Au Brésil, les noirs peuvent-ils se permettre des voitures de luxe?
La victime
Source: Global Voice
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
Au cours des dernières semaines du mois d’août, le débat sur le racisme et les préjugés au sein de la société brésilienne a été alimenté par un événement qui a provoqué un sentiment de révolte à travers le pays. Januário Alves de Santana, un homme noir de 39 ans a été brutalisé par des agents de sécurité de l'un des plus grands magasins du Brésil, alors qu’il attendait sa femme et ses enfants dans le parking. Il a été accusé d’essayer de voler sa propre voiture. Les agents de sécurité ont allégué que, puisque Januário est un homme noir, il ne serait pas en mesure de posséder un Ford EcoSport.
"Interdit aux Noirs" par Juarez Silva Jr.
Rachel Glickhouse dans Adventures of a Gringa décrit avec précision le cours des événements du 07 août, racontés par Gennaro. Elle écrit:
Alors qu’il était debout à l’extérieur de la voiture, il a remarqué plusieurs personnes suspicieuses s'approchant de lui. Puis, l’un d’eux qui était en réalité un agent de sécurité s'approcha de lui et sortit un pistolet. Il attaqua Januário sans s’identifier, et Januário ne savait pas s’il s’agissait d’un agresseur ou d’un policier. Pendant qu'ils sebattaient, les passants appelèrent à l’aide, et Januário pensa qu'il était sauvé. Plusieurs vigiles de Carrefour s’approchèrent, et il expliqua qu'il s'agissait d'un malentendu- qu’il n’était pas en fait en train de voler la moto à côté. Les agents de sécurité l’empoignèrent et le conduirent dans une petite pièce pour "décrypter " ce qui s'était passé. "Ainsi", lui dirent-ils:" vous avez volé une EcoSport et vous étiez également en train d’essayer de voler une moto ? "
Les cinq agents de sécurité se mirent par la suite à battre Januário sans raison, dans ce que le rapport original a désigné comme étant une “séance de torture“ avec coups de poing, coups de tête et de pistolet utilisé comme un fouet, des coups dans les dents avant de le laisser alors qu’il saignait abondamment.
Januário dit qu'il a essayé d'expliquer que la voiture lui appartenait, et que sa petite fille, encore bébé, se trouvait à l'intérieur tandis que sa famille faisait les courses. Ses agresseurs l'ignorèrent. "Tais-toi, sale n *****. Si tu ne la fermes pas, je briserai tous les os de ton corps ", cria l’un d'eux. Ils riaient lorsqu’il insista sur le fait que le véhicule lui appartenait. Le passage à tabac dura environ vingt minutes, avant l'arrivée des policiers.
Il poursuit sa narration en disant que "la torture n'allait pas prendre fin", même après l'arrivée de la police:
Un des policiers du nom de Pina, ne crut pas à "l’histoire " de Januário. "On dirait que tu as été en prison pas mal de fois. Allez, admets-le, c’est OK ", lui dit l'agent de police. Un autre policier ne crut pas qu’il était un agent de sécurité, et se mit à lui poser des questions sur les règles de sécurité. Enfin, les policiers se rendirent jusqu’à la voiture de Januário et confirmèrent qu’elle appartenait bien à ce dernier ainsi qu’à son épouse. Sa famille était là, choquée de le voir saigner, les dents cassées. Sa fille dormait encore dans la voiture.
Si j'étais comme ça, me regaderiez-vous différemment?
Les policiers quittèrent Januário sans lui proposer leur aide ou appeler une ambulance. Lorsque sa famille l’amena à l'hôpital, Januário fut traité pour choc et lacérations. Depuis, il a déjà perdu 8 kg, il souffre d'insomnie, il ne peut pas retourner au travail, et jeudi dernier, il a été opéré d’une fracture osseuse au visage. La famille a déposé une plainte à la police de la région, et selon la version de la police, ses coups étaient le résultat d'une «querelle» et d’une «bagarre entre des clients."
Carrefour a émis une déclaration déplorant le malentendu et en indiquant qu’ils collaboreront à l’enquête. Januário envisage de poursuivre à la fois le supermarché et l'Etat de Sao Paulo, et de vendre la voiture pour laquelle il doit encore payer des traites mensuelles de 789 $ sur 72 mois.
