Brésil : Rio célèbre la culture africaine pendant trois jours
RIO DE JANEIRO — De vendredi à dimanche, le festival international Back2Black célèbre la culture africaine et sa diversité autour de concerts, spectacles de danses, projections de films et conférences, auxquels participeront des figures de la musique et de la culture contemporaines.
Gilberto Gil, un des chanteurs les plus importants de la musique populaire brésilienne et ancien ministre de la Culture, ouvrira les festivités ce vendredi soir, suivi d'un concert du chanteur et percussionniste sénégalais Youssou N'Dour et de la brésilienne Marisa Monte.
Si la musique est le fil conducteur de l'événement, le festival est aussi l'occasion de rencontres, débats et échanges autour de thèmes comme la culture, le développement, ou la place de l'Afrique "berceau de l'humanité" dans la construction de l'avenir du monde.
Parmi les intervenants: l'écrivain angolais José Eduardo Agualusa, le très engagé musicien Bob Geldof (Pink Floyd, à l'origine notamment du festival Live Aid) ou encore Graça Machel, épouse de Nelson Mandela et militante pour le respect des droits de l'Homme en Afrique.
"Nous cherchons à réfléchir sur l'avenir de l'Afrique", explique José Eduardo Agualusa au quotidien brésilien O Globo daté de vendredi. "Une des questions que l'on se pose par exemple : l'aide internationale au continent africain fait-elle encore sens aujourd'hui ?", précise-t-il.
Suivant le thème de la diversité, le festival présentera samedi un show de hip-hop et de groove des groupes brésiliens MV Bill et Banda Black Rio, avant de finir dimanche avec une traditionnelle samba.
Le festival Back2Black sera également l'occasion d'aborder l'Afrique dans sa relation intime avec le Brésil, commencée il y a près de cinq siècles avec l'arrivée des premiers esclaves africains dans le pays.
Copyright © 2009 AFP. Tous droits réservés
Bravo Bolt

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New 200m world record

Bartolomeu Dias da Cruz “ L’esthétique (du cheveu) influence la formation de la personnalité ”
“L’esthétique va au-delà de l’apparence. Elle procure un sentiment d’appartenance et d’être bien valorisé ”
Bartolomeu Dias da Cruz, Président du Núcleo Omi-DùDú, spécialiste en esthétique noire formé à l’Université Catholique du Salvador, parle de l’importance sociale et symbolique du cheveu dans la constitution de l’identité noire.
Par Jaqueline Barreto
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
Quelle est la signification sociale du cheveu et les sentiments qui lui sont attribués?
Dans cette société, nous avons diverses formes de représentations esthétiques, mais c’est l’européenne qui domine. Les personnes inhérentes à la culture noire sont reléguées à un plan d’infériorité, lié au concept de laideur, d’hideur. L’importance du cheveu, particulièrement dans la jeunesse réside dans le fait qu’il donne le sentiment d’appartenance et d’être bien valorisée. Les personnes sentent qu’elles ont une appartenance, qu’elles sont belles, acceptables, elles se sentent à la mode ou se sentent comme faisant partie d’un contexte social. L’esthétique influence la formation de la personnalité. Nous vivons dans une société extrêmement vaniteuse, une société qui cultive la beauté, l’apparence, le bien-être physique. Donc, l’esthétique est très importante pour la communauté noire. L’esthétique va au-delà de l’apparence. Elle parvient à un résultat très important qui est la formation interne de l’être, du jeune, du citoyen.
Le cheveu montre-t-il la façon dont la personne se voit et la manière dont la personne est vue par la société ?
Pas nécessairement. La personne se voit à partir de la chevelure adoptée et exprime ce que la société veut voir selon les groupes, selon les communautés. En général, celui qui a les cheveux lisses et blonds ne souhaitera pas friser ses cheveux pour ressembler au noir. Cependant, beaucoup de noirs qui ont le cheveu crépu peuvent se sentir influencés et aliénés au point de vouloir défriser et brunir ses cheveux. Je veux dire que la communauté noire brésilienne est à la recherche d’une apparence, nous n’avons pas encore une apparence définie, nous faisons des expériences, des essais de laboratoires. Si vous posez la question à plusieurs femmes noires, elles vous diront qu’elles prennent des heures pour pouvoir porter une tenue et pour créer des coiffures. Cette inquiétude, est normalement confondue à la liberté, seulement, ce n’est pas la liberté. Sortir chaque jour avec un modèle de coiffure, c’est aussi un conflit, car cela démontre que vous ne vous sentez pas confiante avec votre apparence. Se peut-il que je sois laide? L’inconfort de l’apparence domine encore l’inconscient collectif de la communauté noire.
