african

Par Susan Reimer

Traduit de l'anglais par Guy Everard Mbarga http://guyzoducamer.afrikblog.com/

Une collection de semences utilisées par les Afro-Américains, passées de générations en générations et qui furent apportées dans ce pays de l’Afrique et des Caraïbes est en vedette dans le magnifique catalogue 2010 de la D. Landreth Seed Company.


La collection est le résultat d’une recherche sur les aliments, effectuée par l’historien culinaire
Michael Twitty, qui a réalisé une grande partie de ses travaux sur la rive orientale du Maryland.


Il comprend le Crowder Brown (Genus Vigna), un pois à vache d’Afrique de l'Ouest, l’aubergine de Louisiane, cultivé dans les jardins des esclaves, de l'arachide, le gombo (okra), les piments forts, et de nombreux légumes et des courges.

Ces légumes et ces herbes constituaient les aliments culinaires de base dans les familles afro-américaines, mais ils les introduisirent sans aucun doute dans les repas qu'ils préparaient pour leurs propriétaires, et plus tard,  pour leurs employeurs.


Barbara Melera a choisi cette peinture pour illustrer la collection dans son illustre catalogue. C'est une peinture à l'huile commandée par l'entreprise de semences en 1909, et elle a une histoire fort intéressante.

(Le catalogue est le sujet de ma rubrique sur le jardinage dans le Baltimore Sun.)
La peinture a été inspirée par une photographie prise par Rudolph Eikemeyer, entre 1984 et 1900, intitulée
Aunt Chloe Preparing Dinner(Tante Chloé préparant le dîner), et il fut inclus dans son livre de photos documentant la vie quotidienne, post-esclavage des Afro-Américains.


Melera a trouvé la peinture couverte de poussière lorsqu’elle a repris l'entreprise en 2003, mais elle ne ressemble pas beaucoup à la photo originale.

Sur cette photo, selon le chroniquer Jardin du Philadelphia Inquirer, Smith Ginny, les yeux de Tante Chloé sont baissés, ses vêtements sont usés et il y a des déchets de légumes à ses pieds.

Cette Chloé semble propre, radieuse et enjouée.


Elle illustre tout de même la relation complexe que nous entretenons avec le passé d’esclavagiste de notre pays.