30 mai 2009

La communauté Garifuna de Bahía de Tela résiste à la spéculation touristique

Adital -

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L’ Organisation Fraternelle Noire Hondurienne (Ofraneh) a poursuivi le 27 mai l’interdiction, lancée le 25 mai, des rues de Bahía de Tela, Honduras. Le blocus réalisé par la communauté garífuna vise à empêcher la circulation des machines utilisées pour la construction du "Laguna de Micos & Beach Resort".

Selon l’OFRANEH, "a ravagé, jusqu’à présent, plus de 15 hectares de terre, causant des décombres et des enlèvements de déchets". Le resort est en construction dans le quartier "Las Delicias", dans la communauté garífuna de Triunfo de la Cruz.

Selon les manifestants, l’État n’a toujours pas réagi au blocus, car le lieu où il se produit "n’est pas une artère vitale de communication".

La présidente du Patronat Teresa Reyes et le Comité de Défense de la Terre (Comité de Defensa de la Tierra) prennent part à ce blocage.

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L’entreprise, qui selon l’Organisation a le soutien du député Antonio Fuentes (PL) –du département d’Atlántida- est protégé par un permis de la Unidad Municipal Ambiental (UMA). L’Ofraneh a dénoncé, par le biais d’un communiqué, l’absence d’un document confirmant la propriété sur le terrain où le complexe hôtelier est en construction.

L’entité évalue que "les impacts du tourisme sont énormes: dé – territorialisation, dégradation environnementale, abus contre les droits humains, pressions psychologiques ", entre autres énumérés dans le rapport publié par l’entité.

L’OFRANEH affirme que les "possibilités d’application de la loi sont peu nombreuses" dans la région puisque "le député Antonio Fuentes fait partie des dirigeants du congrès national et est l’un des caciques de Tela", ville du département d’Atlántida. "Il existe une politique fiscale au niveau locale consistant à ne recevoir aucune plainte des défenseurs des terres garífunas", dénonce l’organisation.

En contact avec ADITAL, l’Organisation affirme que "les communautés ne sont pas écoutées au Honduras et encore moins par le gouvernement actuel qui porte un masque progressiste, alors qu’au fond, ils demeurent les mêmes néolibéraux de toujours".

Les près de 10 000 habitants de la communauté garífuna de Triunfo de la Cruz font face depuis des décennies aux  dommages environnementaux et sociaux de la spéculation touristique par laquelle passe Bahía de Tela. La bahía est située entre Punta Sal et Punta Izopo, des zones protégées qui font partie du Corridor Biologique Mésoaméricain ( Corredor Biológico Mesoamericano). La région est riche en biodiversité et possède un grand potentiel éco touristique.

Traduit par Guy Everard Mbarga

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29 mai 2009

Jérôme Branche, spécialiste guyanais des cultures afrodescendantes en conférence en Colombie

Le spécialiste de la diaspora africaine Jerome Branche évoquera la capacité des descendants africains à maintenir leurs liens à travers le temps. Le Ministère de la Culture lance des invitations à ce cycle de conférence pour commémorer l’année Obeso-Artel 2009.

Experto en ‘malungaje’ llega a Colombia

Bogotá, Mai 2009. Jérôme Branche, professeur et chercheur de l’Université de Pittsburgh, présente à Bogota, Buenaventura, Cali et Cartagena entre le 27 mai et le 1er Juin un cycle de conférences sur la diaspora africaine.

Invité par le Ministère de la Culture et l’Ambassade des États-Unis en Colombie, ce chercheur guyanais, spécialistes des cultures afrodescednates réalisera ses conférences basé sur le ‘malungaje’ ou relation de parenté conjoncturelle des afrodescendants et leur capacité à maintenir leur culture vivante, un processus clairement visible dans l’œuvre des poètes afrocolombiens Candelario Obeso y Jorge Artel.

Pour Branche, ‘malungaje’ vient d’un terme africain Bantu qui faisait référence à une grande embarcation ou à un voisin. “Malungaje c’est la relation qu’ont conservé les africains captifs qui faisaient partie de cette grande aventure transatlantique qui les a conduits dans les Amériques  Il s’agit d’un sentiment de compagnerisme ”, ajoute le spécialiste.

La Colombie est le troisième comptant le plus grand nombre d’afrodescendants après le Brésil qui occupe la première place avec une population dépassant les 60 000 000 de personnes. Les États-Unis arrivent en deuxième position avec plus de 30 millions d’habitants afrodescendants.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

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24 mai 2009

Forum de la Société Civile Afrodescendantes des Amériques prévu en fin Mai

La Ceiba, Honduras

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Les États membres de l’Organisations des États Américains (OEA) ont approuvé une série de résolutions visant à promouvoir la participation de la société civile aux différents secteurs de travail de l’organisation, y compris l’Assemblée Générale, les sessions spéciales du Comité des Affaires Juridiques et Politiques, de même que dans le processus des sommets des Amériques. Dans le même temps, de nombreuses organisations de la société civile ont fait des pas importants pour utiliser tous les espaces disponibles et s’impliquer dans les différents processus.

