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Par Maurício Pestana

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Comprendre la présence africaine en nous revient à se plonger dans un monde mystérieux d'émotions, dans lequel passé, présent et futur se confondent, bien au-delà de la couleur de la peau, dans l'esprit, une façon d'être et de s'exprimer dans la vie et face à la nature, ni meilleure, ni pire, mais différente, en respectant et en préservant notre propre existence.


L'Afrique a été stéréotypée depuis la colonisation du Nouveau Monde, les regards préconçus sur le continent et leurs descendants ont été si pervers que l'évidence qui veut que là se trouve le berceau de l'humanité et que notre futur dépend directement de sa survie, n'a été admise que récemment.

La moitié de notre population descend directement des peuples africains et notre identité culinaire, artistique, notre façon d'être, de penser la vie et même de jouer notre fabuleux football est le reflet de cette présence dans nos veines.

Au cours du 20ème siècle, après le pillage, les spoliations et le partage, a débuté un processus d'humiliation, de déni et d’humiliation morale de l'Afrique, un phénomène qui ne s'était jamais produit dans l'histoire de l'humanité.

Dans cette optique, tous les outils de propagande de la haine raciale développés furent utilisés. Le cinéma, la télévision, la littérature. En quelque sorte, la culture occidentale a utilisé ses meilleurs outils pour inférioriser les peuples de ce continent.

La propagande faisait toujours référence à un endroit habité par des primitifs, dépourvus de tout instinct de civilisation, dépendants d'un grand leader blancs qui les domine et les protège. C'est ainsi qu'allaient surgir des personnages comme Tarzan - au cinéma et à la télévision – le Fantôme dans les histoires de bandes dessinées et des dizaines d'autres personnages et séries présentant les africains comme des être racialement inférieurs et dominés par des blancs colonisateurs.

Ils ont essayé d'effacer des millions d'années d'histoire de la civilisation africaine, qui domina la planète en technologie, en mathématiques et par leur génie qui jusqu'à présent défie nos scientifiques, comme on peut le voir avec les magnifiques et indéchiffrables pyramides d'Égypte. Et que dire de la religion de matrice africaine, la plus vieille de la planète (avec ses plus de cinq mille ans) qui porte dans son essence le respect et la préservation de la nature, et les trésors africains, volés, pillés et exhibés dans les collections privées et publiques des métropoles occidentales?


Le Brésil, plus grand pays noir à l'extérieur de l'Afrique et aussi le plus grand héritier de cette culture millénaire, a joué un rôle insignifiant dans ce contexte. Notre pays a répété au cours du dernier siècle la même politique colonialiste et raciste envers l'Afrique. Si on questionne un brésilien ordinaire sur le continent africain, la réponse sera invariablement la même: c'est un endroit avec des lions, des girafes et un peuple misérable, oubliant que plus de la moitié de notre population descend directement du peuple africain et notre identité culinaire, artistique, notre manière d'être, de penser la vie et même de jouer notre fabuleux football est le reflet de cette présence dans nos veines. Nous rejetons cela et nous vivons quotidiennement avec des phrases racistes du genre : le football africain est naïf et n’a pas évolué, même s’ils nous ont éliminé des Jeux olympiques à deux reprises.

Nous oublions qu'il ya 56 pays en Afrique, dont certains font partie du groupe sélect des principaux pays producteurs de pétrole dans le monde. C’est encore là que l’on retrouve la plus importante réserve de diamants ; les richesses de son sous-sol que l’on commence à peine à explorer sont incalculables et malheureusement disputées par les grandes puissances. Aujourd’hui, grâce à la lutte ardue du mouvement noir brésilien, il existe une loi qui exige l'enseignement de la véritable histoire de l'Afrique et de ses descendants dans les écoles. Espérons que le coup de sifflet de l’arbitre, qui donnera le coup d’envoi d’une autre Coupe du monde - la première en Afrique – permettra également de donner une leçon de respect, de solidarité et de reconnaissance pour ce continent dont l'humanité a encore une dette importante à régler.

*Maurício Pestana est président du Conseil Éditorial du magazine RAÇA BRASIL - pestana.raca@escala.com.br