Les afropéruviens acceptent le pardon de l’État Péruvien, mais veulent des droits
Lima- (PL) Les afrodescendants péruviens qui représentent près de trois millions de personnes considèrent comme positif le fait que l’État ait décidé de leur demander pardon pour les injustices, mais ils veulent des politiques et des mesures effectives contre la discrimination.
C’est ce qu’ont indiqué les dirigeants des regroupements afropéruviens après la publication d’un décret demandant pardon à cette minorité pour les abus, l’exclusion et la discrimination qu’elle a subi historiquement depuis l’arrivée de leurs ancêtres en tant qu’esclaves durant la colonie espagnole.
Le texte admet la subsistance des comportements de ce type, considérés comme arriérés et qui représentent une barrière pour le développement social, économique, éducatif et au travail de la population en général.
Il reconnait les contributions du peuple afropéruvien à l’affirmation de l’identité nationale, la diffusion des valeurs et la défense nationale et annonce que le pardon et la reconnaissance de ce secteur social seront exprimés lors d’une cérémonie publique.
Le décret précise que lors de cet acte public "seront exaltés les vœux pour l’égalité et la justice, symboles de la construction d’une société plus juste et tolérante", et charge le Ministère de la Femme et du Développement Social de dicter des politiques pour le développement du peuple afropéruvien.
Les membres du gouvernement comme le ministre des affaires étrangères, José García Belaunde, et la ministre de la Femme , Nidia Vílchez, ont souligné la pertinence du geste et ont indiqué que l’État devait demander pardon plus tôt.
Virginia Zegarra, représentante de l’Association Racines Afropéruviennes de Lima ( Asociación Raíces Afroperuanas de Lima) a salué le décret, mais a prévenu que loin de rester en paroles, il doit se traduire en mesures et en décisions politiques pour que "nos droits soient reconnus et qu’ils deviennent réalité".
Elle a également proposé la réalisation d’un recensement pour déterminer le nombre d’afropéruviens, puisque seuls des calculs historiques existent, selon lesquels ils constituent 10% de la population soit quelques 2 800 000 personnes.
Paul Colino Monroy, du Mouvement Noir Francisco Congo (Movimiento Negro Francisco Congo) né en 1986 pour defender les droits des afrodescendants, dit que malgré l’approche du 115ème anniversaire de la fin de l’esclavage au Pérou (le 3 décembre 1854, décrété par le Libertador Ramón Castilla) l’inclusion sociale des Noirs est encore loin d’être une réalité.
Dans certains endroits comme les supermarchés ou les banques, des méthodes subtiles empêchent les Noirs d’accéder aux emplois comme les indigènes andins ou amozoniques.
Au Pérou –critique-t-elle- il existe des lois qui proscrivent et interdisent la discrimination raciale, mais dans les faits, les Noirs ne disposent pas des mêmes facilités que les autres, bien que ce qu’on appelle les négritudes, l’influence africaine ait une forte présence dans l’identité diverse des péruviens.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
Marche des noirs nicaraguayens de Bluefields pour la terre
Heberto Jarquín
END - Bluefields/ RAAS - Source : El Nuevo Diario
Traduit de l'Espagnol Par Guy Everard Mbarga
Reprenant en chœur le refrain “Back to the land” (Retour à la terre), ce vendredi matin, des centaines d’hommes, de femmes, de jeunes, de vieux et des enfants appartenant à la communauté noire de la ville caribéenne de Bluefields, ont marché dans les rues en brandissant des machettes, et ont par la suite pris plusieurs lots situés à la périphérie nord pour revendiquer leur droit à une terre pour vivre et à cultiver.
Le dirigeant de ce mouvement, Carlos Alberto Chamorro (nom inhabituel chez les noirs de Bluefields), est monté sur la terrasse d’un édifice et de là, a harangué ses compatriotes en leur disant de ne pas se décourager et à faire prévaloir leur droit à habiter et à travailler sur la terre qui a appartenu à leurs ancêtres, et qui aujourd’hui est entre d’autres mains.
Il a pris comme exemple le cas de l’ancien conseiller du PLC, José Fernández, qui s’est signalé en prenant possession et en vendant illégalement une grande quantité de lots urbains, pour rentrer par la suite de là où il vient, puisqu’il n’est pas de Bluefields.
Pour sa part, le conseiller régional créole, Guy Cox Wallace, a fustigé le député du PLC Francisco Sacasa Urcuyo, en le taxant de propriétaire terrien peu scrupuleux qui a brûlé des ranchs, persécuté , emprisonné et tiré sur des paysans pour leur enlever leurs parcelles.
Le professeur d’université et leader noir, Leo Joseph, a indiqué que les habitants de la côte ont commencé à perdre leurs terres depuis que José Santos Zelaya a annexé La Moskitia au Nicaragua et a partagé les meilleures parcelles entre sa suite et l’aristocratie de l’époque.
Cependant, le problème à la RAAS (Région Autonome de L'Atlantique Sud) est encore plus délicat, du fait que plusieurs personnes se disent propriétaires privés de territoires entiers que les afrodescendants et indigènes caribéens revendiquent comme étant des territoires communautaires.
Mêmes les lots pris vendredi par la communauté créole font partie d’un terrain qui appartiendrait à la Force Navale de l’Armée du Nicaragua et à l’Université Uraccan.
Joseph précise que les noirs ont toujours vécu en paix, et que la prise des terres est symbolique et qu’ils ne veulent pas de conflits avec personne. C’est la raison pour laquelle il a proposé un dialogue qui respecte le droit les habitants de la côte à la terre, comme consigné dans la Loi 445 sur le Régime de Propriété Communautaire ( Ley 445 sobre Régimen de Propiedad Comunitaria) et la Loi 28 sur le Régime Autonomique de la Côte Caribéenne du Nicaragua ( Ley 28 sobre el Régimen Autonómico de la Costa Caribe Nicaragüense).


