27 juillet 2009

Les Africains Américains se branchent sur Nollywood

Par Tanangachi MfuniNewsOne

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga

Harlem resident Tawana Lowe, 54, who has a collection of more than 350 Nollywood movies, says she no longer buys American films.

Harlem resident Tawana Lowe, 54, who has a collection of more than 350 Nollywood movies, says she no longer buys American films.

Les films nigérians ont sauvé la vie de la survivante du cancer Tawana Lowe après que les docteurs aient coupé son sein portant une tumeur. Clouée au lit suite à des traitements de radiation agressifs en été 2008, la résidente de Harlem à NEW YORK a passé ses journées en regardant des films comme “Hope Alive” au sujet d’un homme innocent qui est emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis.

Pour l’ancienne employée de bureau de l’hôpital de la ville, qui a lutté pour recevoir des allocations pour adulte  handicapé tout en luttant contre le cancer, les films étaient un oracle. “Ma vie est dans ces films,” affirme Lowe en parlant des films à petit budget et indépendant tournés quelque part en Afrique de l’Ouest et connus pour leurs scénarios fertiles, allant du comique au surnaturel.

C'est ma séance de thérapie en direct,” dit-elle. Au cours des 17 dernières années, l'industrie du film nigérian, connue sous le nom de Nollywood, a explosé, en surpassant Hollywood en tant que deuxième producteur de film au monde.

En 2006, Nollywood a sorti 872 films, contre à 485 films majeurs produits par les États-Unis, selon une étude par l'UNESCO. Bollywood, l'industrie basée en Inde est actuellement le plus grand producteur de films au monde avec 1091 sorties durant la même période.

Avec les titres inspirés des États-Unis comme “Beyonce and Rihanna,” un film récemment sorti et parlant de deux chanteuses concurrentes rivalisant pour l'affection d'un rapper, Nollywood courtise progressivement une nouvelle audience ces derniers temps— les Africains Américains – comme Tawana Lowe. Et même le Hollywood Black en prend note.

Avant ses problèmes fiscaux, Wesley Snipes a visité Abuja et a rencontré des cinéastes pour évoquer des projets de collaboration dans des films futurs. En 2007, Danny Glover a présenté le discours d’ouverture à la convention annuelle de la Fondation Nollywood.

Dr Sylvester Ogbechie, le vice-président de la fondation basée en Californie visant à promouvoir l'industrie du cinéma nigérian aux États-Unis, n'est pas surpris par l’intérêt que montrent les Africains Américains pour les films nigérians.

C'est la seule industrie du cinéma au monde entièrement contrôlée par des noirs,”  dit Ogbechie de Nollywood qui génère environ 200 millions $ de revenu par an.

L'industrie est mûre pour les investisseurs d'Hollywood qui disposent d’énormes ressources financières, indique Ogbechie, en ajoutant que ce n’est qu’une question de temps avant qu'un “Slumdog Millionaire” émerge du Nigeria, en faisant référence au succès qui a volé l’Oscars cette année et a carrément mis Bollywood sur le radar de Tinseltown.

Mais tout le monde n’est pas enthousiaste par rapport à Nollywood. Le directeur Spike Lee a critiqué l'industrie lorsqu’un reporter nigérian lui a demandé de quelle manière les cinéastes de son pays pouvaient améliorer leur art.

“Vous êtes du Nigeria, Lagos ? Ces gens piratent beaucoup mes films,” a indiqué Lee au correspondant lors du dernier Festival international du film publicitaire de Cannes le mois dernier, selon le blog naijarules.com.

Qu’ils participent aux Festivals du Cinéma comme ceux organisés à Cannes et à d’autres endroits pour apprendre comment faire de grands films qui répondraient aux normes internationales,” a indiqué Lee en parlant des directeurs de Nollywood.

Lorsque News One a essayé de contacter Lee, son assistant a indiqué que le directeur était en voyage à l'étranger et ne pouvait pas être joint pour faire un commentaire avant la publication.

Les commentaires de Lee ont non seulement soulevé des questions sur la qualité des films de Nollywood, filmés par des cinéastes amateurs avec des petits budgets d’entre 15000$- et 20000$, mais également sur les pratiques commerciales entourant leur distribution.

Une portion du revenu de Nollywood ne peut même pas être représentée en raison du piratage répandu qui est presque considéré comme une pratique normale.

Les affaires malhonnêtes y compris la tristement célèbre lettre nigériane et les fraudes par e-mail ont contribué à renforcer l’image du pays comme capitale du monde de l'escroquerie, et explique pour quelle raisons Nollywood n'a pas vu affluer des investissements américains.

"Cette perception joue véritablement un grand rôle dans la volonté des gens d’aller la main ouverte au Nigeria,” reconnait l'acteur britannique d’origine nigériane Hakeem Kae-Kazim.

Kae-Kazim, qui a joué dans  "Hôtel Rwanda” et dans la série 24 ″ sur Fox, affirme que le Hollywood Black ne se presse pas d’investir dans les films nigérians parce qu'ils se battent encore pour avoir leurs propres histoires sur le grand écran et ne considèrent pas "intéressant un investissement ” dans l'industrie d’Afrique de l’Ouest.

Si le Hollywood Black investit dans Nollywood, et lorsqu’il le fera, il sera accueilli par les fans irréductibles comme Tawana Lowe.

Un mardi pluvieux, Lowe était en mission pour gagner des convertis à Nollywood. Armée d’une liste de courses, Lowe a visité le Mall de Films africain. La toute petite devanture sur la rue 165ème Rue Ouest du Grand Concourse dans le Bronx se vante d'être le plus grand distributeur de films de Nollywood au pays.

Lowe a parcouru les étagères sur lesquelles étaient empilées les dernières offres de Nollywood, parmi lesquelles “The Sleepwalker,” “Princess Tyra,” “Emerald,” et “Fantasia Fantasy.” Elle est partie avec deux sacs pleins.

Les films qu'elle a achetés ne devaient pas juste s’ajouter à sa grande collection de plus de 350 films de Nollywood qu'elle a rangé par ordre alphabétique et par code de couleur dans la bibliothèque de sa chambre.

Ce week-end, elle enverra plus d'une douzaine de films par courrier prioritaire à sa tante et à son oncle à Gainesville, FL, et aussi à un ami de Newark, Maryland, à qui elle a fait découvrir les films.

Il s'agit de faire passer le mot,” dit Lowe, engagée à prêcher l'Évangile de Nollywood à d'autres africains américains.

  Bientôt, Nollywood va finalement percer, et quand ça arrivera ça va faire mal!” dit-elle avec une absolue certitude.

Posté par guyzoducamer à 19:09 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,

Impacts de l’Insertion de l’Activité Touristique dans le Candomblé de Salvador

Par Nivia Luzia Silva de Santana*

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Le tourisme est une activité dynamique qui englobe multiples segments qui se fondent sur la relation directe et indirecte entre les personnes, la prestation de service et l’échange de cultures distinctes.

Les produits culturels tels que les festivités, les expressions artistiques, la gastronomie, les traditions orales, les œuvres architectoniques et même la religiosité, sont en majorité des éléments motivateurs ou attractifs pour la marche de cette activité.

Tout au long du processus de développement historique, le Tourisme a eu un impact sur tout et sur tous ceux qui ont été en contact avec lui. Idéalement, ces impacts devraient avoir été positifs, en ce qui a trait aux bénéfices tirés autant du point de vue de la destination que de ses résidents. Dans la ville de Salvador, l’activité touristique est extrêmement motivée par le fort processus culturel acquis par le biais de tout cet héritage laissé par les peuples africains mis en esclavage et qui ont ici préservé et reconstruit leurs modes de vie de manière assez singulière.

En devenant pour cette même raison, dans la contemporanéité, une destination touristique importante – et en tant que tel, sujette aux impacts que cette activité peut exercer.  On sait que “l’industrie’’ organisée pour générer la consommation eut être excessif, en “chosifiant” des personnes, en transformant des biens intangibles en “produits”, en caricaturant des modes de vie et en portant préjudice ainsi autant au touriste qu’à la destination établie, contrariant ainsi ce que se propose le tourisme d’un point de vue idéal.

Selon Luiz Renato Ignarra, auteur du livre Fundamentos do Turismo,  “Lorsque des événements spéciaux sont préparés et menés comme des attractions touristiques, on court toujours le risque qu’ils deviennent de simples produits commercialisés. Et si cela se produit, leur authenticité sera éventuellement détruite, et c’est l’authenticité qui constitue l’aspect principal recherché par le visiteur.”


Tourisme dans le Terreiro – La religiosité de matrice africaine au Brésil suscite en ses adeptes le sentiment d’appartenance, de partage, de complicité étendue qui confère l’identité, même lorsque l’on considère la situation de la “société moderne de masse”, dans laquelle l’individu occupe une place prééminente. Un tel sentiment est directement lié à la dynamique de la société bahianaise composée en majorité par des descendants africains, et disons-le une fois pour toute, à son identité. Par conséquent, les questions pertinentes relativement à la commercialisation de la religion de matrice africaine, le candomblé, ne peuvent pas être traitées de façon isolée, car une série de facteurs liés à une longue histoire, et nécessitant une attention spéciale sont impliqués.


Le Terreiro de Candomblé ne s’isole pas de la communauté non religieuse, il s’agit d’un lieu d’action, d’intégration et de développement. Ce n’est pas une réalité statique, au contraire, il englobe la fonction socioreligieuse qui établit des liens avec les autres individus à travers des actions de nature publique communautaire. On ne pas simplement sous-estimer la force de l’industrie touristique et négliger les possibles impacts qu’elle peut avoir sur les Terreiros de Candomblé.


Peut-être que l’activité touristique dans les Terreiros de Candomblé parviendra à provoquer ce que même les multiples attaques historiques contre elles – provenant soit de l’action de l’Église ou de l’État - n’ont pas réussi à obtenir : sa démonisation , sa dépolitisation et son atténuation conséquente par le biais de la dénaturation des célébrations liturgiques engendrés par la banalisation et la commercialisation de la culture, compromettant ainsi l’identité propre et le mode de vie de la communauté du terreiro.

On a perçu dans la religiosité l’opportunité de disséminer la culture de consommation, et de pourvoir aux carences culturelles dans la ville de manière rentable à partir de la nécessité du visiteur d’interagir avec d’autres modes de vie. Ainsi, encore aujourd’hui, l’héritage africain demeure en plein stade de confrontation avec le système dominant et raciste qui historiquement a cherché à dégrader sa structure.


