Lettre envoyé par l’épouse du Dr Darsi Ferrer

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Mot du Dr Carlos Moore

Demande urgente aux organisations noires du Brésil: S'il vous plaît, faire circuler de toute urgence, par solidarité, cette lettre envoyée de Cuba par l’épouse du  leader cubain noir, Dr Darsi Ferrer, récemment emprisonné par le régime.

Au cours de ces dernières semaines, le mouvement noir à Cuba est fortement frappé par le régime bicéphale Fidel-Raul Castro.

Dr. Charles Moore.

Lettre ouverte de Yusnaimy Jorge Soca, épouse du Dr Darsi Ferrer

"J'appelle à la solidarité envers la cause soutenue par le Dr Darsi Ferrer"

Je suis une jeune cubaine, mère d'un enfant de 8 ans qui pleure tous les jours sur ma poitrine à cause  de l'absence de son père, le Dr Darsi Ferrer, mon mari.

C’est un cubain afrodescendant qui se trouve injustement en prison, survivant dans des conditions infrahumaines un traitement cruel et dégradant, pour avoir consacré ses efforts à la lutte pour les droits civiques de nos compatriotes.

Dr. Darsi Ferrer est un professionnel et non un délinquant comme le taxe le régime ; il est  diplômé de médecine, sensible à la douleur de l’autre et son seul délit est que, de manière pacifique, et inspiré par l’exemple des grands hommes tels que Martin Luther King et Mahatma Gandhi, il pratique la désobéissance civile pour éveiller la conscience du peuple cubain, et réclamer la reconnaissance et la protection des libertés et des droits  fondamentaux des personnes.

Le régime raciste qui martyrise notre nation depuis 50 ans ne lui pardonne pas, entre autres labeur philanthropique, le fait qu’il soit noir et qu’il ait mené une campagne contre l'apartheid, pour mettre fin à la discrimination immorale et illégale que nous les cubains subissons dans notre propre pays, tout simplement à cause de nationalité.

En plein XXIème siècle, les étrangers et la caste détentrice du pouvoir jouissent de tous les privilèges, alors qu’il est interdit au reste des Cubains des choses élémentaires telles que :

Visiter des centres touristiques déterminés, de nous faire soigner dans les cliniques exclusives dotées des ressources adéquates ; d’entrer et sortir du pays ; de nous déplacer librement sur l’ensemble du territoire national ; de posséder une entreprise privée permettant de soutenir la famille, de choisir le type d'éducation de notre préférence pour nos enfants ; de disposer de ce qui sont sensées être nos propriétés ; d’accéder à Internet ; de nous exprimer  librement ; de nous associer de manière indépendante selon nos intérêts privés.

Le comble c’est que l'État verse des salaires de misère aux travailleurs en monnaie nationale et vend la majorité des produits en devises, à des prix totalement exagérés, en plus de nombreuses autres manifestations de marginalisation et de racisme.

La sanction du gouvernement contre Darsi tente de faire taire sa voix et d'empêcher ses actions par l’usage de la force et des procédés arbitraires.

Ces dernières années, il a été victime de harcèlement, de menaces, de bastonnades de la part de groupuscules menés par l'appareil répressif de sécurité de l'État, d'enlèvement et d’arrestation arbitraire, d’expulsion de son emploi de médecin et à présent de prison depuis le 21 Juillet 2009.

Personnellement, j’ai également subi des passages à tabac à cause de notre travail, ainsi que des arrestations arbitraires et des actes de répudiation, où des dizaines d'individus agressifs nous terrorisent à la maison sans se soucier du traumatismes qu'ils provoquent à notre enfant avec une telle cruauté, un enfant contre la vie duquel ils ont une fois attenté à alors qu’il n’avait que 5 ans.

Je ne plaide pas pour la libération de mon mari ; nous assumons tout le sacrifice que nous impose ce combat afin que notre peuple parvienne à jouir de la liberté, de la justice et de la démocratie.

Ce que je demande à toutes les organisations des droits civils c’est de manifester leur solidarité envers la cause digne soutenue par le Dr Darsi Ferrer, qu’elles tendent la main aux Cubains et qu’avec leur soutien solidaire, elles renforcent nos espoirs.

Source : Divulgation - Carlos Moore

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga