Rédaction SRZD | Cultura | 14/05/2010 13:05

PmPremière étude dans l'état se focalisant sur le policier afrodescendant  dans la corporation, le livre  " O negro na Polícia Militar: crime, cor e carreira no Rio de Janeiro" (le noir dans la Police militaire : crime, couleur et carrière dans le Rio de Janeiro)  du  journaliste et professeur de la PUC-Rio, Carlos Nobre a été lancé le 12 mai dernier  au Conseil Municipal, publié aux Éditions Multifoco de Lapa.

L'auteur a passé deux ans à étudier les policiers noirs dans cinq unités de la corporation : Bataillon de la Police Touristique  de Policiamento  (Bptur), Groupement de Soutien dans les Zones Spéciales (Gpae Pavão-Pavãozinho et Cantagalo), 12º. BPM(Niterói), 19º. BPM (Copacabana) et Quartier-Général(Centre).

Un des constats les plus significatifs de l'étude (49 soldats et officiers noirs interviewés pendant deux heures)  est que la PM est l'institution de l'état du Rio qui emploie les plus les noirs. Au moins 60% des troupes (officiers et soldats) sont afrodescendants selon Nobre. Si l'on ne tient compte que des soldats, le pourcentage d'afrodescendants passe à 66%.

Les noirs dans la Police Militaire, selon l'étude réalisée entre 2000 et 2001 atteignent 42% des officiers de la corporation, une proportion presqu'égale entre blancs et noirs dans l'institution qui contrôle l'ordre public. Selon Nobre, les noirs ont trouvé une porte leur permettant l'ascension sociale dans la PM fluminense et sont devenus de grands noms de la profession.

Le livre présente d'autres constats : près de 75 % des interviews croient qu’au sein de la Police Militaire, le racisme n'existe pas, mais qu’il y a plutôt une sorte de "racisme voilé" dans lequel on ne discrimine pas clairement l'autre.

Cependant, les policiers noirs en grande majorité  pensent qu’;à l’extérieur, dans la société, le racisme est plus important et plus persistant. Comme policiers, ils  pensent qu’ils ont déjà été discriminés par des noirs et qu’ils exercent une profession qui contrôle les citoyens dans les rues.


Les policiers noirs confessent au chercheur que dans la rue, le noir est plus discriminé par les policiers mêmes (qu’ils soient blancs ou noirs), c'est-à-dire que les noirs sont davantage suspectés de commettre un crime. Selon les interviewés, ce stéréotype du criminel  date de l'époque de l'esclavage et malheureusement, il est suivi comme modèle par des nombreuses organisations policières. 

Concernant la sécurité publique, les officiers noirs dans leur majorité n’hésitent pas à désigner le colonel Carlos Magno Nazareth Cerqueira comme le policier qui a révolutionné la Police Militaire, puisqu’il a introduit de nombreuses nouveautés (police communautaire, police touristique, études de la criminalité etc.) dans la corporation.

La reconnaissance de l’importance de Nazareth Cerqueira n’a pas seulement été le fait des policiers noirs, mais également par les blancs, comme l’ancien commandant de la Police Militaire Sérgio da Cruz, ancien élève de Cerqueira, qui voit en lui un policier sophistiqué et aux idées transformatrices qui ont fini par changer la manière d’agir de la corporation post dictature militaire.

Du point de vue idéologique, les officiers noirs suivent trois courants, soit la ligne répressive (attaques directes contre le narcotrafic, usage de la force etc.) soit la ligne préventive en respectant les droits humains, ils voient la criminalité du point de vue social et pensent que la répression ne résout pas à elle seule la question de la criminalité, soit les mimétismes, une sorte de fusion entre les deux premières.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com