         Analyser cette relation et les conséquences qui en découlent pour la dynamique des cultes afro-brésiliens constitue une question de premier ordre, autant pour le tourisme, dans le sens de la réflexion sur les limites devant être établies, que pour la société brésilienne, qui met ainsi en péril sa propre identité. Curieusement, le touriste qui visite une église n’interfère pas dans les processus d’ordre liturgique, pour autant qu’il y ait visite, elle bénéficie aux aspects externes à la religion. Pourtant, ce processus de commercialisation a débuté les cadres de l’Église Catholique (avec la vente des indulgences etc.), mais la banalisation a débuté avec la religion dont la matrice fu en Afrique.
S’agirait-il là d’une coincidence?


*Licence de Tourisme – Fondation Visconde de Cairu ( Salvador/ Bahia) en 2007.;
Coordinatrice Pédagogique de l’Institu Oyá, Salvador /Bahia;
Mène une recherche sur les impacts de l’insertion de l’activité touristique dans les terreiros de Candomblé dans la ville de Salvador.

Posté par guyzoducamer à 18:50 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , ,
26 juillet 2009

Les noirs américains stimulent le tourisme Afro à Bahia

Le Directeur de la Tatour, agence de tourisme de Salvador spécialisée dans la réception de visiteurs américains, Connor O'Sullivan est une exception parmi ses collègues du marché des voyages à Bahia.

En pleine crise économique mondiale, il reste optimiste et fait des plans pour faire agrandir ses affaires, alors que le reste du marché est à la traine du point de vue du nombre de clients.

Selon le Ministère du Tourisme, entre 2007 et 2008, le nombre de visiteurs à Bahia s’est contracté de 7,9%, passant de 193.867 à 178 571.

Les principaux pays émetteurs de touristes ont enregistré une baisse. Le marché américain fut le seul présenter une croissance significative parmi les principaux pays émetteurs de touristes à Bahia : avec une augmentation de 333% entre 2007 et 2008, passant de 3478 visiteurs à 15.085. Entre 2002 et 2006, les États-Unis avaient envoyé en moyenne 2.600 touristes à Bahia. Les États-Unis sont passé de 10e position à la 5ème dans le classement des touristes.

La principale action menée pour encourager la venue des touristes américains a été l’institutionnalisation d’un patrimoine culturelle de Bahia composée des traditions africaines conservées par les descendants des esclaves - héritage que les noirs américaines commencèrent à explorer à l’étranger, particulièrement au cours de la dernière décennie.

À Bahia fut créé en fin 2007, un département spécifique pour étendre cette niche par le biais de Empresa de Turismo da Bahia S.A. (Bahiatursa), ou du Tourisme Ethnique-Afro.

La plus grande impulsion pour la propagande fut le voyage de Condoleezza Rice, la secrétaire d’État américaine de l’époque, à Salvador, en mars de l’an dernier. Elle avait manifesté le désir de connaitre la ville lors d’une visite du gouverneur de Bahia Jaques Wagner à Washington quelques mois auparavant. Elle déclara alors qu’elle était curieuse de se retrouver dans ce qu’elle appela la "plus grande ville africaine en dehors de l’Afrique".

condo_wagner_marta1.jpg

L’impact de cette propagande se réfléta dès l’édition suivante de la centenaire Festa da Irmandade da Boa Morte (Fête de la Fraternité de Boa Morte) célébrée en août à Cachoeira, dans le Recôncavo Baiano.

L’an dernier, 250 noirs américains ont pris part à la fête organisée par des descendants d’esclaves. Cette année, 500 américains sont attendus à l’événement. O'Sullivan se prépare à recevoir ses compatriotes avec un circuit qui comprend, en plus de la participation à la fête, des randonnées dans les quartiers comme Pelourinho et Liberdade et des visites d’églises, de terreiros de candomblé, en plus des cours de musique et de percussion.

Selon le secrétaire au Tourisme de Bahia, Domingos Leonelli, rien que pour les actions de promotions du gouvernement aux États-Unis, 1 million de R$ ont été dépensés au cours des deux dernières années.

Source: Estadao.com

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Posté par guyzoducamer à 15:29 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
24 juillet 2009

États-Unis : De 'Noir' à 'Africain-Américain': que sommes-nous?

Par Farah Griffin

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Depuis l'arrivée des Africains dans ce qui deviendra les États-Unis, la question de la dénomination a été centrale pour l'identité noire. La capacité de s’identifier, en tant qu’individu et comme  groupe, est un acte d'autodétermination. Tout au long de notre histoire, les noms choisis par les noirs pour s'identifier représentent également des efforts de présenter une identité et un sentiment d’agent-contrôleur qui est beaucoup plus grand que l’espace confiné à eux alloué par une société suprématiste historiquement blanche.

Les premiers habitants noirs du Nouveau Monde étaient "Noirs" ou " Africains" - appelés ainsi par leurs ravisseurs européens. Il est très improbable que les captifs se soient compris comme étant Africains, car leur sentiment identitaire fondamental était peut-être la langue, la parenté, la famille, le clan et le groupe ethnique.