Cette participation se matérialise non seulement dans la possibilité de participer aux différentes activités, mais également dans celle de pouvoir partager des expériences et encourager des échanges avec les représentants des gouvernements; et faire des recommandations sur des projets de résolutions ou des traités en discussion.

C’est ainsi que Global Rights Partners for Justice, organisation enregistrée auprès de l’OEA, et de ses contreparties; l’Organisation de Développement Ethnique Communautaire (ODECO) du Honduras et l’Organisation Noire Centre-Américaine (ONECA), avons décidé d’organiser un événement parallèle les 30 et 31 mai, à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’OEA qui se tiendra dans la Ville de San Pedro Sula, Honduras du 1er au 3 juin, 2009.

Comme référence, il faut mentionner que l’OEA a progressivement accru le rôle de la société civile dans ses initiatives. En 1999, le Conseil Permanent a approuvé la résolution CP/RES.759 (1217/99) Guides de participation de la société civile dans les différentes activités de l’OEA (Guías de participación de la sociedad civil en las distintas actividades de la OEA”), qui expose la portée de la participation des organisations sociales dans les différentes activités de l’organisation.

L’objectif général de l’événement est de générer un échange d’expériences sur les avancées réalisées dans le travail d’incidence par rapport à l’Organisation des États Américains et à ses différents organes, de même que l’on envisage de pouvoir présenter des recommandations –pour dans le dialogue officiel qui aura lieu le 1er Juin entre la société civile et les ministres de l’hémisphère lors de la prochaine Assemblée Générale de l’OEA.

Équipe Directive Centrale de l’Odeco

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga


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23 mai 2009

Hommage rendu à l’artiste Afrocolombienne Leonor González Mina

A  75 ans, Leonor González Mina, mieux connue sous le nom de la ‘Negra Grande’ de Colombie a reçu le ‘Grand Ordre du Mérite Culturel’ octroyé par le Ministère de la Culture.

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Ce mercredi 20 mai, dans le cadre du lancement de la ‘Campagne de la Diversité’ du Ministère de la Culture, la ministre Paula Marcela Moreno Zapata a rendu un hommage mérité à Leonor González Mina, la ‘Negra Grande’ de Colombie qui atteint cette année 53 ans de vie artistique.

À 75 ans, la ‘Negra Grande de Colombia', première artiste afrocolombienne à avoir réussi à percer le monde du spectacle musical en  1956 a reçu le Grand Ordre du Mérite à la Bibliothèque Nationale de Colombie. D’autres artistes de l’envergure de Fanny Mikey, Enrique Grau (q.e.p.d.), et le maître Jorge Villamil ont reçu cette récompense.

Je me suis lancée à la conquête de l’environnement artistique colombien et ça n’a pas été facile. J’ai été discriminée, mais je me suis battue et je me suis vendue comme une panthère, et à présent, j’ai la grande satisfaction du devoir accompli”, affirme la chanteuse.

Actuellement, la `Negra Grande’ de Colombie donne des cours de musique et de chant à l’école publique ‘Antonio Robles’, située dans la municipalité de  Robles (Valle del Cauca) où elle vit depuis plus de quatre ans.

Leonor González Mina est un symbole national. Son talent artistique remarquable et son engagement relativement à la réalité sociale du pays font d’elles une artiste intégrale au service d’un projet de Nation ”, affirme la ministre Moreno Zapata.

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Selon Iván Benavides, producteur artistique du Grand Concert National 2009 ( Gran Concierto Nacional 2009), “le grand mérite de la ‘Negra Grande’ de Colombie est qu’elle est l’une des pionnières de la divulgation de la musique du Pacifique au niveau national et international”.

Leonor González Mina est née en 1934 à Robles (Valle del Cauca). Au cours de sa carrière artistique, elle a interprété des genres allant des boleros aux pasillos en passant par les bambucos au meilleur de la musique de la Caraïbe et du Pacifique colombien.

Elle a enregistré son premier travail musical ‘Cantos de mi tierra y de mi casa’ après avoir fait une tournée en Union Soviétique avec le groupe de Delia Zapata. Elle est devenue célèbre grâce aux interprétations de ‘Yo me llamo cumbia’, ‘A la mina’ et ‘Navidad negra’.

Peu après, elle a fait une intrusion dans le monde du théâtre et dans la politique où elle a porté la bannière la lutte pour les droits de la communauté afrodescendante. “Il y a une porte qui est en train de s’ouvrir. Nous les Afrodescendants, nous sommes désormais un groupe uni, qui lutte pour exister dans un pays riche et divers culturellement”, dit-elle.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://actualidad.hemeracomunicar.org/index.php?option=com_content&view=article&id=7720:la-negra-grande-recibe-la-orden-al-gran-merito-cultural&catid=59

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22 mai 2009

Mois de l’Afrovénézuelanité : La Journée Exprésate en photo

Au menu, animations culturelles, gastronomie, soins de santé...

