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    Washington, 5 nov. (Notimex).- L'Institut Smithsonian recevra dans cette capitale au cours des sept prochains mois une exposition itinérante consacrée à la présence et à l'influence des Africains dans la mosaïque raciale au Mexique.

"La présence africaine au Mexique: de Yanga à aujourd’hui" expose les contributions africaine aux traditions artistiques, culinaires, musicales et religieuses du Mexique et explore ce qu’on appelle "la troisième racine" oubliée.

"La plupart des gens situent les ancêtres africains uniquement de Veracruz et Acapulco, mais il y a une très forte présence à Zacatecas, San Luis Potosí, Guanajuato et Taxco, où jadis il y eut des mines", déclare à Notimex Cesareo Moreno, l'un des conservateurs de l’exposition.

Moreno indique que durant la colonie espagnole en raison de leur force physique, les esclaves noirs réalisèrent les travaux durs, non seulement dans les mines, mais aussi à s’occuper du bétail et des chevaux dans les haciendas et des plantations de canne à sucre, "pratiquement dans tout le pays", souligne-t-il.

"Les gens sont surpris quand ils voient les chiffres qui démontrent que la population noire était plus importante que la population espagnole, il y avait alors un espagnol pour tous les cinq esclaves", ajoute-t-il.

Il déclare que l'idée de l'exposition est apparue en 1997 après la première réunion des peuples africains de la Costa Chica à Oaxaca, lors de laquelle les mexicains ont "reconnu et embrassé" cette troisième racine ancestrale.

Des personnages importants dans l'histoire nationale comme José María Morelos et le premier président du Mexique, Vicente Guerrero ont une ascendance africaine.

"On peut dire que Guerrero fut le premier président ayant des ancêtres africains en Amérique", souligne le conservateur en faisant allusion au président Barack Obama comme le premier président afro-américain.

L'héritage africain est présent dans des mots comme Chamba, fandango, moronga ou mojiganga qui désigne ces poupées géantes utilisées lors des festivités.

L'exposition regroupe des œuvres picturales, photographiques, sculpturales, des objets musicaux comme la marimba et des vêtements qui rendent compte de l'influence profonde des Africains arrivés au Mexique en provenance de pays comme l'Angola et le Mozambique depuis le XVIe siècle.

Moreno fait noter que dès l'Indépendance du Mexique en 1821, le système des castes a cessé d'être en vigueur dans le pays et, depuis, toute la population a été reconnu comme des "Mexicains". En 1829, l'esclavage fut aboli dans le pays.

Toutefois, il note qu’avec la prévalence du concept de race cosmique telle qu’envisagée par le Mexicain et comme étant le mélange de l’espagnol et de l'autochtone, le gouvernement mexicain ne reconnut l’héritage africain comme étant la troisième racine ancestrale qu’en 1992.

"Les visiteurs apprendront que le Mexique est un pays divers, qui a connu son propre combat sur l'esclavage, la race et la classe sociale et que les Africains au Mexique ont pris part à des événements essentiels et ont apporté d'importantes contributions à la nation", déclare Portia James, du Musée de la Communauté d'Anacostia, où sera présentée l’exposition.

Il ajoute qu’en révélant l'héritage africain au Mexique, l’exposition fonctionne comme un catalyseur dans la construction d'un dialogue plus positif entre les Afro-Américains et les Mexicains-Américains.

À ce sujet, Moreno indique que l’exposition n'est pas la solution pour apaiser les tensions existantes entre les deux communautés, mais qu’elle "fait partie de la solution", dit-il, en notant sa bonne réception par les jeunes de Los Angeles et de Chicago.

L'institution accueillera l'exposition du 8 Novembre jusqu'à Juillet 2010 et sera située dans une communauté fortement afro-américaine. Anacostia a été fondée en 1815 comme l'un des premières banlieues de Washington.

L'exposition est parrainée par le Musée National d'Art Mexicain à Chicago, et elle a commencé à se mettre en place en 2004 et dès 2006, elle a été présentée dans trois musées au Mexique et dans sept aux États-Unis.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga