PANAMAUne étude et une analyse des lignes directrices des publicités dans les médias de communication sociale du Panama dans le cadre du début de l’année scolaire dans toutes les écoles et les collèges du pays a révélé qu’à partir de la publicité placée à la télévision et dans la presse écrite, on pourrait conclure que les garçons, les filles et les jeunes afropanaméens ne font pas partie de la population qui retourne à l’école au mois de mars 2010, qu’ils ne vont pas à l’école, ou du moins, qu’ils ne sont pas des modèles à utiliser pour transmettre les valeurs associées à l’éducation formelle.

En effet, une enquête  réalisée par une équipe de l’Observatoire Panama Afro ( Observatorio Panamá Afro) qui a étudié tous les espaces utilisés dans les journaux et sur les chaines de télévision par les principales entreprises de vente d’outils scolaires et de services liés a fait apparaitre que 98% des images utilisées dans leurs publicités excluent les enfants et les jeunes afrodescendants panaméens.

L’étude a été réalisée entre le 15 février 2010, date à laquelle a débuté la publicité massive dans les médias de communication, sous le concept retour en classes”, et à la veille du début des classes sur l’ensemble du territoire national.

Les principales entreprises qui commercialisent le matériel, les uniformes et les services qui sont consommés par la population estudiantine du pays, parmi lesquelles  Madison Store; El Chance; Everfit; BBB; El Machetazo; Saray; Almacenes Stevens; Orange; El Costo; Almacenes La Aurora; Office Depot; Picadilly; Oca Loca et Durex; pour en citer quelques-unes, ont exclu de leurs publicités des images des “acteurs ” au teint foncé.

L’étude a révélé que les agences publicitaires respectives ont privilégié, presqu’en exclusivité des enfants et des jeunes blancs, ou presque blancs, pour représenter les produits et les services de leurs clients, paradoxalement, dans un pays, qui comme aucun autre en Amérique Latine, présente une extraordinaire diversité ethnique au point d’être connue comme un “Creuset racial”.

Le constat qui précède s’est fait beaucoup plus évident, principalement dans les médias imprimés.

En guise d’exemple : dans le journal Crítica, celui qui a la circulation la plus importante dans le pays, 11 annonces publicitaires le 26 février liées à la rentrée scolaire ont été publiées; aucune d’entre elles ne comptait d’acteurs ou d’interprètes noirs. Dans le même journal, une seule annonce apparaissait le jour précédent la rentrée scolaire, c’est-à-dire le dimanche 7 mars. L’acteur utilisé était blanc.

La revue ELLAS, qui édite un des journaux les plus emblématiques au Panamá et qui est des plus lus hebdomadairement par les femmes et les hommes, comptait dans son Édition Extra du 03 mars intitulée “rentrée des classes” 25 images relatives à cette thématique. Seul un afrodescendant y est apparu (de dos) et 2 métisses.


Dans la même édition, 14 blancs et blanches ont apparu. “Aprendo”, un supplément spécialisé sur les thèmes liés aux enfants, édité par le même journal a préparé un “Calendrier Scolaire

2010”

de 36 pages dans lequel 13 images de petit garçon et de fillettes. Un seul d’entre eux était afrodescendant.

Il y a eu différents suppléments insérés dans les journaux dans les journaux de circulation nationale durant la période couverte par l’enquête, avec des annonces faisant la promotion des biens et services pour le retour à l’école.

En un 98,5%, les couvertures n’ont pas inclus des images d’afropanamén(es). Là également, on a privilégié, fondamentalement des “acteurs ” blancs, ou presque blancs. Seul 1,5% du riche métissage panaméen occupe les espaces en question. Les entreprises de services collatéraux, qui offrent des services à la population estudiantine, comme les compagnies de téléphone Digicel et Claro, ont eu la même attitude quant aux images utilisées pour leurs annonces publicitaires.

Multimax, le plus grand magasin de produits de technologie et informatique du Panama, a également publié un supplément à la veille (de la rentrée) avec pour slogan: “La meilleure technologie pour ton retour en classe”.

Sur un ensemble de 41 images utilisées, y sont apparues 48 personnes blanches, 4 afrodescendants et 3 métisses.

Sur la couverture dudit supplément, 2 images liées à la rentrée scolaire ont été publiées ; l’une d‘elle était celle d’une jeune élève blanc.

Les particularités relevées par l’étude réalisée par l’équipe de l’Observatoire Panama Afro ( Observatorio Panamá Afro) en arrivent aux mêmes résultats lorsqu’il s’agit des images es éducateurs. Seulement 0,5% de la publicité réalisée
intègre des professionnels de l’éducation au teint foncé.

Contribution solidaire d’Alberto Barrow (albertobarrow@yahoo.com)

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga  http://guyzoducamer.afrikblog.com