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À Lire   : Mois de l’Afrovénézuelanité : XIIIème Edition de la journée Exprésate à Caracas

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L’Afrique en Amérique

LES RACINES D'UN CONTINENT. LA CONTRIBUTION AFRICAINE EN AMÉRIQUE A ÉTÉ LONGTEMPS ÉTOUFFÉE. AU COURS DES TOUTES DERNIÈRES DÉCENNIES, DIVERSES ÉTUDES ONT SOULIGNÉ SA VALEUR INDÉNIABLE DANS LA FORMATION DE NOTRE CULTURE. UN REGARD À LA LUMIÈRE DE L'AVÈNEMENT DU PREMIER PRÉSIDENT AFROAMERICAIN A LA MAISON BLANCHE.

Par Jorge Paredes

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Le premier noir à entrer au Pérou faisait partie de l'expédition de Pizarro. Il était Guinéen, esclave d'Alfonso de Molina, l'un des Trece del Gallo. L'espagnol débarqua à Tumbes avec deux cochons, un coq et quelques poules, mais ce fut la peau noire de l’esclave qui attira le plus l'attention des indiens.

La légende raconte qu'ils lui offrirent de l'eau pour qu'il se lave, mais sa couleur ne changea pas. Les indiens le regardèrent avec plus de surprise encore. Ils  ne pouvaient simplement pas y croire.

Il n’existe pas de chiffres exacts relativement à l’importance du  commerce esclavagiste en Amérique, mais depuis le milieu du XVe siècle, au moins 10 millions d'africains ont débarqué sur les côtes du Nouveau Monde, un nombre trompeur si on tient compte du fait que trois esclaves sur quatre mouraient sur le  trajet.

Un crime de lèse humanité qui n'a jamais été réparé et  sans lequel les empires anglais, français, hollandais, espagnols et portugais ne se seraient pas érigés sur  le continent. Carlos Aguirre mentionne dans "Une Brève histoire de l'esclavage au Pérou"( Breve historia de la esclavitud en el Perú ) qu'environ 660 mille africains sont arrivés aux États-Unis, 4 millions au Brésil et 1 million 600 milles en Amérique espagnole.

Résultat : ces hommes et femmes avec leur variété de langues, de nationalités, de cultures, de rites et de coutumes, ont transformé chacune des régions qu'ils ont foulées, du Canada à la Patagonie.

Dans leur situation de  captivité, les noirs ont configuré l'identité de l'actuel Brésil, le deuxième pays au monde avec la population noire la plus importante, ils ont également modelé la culture musicale de Cuba, de la Jamaïque et de toute l’Amérique Centrale et de la Caraïbe, ils ont développé l'industrie cotonnière du sud des États-Unis, et ils ont travaillé jusqu’à la mort dans les maisons, les haciendas et les mines d’Amérique du Sud.

Leur contribution est pourtant demeurée occulte durant des siècles. Elle fut invisible pour Vasconcelos au Mexique et minimisée par Mariátegui au Pérou, pour citer deux penseurs notables.

Au cours des cinquante dernières années, diverses études ont mis l'accent sur cette réalité comme d’une découverte de cette racine culturelle occulte du continent.

"Je parlerais d’une culture  indoafrosinoaméricaine", dit l’anthropologue Humberto Rodríguez Pastor, auteur du livre "Negritud. Afroperuanos: resistencia y existencia". Par cette expression, il met l’accent sur les influences autochtones, africaines et chinoises dans la configuration des Amériques. Au-delà de la musique, qui est la contribution la plus visible, l'apport des afro-américains se trouve dans beaucoup d'autres aspects de la vie et de la culture du continent, dans quelques cas de manière anonyme.

"Dans la gastronomie, ils n'ont pas apporté de plantes et de condiments, mais ils ont apporté leur assaisonnement. La cuisine créole américaine a une grande influence noire. Toutes les églises de Lima ont été construites par des noirs, et que l’on ne connaisse pas leurs noms est une autre chose. Sans parler de Pancho Fierro ou de José Manuel Valdés (1767-1843), qui fut le médecin le plus important de Lima à la fin de la Colonie et dans les débuts de la République, à une époque où les curanderos (guérisseurs) noirs avaient un grand prestige ", dit Rodríguez Pastor.

L'histoire de Valdés est intéressante parce qu'il était le fils d'un musicien et d'une mulâtresse libre, et à cause de sa  couleur il ne put obtenir que le titre de bachelier en Médecine. Cependant, il a contribué de façon importante à contrecarrer  les épidémies à Lima.

Il fut  professeur du Collège de Médecine, participa aux luttes d’indépendance et il se distingua en tant qu’historien (il a écrit une biographie de Fray Martín de Porres) et théologien.

La négritude

Les luttes des noirs pour leurs droits sont aussi vieilles que l’esclavage même. En 1609 s’établissait à Veracruz, au Mexique, le premier peuple libre du continent grâce à la rébellion des esclaves.

Haïti fut le premier pays indépendant de l'Amérique (1804) pour les mêmes raisons et pour ce qui est de la période contemporaine,  les luttes civiles des noirs aux États-Unis ont eu des répercussions sur l’ensemble du continent.

Le 'Black Power' de la Jamaïque a des composantes politiques et culturelles, représentées dans la musique  reggae; et au Brésil un mouvement solide de conscience noire existe aussi, de même qu’en Colombie.

"Nous partons du concept de diaspora ", dit Mónica Carrillo, jeune directrice de Lundu, un centre d’études et de promotion des afropéruviens. "Cette dispersion forcée de la population africaine a fait que nous sommes 150 millions d’afrodescendants dans les Amériques."

"C’est important de comprendre –poursuit-elle -- que le mot noir est une construction faite par les colonisateurs, en opposition avec le blanc. Il naît avec une charge négative qui implique le mal, le sale, l'abject. C'est pourquoi, peu à peu nous lui avons donné un sens positif. Maintenant nous pouvons dire que nous faisons partie du mouvement noir, mais nous préférons utiliser le terme afrodescendant qui renvoie à notre origine africaine et transcende la couleur de la peau".

Palenques et confréries

Peut-être le premier échappement de l'oppression se trouvait dans cette résistance secrète au dieu imposé par le christianisme, que l’on dota de rites et de pouvoirs qui renvoyaient à l'Afrique ancestrale.

La santería à Cuba et ses orichás (les dieux), le candomblé au nord du Brésil et dans les Guyanes, le vaudou à Haïti ou la macumba à  Bahía (Brésil) renvoient à un  syncrétisme de manifestations religieuses, également nourries  par les cultures indigènes locales.

Par exemple Shangó, le dieu de la foudre, de la guerre et de la musique, est devenu Sainte Barbara, Ochún la Vierge de la Charité ou Yemayá, la reine de la mer devenue la  Vierge de Regla et Babalú Ayé devenu San Lázaro.

Cette religiosité chargée de sens mystique et de résistance était associée à la danse et à la musique, et s'est développée dans ces espaces libérés que les marrons (les esclaves fugitifs) établirent  dans les montagnes de l'Équateur, de la Colombie, du Brésil ou des Antilles.

Ces palenques ou quilombos (le nom qu’ils portent au Brésil) furent stratégiques dans le processus de préservation et le syncrétisme des cultures africaines.

Comme l’indique Mónica Carrillo, en Équateur, il s’agissait de toute la région d’Esmeraldas, dont la devise reste jusqu’à présent "rebelde por libre y por libre nunca esclava",  (rebelle pour la liberté et pour la liberté jamais esclave), ou Palmares au Brésil, où l’on célèbre la journée de la conscience noire, ou San Basilio sur la côte nord de la Colombie, un territoire libéré seulement alors que le XXème siècle était bien entamé.

Bien que le territoire est devenu un foyer de résistance, au Pérou le phénomène n'a pas été si marqué. "Tout d'abord à cause de la géographie", dit Humberto Rodríguez Pastor, "notre côte est aride, c'est pourquoi les palenques furent nombreux et petits, le plus connu était celui de Huachipa, qui ne rassemblait pas plus de 40 noirs".

Un autre point central consiste en ce que les esclaves qui sont arrivés au Pérou n'appartenaient pas à une seule ethnie, comme au Brésil, mais ils étaient achetés sur des marchés du Panama et de Cartagena. Ils appartenaient à divers groupes (un article du "Mercurio Peruano" parle de terranovos, lucumés, mandingas, cambundas, carabelíes, cangaes, chalas, huarochiríes, congos et mirengas), ils parlaient différentes langues et beaucoup d’entre eux étaient nés en Amérique.

C'est la raison pour laquelle on les classifia en gros en bozales (ceux qui venaient d'Afrique) et en ladinos (ceux qui connaissaient l’Espagnol). Ici, leur organisation se basa sur les confréries, qui étaient des fraternités réunies autour d'un saint.

Vers 1619, il y avait dix-neuf de ces communautés à Lima et la plus connue était celle qui  donna naissance au  Señor de los Milagros.

"Au cours des dernières années", raconte Mónica Carrillo, " les jeunes afrodescendants péruviens se sont rapprochés des religions africaines à travers la musique cubaine moderne, ils ont connu Shangó à travers Celina y Reutilio et la religion yoruba à travers des groupes de timba ".

La dette envers la culture africaine est impayable. Et il y en a encore beaucoup à reconnaitre et à accepter. Peu  savent que des termes comme "quimba", "banana", "conga", "mambo", " mucama ", " tocayo ", ont des racines africaines.

Autre fait : Garret Morgan, un afro-américain, fut l'inventeur du signal d’arrêt automatique  en 1923. Il vendit les droits  à Général Electric par la suite pour seulement 40 mille dollars.

Cependant, dans beaucoup de pays d'Amérique, le racisme latent persiste. Au Brésil cette pratique est punie, et au Pérou les mesures se contentent d’éviter la discrimination dans des lieux publics. C'est pourquoi le triomphe du démocrate Barack Obama aux États-Unis a également été perçu ici comme une réparation, comme une nouvelle occasion de changement.

"Ma mère a pleuré à cause de cette nouvell, avoue Mónica Carrillo. Elle a remercié  Dieu de lui avoir permis de la vivre, et elle s'est rappelée de la fois où elle est allée dans un hôpital et qu’un médecin a refusé de s'occuper d'elle parce qu'elle est noire".

RYTHME ET COULEUR

L’écriture noire

Après des siècles d'infortune et de ségrégation à cause de leur race, la population afro-états-unienne a récemment abordé les cénacles de la culture officielle entre 1920 et 1930. Dans les années 20, à New York, la communauté noire de Harlem débordait de créativité artistique, principalement grâce à l'apogée du jazz et du rhythm & blues. Des musiciens tels que Duke Ellington ou des interprètes comme Bessie Smith étaient accueillis comme des stars, même en dehors des États-Unis. Avec eux renaissaient également  la danse et le théâtre ayant des racines noires.

Ce bouillonnement culturel favorisa l’émergence de ce qu’on appelle La Renaissance de Harlem par laquelle des narrateurs et des poètes de race noire intégrèrent pleinement la Littérature américaine. Leur principale influence était la musique populaire noire qui leur dictait des rythmes syncopés, une imitation de sons et d'improvisations semblables au jazz.

Les poètes pionniers dans cette exploration furent Carl Dunbar et Langston Hughes qui dans leurs poésies parlaient de l'orgueil racial et exhortaient les afro-nord- américains à cultiver une tradition culturelle. La marque de ce mouvement est telle que plus tard, elle influencera  la beat generation et plus récemment celle des troubadours populaires du rap.

La Renaissance de Harlem était également l’héritière des "spirituals" que l’on chantait durant les cérémonies religieuses de la communauté noire et du folklore des esclaves noirs en général. D'autres représentants de ce mouvement furent Zora Neale Hurston (une romancière et anthropologue), Nella Larsen (romancière), Jessie Fauset (éditrice, poétesse, essayiste et romancière), Countee Cullen (poète), Claude McKay (poète), James Weldon Jonson (poète), Arna Bontemps (poète) et Richard Bruce Nugent (poète), entre autres.

Dans les années 50 et 60 le mouvement des écrivains noirs participa de manière enthousiaste à la lutte pour les droits civils de leur communauté et il produisit une littérature fortement politique, qui s'est étendue jusqu'aux débuts des années 70, surtout pour les poètes.

Durant ces années le poète le plus célèbre fut LeRoi Jones (qui se rebaptisa Imamu Amiri Baraka) et le suivaient June Jordan, Dudley Randall, Nikki Giovanni, Naomi Long Madgett, Mae Jackson, S. E. Anderson, Etheridge Knight, A.B. Spellman ou James Emmanuel (qui a un poème célère intitulé "Black Panther", allusion symbolique au mouvement radical noir du même nom). Le ton politique de leurs poèmes ne diminua pas la musicalité, ni le brio de leurs prédécesseurs, en employant de plus le sarcasme, le vers court, la polyrythmie et une intensité émotive.

Autres domaines

Curieusement, dans les années 20, dans les régions de l'Afrique d'influence coloniale française, un grand mouvement se produit également, celui qui provoque l'apparition de poètes et de narrateurs africains de valeur. En 1920 un livre pour enfants apparaît au Sénégal qui fonde cette expression, Les Trois Volontés de Malic, de l’écrivain Amadou Mapaté Diagne.

L’éclosion des poètes et des écrivains qui se succéderont rapidement va de paire avec des œuvres comme celle du poète français Blaise Cendrars, qui enfant avait vécu en Égypte  et qui publie son  " Anthologie nègre ", fortement influencé par cette culture en 1921.

L'ébullition de la culture noire se répand sur d’autres continents. En 1928 débute à Cuba le "negrismo" cubain, également influencé par la musique de l'île (principalement le son) et par la santería de tradition abakuá, comme l'a bien noté Alejo Carpentier. En 1930 paraitra le recueil de poèmes "Motivos del son" de l’emblématique Nicolás Guillén, et l’année suivante son non moins célèbre "Sóngoro Cosongo".

Au Pérou qui a également connu ce fourmillement, le plus célèbre représentant des lettres afropéruviennes est le décimista Nicomedes Santa Cruz.

Avec lui figurent Gregorio Martínez (et son splendide roman "Canto de Sirena"), Antonio Gálvez Ronceros (avec l’emblématique "Monólogo desde las tinieblas") et le poète Enrique Verástegui, dont l’ardeur est plus cosmopolite. (E.S.H.)

LUTTES ET PASSIONS

Au XXIème siècle résonne le tambour

L'historien cubain Manuel Moreno Fraginals rappelle une phrase qui résume très bien le climat d'asphyxie et de passion dans lequel se développe la culture africaine sur notre continent : "Le problème ici est de ne pas mourir".

Marquée par l'urgence la plus extrême, frappée par la violence physique et psychologique de l'esclavage, la communauté noire a fait de l'expression musicale un espace de survie morale depuis son établissement en Amérique. Un espace qui allait devenir l’éventail varié de manifestations musicales le plus puissant au monde alors que le XXe siècle était entamé: le blues, le jazz et le rock and roll aux États-Unis; la zamba au Brésil; le son, le mambo et le guaguancó à Cuba; le merengue en République Dominicaine; le candombe en Uruguay, etcétéra.

Et qu’en fut-il chez nous?

Pour le maître Octavio Santa Cruz, guitariste et spécialiste en traditions musicales du Pérou ce qu’on appelle aujourd’hui musique afropéruvienne a une présence réelle depuis la Colonie, mais il s’agit d’une présence ambivalente. " Tout comme la réalité créole va en s’amplifiant et en se reconfigurant dans la société, la culture noire commence à se transformer  et à s'intégrer comme un élément important à ce processus complexe de métissage".

Selon Santa Cruz cette ambivalence réside dans l'aspect social : la population noire, marquée par la marginalité d'un statut social inférieur, voit son patrimoine culturel imprégner le pays sans pouvoir se sentir comme faisant partie du phénomène.

Comme dans le cas du blues américain, la genèse de la musique afropéruvienne se produit dans les champs, durant de longues journées tortueuses de travail. Santa Cruz explique que ces expressions musicales originaires ont surgi de manière absolument spontanée comme une façon de marquer le rythme pendant le travail - la coupure de la canne, par exemple - et d'alléger la monotonie et le malaise du travail forcé.

"Il est également probable qu'il y ait eu une série de chants plus dramatiques, dans lesquels la tristesse et l'oppression devenaient explicites. Des chants improvisés dans le hangar, dans le dos des contremaîtres".

Aucun de ces chants ne survécut jusqu'à nos jours, certainement parce qu’ils étaient perçus comme instigateurs de subversion et en conséquence, ils étaient censurés, interdits.

Santa Cruz prend l'exemple du panalivio. "Il semble que le panalivio était un chant rebelle, très intense, puissant, et pourtant, ce qui nous est parvenu est une sorte d’air doucereux, cadencé. J’imagine que pour subsister,il a subi tout un processus de transformation, et c’est probablement la raison pour laquelle il ressemble peu à l’original".

Mais la censure ne répondait pas seulement à une stratégie pratique de répression. Avec le temps et progressivement apparurent une série d’obstacles et d’entraves d’ordre moral.

Au milieu du XIXe siècle quelques danses ayant un caractère sensuel indéniable, comme la zamacueca ou la mozamala ont commencé à s'introduire dans la société créole, mais elles ont généré des situations compliquées, puisque l'on traita de ' pernicieux ' tout ceux qui les pratiquaient.

Au début de XXIème siècle, on voit que le métissage a été inévitable. Et à coup sûr, il a été profitable. Comme le dit Luis Delgado Aparicio dans le livre "Lo africano en la cultura criolla" (Le fait Africain dans la culturecréole): on a vécu "le triomphe cosmopolite et universel du tambour". Mais beaucoup d'informations culturelles très précieuses ont également été perdues : des genres musicaux entiers ont disparu, victimes de cette vieille chaîne de censures, ou d’indifférence et de négligence.

  (D.O.)

Au cours des trente dernières années, la culture afropéruvienne s'est vue revalorisée, pour beaucoup grâce à l'œuvre magnifique des frères Nicomedes et Victoria Santa Cruz, et aujourd'hui, la communauté noire ne se démène plus seulement sur le terrain de la création musicale et artistique, mais également dans la réflexion académique et l’intervention politique. Et le combat continue.

http://www.elcomercio.com.pe/edicionimpresa/Html/2008-11-09/africa-america.html

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17 mai 2009

Ulises de la Cruz, héros bienfaiteur des afroéquatoriens de Piquiucho

Par Sarah Sturdey
02 Mar 2009

Même si le défenseur de Reading,  Ulises de la Cruz vit à  7000 miles de son lieu de naissance, il n'a pas oublié ses racines. Il a grandi dans la Vallée du Chota en Équateur et dépense ses revenus en reconstruisant cette communauté appauvrie.

Le village poussiéreux et délabré de Piquiucho est perché sur le côté de l’autoroute Pan-Américaine niché en hauteur dans les Andes, à environ trois heures de voiture au nord de Quito, vers la frontière colombienne.

Les 700 villageois AfroÉquatoriens vivent dans la pauvreté. La communauté noire de l’Équateur descend des esclaves et représente environ 6% de la population. Pourtant, la moitié de l’équipe nationale lors de la Coupe du Monde en 2002 et en 2006 venait de cette communauté qui est comme un petit morceau d’Afrique.

De la Cruz gagne environ 600 000 Livres Sterlings par an, une belle somme, mais qui reste en dessous de la moyenne des salaires en Premier League. Il vit dans un appartement modeste de Reading et possède également une maison jumelée à Birmingham, datant de l’époque où il jouait à Aston Villa.