Dans la mesure où l'affaire a eu un grand retentissement dans l’ensemble du pays, la plupart des gens ont manifesté de la sympathie envers Januário. Le blog Censored indique de nombreux autres cas de préjugés contre les Noirs commis par la sécurité de ce grand magasin, et demande ironiquement à ses lecteurs:
Chers lecteurs, donnez-moi un conseil. Si un jour j'ai besoin d'acheter un shampooing à Carrefour, est-ce que je dois emmener un ami blanc avec moi?
Maria Fro répondit à l’article original d’Afropress sur son blog, en ajoutant un titre différent qui paraphrase le livre “Não Somos Racistas” ("Nous ne sommes pas racistes") du journaliste Ali Kamel. Le titre du post est:
Selon Kamel, nous ne sommes pas racistes. Nous sommes presque des meurtriers.
Le blog de Pão e Rosas a rejeté avec véhémence le cas en contestant le mythe de la démocratie raciale brésilienne:
Le discours des intellectuels, des politiciens bourgeois et les médias qui disent avec véhémence : "Nous ne sommes pas racistes" revient à la surface suite à cette affaire scandaleuse qui met en lumière la reproduction du racisme dans la plus violente et la plus dégoûtante des manières. Toute cette supercherie de démocratie raciale s'effondre devant des cas comme celui-ci - et nous pourrions en énumérer bien d'autres qui ont attiré l'attention avant de tomber dans l’oubli, et le plus souvent sont restés marqués par l'impunité.
Juarez Silva Jr., du Blog Juarez suit cette ligne d’idée et conteste également le mythe selon lequel le Brésil des mélanges culturels soit une démocratie raciale paisible:
C’est vrai ... quand le noir sort de son «stéréotype et de sa place «dans la société» « il en paie le prix », après tout, s'il n’avait pas une belle voiture, peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé, n’est ce pas?? Fatigués d'avoir des problèmes à cause de sa situation sociale qui ne correspond pas à celle «attendue» par la société, la victime pense déjà à vendre la "voiture " problématique [...]
Que Dieu me protège des contraintes de mon Adventure voyante dans le stationnement de ce réseau ... BOYCOTTE MAINTENANT.
Manifestation contre le racisme dans le parking de Carrefour. Photo par @ Berlitz de Twitpic
Dans Geledés Institut de la femme noire , de nombreuse personnes ont déploré cette nouvelle et ont rempli la boite de commentaires d’idées de révolte. Par exemple, Ayraon dit:
Ce n’est qu’au Brésil qu’on pense que le racisme est voilé. De quel voile ! Ce n’est que celui qui ne veut pas voir qui ne voit pas, autrement dit, le peuple brésilien est abusé par une vision dénaturée de lui-même. "Nous sommes métisses!" Dit-on, “Il n'y a ni noir ni blanc”, dit un autre, alors que dans le même temps ce Noir inexistant dit souffrir du racisme. Là-bas à l’étranger, celui qui connaît le Brésil, ne peut pas comprendre comment ce pays, depuis si longtemps peut cacher son racisme maladif.
Ici, nous vivons dans la folie collective: les Blancs pensent que le racisme n'existe pas, qu’il existe dans la tête des Noirs (des Noirs qui selon certains Noirs et Blancs n’existent pas), les Noirs disent que le racisme brésilien est «voilé», et beaucoup acceptent cette situation (certains disent même qu'ils n'ont jamais subi le racisme, même s’ils en sont la cible au quotidien). L'histoire du bahianais me rend triste, parce qu'elle se répétera encore et encore, et encore si nous ne faisons rien. Allons-nous faire quelque chose?
Comme pour répondre à cette question, la mobilisation a déjà débuté. Il y a eu une manifestation le 22 août et, selon le Geledés Institute, une plus grande manifestation contre le supermarché se tiendra le 5 Septembre.
La question raciale est très complexe pour les pays qui ont été des colonies de pays développés et hantés par l'esclavage, beaucoup de préjugés restent présents dans leurs sociétés contemporaines. Le Brésil est un endroit marqué par l'asservissement violent des noirs Africains qui a duré plus de 300 ans et qui fut, d’une certaine manière, une branche du secteur économique au cours de la période coloniale. Le racisme a toujours été lié aux relations sociales dans le pays. Les Noirs d'aujourd'hui ont hérité de ce stigmate social et souffrent de racisme dans de nombreux aspects de la vie au quotidien. Mais c'est une question qui doit être abordée en détail dans le cadre d’un autre post.
