Francisco Castro HOY

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com

AFROMEXINOS

Avec son teint noir foncé et ses cheveux crépu, les gens pensent souvent qu’Arturo Herrera est afroaméricain. Mais l’espagnol qui sort de sa bouche, avec l’accent et les caractéristiques du Sud du Mexique révèle sa véritable origine.

"Ils me parlent en anglais en pensant que je suis un des leurs", indique Herrera, un immigrant originaire de Oaxaca et membre de l’Organisation des Afromexicains ( Organización de Afromexicanos ) une communauté qui s’est établie à Pasadena et à Santa Ana depuis deux dizaines d’années. On estime que la majorité de ceux qui résident à Pasadena proviennent de l’État d’Oaxaca, tandis que ceux de Santa Ana sont originaires de Guerrero.

Ce mois (Février), on célèbre le mois de l’histoire afroaméricaine dans le pays et les afromexicains cherchent également à mettre en valeur leur culture et leurs traditions.

"Ce que l’on fait c’est de sauvegarder, de promouvoir et de diffuser les activités culturelles des nos peuples ", indique Herrera.

Selon certains calculs, à Los Ángeles et dans les Comté d’Orange vivent quelques 1 500 afromexicains, la majorité originaires de

la Costa Chica

, qui commence à l’est d’Acapulco et s’étend jusqu’aux états d’Oaxaca et de Guerrero. Au total, il y a environ 45 petites villes et bourgs de noirs à Oaxaca et Guerrero, indique Herrera.

Il y a plus de 500 ans que les africains sont arrivés sur ces terres en tant qu’esclaves des espagnols. Selon Herrera, une histoire sur l’origine de cette communauté raconte qu’un navire qui était chargé d’esclaves fit naufrage face aux côtes d’Oaxaca. Aujourd’hui, les afromexicains forment une communauté ayant sa propre identité.

Une preuve de cette idiosyncrasie se trouve dans

la Danza

de los Diablos (Danse des Diables) une danse qui incorpore des incorpora danseuses et un homme vêtu comme une femme qui porte le nom de "Minga" et "Pancho", le contremaitre qui représente l’esclavage selon Martín Alemán, un autre afromexicain.

De même que la danse et la musique, "une cumbia très animée", Alemán affirme que la nourriture afromexicaine a tendance à être plus piquante et préparées avec des épices, tandis que la nourriture indigène est plus douce.

Comme Herrera, Alemán affirme que des nombreuses personnes, y compris ses compatriotes ne croient pas qu’ils sont mexicains. "Ils pensent que nous sommes honduriens, mais ils disent qu’il est impossible que nous soyons de Oaxaca", indique-t-il.

Et de fait, ajoute Alemán, Oaxaca est connu pour ses indigènes, mais non pour ses noirs. Il indique que les recensements au Mexique ne mentionnent pas la race noire et que très souvent on la cache ou on l’ignore. "Même le gouvernement nous renie", affirme Alemán.

Il raconte qu’un jour, une colombienne qui avait reçu une invitation pour une Rencontre des Peuples Noirs au Mexique a appelé l’ambassade mexicaine dans ce pays pour faire se renseigner sur l’événement, car elle était surprise par l’invitation.

"La dame a raconté qu’à l’ambassade, on lui avait dit qu’il n y a pas de noirs au Mexique", indique Alemán, qui ajoute qu’il est fier de son héritage africain.

"Personne ne doit avoir de la peine ou se sentir mal quelque soit sa race. Il faut toujours être soi même", ajoute-t-il.

Herrera fait écho au sentiment de son ami et compatriote.

"Dans le livre d’histoire [du Mexique] les peuples noirs n’existent pas", indique-t-il. "Nous savons que nous nous appartenons à la race africaine et nous continuer de la promouvoir ".

fcastro@hoyllc.com 

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