Donc, le cheveu détient un très grand capital symbolique?
C’est un des principaux instruments d’auto-affirmation. Si vous faites partie d’un groupe de noirs avec des cheveux tressés, vous avez un sentiment d’appartenance. L’esthétique doit être renforcée du point de vue de la confiance, nous devons renforcer le militantisme noir avec la confiance.
Les “Bons cheveux ” et les “mauvais cheveux” dont les gens parlent au quotidien sont-elles des phrases qui expriment le conflit racial entre les noirs et les blancs au Brésil?
Cette question des “bons” et des “mauvais cheveux” est une confusion basée sur l’ignorance, un stéréotype introduit de manière perverse au sein de la communauté noire avec pour objectif d’inférioriser les personnes. Le cheveu est une extension du corps. Le corps est soit sain soit malade. Par conséquent, le cheveu n’est lié ni au concept de ce qui est bon ni à celui de ce qui est mauvais. Le cheveu c’est le cheveu.
Il y a une phrase qui dit : “Être noir, c’est devenir Noir.” Qu’en dites-vous?
Je peux partiellement être d’accord avec cette idée qui dit qu’être noir c’est devenir noir. Le mot devenir signifie une transformation qui présuppose une métamorphose, ce qui peut nous emmener à conclure qu’il s’agit d’un processus de militantisme, de conscience. Il s’agit de devenir une personne qui a conscience et pleine connaissance de sa situation existentielle, qu’elle soit ethno-raciale ou humaine. En conclusion, devenir noir est une révélation qui passe par l’activisme et par l’intellectualité.
Que pensez-vous de la scène esthétique noire de Bahia?
Nous avons une population de près de 81% de noirs dont la majorité se soumet aux traitements esthétiques. Au Cercle Omi-Dùdú (Núcleo Omi-dùdú), nous sommes engagés dans l’esthétique car nous pensons que le noir doit être traité par le noir. Il y a une différence quand vous entrez dans un salon et que c’est un noir qui s’occupe de vous. C’est très différent. Un noir n’est pas dégoûté de não tem nojo de pegar em autre noir. Imagine um esteticista alienado, habituée à défriser les cheveux, comment va -t-elle se sentir bien? Comment va-t-elle bien s’occuper d’une personne qui a les cheveux crépus?
Pour des informations supplémentaires: www.nucleoomidudu.org.br
Découverte Mode : Kirette Couture
KiRette Couture (KC) is a new movement. And at its helm are Cameroonian duo Kibonen Nfi and Anrette Ngafor.
The business savvy image consultant and her über trendy fashion graduate partner weave the originality of tradition and the vibrancy of contemporary styles to bring African sexy back to the wardrobe and catwalk.
Source :www.bellanaija.com
Bolt ravit le record du monde à Gay
Gay : Juste au moment où je pensais l'avoir !
Source (Jamaican Observer)
Scènes de vie : Afromexicains de la Costa Chica
The story that has been passed down among increasingly smaller generations of Afro-Mexicans in Costa Chica is that their ancestors arrived on a boat that sank off the Pacific coast.

But it was only recently that the community realized the mythical boat may have been from Africa, as opposed to the Caribbean.

Mexico’s independence drove Afro-Mexicans into exile and invisibility, as the African part of Mexican history was buried.



Photos et textes tirés du site : http://alexisokeowo.wordpress.com/
Usain Bolt, l'ascension sociale à la Jamaïcaine
Anna Kessel – Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
La mère d’Usain Bolt, Jennifer Bolt, à Sherwood Content. Photo: Ian Walton/Getty Images
Le trajet de Kingston au village d’Usain Bolt, Sherwood Content, prend d'habitude trois heures et demie, alors que la route serpente à travers l'intérieur vallonné de la Jamaïque. Mais avec Bolt au volant, le voyage prend la moitié du temps - l'homme le plus rapide au monde file à toute allure sur les nids de poule pour gagner le surnom "pied au plancher".
Les bolides, les lunettes noires et le fait qu’il aime danser dans les boites de nuit peuvent donner l'impression que Bolt, 22 ans est un citadin normal, mais le triple médaillé d'or Olympique a été élevé à Trelawny Parish, dans un village aussi primitif que possible.
Sans lumières dans les rues et eau courante limitée, se promener dans Sherwood Content ressemble à un retour dans le temps, où des vieillards montent des ânes, les enfants se rassemblent à la pompe à eau du village pour remplir des seaux et tout le monde fait un signe de la main au passage des voitures.
Une femme âgée endimanchée fronce les sourcils en voyant le mauvais état des routes.
"Les trois médailles d'or d'Usain nous ont apporté l’eau courante", puis fait un vœu : "Maintenant nous prions pour une autre médaille d'or pour arranger la route."
Mais même Bolt ne peut pas faire que l’eau coule à plein temps. Assise sur la véranda de sa modeste maison d’un niveau, la mère de Bolt, Jennifer, dit avec un soupir, "Nous avons de l'eau, mais elle vient et part. Nous avions de l'eau la semaine dernière et elle a disparu depuis hier."
Malgré tout, elle dit qu'elle ne quitterait jamais ce village. Tous ses souvenirs sont ici : comme regarder Bolt jouer au cricket sur la route avec une orange et une souche de bananier servant de guichet, ou encore le caractère paisible et silencieux de cet endroit.
"Je ne partirais jamais. Jamais. À part un mesquin petit voleur, personne ne vous embête, vous pouvez dormir avec vos portes grande ouvertes quand il fait chaud."
Jennifer Bolt parle lentement, tout en balançant paresseusement une tong – à la différence de son fils qui très tôt fut diagnostiqué comme hyperactif.
"Peut-être c’est à cause des sucreries que j'ai mangées quand j'étais enceinte. Les tamarins ont beaucoup de sucre. J’imagine que c’est pour cela qu’il était si agité. Même s’il est né une semaine et demie en retard. La seule fois dans sa vie où il a été lent," dit-elle en riant.
C'est le père de Jennifer qui a d'abord détecté le don d’Usain. "Il me disait souvent : 'cet enfant a quelque chose.'"
Âgé de trois semaines, il a donné à sa mère une idée de ce dont son corps était capable.
"Je me souviens que je l'ai laissé sur le lit et il est presque tombé, je suis revenue dans la chambre et il était en train d’essayer de remonter tout seul. Il était déjà très fort."
Pendant que d'autres familles du village avaient beaucoup d'enfants, Jennifer a choisi de n’en avoir qu’un.
"Son père en avait déjà trois de plus et je ne travaillais pas. Je pense qu’il y avait déjà trop de pression sur lui. On remarque que les gens ici ont juste des enfants et ne s’en occupent pas, je n’aime pas ça. "
Ses soins et son attention, en le nourrissant à la patate et aux dumplings ("l'hydrate de carbone vous donne de l'énergie"), a provoqué l'émergence d'une superstar qui allait changer les vies des Bolt à jamais.
"Avant qu'Usain n’ait du succès, je n'avais jamais été nulle part. Maintenant j'ai voyagé au Japon, en Chine et en Europe," dit Jennifer. "Le temps est un problème, bien que, même à Monaco il faisait froid et je n'avais pas de manteau chaud, donc j'ai dû mettre deux pulls."
À Pékin, Jennifer a vu son fils écrire l'histoire.
"Le 100 m était si excitant, je suis descendue en courant des tribunes à la ligne d’arrivée, j'ai essayé d’aller sur la piste, mais la sécurité ne m'a pas laissé passer."
Mais quand est arrivé le 200m, la spécialité de Bolt, sa mère avait encore de plus grandes attentes. "Je me souviens que je lui ai dit : 'tu dois battre le record de Michael Johnson'. Il m'a dit : 'oh la maman, tu crois que c’est si facile ?' Mais par la suite, il l'a fait et je n’arrivais pas à y croire."
Le père de Bolt, Wellesley, gère le magasin du village qui vend de tout, des bonbons acidulés aux oreilles de cochons. Un grand homme, dont les gènes sont évidents dans le physique de son fils. Mais, il n’a jamais cru qu'Usain réussirait à ce point.
"Après les championnats du monde cadets [qui ont eu lieu à Kingston en 2002, où
Je croyais vraiment qu’il pouvait gagner le 200 m parce que c'était sa spécialité, mais le 100 m c’était un bonus pour moi. Je suis très fier. Être le père de l'homme le plus rapide au monde – c'est un rêve que je n’avais pas imaginé qu’il se réaliserait. "
Quand Bolt a couru le 100 m pour la première fois en 2007, son père reconnaît que l'on s’est posé des questions. "Évidemment, les gens ont été surpris la première fois qu'il a couru le 100 m parce qu'il a couru en 10,03. Les gens ont dit : 'Waouh.' La fois suivante, il a couru en 9,74. Mais quand il a continué à aller plus bas à cette époque, ils se sont rendu compte qu'il est juste un bosseur. Je n'ai aucun doute qu'il est propre, donc cela ne m'a pas inquiété. "
Mais Wellesley craint qu'un test positif, sur n'importe quel des athlètes de la Jamaïque, ne soit ravageur pour la réputation de l'île. Le mois dernier, cinq athlètes jamaïquains – parmi lesquels le partenaire d'entraînement de Bolt, Yohan Blake – avaient un test d'échantillon A positif pour un produit dopant mineur dont les rumeurs disent qu’il s’agit de la methylxanthine.
Le monde attend en retenant son souffle les résultats des échantillons B et le verdict final, mais la réputation de la commission anti-dopage du pays a souffert après qu’un autre des cinq accusés, la Championne du 100m du Commonwealth, Sheri-Ann, ait été totalement innocentée pour vice de procédure.
"Ce serait une si mauvaise chose, parce que les yeux du monde entier sont posés sur la Jamaïque. Nous avons si bien fait à Pékin, les gens ont dit que les jamaïcains doivent être dopés.S'ils sont positifs, ils devront faire face aux conséquences, comme tout autre pays, mais cela produirait tellement de honte, ce serait très dur à avaler. "
Pour Lorna Thorpe, responsable des sports au Collège William Knibb, le succès de leur ancien élève a suscité plein d’émotions. "Nous lui avons payé sa première paire de chaussures de courses à pointes "
"Nous lui avons fourni tout ce dont il avait besoin à cette époque. Quand il a gagné à Pékin j'ai crié, j'étais si fière. J'ai installé un grand écran à Falmouth [la capitale de Trelawny] de telle sorte que d’autres personnes puissent venir regarder.
Nous avons servi le petit déjeuner et le déjeuner, c’était bondé. Les gens criaient. Il y avait des défilés de voitures de Sherwood à Falmer et tout autour. "
Thorpe se souvient de l'enthousiasme de Bolt à l’idée de participer aux championnats nationaux des garçons et filles.
" Usain aimait tellement les championnats. Je me souviens une année, il était dans les finales du 100 m et il a regardé le temps et s'est rendu compte que le 100 arrivait et nous étions près de l'hôtel. Sans même attendre, il a couru directement de l'hôtel à la ligne de départ. Il ne voulait pas rater le 100 m"
Bolt détient toujours les records du 200 m et du 400 m pour la compétition, "et ça prendra longtemps avant que quelqu'un soit assez bon pour les battre".
Le William Knibb a profité des succès de Bolt, avec une pile de pointes Puma reçues en dons, et assemblées dans un gros dans un coin du gym.
Le reste de l'équipement de l'école est peut-être basique – des pistes de gazon en mauvais état et un équipement de gymnastique en métal – mais les étudiants ne sont pas oubliés. Au contraire, le succès de Bolt a permis que le club d’Athlétisme d’après-école reçoive un trop plein d’inscris.
C'est Thorpe qui avait présenté Bolt à son manager, Norman Peart, alors que le jeune était seulement âgé de 15 ans. Contrôleur fiscal, Peart s’est occupé des aspects financiers et de style de vie du jeune sous sa responsabilité. "Vous devez avoir quelqu'un qui surveille vos arrières," dit-il maintenant.
"Il dit que je lui dis qu'il dépense trop. Mais il a besoin de quelqu'un de proche pour lui dire les choses telles qu’elles sont, comme : 'hey, tu fais une connerie.' Les gens qui ont du succès ont des amis qui trainent autour d’eux et qui ne font que dire, 'Hey tout est parfait'."
Peart a gagné la confiance des parents de Bolt quand il a pris leur fils de 16 ans pour vivre avec lui à Kingston. "Il était encore un gamin," dit Peart. "C’est pour cela que je fais toujours plus qu’il n’en faut avec lui. Il y a de la confiance. Ses parents m'appellent 'M. Peart', même si son père est assez vieux pour être mon papa."
Dans la période précédant les Jeux Olympiques 2004, Bolt suscitait d'énormes attentes, alors qu’il n’avait pas encore 18 ans. Mais le champion du monde cadet avait des problèmes de blessure – scoliose, une courbure de l'épine dorsale qui ont affecté ses ischio-jambiers – et il s'est battu pour avoir la forme.
"Les gens ont dit qu'il est un trésor national, j'ai dit : 'non, les chutes de la Rivière Dunn, le Port Royal, ce sont des sont des trésors nationaux.' Je lui ai dit : 'écoute-moi – c'est pour toi d’abord, et pour ton pays après.'
"Moi-même, j'ai reçu mon lot de critiques – 'que fait-il avec un jamaïquain ? Pourquoi ce n'est pas un grand américain qui s’occupe de lui ?' – mais ce qu'ils ne comprenaient pas, c’est que si vous ne comprenez pas Usain la personne, ça ne marchera pas."
Au cours des années depuis lors, Peart a réussi à équilibrer les besoins de Bolt, entre faire la fête et s’entrainer, gaspiller l’argent et faire attention. À Pékin, Bolt a établi sa marque : trois médailles d'or et trois records mondiaux.
Aux championnats mondiaux de Berlin cette semaine, le monde regardera de nouveau, avec un enthousiasme impatient, à quelle étape passera cet athlète des plus extraordinaires.
Les groupe Afrocolombien Choc Quib Town à Buenos Aires
Le groupe colombien en vogue, nominé aux Grammy Latinos 2009 dans les catégories Meilleur Album et Meilleure Chanson s'est rendu pour la première fois en Argentine.
Source Photo : www.shock.com.co
Angela Davis: “ Obama peut apprendre du Brésil quant au rapprochement avec l’Afrique”
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

À 65 ans, Angela Davis continue de démontrer pourquoi elle est devenue une icone du mouvement noir nord-américain dans les années 70. Quelques minutes de conversation avec celle qui est aujourd’hui chercheuse et professeure de l’Université de Californie à Santa Cruz (USA) suffisent pour percevoir sa facilité à exposer, dans un langage clair, les lignes d’un raisonnement complexe, fruit de la profondeur caractéristique de sa production académique. Un exemple, quand elle explique la vision qu’elle a du féminisme, au-delà du combat des sexes. La jeune activiste de jadis continue également à fasciner la jeunesse.
Les jeunes ont d’ailleurs été le public le plus constant au cours des conférences qu’elle a tenu la semaine dernière à Salvador, en tant qu’invitée de la ‘12ème Édition de la Fabrique d’Idées (XIIè Edição da Fábrica de Ideias’), un programme annuel qu’accueil le Centre des Études Afro-Orientales de l’Université Fédérale de Bahia (Centro de Estudos Afro-Orientais da Universidade Federal da Bahia - Ceao/Ufba ).
Coordonné par la docteure en sociologie Ângela Figueiredo et par le docteur en anthropologie Lívio Sansone, la Fábrica offre une formation aux jeunes chercheurs faisant des études ethniques. Angela Davis est même en désaccord avec ceux qui ont l’habitude de dire que la jeunesse du monde actuel est apathique, du point de vue politique. Pour elle, chaque génération a sa manière propre d’agir. “Ma position consiste à apprendre avec les jeunes, car ce sont toujours eux qui provoquent les changements radicaux”, affirme-t-elle.
Dans cette entrevue accordée à la reporter Cleidiana Ramos, avec l’aide de la traductrice Raquel Luciana de Souza, Angela Davis parle, entre autres sujets, des leçons que le gouvernement brésilien peut apporter à Barack Obama concernant une politique de plus grand rapprochement avec l’Afrique.
C’est la deuxième fois que vous visitez Bahia. Qu’avez-vous noté du point de vue de la question raciale et de genre/sexe ici ?
Angela Davis: Le mot féminisme reste assez contesté, comme c’est également le cas aux États-Unis. Mais, j’ai découvert des femmes activistes qui réalisent un travail assez similaire. Dans ce sens donc, je ne fais pas la différence dans la manière dont une personne s’identifie. Il y a des femmes qui travaillent sur ces questions de violence contre la femme, en assistant les victimes de cette violence et en même temps, en pensant à des moyens d’éradiquer un phénomène qui est une pandémie dans le monde entier. Ce sont des questions, selon moi, qui dépassent les frontières nationales. Je crois que les activistes aux États-Unis peuvent apprendre beaucoup des activistes ici au Brésil.
À quoi attribuez-vous la résistance au mot féminisme ?
Angela Davis: Cette résistance au mot féminisme existe car cela présuppose que l’on adopte des positions futiles. Il y a des positions anti-masculines, anti-homme. Quand des féministes blanches ont formulé pour la première fois cette notion de droits des femmes, elles ne portaient attention qu’à la question de sexe, mais ne le faisaient pas pour les questions de race et de classe. Et dans ce processus, elles ont racialisé le genre comme étant blanc et ont situé une question de race comme une question de classe bourgeoise, mais les féministes noires ont soutenu l’idée selon laquelle on ne peut pas considérer le genre/sexe sans également considérer la question de race, la question de classe et la question de sexualité. Ce qui signifie donc que les femmes doivent s’engager à combattre le racisme et lutter autant pour les femmes que pour les hommes.
C’est une vision bien différente de celle que la majorité des gens ont du féminisme.
Angela Davis: Le type de féminisme auquel j’adhère n’est pas un féminisme qui divise. . C’est un féminisme qui cherche l’intégration. Mais comme je l’ai dit plus haut, je suis plus préoccupée par le travail que les gens réalisent et le résultat qu’ils atteignent que par le fait de savoir si ses gens s’appellent des féministes ou non. Une grande partie du travail historique a permis de découvrir des traditions et des héritages féministes de femmes qui ne se sont jamais appelés des féministes, mais on les classe dans une tradition féministe. J’ai déjà vu des travaux qui parlent de Lélia Gonzalez au Brésil comme d’une féministe et je ne sais pas si elle se considérait ainsi. Il y a également des femmes contemporaines comme Benedita da Silva. Je ne sais pas si elle s’identifie comme une féministe.
Pensez-vous écrire quelque chose sur vos impressions par rapport à Bahia?
Angela Davis: Je pense que oui. Mais je devrais revenir ici et passer un peu plus de temps à faire une recherche substantielle. Je suis très impressionné par l’activisme des femmes à Salvador et dans l’ensemble, c’est un endroit merveilleux.
A Cidade das Mulheres, de Ruth Landes, travail réalisé dans les années 30, traite du pouvoir féminin dans le candomblé de Bahia.
Angela Davis: Ici au Brésil, le pouvoir que les femmes exercent est une base très puissante pour le pouvoir féministe au Brésil. J’ai écrit un livre, (Blues Legacies and Black Feminism: Gertrude "Ma" Rainey, Bessie Smith, and Billie Holiday), et mon argumentation est que les femmes du blues, au cours des années 20, ont contribué à forger un féminisme de la classe ouvrière.

Les États-Unis ont élu pour la première fois un président noir. Passés les six premiers mois du gouvernement Obama, que pensez-vous de ses actions?
Angela Davis: Il a réalisé de bonnes choses et quelques-unes mauvaises. Ma position par rapport à Obama n’a jamais été de présupposer qu’un homme seul, indépendamment de sa race et de sa classe puisse sauver un pays ou le monde.
Ce qui fut assez enthousiasmant par rapport à son élection, c’est qu’elle nous en a appris sur le pays. Le fait que tant de personnes aient été prédisposées à voter pour lui nous dit qu’il y a eu des progrès. C’est clair que le fait qu’il était opposé au parti de George Bush a plutôt arrangé les choses. Le deuxième point, c’est que Obama s’est présenté comme quelqu’un de lié à une tradition de lutte noire. Il s’identifie au mouvement des droits civils, avec des figures comme Martin Luther King. Un homme noir qui aurait eu une politique conservatrice n’aurait pas fait la différence en nous faisant bien réfléchir sur là où nous sommes aujourd’hui. Le troisième point et probablement le plus important, c’est que Obama a été élu, car les jeunes ont créé ce mouvement de masse.
C’est là un aspect bien intéressant sur la victoire d’Obama.
Angela Davis: L’élection d’Obama nous a transmis ce qui se passait en termes d’organisation d’une jeunesse avec un mouvement de base. C’étaient des jeunes noirs, blancs, latinos, indigènes. Mon espoir réside dans la capacité de ce mouvement de suivre la bonne direction. D’autre part, Obama n’a pas pris les bonnes décisions, comme sur la question du maintien des troupes militaires en Afghanistan.
Le gouvernement brésilien a adopté une politique de rapprochement avec les pays africains. Il y a un grand espoir que le gouvernement Obama puisse en faire de même. Cet espoir peut-il selon-vous se confirmer?
Angela Davis: Obama a pris une bonne décision de visiter l’Afrique. Il a visité le Ghana. Cela prouve que sa visite n’était pas seulement fonction de ses origines, mais qu’elle servait également pour discuter de problèmes sérieux. En ce qui concerne les relations entre les États-Unis et l’Afrique, principalement sur la question historique, la visite d’Obama au Fort de Cape Coast au Ghana et à la porte du non retour. C’était très important que les États-Unis voient cela. Les afro-américains connaissent déjà ces endroits. Ils voyagent au Sénégal, à Cape Coast, mais c’était la première fois que cette connexion historique entre les États-Unis et l’Afrique était mise en évidence. Cela a favorisé une discussion sur le rôle de l’esclavage. Par la suite, il y a par exemple eu des reportages sur la plantation ou un bisaïeul de Michelle Obama fut esclave.
Les questions historiques ont pris de l’importance.
Angela Davis: Ces questions historiques sont importantes. Mais ce que je trouve très difficile pour Obama, c’est de reconnaitre les dommages abominables que le capitalisme a causé à l’Afrique. Les politiques d’ajustements structurels du FMI et de la Banque Mondiale ont fait que de nombreux pays africains détournent les ressources des services sociaux vers les secteurs lucratifs de l’économie. Je pense que c’est un point qui doit être abordé. Je sais que le Brésil a une position plus progressiste par rapport à l’Afrique. Alors, probablement quand Obama visitera le Brésil, il pourra apprendre quelques leçons. Quand cela arrivera, nous serons extrêmement heureux, car nous avions eu très honte quand le président George Bush est venu et a dit : “Je ne savais pas qu’il y avait des noirs au Brésil”.
Que pensez-vous des actions affirmatives au Brésil?
Angela Davis: Je n’ai pas suivi ce débat avec rigueur. Mais, au cours de ma première visite au Brésil, en 1997, sous le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso, les gens commençaient à peine à reconnaitre que le Brésil n’était pas une démocratie raciale. Les actions affirmatives restent très attaquées aux États-Unis, mais elles ont été responsables de l’intégration des plusieurs institutions dans des lieux, par exemple, comme en Afrique du Sud. Je sais qu’ici au Brésil, je sais qu’elles opèrent dans les Universités. Les actions affirmatives sont un instrument très important. Le discours aux États-Unis a changé. Au lieu de parler des actions affirmatives, on parle maintenant de la diversité, ce qui est problématique. L’administration Bush fut l’administration la plus diversifiée dans l’histoire des États-Unis avant celle d’Obama. Mais il a placé des noirs et des latinos conservateurs dans son gouvernement. Cette diversité a été définie comme la différence qui ne fait pas différence.
À quel moment fut implantée la politique d’actions affirmatives aux États-Unis?
Angela Davis: En 1977, nous avons connu le premier challenge juridique posé aux actions affirmatives. Cela s’est passé dans un cas soulevé par un homme blanc qui n’avait pas été admis à l’Université de Californie et depuis lors, il y a eu plusieurs autres processus judiciaires menés par des blancs qui affirment être victimes d’un racisme à rebours.
Au Brésil, le STF s’apprête à juger de la constitutionalité des quotas suite à une demande du DEM.
Angela Davis: Selon moi, il faut défier les présupposés du fait que ce cas ne traite que des hommes blancs en tant qu’individus et les femmes noires en tant qu’individus qui se battent là-bas pour un emploi. Les actions affirmatives n’ont jamais été conçues pour aider des individus, malgré le fait que les individus en bénéficient. L’idée est de soutenir une communauté entière. Il s’agit d’une population qui a été l’objet d’une discrimination. Autant au États-Unis qu’au Brésil, les séquelles de l’esclavage restent présentes. L’esclavage n’est pas seulement quelque chose de présent dans la passé. Il existe dans notre monde présent, avec toute la pauvreté, l’analphabétisme. Les actions affirmatives sont un premier pas dans l’optique d’aborder les questions d’esclavage, de colonisation. On oublie tout cela. Il semble qu’il n y a que deux personnes qui existent: un homme blanc et un homme noir, ou un homme blanc et une femme noire.
Vous appartenez à une génération très politisée. Comment voyez-vous l’action politique de la jeunesse du monde actuel?
