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Par Mariana Teran.-

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Alejandra Robles, chanteuse originaire de Oaxaca  présente actuellement sa deuxième production indépendante intitulée "La Morena". Mais cette côtière aux facettes multiples commence déjà à entrevoir son troisième album, dans lequel elle fera ses débuts en tant qu’arrangeur, et parle de ses origines, de ses souhaits, ses désirs, ses objectifs et de ses défis dans une interview accordée à Oaxaca en La Red .

De race noire, ce dont elle est extrêmement fière, cette petite femme à la voix puissante, nous entretient sur la seule chose qu’elle désire : "chanter et  jouer beaucoup, sur de nombreuses et différentes scènes , c’est la seule chose que je veux, que la musique me trouve...et que je trouve la musique.

La bruja, Angelitos negros, La san- marqueña. Paloma morena, Tilingo lingo, Pinotepa et même y hasta la cumbia, Navidad negra conforman este material que llevan a Alejandra a reivindicarse como afro-mexicana.


Dans La morena , Robles voyage à travers la musique populaire de Veracruz, Oaxaca et Guerrero, mais elle nous offre en plus des duos incroyables avec Armando Manzanero, dans Adoro ou La Llorona avec Eugenia Léon. On l’écoute également accompagnée par la voix de Ramon Gutierrez, directeur du groupe jaranero Son de Madera.

La Bruja, Angelitos Negros, La San- Marqueña. Paloma morena, Tilingo lingo, Pinotepa, même la cumbia dans Navidad Negra sont les différents titres de cet album qui permettent à Alejandra de revendiquer son afro-mexicanité.

- Alejandra, à quel moment te rends-tu compte que tu as ce goût pour la musique et quand décides-tu de te consacrer à cette carrière?

C'est depuis toute petite fille, il y a tout d’abord eu mon grand-père, mon père et ma mère dans la danse. Puis ont suivi les fandangos Jarochos et  l'école à Xalapa Veracruz, l’écoute de nombreuses voix féminines pour les imiter et en faire un hybride.


- Que  signifie la musique pour toi?


C'est mon plus fidèle compagnon, c’est ce qui me soutient passionnément dans la vie, je me dis : " Ok, malchanceuse en amour, mais chanceuse en musique."

-Ta formation académique est très large ... le dépassement et la connaissance sont fondamentales pour le développement professionnel, mais de quelle manière tout cela a influé sur toi, tout ce bagage de connaissances, et tes professeurs autant au Mexique qu’à l'étranger?

Je pense que la technique est fondamentale pour ne pas se fatiguer – CANSAR et pour que mes cordes durent un peu plus longtemps, mais je pense que ce qui est plus important, c’est ce qu’on arrive à exprimer dans une chanson à ton public, l’histoire que tu composes et à laquelle tu crois au moment où tu la créées et si les gens ressentent cela, c’est qu’on a atteint notre but.


- Quelle a été l'expérience de ton premier album?

Je pense qu'un premier disque est très important dans une carrière musicale, "La Malagueña" est l’album qui m’a montré par où aller et par où ne pas aller, mais j’estime être encore en apprentissage et je fais encore des erreurs, mais avec "La Malagueña" j'ai appris beaucoup de choses ...

- As-tu atteint les objectifs que tu t’étais fixé à cette époque?


Je pense que oui, chaque fois qu’on fait quelque chose avec amour, de bonnes choses arrivent.

- Comment a surgie l'idée pour ce nouvel album "La Morena"?

La Morena est une catharsis de Malagueña, j’ai besoin d'expérimenter d’autres rythmes et genres d'autres pays et les fusionner avec les musiques traditionnelles, c’était l’objectif, je suis très heureuse du résultat final, ma sonorité est maintenant plus définie ...

- Qu’est ce que ça a signifié pour toi
de fouiller dans tes origines et de faire cette revendication personnelle et professionnelle ?

Je pense que chacun décide ce qu’il veut être dans la vie, j'avais besoin de me situer dans un endroit et c’est par rapport à mon grand-père que je me situe et avec qui je m'identifie le plus, c'était un grand musicien, ceux qui l’ont connu et écouté ne me laisseraient pas mentir , c’était un mulâtre plein de vie, de danse, de rythme, il chantait, dansait, et était très astucieux.

Il vient de la côte de Guerrero, d’une toute petite ville du nom de Chilapa de Guerrero, je porte son premier nom Suástegui, (qui est caractéristique de la côte), mon deuxième non est Robles


- “Le canto a las Navidades y Todos los santos de los negros cuando hasta las canoas bailan en los fondeaderos de la laguna, al compás de sus danzas frenéticas”,

," ... Cet engagement représente-t-il aussi un hommage aux Noirs, à la troisième racine ?

Je n’estime pas que la communauté noire a besoin d’un hommage, elle porte déjà l’hommage et sa fierté dans la couleur de sa peau et dans sa descendance.

