La Retrospective de Samedi publiée hier servait à préparer la table pour l’Interview d’aujourd'hui. Aron  Ranen est un cinéaste - documentariste et un professeur de cinéma  basé à  Los-Angeles qui, en 2006 a achevé une série en 4 parties sur la prise de contrôle de l'industrie des soins du cheveu Black

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Voici quelques-unes de  ses trouvailles :

a.) Une loi coréenne de 1960 interdit l'exportation de cheveux coréens, et qui s’assure que les perruques faites de cheveux coréens ne peuvent être fabriquées qu’en Corée.

b.) Les entreprises Coréennes-américaines ne vendent parfois pas des produits en gros aux fabricants noirs, une façon de les faire sortir du business des soins capillaires.

c.) Certains propriétaires de magasins Coréens-américains sont dans le business depuis des décennies, tandis que les propriétaires noirs se battent pour survivre.

d.) Certains propriétaires de magasins coréens refusent de vendre les produits des entreprises appartenant à des Noirs dans leurs magasins, un moyen qu’ils utilisent pour maintenir les opérateurs de soins capillaires Black en dehors de ce secteur d’affaires.

e.) une très grosse absence d'unité au sein de la communauté noire dans le secteur des soins capillaires – les prix bas et la commodité sont souvent préférés plutôt que de soutenir les propriétaires d'entreprises Black.

f.) Aron a également été le témoin de la création de la Black Owned Beauty Supply Association dont l'objectif est de gagner une part plus importante des 9 milliards de dollars de l’industrie cosmétique et du soin des cheveux noirs et de l'industrie cosmétique.

J'ai posé quelques questions à Ranen au sujet de son documentaire:

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Pour commencer, je voudrais mettre les choses au clair ; si l’on se fie à votre autre documentaire autre ", Did We Go", qui pose la question de savoir si les astronautes américains ont effectivement atterri sur la Lune en 1969, il semble que vous êtes en quelque sorte un théoricien de la conspiration. Pensez-vous que cela fait qu’il est difficile pour les gens de prendre votre documentaire sur les cheveux noirs au sérieux?

AR: Non, si vous examinez le film sur Lune, qui d'ailleurs a été commandé par l'État de l'Ohio, il s’agit véritablement d’un examen du rôle des nazis dans la NASA et des crimes qu'ils ont commis pendant la deuxième guerre mondiale, et de la manière dont le gouvernement américain a couvert ces crimes pour que ces anciens nous mènent sur la lune. Il commence par mon voyage pour découvrir les réalités sur la mission Apollo 11, et finit sur la partie sur les nazis... J'ai fait un autre film sur ce sujet ayant pour titre appelé "The Lost Von Braun". Le film sur la Lune "DID WE GO ?" a également été sélectionné pour une première au Musée d'Art Moderne de New York (nouvelle série documentaire) et on m'a fait prendre un vol de la Californie pour la première de New York City. Pour plus d'infos: http://www.villagevoice.com/2000-02-08/film/the-dark-side-of-the-moon-landing/

Comment vous êtes-vous intéressé à l'industrie du soin des cheveux noirs?

AR: Je suis intéressé à ce sujet à cause de l’injustice qui y prévaut et qui peut être réparée.

Vos documentaires parlent de la prise de contrôle par les coréens du marché des soins capillaires blacks. Avez-vous déjà creusé pour savoir POURQUOI c’est arrivé? Je veux dire, pourquoi les immigrants coréens? Et pourquoi les soins capillaires des noirs? Comment les Noirs ont-ils perdu  leur emprise sur leur propre marché? À quel moment ont-elles commencé à se  détériorer?

AR: Dans mon film, cela remonte 1965, lorsque les commerçants de perruques coréennes ont ciblé le consommateur noir américain, et ont fait pression sur le gouvernement coréen pour qu’il interdise l'exportation des cheveux bruts - naturels ... donnant ainsi aux Coréens d’avoir la main mise sur la fabrication de perruques faits avec des cheveux humains et des extensions. Les documents exposés dans mon film ne décrivent que le marché des soins capillaires noirs comme étant leur cible ... sans donner de réponse sur la raison.

Votre description des immigrants coréens constituait une partie principale du problème, c’est-à-dire du fait qu’ils ont contribué à un manque de propriétaires noirs dans l'industrie des soins capillaires. N’avez-vous jamais trouvé quelque chose dans leur histoire collective ayant suscité votre sympathie?


AR
: Je comprends que l'employé de salon de beauté travaille dur et de longues heures chaque jour, et ce sont les gens qui sont en haut de la pyramide qui ont été à l'origine du maintien des Afro-Américains et des Londoniens Noirs hors de l'industrie.

Dans quelques articles, j'ai lu que vous pointez les «micro-crédits» comme la réponse pour les entreprises noires. Pourquoi en êtes vous venu à cette conclusion?

AR: Je crois que la seule solution c’est d'ouvrir 100 à 500 magasins juste à côté des magasins préexistants détenus par les coréens. Ce sont des investissements…pas des prêts…il faut que le Capitole Noir (parlementaires noirs) réalise que c’est un bon investissement... ouvrir les magasins, construire une chaine de distribution, et garder des dollars dans les collectivités et mettre fin à la "criminalisation des consommateurs" présente dans de nombreux magasins asiatiques. Cela va créer un arc en ciel d'emplois de 10 $ dans les magasins à 100,000 $ dans le marketing et la distribution. Je vois déjà des Reality Shows sur BET où les gens sont en compétition pour que leurs produits entrent dans les magasins appartenant aux noirs!

Dans tout ce que vous avez vu et entendu, qu’est-ce-qui vous a le plus choqué?

AR:

Le manque d’intérêt d’Oprah, de Bill Cosby, des Églises Noires de voir cela comme une opportunité…et de créer un buzz et une action économique autour du Business des cheveux et de l’approvisionnement

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Source : http://bglhonline.com