La situation de nombreuses communautés noires en zones rurales et urbaines qui doivent continuellement se déplacer "pourrait être qualifiée de gravissime", a dénoncé vendredi dernier Gay Mc Dougall l’experte de l’ONU en matière de Minorités.

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"La situation de nombreuses communautés afrocolombiennes tant en zones rurales (...) et dans les environnements urbains, qui se voient souvent  obligées de se déplacer (...) ne peut qu’être qualifiée de gravissime", a indiqué Mc Dougall lors d’une conférence de presse à Bogotá.

Selon la fonctionnaire qui clôturait une visite de dix jours en Colombie, les communautés noires doivent faire face quotidiennement à des menaces telles que la violence des groupes armés, la lutte pour la terre, le déplacement forcé et les intérêts économiques des groupes ou  des personnes.

Certaines communautés noires "livrent une lutte quotidienne pour survivre alors qu’ils sont déplacés de leurs terres et obligés de vivre dans des conditions d’extrême vulnérabilité et d’insécurité", note-t-elle.

Selon Mc Dougall, "les besoins basiques (de ce secteur de la population colombienne) comme un logement, de l’eau et l’électricité ne sont pas couverts".

La fonctionnaire a souligné que  "lorsque l’on parle des populations les plus pauvres de Colombie, les lieux où sont établis les afrocolombiens dans les zones rurales et les taudis des villes ne peuvent être comparés qu’aux abris des autochtones avec des indices de pauvreté supérieurs à 60%".

"La carte de l’extrême pauvreté coïncide avec la carte qui indique la forte densité démographique afrocolombienne", a-t-elle ajouté après avoir rappelé que, selon les enquêtes, "les besoins de base de 80% des afrocolombiens ne sont pas comblés ".

L’experte de l’ONU a expliqué que les taux de mortalité infantile dans les (départements du) Chocó (nord-ouest) et le Cauca (sud-ouest) –où vivent d’importantes communautés noires- "sont de 54% pour 1000 naissances vivantes "et que l’espérance de vie dans les régions afrocolombiennes est de 55 ans".

Mc Dougall a rappelé que selon les chiffres officiels, les communautés noires représentent 10,62% de la population totale avec quelques 4,3 millions de personnes, mais elle a noté que le Protecteur du Peuple considère que ce chiffre avoisine les 25%, soit 10,5 millions de personnes.

D’autre part, la fonctionnaire a insisté sur la manière dont les méga projets de développement agricole ont déplacé des centaines de noirs.

"Ce sont des opérations à grande échelle auxquelles des compagnies nationales et les multinationales participent et que le gouvernement encourage pour amener le développement et tirer des bénéfices économiques", précise Mc Dougall.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/