20 groupes de bomba subsistent dans la vallée del Chota. Ils seront les bénéficiaires d’un centre culturel qui sera créé ce mois; en plus d’un studio d’enregistrement.

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Au studio Milenium situé dans le sud d’Ibarra, le groupe de bomba Poder Negro passe de nombreuses heures à enregistrer son nouveau CD. Nous sommes en soirée du samedi 7 novembre.

Eduardo Villarreal, propriétaire des lieux réalise le mixage et los cortes digitales;  42 autres groupes de bomba ont réalisé leurs enregistrements au cours de la dernière décennie. C’est un travail de patience qui ne porte ses fruits qu’à la fin de la journée.

Ce qu’il y a de bon dans ce travail c’est que la musique et la culture afrodescendantes se eéveloppenet, alors qu’elles n’ont presque jamais été visibles  ”.

Selon Villarreal, au cours des dernières années, la technique vocale et la gestion de  l’image se sont améliorés. La production discographique de 12 titres sur un CD coûte 5000 USD pour 1 000 exemplaires”, dit  Villarreal.

Sans perdre de temps, les membres de Poder Negro synchronisent les notes de leurs guitares en bois et électriques et les accordent avec les raspas et l’incontournable bomba. Ils adaptent ainsi la musique à leurs inspirations imprégnées par le quotidien de la  valle del Chota et Salinas.

Dans le petit studio respire le rythme joyeux et contagieux. Ce sont des chansons romantiques, de style libre, sans règles rigides au niveau de la rime, propres à ce genre musical populaire afrodescendant. 

Six heures plus tard, le groupe prend une pause. C'est le moment de parler et d’évoquer les souvenirs. Silvio Arce, directeur de Poder Negro, est le premier à parler.

Enregistrer un disque demande beaucoup de sacrifices. Chacun sort l’argent de ses poches et presque toujours, il y en a pas assez pour la promotion. On dépend de la bonne volonté des médias, des  présentations en direct et des radios. En 10 ans nous avons enregistré 7  CD, mais la piraterie nous détruit”.

Le manque de soutien de l'état pour l'expansion de ce genre musical est une des pleines partagée par l'ensemble des membres. Cependant, ce groupe de bomba et 20 autres qui survivent dans la valle del Chota ont écouté le projet du Ministère de la Culture dont la signature se fera ce mois à Quito.

Le projet consiste à la construction d'un studio d'enregistrement à  Carpuela d'un centre Interculturel à El Juncal. Le coût des deux projets dépassera les  USD 250 000.

Flormarina Montalvo, directrice provinciale de la Culture de Imbabura offre plus de détails. “La construction du Centre Interculturel à El Juncal débutera en décembre, et coûtera plus de 1820 000 USD, avec le soutien du Ministère de la Culture et l'Agence de coopération Espagnole. Il disposera d'un musée du football. En plus des salles audiovisuelles de la mémoire politique et sociale des afroéquatoriens ; des salles de danse, de musique, d'une bibliothèque et autre”.

À Carpuela, par contre sera construit un studio d'enregistrement professionnel d'un coût de 80 000 USD.

Nous avons discuté avec José Chalá, le secrétaire exécutif de la Corporation de Développement Afroéquatorien (Codae), pour le construire sur un terrain appartenant à cette organisation”.

À la fin du mois, -selon Montalvo- nous allons organiser une assemblée à laquelle prendront part des représentants de 38 communes del  valle pour ver un mécanisme pour l'administration de ce studio”.

Les deux projets ont soulevé de l'attente dans la valle.

Nery Padilla y sus Estrellas, par exemple estime que le studio d'enregistrement rendra justice à Carpuela. “C'est ici qu'est né et est mort Milton Tadeo, le concepteur de la bomba. Ce studio fera notre fierté et sera source de grande motivation lorsqu'il deviendra réalité”, affirme Padilla, qui joue la bomba depuis 22 ans.

La bomba a démarqué son territoire dans la célèbre valle del Chota.Cette région se situe entre les provinces de Carchi et d’Imbabura.

Des villages comme Caldera, Piquiucho, Chalguayacu, Pusir,  Carpuela,  Chota, El Juncal, Santiaguillo, La Concepción, Chamonal, Santa Lucía, Cuambo, Cuajara, Estación Carchi, entre autres, auraient disparu au milieu du 20ième siècle sans deux facteurs. Le premier fut la construction de la Panamericana et le second, la musique bomba et sa danse colorée.

Les musiciens de la valle sont convaincus qu’autant le rythme que l'instrument provient des tribus africaines des côtes de Guinée, du Congo, du Kénya, du Soudan, du Nigéria et de l'Angola. La bomba provient du nom d'un tambour couvert de la peau de  chevreau, que l’on resserre fortement contra un arc de bois de plat.

Pour conserver notre identité et nous rapprocher de nos racines, beaucoup de groupes ont opté pour la recherche de noms plus commerciaux. En ce qui nous concerne, nous avons choisi  Marabú, car c'est un oiseau sacré africaine en voie d'extinction. Il y a 20 ans, on était connu sous le nom de Nueva Generación”, confie Plutarco Viveros, directeur de ce groupe.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga