Le problème que vivent les afrodescendants au Paraguay est intimement lié aux besoins de terre et de toit, selon José Antonio Medina, secrétaire général de l'Association Afroparaguayenne Kamba Cua, fondée en 1999.

Les paraguayens José Antonio Medina et Lázaro Medina sont membres du Groupe Barlovento. Selon Medina, les afroparaguayens actuels sont arrivés  sur le territoire paraguayen en 1820 comme soldats de José Gervasio Artigas, le libertador uruguayen précurseur de la lutte pour la réforme agraire

Le président de l'époque, Gaspar Rodríguez de Francia céda des terres aux lanciers noirs pour qu'ils puissent s’auto – suffire grâce à l'agriculture et à l’élevage des animaux.

Medina affirme que dans le cas de la communauté Kamba Cua, ils n'ont jamais obtenu les titres de ces terres qui sont restées dans une zone résidentielle d’Asunción. Même si au début ils disposaient de 100 hectares pour travailler, à partir de 1940 ils ont vécu une expropriation et une vente de ses terrains au point de se retrouver propriétaires d’un espace de 7 hectares.

Quand nous avons commencé à avoir des problèmes, nous étions 2.000 personnes, mais quand ils ont commencé à nous les enlever, les habitants sont partis et aujourd'hui nous sommes presque 500 personnes dans la communauté”, dit Medina.

Dans ce petit espace, les afroparaguayens réussissent à maintenir leurs traditions et leurs coutumes, ce qui d'une certaine façon les distingue du reste de population.

Mais Kamba Cua n'est pas le seul endroit où la population noire est  présente. Selon Medina, Emboscada est un district comptant 60 pour cent d'afroparaguayens.

Selon Medina, le problème de la terre n'affecte pas seulement les noirs, mais également le reste de la population rurale et périurbaine. “La grande majorité des grands entrepreneurs propriétaires terriens, les puissants, sont propriétaires des grandes terres. La population rurale ne possède même pas 7 hectares. Il y a une étude qui montre que la majorité de cette terre est une terre mal acquise, de la même manière qu’on nous a également pris notre terre ”, commente-t-il.

Entre temps, à Asunción, la communauté Kamba Cua vit dans des conditions d'entassement et, en général, avec deux familles par logement. La situation s’avère difficile si l’on considère que la croissance de la population est de 2 %. Les habitants de la communauté sont en général employées domestiques, pour les femmes, et maçons pour les hommes, qui travaillent dans la zone métropolitaine

Medina dit qu'ils sont actuellement en discussion avec l'État pour obtenir une reconnaissance véritable, étant donné que la prémisse “nous sommes tous égaux” est un mensonge. Les statistiques en éducation et en santé parlent d’eux-mêmes. Alors que les années d'étude au sein de la population afrodescendante atteint 0,7 ans, dans le même district, les années d’étude du reste de la population atteignent 15 ans.

L'Association Kamba Cua travaille actuellement pour que le recensement de 2011 à 2012 reconnaisse la population noire de sorte qu’elle soit inclue dans les plans de l'État et que la société paraguayenne puisse réfléchir sur son identité.

Medina déclare que pendant l'époque de l'indépendance, les noirs au Paraguay représentaient 54 pour cent de la population, ce qui implique qu'ils se sont assimilés au cours des années en contribuant au processus de métissage interne.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.pieb.com.bo/sec_dossier.php?idn=3900&id=3912&c=2