Angela Davis: Je suis très enthousiasmée. Je ne suis pas le genre de personne qui aime se reposer sur les lauriers de ma génération. Je sais que chaque génération ouvre une nouvelle piste. Très souvent, les gens qui se sont engagés dans les mouvements présupposent que chaque génération doit faire les choses de la même manière. Ma position consiste à apprendre avec les jeunes, car ceux sont toujours eux qui provoquent les changements radicaux. Une grande partie de mon activisme est contre le complexe industriel carcéral. C’est un mouvement en grande partie constitué par des jeunes qui utilisent des méthodes différentes. Ils utilisent des représentations culturalistes, comme la musique et utilisent des nouvelles formes de communication, comme facebook. J’apprends beaucoup de cette manière.
C’est donc un mouvement intéressant.
Angela Davis: Je suis heureuse qu’ils aient réalisé cela, car le terrain se transforme pour que de nouvelles idées puissent se développer, en étendant nos connaissances sur les possibilités pour la liberté. C’est pourquoi je pense qu’il est si important de porter attention aux jeunes. Je ne crois pas ceux qui disent que les jeunes sont apathiques, qu’ils ne font rien. On doit accompagner ce mouvement, de telle sorte que ces notions de liberté se répandent et deviennent plus inclusives, car je ne pense pas que nous arriverons à un point où on pourra dire “voici la liberté, nous avons atteint le sommet de la montagne et nous pouvons cesser de nous battre”. Je pense que ce sera une lutte sans fin et les victoires que nous conquérons nous permettre d’imaginer de nouvelles libertés. Le discours de Martin Luther King, connu sous le nom J’ai fait un rêve, parle d’atteindre le sommet de la montagne. Il n’a jamais dit ce qu’on voit en arrivant au sommet de la montagne. Je pense donc que chaque génération va créer de nouvelles imaginations de ce que signifie être libre.
Source: Entrevue publiée sur le site A Tarde Online (www.atardeonline.com.br)
Des colombiens Noirs à la Télé?

Aujourd’hui (il y quelques semaines), El Tiempo et plusieurs blogs publient la nouvelle selon laquelle la version colombienne de Grey´s Anatomy n’aura pas d’acteurs noirs. Et le débat est grand. Des acteurs noirs comme Henry Castillo, Walter Díaz et Borja se sentent discriminés.
Mais au-delà du sentiment que cela a pu ou non provoquer chez les afrocolombiens du milieu, il y a un problème plus profond : dans cette série américaine de Sony Entertainment Television qui a réussi, même en Colombie, à déloger les novelas de RCN et de Caracol en termes d’audience, les personnages noirs sont des professionnels qui ont du Pouvoir.
Oui… avec P majuscule. Ce sont des personnages réellement influents et ayant des pouvoirs dont dépendent d’autres médecins du point de vue professionnel. Dans Grey´s Anatomy, le chef du service de chirurgie, le cardiologue et le chef des internes sont Noirs … ils sont très importants.
Est-il nécessaire de poser le problème en termes raciaux? Le directeur pense que non. Selon le journal El Tiempo: “Dans la perspective de Sergio Osorio, directeur de la série en Colombie, le sujet n’est lié à aucun type d’exclusion à cause de la race. "Nous avons réalisé quelques 12 'castings' de Burgos (le personnage), mais la même chose s’est passé avec beaucoup de personnages blancs. On n’imagine pas la quantité d’acteurs qui sont restés en dehors du processus", explique-t-il.”.
Mais, selon moi, il faut évidemment aborder la discussion en termes ethniques et raciaux. Pourquoi le fait d’établir des personnages noirs dans la série à des postes de pouvoir serait, pour beaucoup, un peu moins que de la simple fiction dans un contexte comme celui de la Colombie, c’est à ce niveau qu’il faut agir pour changer cet imaginaire national généralisé dans lequel les noirs ne sont bons que pour certains métiers : sportifs, musiciens, ouvriers, vendeurs de fruits ou employés de service.
Ce sujet nous pose plus qu’une question : Quelle est la place des Noirs à la télévision colombienne?, A quels facteurs ou de qui dépend cette place?, pourquoi ce manque d’opportunités?
Au-delà de la recherche ou non des coupables, il y a un fait: la version colombienne de Grey´s Anatomy était une bonne occasion de montrer qu’en Colombie, l’histoire de cette communauté a également changé et qu’il existe désormais d’excellents professionnels Noirs à des postes de pouvoir (même si c’est à un niveau moindre qu’aux États-Unis).
Par conséquent, il vaudrait la peine de refléter cette réalité dans ce petit écran hypnotiseur, ce petit monde de grandes représentations qui raconte notre histoire et révèle les héros de nos nouvelles cosmologies.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
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