Chambers

Photo : Tiempo / Roberto Cerrato

SAN PEDRO SULA - Glenn A. Chambers, professeur assistant d’Histoire du Département d’Histoire de la Texas A & M University, qui a rendu visite au cours de la semaine dernière aux communautés garífunas estime que le gouvernement du Honduras doit investir davantage dans l’éducation pour venir à bout des niveaux de pauvreté dans lesquels stagnent ce groupe ethnique et d’autres minorités du pays.


À l’invitation de l’Ambassade des États-Unis, Chambers a présenté dans plusieurs villes du Honduras la conférence intitulée "Le Mouvement des Droits Civils aux États Unis: Les réussites et les échecs des Afroaméricains dans la lutte pour l’Égalité" dans le cadre des commémorations du Mois de l’Histoire Africaine au Honduras.

Ce mercredi soir, dans l’Hôtel Hilton Princess, DIARIO TIEMPO a interviewé ce t universitaire qui entre 2004 et

2005 a

réalisé des recherches sur les communautés de descendants des Antilles qui ont immigré sur la côte nord du Honduras.

DIARIO TIEMPO: Quel est l’objectif de votre nouvelle visite au Honduras?

CHAMBERS: L’objectif de ma visite est de parler des droits civils des afrodescendants des États-Unis. J’ai parlé de la situation des États-Unis et ce sera un exemple utile pour les afrodescendants honduriens. J’ai visité La Ceiba et  Sambo Creek dans le cadre de la célébration du mois de l’héritage africain.

DIARIO TIEMPO: Quels aspects sociaux avez-vous observé dans la communauté garífuna du Honduras? Les Garifunas se sont-ils développés?


CHAMBERS: C’est une communauté intéressante. Selon moi, c’est une communauté différente de celle des États-Unis. Ils ont une histoire et une culture différente. Aux États-Unis, la culture noire ou afrodescendante n’est pas aussi évidente que celle d’ici. Ici, les garífunas ont une langue, une culture, une gastronomie, des danses...

DIARIO TIEMPO: Avez-vous observé la pauvreté dans les communautés garífunas du Honduras? Que peuvent-ils faire pour venir à bout de cette réalité?


CHAMBERS: Je pense qu’il y a beaucoup de pauvreté dans tout le Honduras, et ce n’est pas différent pour les garífunas. Il y a beaucoup de pauvreté dans tout le pays.

DIARIO TIEMPO: Que pourraient faire les garífunas pour s’intégrer à la société du point de vue économique, et politique?


CHAMBERS: Peut-être comme aux États-Unis, il est possible pour eux de s’intégrer par l’éducation. Grâce à l’éducation, on peut obtenir un emploi et développer les communautés. Le gouvernement doit davantage soutenir l’éducation. C’est nécessaire au Honduras, mais je ne suis pas hondurien et je ne peux pas donner mon opinion...

DIARIO TIEMPO: Les afrodescendants des États-Unis peuvent-ils venir en aide aux garífunas honduriens?


CHAMBERS: Il faut que l’on établisse une connexion, nous pouvons informer les communautés des États-Unis de la situation des afrodescendants au Honduras et en Amérique Latine. Nous pouvons parler avec les politiciens pour qu’ils apportent plus de soutien. Nous ne voulons pas changer leur culture, nous voulons simplement soutenir les garífunas. Des alliances existent déjà entre les communautés Haïti, de République Dominicaine, de Colombie et les États-Unis.

DIARIO TIEMPO: De quelle manière les garífunas peuvent-ils obtenir une plus grande participation dans le domaine politique? Avez-vous vu la discrimination au Honduras?

CHAMBERS: L’unité est très importante pour toute cause. Le soutien économique et légal est également nécessaire. Dans un mouvement, de nombreuses stratégies sont nécessaires pour changer une institution. Aux États-Unis, la discrimination a existé pendant plus de 350 années. Nous avons peu à peu commencé à produire un changement. Je n’ai pas observé de discrimination au Honduras, parce que je suis un visiteur, mais j’ai entendu de nombreux afrodescendants honduriens qui affirment que la discrimination est présente.

DIARIO TIEMPO: La discrimination est elle la cause du retard des communautés afrodescendantes ?


CHAMBERS: Oui… Les Amériques sont le produit du colonialisme. Dans ces sociétés, il ya des groupes opprimés, is peuvent être des afrodescendants ou des indigènes et dans l’ensemble du monde, il y a eu le système de castes.

DIARIO TIEMPO: Quel est l’aspect le plus important que doivent considérer un gouvernement pour venir à bout de la pauvreté?


CHAMBERS: L’éducation vient en premier. Dans n’importe quel pays, l’éducation c’est le plus important. L’éducation  nous permet de pouvoir obtenir les autres choses. Avec l’éducation, il y aura plus de maitres, d’avocats, de politiciens. C’est pour tout le monde, pas seulement pour les afrodescendants. Je suis professeur et je pense que l’éducation est l’élément fondamental.



Aux États-Unis, les communautés noires, latines, indigènes luttent dans le système du pays pour réduire la discrimination. Le mouvement des droits civils a débuté par une luette pour faire des changements dans la Constitution et changer le système: Glenn A. Chambers, professeur assistant d’Histoire au Départament d’ Histoire de la Texas A & M University.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com/