Ils se sont peut-être compris comme étant originaires d’une région particulière ou d'un ensemble des pratiques religieuses. Jusqu’au moment où ils ont commencée à se comprendre  comme "Africain", c’était comme un élément défini comme autre que les Blancs : Essentiellement une différence de couleur de peau mais aussi de croyance, de conduite et de sensibilité.

Finalement ils allaient accepter la désignation d’Africain. Ceux qui étaient libres utilisèrent même le terme "African" pour identifier leurs premières institutions :African Methodist Episcopalian, African Methodist, First African Baptist, The African Free School. De manière significative, bien qu’on les appelait également «Noir", plus souvent que non, ils choisirent plutôt la désignation d’ "Africain". Pourtant, alors que les efforts pour encourager la colonisation commencèrent à grandir au 19ème siècle, beaucoup de noirs ont commencé à insister sur leur identité d’Américains et sur leur investissement et leur contribution à la nation en plein essor.

Tout au long des 18ème et 19ème siècles, les Africains asservis et leurs descendants allaient de différentes manières faire allusion à eux comme "Noir ", "negro", "Coloré" et " africain- américain ".

Avec le mouvement de conscience noir des années 60, les jeunes  noirs adoptèrent le terme "Noir", qui avait auparavant été utilisé de manière péjorative.

Le mot "Noir" était perçu comme un terme qui embrassait et incluait des personnes à la peau noire à travers le monde : une désignation qui marquait la force, la beauté et le nombre.

Ce terme était également libre de toute association avec une nation, un état, ou même l'hémisphère Occidental

De manière significative, aucun des tout premiers termes n'avait été utilisé pour ne signifier que la couleur de peau, tout comme ces personnes s'appelant "'Africain", " africain américain ", "Negro", "Colored" et "Noir" qui étaient de toutes les couleurs imaginables.

Fondamentalement, il s’agissait là de désignations politiques, culturelles et historiques. (Pendant les années 80 de jeunes activistes britanniques ont commencé à utiliser le terme "Noir" pour identifier à la fois des personnes afrodescendantes et ceux dont les ancêtres venaient de l’Inde.)

Lorsque le Révérend Jesse Jackson a vulgarisé le terme africain américain dans un discours en 1988, c'est devenu une façon de reconnaitre à la fois une identité nationale ainsi qu’une relation avec tous les afrodescendants.

Il n'est pas surprenant que le terme soit rentré dans l’usage populaire pendant la campagne Présidentielle 1988 de Jackson. Au cours des deux dernières décennies, la question de l’identité noire aux États-Unis reste vivante.

Cette fois,  le défi ne provient pas d'une force raciste extérieure mais des différences intra-raciales rendues plus évidentes par l'immigration à grande échelle des noirs du continent Africain et des Caraïbes.

Bien que de tels immigrants soient toujours venus aux États-Unis, les pressions de la lutte des noirs pour la liberté pendant les années 60 ont conduit à l'Immigration Act de 1965, qui a révisé les nombreuses restrictions basées sur la race contenues dans la législation précédente.

Par conséquent, le nombre de noirs ayant des racines plus directes en Afrique Sub-saharienne a triplé au cours des vingt dernières années, tandis que le nombre d'immigrants en provenance des Caraïbes a augmenté de presque 60 %. Ces changements démographiques défient les limites du vocable Africain américain.

L'expression en elle-même est certainement assez large pour couvrir tous ces groupes, mais elle ne reconnaît pas la spécificité historique de chacune de leurs expériences et leur rapport historique avec l'état nation.

Pourtant, dans cette ère de globalisation accrue,  cette expression est peut-être trop étroite.

Je partage l’avis de la poétesse Gwendolyn Brooks, qui préféra toujours le terme "Noir", parce qu'il incluait les gens à travers le monde entier - de l'Afrique à l'Asie, l'Europe, du Pacifique Sud et des Amériques.

Farah Griffin est Professeure d’Anglais et de Littérature Comparée et des Études Africaines-Américaines; Directrice de l'Institut de Recherche en Études africaines-américaines (Institute for Research in African-American Studies)à l'Université de Columbia.

http://www.thegrio.com/2009/07/black-or-african-american.php

Posté par guyzoducamer à 22:13 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,

Aucun premier rôle Afro dans la version colombienne de Grey's Anantomy

Même si à première vue, il s’agit d’une décision peu significative, elle a causé un certain malaise, étant donné que la série américaine compte deux personnages afroaméricains parmi ses acteurs principaux.

L’acteur Henry Castillo est l’une des principales victimes de cette situation. Il explique s’être présenté à l’audition pour le rôle de Javier Burgos, un cardiologue qui dans la version originale est interprété par Isaiah Washington.

"On m’a appelé il y a presque deux mois et on m’a envoyé le synopsis du personnage et deux scènes. Au départ, il s’agissait d’envoyer une vidéo, mais je n’étais pas le seul, puisqu’ils ont également appelé Walter Díaz (qui a pris part à la série Luzbel), qui vit en Floride", se souvient Castillo.

Il indique qu’il a parlé avec l’équipe de production de la série et leur a proposé de se déplacer pour passer l’audition à Bogotá. Le même scénario s’est produit par Díaz. "À l’époque, je leur ai dis que j’étais en vacances (étude linguistique) et que je pourrais voyager, mais lorsqu’ils m’ont expliqué qu’ils n’avaient pas d’argent pour le billet, j’ai décidé de m’y rendre par mes propres moyens".

Castillo reconnait que la production ne lui a jamais assuré qu’il obtiendrait le rôle, mais, il a précisé qu’il avait voyagé car le directeur lui a fait comprendre qu’il y avait de grandes possibilités qu’il incarne le personnage.

Après un vol éclair, il a fait les auditions et il est retourné aux États-Unis Selon lui, Díaz a également atterri à Bogotá pour les essais. Le temps a passé, et le téléphone des acteurs n’a jamais sonné, et plus tard, ils ont appris qu’ils n’avaient pas été choisis et le rôle avait attribué au cubain Rolando Tarajano, qui n’est pas noir.

De plus, l’acteur Jorge Cao, lui aussi Cubain, a été choisi pour l’interprétation d’un autre personnage afroaméricain dans la production américaine.

Il s’agit de Ricardo Cepeda, directeur de l’hôpital où se déroule l’intrigue de Grey's Anatomy.

"Il me semble terrible qu’en Colombie où l’on a 30% de population afro, qu’on ne la voit pas à la télé. Je prends souvent part  à plein d’audition, mais on m’appelle trop peu souvent, c’est le business, mais, pourquoi changer les deux personnages noirs ?", demande Castillo.

Selon Sergio Osorio, directeur de la série en Colombie, le sujet n’a rien à voir avec une quelconque exclusion raciale.

"Nous avons réalisé quelques 12 'castings' de Burgos (le personnage), mais la même chose s’est passé avec beaucoup de personnages blancs. On n’imagine pas la quantité d’acteurs qui sont restés en dehors du processus", explique-t-il.

Selon lui, au début, on a voulu respecter le format de la série originale en cherchant des acteurs de race noire, mais "comme les options ne cadraient pas avec les exigences des personnages, nous avons décidé d’aller dans un autre sens", ajoute Osorio.

Pour sa part, l’acteur Óscar Borda, qui n’a pas participé à l’audition pense que cette situation reflète ce que vivent les artistes de sa race dans le milieu.

"Malheureusement, personne n’a accordé de l’importance au noir en tant que tel. Ici, il y a des acteurs comme Ramsés Ramos, Jorge Montarrosa, James Vargas ou Luis Tamayo, 'El Palabrero' de la telenovela Guajira, qui ont une grande qualité ", affirme Borda.

Même s’il affirme qu’il n’a rien contre les acteurs choisis, il affirme que les situations comme celles là impliquent une attention plus profonde quand aux opportunités qu’e les afrodescendants ont à la télévision.

"Il faut que l’on réglemente (comme au États-Unis) de telle sorte que chaque série ait un noir, évidemment, avec le talent et la qualité exigée par le rôle qu’on lui attribue. En plus, si on copie les séries étrangères, copions les au moins bien ", conclue-t-il.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.eltiempo.com/culturayocio/tvyfarandula/protagonista-de-version-colombiana-de-greys-anantomy-no-sera-negro_5619328-1

Posté par guyzoducamer à 01:23 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
23 juillet 2009

Société : Pourquoi des cheveux défrisés ?

GUADELOUPE. Les Abymes. Jeudi 23 Juillet 2009. Caribcreole1.Lors d’une conférence-débat organisée par Kreole Attitude et B World Connection, Juliette Smeralda (J.S), sociologue martiniquaise, a exposé sur le thème : Le cheveu naturel : histoire d’une aliénation la sociologue a expliqué que le passage aux cheveux défrisés, au temps de l’esclavage, symbolisait la volonté d’identification au modèle « blanc caucasien ».   

Aliénation : Selon J.S : « éloignement de soi-même » (source B World Connection)

En majorité locksé ou alors arborant une tignasse naturelle ainsi pouvait on décrire le public venu nombreux à l’espace Régional du Raizet, écouter la conférencière.

Afin d’exposer ses recherches sur le cheveu naturel, Juliette Sméralda a choisi de faire une remontée dans le temps. Ainsi, elle nous a expliqué qu’avant la période esclavagiste, la peau et les cheveux des noirs étaient très entretenus. En effet, le noir, le plus scintillant était considéré comme étant le plus beau. Quant à la coiffure, elle est est porteuse de symboles forts : âge, clan, statut social, occupations. D’ailleurs, le peigne africain était considéré comme un objet sacré.

Avec une telle valorisation comment expliquer le passage au cheveu défrisé ?

Juliette Sméralda développe l’argumentation suivante : le contact entre blancs et noirs s’est toujours déroulé dans un rapport de domination. Ainsi, alors que les cheveux caucasiens étaient et sont encore, considérés comme : discrets, élégants, beaux et doux, les cheveux crépus sont : indisciplinés, archaïques. D’où une stigmatisation raciale du cheveu du noir. D’ailleurs, la personne même du noir était pointée du doigt puisque son visage prognathe ne correspondait pas avec l’échelle de valeurs des occidentaux blancs : cheveux lisses, peau blanche, visage orthogonal : «Religieux, voyageurs, chroniqueurs, savants et scientifiques de tout acabit ont importé leurs préjugés en Europe et soumis le cheveu crépu, les traits morphologiques et la couleur des extra-occidentaux à des appréciations très subjectives, voire très défavorables. Celles-ci se sont pérennisées et sont au moins en partie responsables du statut de stigmates dont héritent les caractères morphologiques de certains groupes humains» (extrait de Peau noire, cheveu crépu : histoire d’une aliénation).

Ainsi, le noir sorti de la cale du bateau négrier, sale et mal coiffé est à même de lire l’effroi dans l’œil du blanc. Ce dernier va même jusqu’à le toucher pour voir si sa couleur n’est pas une couche de crasse et ses cheveux des crottes de moutons. Les choses ne s’arrangent guère puisque sur la plantation, il ne peut prendre soin de lui. D’ailleurs, un mouchoir de tête donné par le maitre permettait aux femmes de cacher leurs cheveux. Quant aux esclaves domestiques, ils recevaient de leurs maîtres, peignes et brosses usagés. Mais ces accessoires n’étaient pas adaptés à leurs cheveux. D’où là encore, une nouvelle stigmatisation.

Il s’en suit alors un processus de « dénaturation ». Afin d’être mieux intégrés, mieux acceptés, les femmes, mais aussi les hommes, se sont lancés dans toute une série de transformations : «par la pratique du défrisage, il s’agit de soustraire les cheveux à la tyrannie du regard qui pénalise socialement. Crépu étant synonyme de disgrâce, d’imperfection, de ruralité, de manque de raffinement, etc., ce cheveu-là doit disparaître derrière un lissage» (extrait de Peau noir, cheveu crépu : histoire d’une aliénation). Pour la sociologue, ces défrisages à outrance ont des conséquences non seulement sur le cheveu mais aussi sur l’individu lui-même.

D’ailleurs, force est de constater que rare sont les petites filles à jouer avec des poupées noires aux cheveux typés crépus. Elles jouent beaucoup plus avec des poupées blanches, à longs cheveux auxquelles elles cherchent à s’identifier.

On constate aujourd’hui que, bien que la société revendique son multiculturalisme, il « faut » encore se défriser les cheveux pour accéder à un emploi, avoir une certaine teinte pour être bien placé dans la société coloniale. Juliette Sméralda ne pointe pas le doigt sur un simple problème capillaire, mais sur tout un problème de société.

Ce problème d’acceptation du cheveu crépu a été bien relayé par le public.

Sony, coiffeuse du salon « Chivé Natirèl » a fait remarquer que l’on constate néanmoins un changement d’attitude ces dernières années. En effet, de plus en plus de femmes ont tendance à revenir au naturel. Interrogée sur ce retour, Juliette Sméralda confie : « On comprend qu’il faut porter son cheveu, il ne faut pas que la société soit arbitraire et dise aux porteurs de cheveux crépus : ce n’est pas beau, c’est sale. Ce sont des corps naturels qui ont le droit de s’afficher, de vivre en harmonie avec son environnement. On a un besoin urgent de régler ce problème sans aller à la confrontation ». Sony se montre plus pragmatique : « il y a encore beaucoup de chemin à faire et voir s’il s’agit d’un phénomène de mode… »

Un retour au naturel ? Peut-être simplement au niveau capillaire, car il y a encore une pléthore de personnes qui sous nos latitudes, n’acceptent pas de parler, et encore moins l’enseignement de la langue créole et ne supportent pas le son du ka...

Quoiqu’on dise, les questions identitaires restent encore posées et interpellent.

Posté par guyzoducamer à 21:28 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,

La Route de la Liberté finaliste du IIème Défi Géotourisme du National Geographic



rota

Le Défi Géotourisme est l’un des programmes clé du National Geographic's Center for Sustainable Destinations (CSD). Il est organisé par la National Geographic Society et le Changemakers de Ashoka et consiste  en la sélection de programmes de voyage durables. Le thème du défi de cette année est "Communauté, Culture et Nature" et est centré sur la protection des sites où l’histoire, la culture et la nature vivent en harmonie.

10 programmes innovateurs de voyage durables ont été sélectionnés à travers le monde. Parmi les sélectionnés, on retrouve le programme brésilien Rota da Liberdade (La Route de la Liberté) qui fut choisi parmi 611 inscriptions provenant de 81 pays différents.

La Route de la Liberté, à travers l’histoire, la culture, l’architecture et la gastronomie témoigne de l’empreinte des noirs dans certaines régions de l’état de São Paulo, comme dans Vale do Paraíba, Litoral Norte et Serra da Mantiqueira. De plus, ce programme encourage la sauvegarde et la valorisation de l’histoire et de la culture noire du pays, par le biais du tourisme. Sept parcours constituent le circuit touristique qui inclut les membres des communautés noires traditionnelles dans le processus de création d’emploi, de revenu, de savoir et de gestion touristique.

C’est le public qui décidera quels sont les meilleurs programmes de voyage et il peut voter sur le site http://www.changemakers.net/geotourismchallenge les trois finalistes qu’il considère comme étant les plus innovateurs dans l’offre aux touristes d’une expérience de voyage authentique que ce soit dans une grande ville ou dans une localité éloignée.

Le vote est ouvert jusqu’au 12 août. Les trois vainqueurs seront annoncés le 9 septembre et chacun recevra une prime d’environ 9.650,00 R$.

Pour plus d’information sur le programme Rota da Liberdade:

http://www.realitytour.com.br

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Posté par guyzoducamer à 20:51 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,

Samuel Eto'o, un sportif nègre à part

Hommage photographique à Samuel Eto'o de ses années Barça. Il a fait vibrer de nombreux camerounais sous les couleurs du club Catalan en contribuant grandement à l'obtention de nombreux nouveaux titres, notamment deux Ligues des Champions.

El día de su presentación como azulgrana

El día de su presentación como azulgrana

Con Laporta y Rijkaard en el día de su presentación como azulgrana

El día de su presentación como azulgrana saltando al Mini

El día de su presentación como azulgrana

Le jour de sa présentation officielle.

Sus declaraciones en Vilafranca lo cambiaron todo

Eto'o, el día de sus polémicas declaraciones en Vilafranca

Déclarations polémiques à Vilafranca : Samuel Eto'o n'a pas sa langue dans sa poche...

El día del abrazo de reconciliación con Ronaldinho y ante la presencia de Motta

Et réconciliation avec Ronnie...

Eto'o marcó el gol de la victoria de la Liga ante el Levante en el 2006

Samu vient de marquer le but donnant la victoire en Liga 2006 contre Levante

sam

Célébration d'un but contre le Réal : saison 2008-2009...

Eto_photo

Eto_o_Henry

etoo_but

etoo_gol

et d'autres ...

etoo_2_6_Bernabeau

Extase au Bernabeau après une victoire 2-6 contre l'ennemi du Real

sam1

Une relation très bonne dans l'ensemble avec Laporta qui l'a souvent soutenu et qi l'avait fait venir au Barça. Des rapports un peu plus difficile ces derniers temps tout de même

Eto_o_europa1

Célébration de la première Coupe d'Europe en compagnie...du drapeau camerounais

Etoo_trofeos

Trophée individuel...

trescopas

...trophées collectifs

Pendant l'Ère Eto'o, le Barça a remporté 2 Champions League, trois Ligas, une Coupe et 2 Supercoupes qui ont permis de mettre un frein à l'hégémonie des merengues grâce en grande partie aux buts du camerounais, une arme de destruction massive, l'ouvre-boite (abrelata)des catalans.

sam2

L'attaquant du Barça, victime des cris racistes des supporters de Saragosse est sur le point de quitter le terrain...

sam3

Haie d'honneur pour les champions...à Majorque, son équipe de coeur Eto'o porte le brassard de capitaine

etobless_breme

Etoo_Terre

Etoobless_Eto'o au Barça c'est aussi des blessures

eto

Eto_reloj

etorelojEto'o est passionné par pas mal de choses en dehors du terrain commes les montres...

Eto_o_coche

...Les bolides

Etoo_tendance

...les fringues (Eto'o tendance...)

Eto_orey

Le ballon ...sur et hors du terrain, comme ici celui de la finale de la Ligue des Champions, finale de Paris

eto_prensa

L'ambiance chaleureuse ...avec des journalistes invités pour son dernier anniversaire

Eto_o_montmelo

Au circuit de Montmelo

eto_comida

Fashion victim...pour un repas avec ses coéquipiers

Eto_o_derni_re

Dernier match avec le Barça au Riazor...

Plus de 5000 messages (au moment de l'écriture de ce post) d'aurevoir, de remerciement et de reconnaissance ont été envoyés par les lecteurs de El MundoDeportivo dans la soirée et la nuit du 22 juillet, un journal qui a très souvent été contre la présence de Samuel Eto'o au Barça.

Posté par guyzoducamer à 03:30 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
22 juillet 2009

Introduction du livre : Afro-Reparaciones …

afrorepa

Afro-Reparaciones : Memorias de la Esclavitud y Justicia Reparativa par negros, afrocolombianos y raizales

(Afro-réparations : Mémoires de l’esclavage et Justice Réparatrice pour les noirs, les afrocolombiens et les raizales)

En Colombie, les noirs, les afrocolombiens et les raizales sont les sujets de réparations, non seulement dans le débat sur la Loi de Justice et de Paix (Ley Justicia y Paz), à cause des attaques paramilitaires et des guérillas sur leurs territoires collectifs, mais aussi parce que la traite négrière transatlantique, celle qui a encadré l'arrivée massive d’humains réduits à l’esclavage en Nouvelle-Grenade coloniale, est considéré comme un crime de lèse humanité. La Conférence de Durban (l'Afrique du Sud, 2001) a transformé en sujets de Réparation tous les membres de la diaspora africaine du monde.

Cette double parenté enflamme et complexifie le débat sur la Justice Réparatrice dans le pays.

Est-il possible de reconstituer une nation comme la Colombie qui a établi un nouveau pacte de coexistence éthique et politique grâce à l'assomption constitutionnelle de son caractère multiethnique et pluriculturel, sans que l'État n'adopte une approche de Justice Réparatrice dans les politiques publiques sociales liées aux sujets qui constituent une bonne partie du spectre multiculturel, et ne pense pas non plus au statut social symbolique, à la place qui doit leur être attribuée dans l'espace public quant à la reconnaissance historique des mémoires tragiques des groupes subalternisés.

Est-il possible d'atteindre cet idéal louable sans actions étatiques de Réparation des injustices multiples héritées du passé, des traumas sociaux qui ont eu des conséquences, comme dans le cas des noirs, afrocolombiens et des raizales, qui s’expriment autant dans les conditions défavorables des vies qu’ils mènent au quotidien au milieu du racisme social et structural, que dans les corps de millions de personnes dans une situation, un contexte de pauvreté et de pauvreté extrême liée à la souffrance sociale qui continue de leur être infligé ?

Traduit de l’Espagnol Par Guy Everard Mbarga

Auteurs: Multiples
Claudia Mosquera Rosero-Labbé (Éditrice)
Luiz Claudio Barcelos (Éditeur)

Éditorial: UNIBIBLOS - Universidad Nacional de Colombia
Facultad de Ciencias Humanas
Departamento de Trabajo Social
Centro de Estudios Sociales - CES
Grupo de Estudios Afrocolombianos - GEA, Sede Medellin
Facultad de Ciencias Humanas y Económicas, Sede Caribe
Instituto de Estudios Caribeños

Mois et année d'Édition: Janvier 2007

Format: Livre

Rústica, 16.5 x 23.7 cms
794 pages

ISBN: 9789588063508

Posté par guyzoducamer à 19:34 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , , , ,

Réflexions sur le discours d’Obama à l’Afrique : les colonisateurs ne sont jamais partis

Par Aisha Brown

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

Le 11 juillet 2009 fut un jour historique pour les États-Unis et pour le continent africain alors que le premier Président africain-américain Barack Hussein Obama s’est rendu à Accra, au Ghana ouu il s’est adressé au Parlement Ghanéen.

La simple présence du président Obama en tant que fils d'un éleveur de chèvre kényan et leader du monde libre était la preuve d’un puissant changement symbolique dans la politique globale. Lors de son premier message présidentiel adressé au continent africain, le Président Obama a promis le soutien des États-Unis pour les dirigeants démocratiques africains et pour son développement socio-économique.

Il a déclaré que "l'histoire est en marche" et que "l'avenir de l'Afrique est entre les mains des Africains." Le président a aussi tendu la main de l'Amérique comme partenaire de l'Afrique en déclarant que "... au 21e siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience et notre intérêt commun" pour ce faire.

Le discours du président Obama en Afrique, bien qu'empreint d’espoir, reflétait tout de même la même arrogance, le déplacement du blâme et le paternalisme que les dirigeants Occidentaux montrent depuis que les nations indépendantes du continent ont commencé à émerger.

Les puissances Coloniales restent fermement impliquées dans l’avenir des Africains parce qu'elles ne sont jamais parties. Après la mort du colonialisme traditionnel, le néo-colonialisme lui a succédé dans son règne sur le continent.

Les monarques et les chefs d'État européens ont vite été remplacés par les directeurs généraux, les sociétés multinationales et les investisseurs privés. En ébranlant davantage l'autonomie africaine, le Fonds Monétaire international (le FMI) et la Banque Mondiale sont intervenus pour noyer les espoirs de développement intérieur de l'Afrique avec les milliards de dollars de prêts à taux élevés et des Programmes d'Ajustement Structurels (PAS), qui coupent des programmes sociaux essentiels centrés sur l'éducation et la santé maternelle et de l’enfant, pour promouvoir la privatisation et le commerce avec ses anciens colonisateurs.

Les Africains ne peuvent pas contrôler leur avenir parce qu'il a été acheté par les sociétés multinationales appartenant aux Occidentaux et par des institutions financières globales depuis des décennies. En outre, les allégations d'abus commis contre les Africains par les sociétés néocoloniales sont nombreuses.

Le 8 juin 2009 la compagnie pétrolière Shell (Royal Dutch Shell) a payé 15,5 millions$ aux populations d’Ogoni au Nigeria après avoir été reconnue complice de violation de leurs droits humains, incluant l'exécution en 1995 de l'activiste et auteur Ken Saro-Wiwa et de huit autres personnes.

Pendant ce temps en Afrique du Sud, des compagnies européennes spécialistes de l’exploitation minière de diamants et d'or continuent de compromettre la sécurité et la santé de leurs employés; beaucoup ne fournissant pas les soins de santé adéquats ou des environnements de travail sécuritaires à leur personnel.

Et au Congo, la quête de la France pour l’acquisition des ressources minérales et les minéraux comme le coltan, utilisé pour alimenter les téléphones cellulaires, les iPods et les ordinateurs portables a alimenté des décennies de guerre civile dans le pays.

Tout comme les colonisateurs dessinèrent la carte coloniale il y a une génération, les néo-colonialistes sont en train de partager les ressources du continent de manière à approfondir les conflits ethniques et les conflits liés aux frontières nationales créés il y a 50 ans. Le président Obama a déclaré dans son discours à l’Afrique que "la Liberté est votre héritage. Maintenant, c'est votre responsabilité de construire sur la fondation de la liberté."

Mais l'Occident n'a pas libéré l'Afrique. Les chaines d'il y a un siècle restent visibles. Le paternalisme doit mourir pour que les Africains puissent réclamer cette liberté.  Ce sont chacun des dollars de dette internationale et  chaque de ces sociétés étrangères qui contrôle ses ressources. Si la liberté est l’héritage de l'Afrique, alors, le vieux modèle Occidental de néo-colonialisme et de paternalisme doit mourir pour que les Africains puissent la mériter.

Aisha Brown - Fondatrice du  Projet Global Awareness et Associée du Programme Racial Wealth Divide de Institute for Policy Studies

Posté par guyzoducamer à 17:34 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,
  1  2  3  4