture, des Arts et des Sports Bernard Martínez a indiqué que le Gouvernement actuel est en train de créer des stratégies dans des communautés en vue de sauvegarder les valeurs culturelles en soutenant des événements.

L’Odeco organise chaque année de longues journées d’enseignement de la langue garífuna et sur, il est fréquent des leçons d’anglais et de garífuna pour ceux qui sont aux États-Unis.

L’écrivain Salvador Suazo dans son œuvre littéraire “Conversemos en garífuna” écrivait que celui qui perd sa langue sera l’esclave d’une langue étrangère”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/