Plusieurs fois par semaine il renvoie de l'argent au village de son enfance. Il se souvient du travail routinier  et fatigant que constituait le fait de devoir porter de l'eau du Rio Chota lorsqu’il était petit garçon. Après que l'Équateur ait atteint la phase finale de la Coupe du Monde pour la première fois en 2002, il a dépensé ses récompenses financières, non pas pour des voitures rapides ou pour une grande nouvelle maison. Il les a plutôt consacrées à la construction d’un système d’approvisionnement en eau fraiche, avec 18 kilomètres de tuyaux et un système de traitement des eaux pour Piquiucho.

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Il a utilisé  l'argent gagné suite à la participation de l'Équateur à la Coupe du Monde en Allemagne l'été dernier- qui s’est terminée par une défaite 0-1 contre l’ Angleterre en huitième de finale -  pour construire un centre sportif et communautaire  les Andes en toile de fond. Il espère pouvoir retourner plus tard dans l’année pour son ouverture officielle.

Au cours des six dernières saisons, au cours desquelles il a joué pour Hibernian, Villa et actuellement Reading, il a envoyé des centaines de milliers de Livres (Sterlings) aux 200 familles du village. Il a déjà remis un centre médical sur pied, dont il paie le docteur, le dentiste et l’infirmière.

Sur un poster affiché dans la Clinique, il sourit et porte l’équipement d’Aston Villa. Un mur est couvert avec des coupures de presse du héros local. Mais avec une fille de deux ans en Angleterre, l'éducation reste sa priorité.

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"Je veux offrir des opportunités aux enfants de Piquiucho bien au-delà du terrain de football," dit-il. "Actuellement, ils n'ont rien. Je veux montrer qu'en étudiant ils peuvent s'aider eux-mêmes à échapper à la pauvreté. Le football n'est pas le seul moyen."

L’homme de 32 ans paie le petit déjeuner et le déjeuner de 100 élèves chaque jour. Il a fourni des centaines de livres et financé un nouveau toit pour l’école, un terrain de jeu  et une crèche. Sa mère, Edita, le tient informé des besoins d’argent par secteur, et ils ont embauché quelqu'un pour diriger  la 'Ulises de la Cruz Foundation'. "Les sports et le centre communautaire c’est pour l’avenir ", déclare Edita.

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Il projette pour la suite de construire 40 maisons. "À la fin de la saison,  il ne fonce pas vers les plages, il va plutôt voir comment sa Fondation marche. " Jorbita Borja vit avec sa famille élargie de 12 personnes dans une baraque improvisée de deux pièces. 

"Ulises fait le travail du gouvernement. Nous avons maintenant de l’eau courante, mes cinq enfants n’attrapent plus des maladies fongiques à cause de l'eau sale, mais ça reste difficile. Mon mari gagne environ 5 dollars (£2.50) par jour en travaillant dans les champs. Nous sommes extrêmement reconnaissants à Ulises, mais le gouvernement nous a ignorés,"dit-elle.

" La ministre du tourisme du gouvernement, Maria Isabel Salvador, est consciente que De la Cruz conscient et ses coéquipiers ont mis la nation sur la carte. "L'équipe a aidé à améliorer l'amour propre du pays, après une crise morale et politique qui a duré plus de 20 ans. Ils ont constitué un grand capital pour le pays. Mais depuis qu’ils sont arrivés ici, les Afroéquatoriens ont été négligés. "

Dans un pays où la pauvreté touche  70% de la population, les gens espèrent des réformes sociales du nouveau Président, le septième en 10 ans. Rafael Correa a promis d’immenses changements pour les pauvres.

Le meilleur ami de De la Cruz c’est Agustin Delgado, qui a joué dans le passé  à Southampton. Ils ont grandi ensemble. Il y a six ans Delgado, qui joue désormais en Équateur a mis sur pied  une académie de football à Juncal, un village voisin de Piquiucho. Chaque matin 250 élèves doivent étudier avant de jouer au football l'après-midi. Avec les tee-shirts enveloppant leurs têtes pour les protéger du soleil, ils se pratiquent sur les terrains vagues. La terre est dure et caillouteuse, mais c’est justement pour cette raison que le directeur technique, Jose Carcelan, croit que les joueurs ont plus de volonté. "C'est non seulement du football," dit-il. "Il s'agit de les faire grandir en tant qu’individus, qu’ils apprennent à la dure. Ils sont plus déterminés. Onze anciens élèves jouent pour deux des équipes équatoriennes les plus importantes."

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Exceptionnellement, il y a plus des footballeurs internationaux par kilomètre carré nés dans la Vallée Chota que nulle part ailleurs au monde. Eric Manasse, un agent de football basé aux États-Unis a été le premier à mettre joueurs équatoriens sur la vitrine internationale. Il affirme que "le fait de grandir et de jouer en "altitude les a vraiment aidé. Surtout quand l’Équateur a besoin de se qualifier Coupe du Monde et qu’ils jouent à domicile."

