Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

L’existence des Afropéruviens, probablement évidente pour la plupart des gens a été une surprise pour nous. Mais évidemment, c’est compréhensible, lorsque les Espagnols ont conquis le Pérou, ils ont décimé un grand nombre d’indigènes avec la guerre et les maladies.  Par conséquent, ils avaient besoin de faire venir une nouvelle force de travail, des esclaves pour travailler – principalement Africains de la Guinée pour travailler – oui vous l’avez deviné—dans des plantations de coton.   

afrop_ruvien2Dans les musées que nous avons visités, nous avons appris beaucoup de choses sur les Incas et des groupes de la période Pré-Inca au Pérou.  Cependant, nous n’en avons pas beaucoup appris sur l’histoire des Africains au Pérou. 
Chincha, une ville commerciale occupée sur la côte est connue comme le centre de la culture Afro-Péruvienne. Pourtant, jusqu’à présent il n y a aucun musée/tours/etc. relatifs à cette population. La ville est célèbre pour ses festivals de danse et de musique durant l’été (Novembre à Février au Pérou), où la ville est pleine de visiteurs venus voir les célébrations.

Le peu d’information sur Chincha que nous avons provient de nos guides. Selon le Rough Guides, "sur tous les pays d’Amérique du Sud, la répression raciale était plus cre au Pérou. On interdisait même aux Afropéruviens de jouer le tambour, ce qui a conduit à l’invention du Cajon, un instrument de percussion péruvien."   Sur ces informations limitées, nous avons repris l’autobus local et nous sommes descendus à Chincha – où quelques curieux nous ont dévisagés puisqu’il n y avait aucun autre touriste aux alentours.   Tout de suite, nous avons demandé au chauffeur de taxi s’il y avait un endroit à voir – il a suggéré El Carmen, un petit village au sud de Chincha où l’on retrouvait les meilleurs danseurs et musiciens en direct.

Nous avons quitté la chaussée pavée et lisse de l’autoroute Panaméricaine pour une route de campagne bosselée entouré de champs de coton. Nous étions en quelque sorte comme sur une route hors des sentiers battus dans le Mississippi. Les gens étaient un mélange - certains autochtones ressemblant à des Péruviens et d’autres clairement afro-péruviens. Un grand panneau décoloré se distinguait sur lequel on voyait une femme noire souriante vêtue à la Tante Jemima et sous elle, des mots souhaitant la bienvenue aux touristes au  " Restaurant de Mamie." Sans mentir. Peut-être que j'étais simplement surprise de le voir - et mon esprit a pris du temps pour traiter ce que je venais de voir, mais nous n'avons pas demandé au chauffeur de s'arrêter pour pouvoir prendre une photo. Vous allez devoir nous croire - c'est bien ce qui était écrit. Le premier endroit où nous nous sommes arrêtés était l’Hacienda San Jose, une ancienne plantation de sucre où il y a cent ans une vaste révolte d'esclaves éclata et qui se termina par la mort du maître. Cependant, lorsque nous sommes arrivés, nous avons appris que l'hacienda avait été fermée et ouvrirait peut-être de nouveau l'an prochain. Bon, on passe.

afrop_ruvien1Quelques bosses sur la route plus loin, et nous étions à El Carmen qui a une superbe Plaza pleine de fleurs vives – mais très peu d’agitation. J’avais l’impression que l’on était dans une ville de l’ouest sauvage au milieu de la journée: il y avait un groupe de personnes âgées assises sur des chaises sur un bord de trottoir écoutant une radio archaïque, un couple debout devant un petit magasin, et un groupe d'étudiants assis sur les marches et qui regardaient dans la voiture avec étonnement à notre passage. J’imagine que les touristes ne sont pas très courants ici. Aucunes inquiétudes cependant, le chauffeur savait où nous amener – nous avons roulé dans les rues tranquilles et nous nous sommes arrêtés devant une maison.  Une femme a ouvert la porte et nous a conduits à l’intérieur.  La maison était confortable avec littéralement des centaines de photos encadrées, des plaques et des coupures de journaux qui ornaient les murs peints de couleurs vives. La maison était à la fois une habitation, un studio de danse et un musée, le tout en un.