Les anciens champions parient sur un meilleur Bolt !
Les anciens sprinters affirment que Bolt continuera de battre des records
PAR Kayon RAYNOR
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
Les anciens médaillés Olympiques et des championnats du monde du sprint Donovan Bailey, Frankie Fredericks et Maurice Greene sont tous d’avis que le Jamaïcain Usain Bolt fera encore baisser ses chronos du 100 et du 200 mètres dans l'avenir.
Leurs commentaires font suite aux récents exploits de Bolt aux 12èmes Championnats du Monde IAAF à Berlin où il a réussi un temps de 9,58s et 19,19 secondes, respectivement, pour gagner le deux sprints.
Les temps réalisés par Bolt signifiaient qu’il réduisait de 0,11 secondes ses deux précédentes marques aux 100 m et 200m, soit 9,69 et 19,30s établis lors des Jeux olympiques de Beijing en 2008.
Vue la forte impression que Bolt a laissé à Berlin, le sprinter canadien d’origine Jamaïcaine Bailey - vainqueur de la médaille d'or du 100m aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 - croit que le longiligne jamaïcain abaissera les deux marques, dès que sa force et sa technique seront plus solides.
"Je n'avais pas la meilleure technique au monde, mais j'ai réalisé le record mondial (9.84secs) à mon époque. Mais je suis certain qu’il (Bolt) peut faire mieux et je sais qu'il peut devenir plus fort ; si vous travaillez sur les petits aspects techniques à l’entrainement et si vous faites de la musculation et que vous devenez plus fort, vous serez plus rapide, c'est automatique, "a indiqué Bailey à l'Observer.
"Les limites? Je ne sais pas, peut-être qu'il ira sous les 19s. C'est tout à fait possible car il a établi son record du 200m alors qu’il en était à sa huitième course, et évidemment il était un peu fatigué. Le 100m peut certainement être amélioré, dans ses 30 premiers mètres ou la moitié du 40m, " ajoute Bailey, qui a également remporté l’Or au 100m lors des Championnats Mondiaux de 1995 à Göteborg, en Suède.
Le namibien Fredericks, vainqueur de trois Championnats Mondiaux et ayant remporté deux médailles d'argent olympiques au 200m au cours de sa carrière, croit que sans les différents tours organisés lors des championnats mondiaux et dans de bonnes conditions, Bolt peut facilement réduire les deux records.
"Je pense que pour les deux (le 100m et le 200m), s’il obtient un peu de vent dans le dos, il peut probablement aller plus vite, et s'il fait 9.50, alors je pense qu'il peut probablement faire 19 (secondes) au 200m. C'est mon avis ", dit Fredericks.
Malgré un vent négatif (-0,3 m / s), Bolt a établi le record du 200m à 19.19secs. Par contre un léger vent arrière (+0,9 m / s) lui a été bénéfique lorsqu’il a réalisé la marque de 9.58secs au 100 m. La force de vent maximum légale admise lors des courses est de +2,0 m / s selon les règles de l'IAAF.
"Je pense que ce qu'il a fait à Beijing était incroyable, mais c’est vraiment extraordinaire de les réduire (les records) de nouveau deux ans plus tard ", indique Fredericks.
L’américain Greene, ancien recordman du monde du 100m (9.79secs), en plus d’avoir remporté le Championnat du monde du sprint (100 m et 200m) en 1999, tout en minimisant les défauts de Bolt, pense qu'il finira par réduire les records.
" Je suis certain que plus le temps passe, plus il s’améliorera. Je suis sûr qu'il réglera les corriger les erreurs qu'il commet dans ses courses et il ira plus vite", déclare Greene, qui a également remporté le 100m olympique à Sydney en 2000 et le bronze à Athènes en 2004.
"Personne ne sait à quelle vitesse il sera capable de courir d’ici la fin de sa carrière, on verra donc quels records il détiendra lorsqu’ il décidera de prendre sa retraite ", a ajouté l'Américain.