- Penses tu que les populations noires d'Oaxaca, du Mexique et du monde sont victimes de discrimination et de marginalisation ?


Oui, la discrimination existe évidemment au niveau mondial, mais ce problème ne se réduit malheureusement pas seulement à la couleur de peau, mais aussi à cause de ta race, ta langue, ta culture, tes croyances, ta religion, ta sexualité, etc. ....
Quelque chose qui pour nous nous rend plus riche culturellement est vulgaire pour d’autres.

- Comment nait l'idée et comment fut l’expérience de faire des duos avec des personnalités comme Armando Manzanero et Leon Eugenia?


Je me sens très flattée, parce que du travail, est née une très belle amitié.


J’ai d’abord invité le maître  Manzanero, je lui ai proposé de faire d’un de ses morceaux les plus connus une fusion avec des instruments traditionnels comme la jarana et le requinto jarocho, il a aimé l'idée et a dit oui tout de suite.


Avec Eugenia, elle m'a appelé un jour pour me demander si je voulais enregistrer avec elle sur son disque Puño de Tierra et j'ai dit bien sûr, c'est là que j'ai rencontré Eugenia copain et il c’ets en partant de là qu’on est devenues grandes amies, en fait, dans son nouveau disque qui sortira bientôt, nous allons enregistrer un autre duo appelé "
Ando borracho ".


- Qu'attends-tu de cette production?

J’aime beaucoup chante et jouer, sur diverses scènes, c’est la seule chose que j’aime ... que la musique me trouve et que je trouve la musique.

-Qu’y a-t-il à ton programme après cet album ?

Je suis en train de m’initier à l’arrangement pour mon troisième album, j’y travaille déjà e n faisant mes premières maquettes, j’aimerais au moins faire la moitié des arrangements de mon troisième disque, ce n’est pas du tout facile, ça me demande du travail, mais si c’était facile, ce ne serait pas drôle, c’est comme la vie.

– En tant que femme, les choses ont-elle été plus faciles ou plus difficiles dans ta carrière?

C’est complexe, je me suis subitement retrouvée dans des situations très moches parce que je suis une femme de très moche, dans des situations offensantes et très machistes avec des personnes dont je ne m’étais jamais imaginé qu’elles me feraient pareille chose, je suis sortie de là en courant.
Mais la plupart des gens ont été très sympathiques, le fait que je sois une femme leur importe peu, ils aiment simplement ce que je fais et ils m’ont tendu la main.


ale1Alejandra Robles est originaire de Puerto Escondido, une communauté de la Costa Chica de Oaxaca. Elle se revendique afro-mexicaine, comme le confirment ses origines, parlant de ses grands-parents, natifs de la côte du Guerrero.


ETUDES ET ACTIVITES.


Elle prend des cours de danse moderne à l'École des Beaux-Arts de Oaxaca avec la professeure Alejandra Serret et avec son frère Noel Suástegui, et des leçons de rythmes afro-caribéens. Dans le même temps, elle débute des études de chant à l'École des Beaux-Arts Oaxaca.

En 2000, elle se rend à Paris, en France et entre au Douzième Conservatoire de Musique, avec pour professeure Madame Sulle.

À son retour, elle s'inscrit à l'École de musique de l'Université de Veracruz en Licence d’Opéra, ce qui lui permet de prendre des cours avec les professeurs Benito Navarro (ténor), Guadalupe Colorado (soprano), Cecilia Ladron de Guevara (mezzo-soprano), et Victor Manuel Filobello (ténor), avec lesquels elle continue à étudier le chant classique, et prend dans le même temps des cours de danse africaine et des cours de zapateado avec la professeure Rubi Oseguera.

La deuxième production d'Alejandra Robles est dédiée aux gens de la mer, ces gens qui tracent une voie sur le sable, portant sur eux le poids de la discrimination à cause de la couleur de leur peau. Pour les petits anges noirs à l’âme blanche, qui malgré les adversités, rient et chantent sous le ciel de la côte, au bord de la route, ou en haute mer, là où s’élargit l'horizon de leurs espoirs. Ale prévient :


" Je chante pour les femmes noires, dont les hanches se déplacent au rythme des vagues de la mer providentielle"


" Je chante aux Noëls et à Tous les Saints des Noirs quand même les canots dansent dans les profondeurs de la lagune, au rythme de leurs danses frénétiques,"


"Je chante pour les pêcheurs de ma terre, parce que leur ouvrage est une chanson et un miracle."

"Ces pêcheurs qui, en jetant leur filet sur le récif, m’ont offert une vision marinière pour chanter à la Llorona : même si tu t’en vas très loin llorona (pleureuse) tu resteras à jamais dans mon esprit ..."


"... Et à la Bruja qui les effraie au milieu de la mer salée, en prononçant avec ses lèvres des airs malins d'un (serpent) à sonnette dans le sable."


"Enfin, car chanter pour la Côte, c’est juste lui rendre l’accent qu’elle m’a prodiguée. "