La femme était incroyablement accueillante et sans qu’on lui demande, elle nous indiqua que quelques élèves allaient arriver et que si on pouvait attendre, on verrait un spectacle.

J’imagine que puisque c’est la raison pour laquelle ils sont connus, ils se sont dit que c’est ce que nous voulions voir.  Nous avions tous nos sacs avec nous, et nous les avons rangés dans le coin, puis nous avons fait le tour de la maison à regarder des photos et à jouer avec les enfants. Les images, en noir et blanc, sépia et en couleur racontait une histoire riche couvrant des décennies.

afrop_ruvienLe patriarche de la famille, qui a grandi dans les champs ici, a lancé un groupe de danse qui a remporté de nombreux prix.  Le groupe a été reconnu pour sa préservation de la culture AfroPéruvienne.   

Plusieurs enfants du quartier se sont arrêtés à la maison et sont restés accrochés derrière la porte ; nous nous sommes dits qu’ils avaient aussi entendu parler du spectacle impromptu. Lorsque les costumes étaient prêts,  la femme est revenue et a présenté le musicien: un adolescent qui a joué le cajon ainsi que les danseurs. Là, sur le canapé de la famille - nous avons eu notre propre spectacle privé (Regardez la vidéo!). Les enfants étaient vraiment très amusants et nous avons fini par danser avec eux. La danse, comme vous pouvez le voir sur la vidéo, est très semblable à certaines de celles que nous avons vues en Afrique.  C’est surprenant de quelle manière les cultures à travers le monde, ont conservé leurs traditions tout en s’adaptant à une nouvelle. Il y a des similarités entre ce que nous avons vu ici, au Brésil, en Jamaïque et aux États-Unis.

L’endroit le plus relax pour un spectacle à jamais - l'atmosphère était très détendue, ils nous ont fait nous sentir à la maison.

Après quelques embrassades, des images et des crayons à l’effigie d’Obama offerts aux enfants, nous sommes partis faire une promenade dans le quartier.

Nous sommes entrés dans une petite tienda (boutique) pour prendre un verre et une fois de plus, nous avons été confrontés aux petites statues de “Mamie” et à des personnages aux visages peints en noir.  Cette boutique dans laquelle nous sommes allés appartenait peut-être également à un noir(en tout cas, la petite fille qui nous a servis l’était.). Je ne suis pas certaine de savoir de quoi il en retourne, et malheureusement, mon Espagnol n'est pas assez bon pour entrer dans ce type de conversation. J’espère vraiment que c’était le cas. Alors qu’on attendait un minibus pour le centre ville avec  une famille locale, un groupe d’enfants nous a approchés et sans crier gare, ils se sont mis à danser. Mais ils étaient vraiment très cools, presque nonchalants dans ce qu’ils faisaient – l’un d’eux rentrait dans le cercle faire son show, alors que les autres restaient en arrière à lire un journal.  Après que chacun d’entre eux eut passé quelques tours, ils se sont mis à partir – sans demander d’argent.  Avec le père de la famille, nous les avons suivis et nous leur avons donné quelques pièces et des crayons.

Cette journée à été superbe hors des sentiers battus par les touristes – ce fut amusant d’explorer une région peu connue et de voir une culture sur laquelle peu d’attention est porté. On aimerait vraiment revenir et vivre un festival ici, et compte tenu des gens que nous avons rencontrés, on sait que nous passerions de bons moments!   

http://www.travelpod.com/travel-blog-entries/carlaandmike/2/1275205946/tpod.html

Écrit le 21 mai 2010  par Carla (Une avocate afroaméricaine) et tiré du blog de voyage qu’elle tient avec son compagnon Mike (un blanc américain professeur d’Anglais langue seconde)

carla

Carla et Mike