De La Cruz a juste fait quelques apparitions avec Reading, depuis qu’il les a rejoint en Août, et bien qu'il soit prévu qu’il joue face à Manchester United pour la FA Cup ce samedi, il sait que le temps est court dans le foot de haut niveau. Mais il est satisfait : "Quand j’arrêterais le football j'aurai laissé un héritage  pour les gens de Piquiucho. Ils se rendront compte, en étudiant, que leurs rêves peuvent se réaliser et qu’ils peuvent laisser la pauvreté derrière eux."

Sarah Sturdey est une reporter de la BBC

Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga

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Obama fera sa première visite en Afrique en Juillet au Ghana

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Barack Obama visitera l'Afrique (noire) pour la première fois depuis qu’il est devenu le premier président noir des États-Unis lorsqu’il se rendra au Ghana au mois de juillet. Beaucoup d’Africains espèrent que ce voyage sera annonciateur d’une aide importante pour leur continent pauvre.

Les Ghanéens ont célébré la décision de Washington de choisir leur pays pour les débuts de Barack Obama en tant que président en Afrique où il est une personnalité grandement populaire.

Ils ont indiqué que la visite représente une chance pour le Ghana, qui envisage de débuter à produire du pétrole en 2011,  d’appuyer ses revendications pour un plus grand engagement avec l'Occident. Obama visitera l’ancienne colonie britannique les 10 et 11 juillet, selon une déclaration du ministère des Affaires étrangères du Ghana.

J’espère que le Ghana profitera de cette visite … nous avons besoin d’aide pour promouvoir le commerce pour la croissance,” indique l'ancien diplomate Kwaku Bapru Asante.

Nous devrions essayer de faire avancer nos idées pour obtenir des institutions internationales qu’elles modifient leurs conditions et leurs procédures en notre faveur pour que nous puissions faire du commerce, plutôt que toujours demander de l'aide.”

Le Ghana, un pays exportateur d’or et de cacao et dont l'économie se bat avec une inflation de plus de 20 pour cent et d'un déficit budgétaire élevé, est en discussions avec le Fonds Monétaire International pour l’obtention (d’un prêt) de 1 milliard de dollars pour augmenter ses réserves en devises.

Au cours de sa visite, le Président Obama aura des discussions bilatérales avec son homologue Ghanéen, le Président John Evans Atta Mills, visant au renforcement des relations fraternelles existant entre les deux pays,” a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans une déclaration.

Les résidents d'accra étaient ravis par la perspective d'accueillir Obama et son épouse Michelle. “Je ne travaillerai pas ce week-end là et je ferai tout qu'il faudra pour être dans la foule qui saluera son cortège de voitures — rien que cela suffira à me satisfaire,” affirme le mécanicien Henry Boahene, en criant le nom du président.

Obama, dont le défunt père était Kényan, a suscité une vague de fortes attentes partout en Afrique lorsqu’il a remporté de manière éclatante la victoire aux élections de novembre, bien que le continent le  plus pauvre au monde ait à peine fait partie de son ordre du jour depuis sa prise du pouvoir en janvier.

Beaucoup d'Africains avaient espéré que l’investiture  d'Obama marquerait le début d'une nouvelle poussée américaine pour soulager la pauvreté, la famine, les conflits et la corruption qui anéantissent une grande partie du continent, mais les quatre premiers mois au pouvoir du président ont été dominés par la crise financière aux États-Unis.

Obama visitera également Cape Coast, un ancien comptoir pour le commerce des esclaves au Ghana.

Kwasi Kpodo, Reuters

Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga

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16 mai 2009

Être noir au Pérou en 2009

Paola Ugaz
Lima, Pérou

 

 

Il y a 43 ans, le Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Unies déclara le 21 mars comme la "journée internationale de l'élimination de la discrimination raciale", après avoir manifesté son rejet du massacre de 69 manifestants pour les droits citoyens des afrodescendants dans la ville de Sharpville en Afrique du Sud.

 

Le but de la mesure est de rendre visible la discrimination raciale comme un problème et de la combattre par le biais de l'éducation des citoyens dans les pays où le problème est perçu comme "un fardeau pour le développement", comme l’affirme l'activiste de l'Association Pro Derechos Humanos (Aprodeh) Wilfredo Ardito à Terra Magazine.

 

"Depuis 6 ans que nous remettons le prix antiraciste, l’engagement public contre le racisme s’est fait plus évident. Là ou il n y a pas eu d’avancée, c’est envers la population afropéruvienne qui est perçue comme une minorité que tous les autres discriminent (blancs, andins et métisses). C’est une situation complexe, car s’il y a effectivement une grande discrimination envers la population andine, pour les afrodescendants, c’est encore pire" selon l’avocat.

 

 

 

 

 

 

Au Pérou, selon les chercheurs en sciences sociales comme les sociologues Gonzalo Portocarrero et Nelson Manrique, on vit un racisme que l'on peut observer au quotidien, par exemple,  dans les vêtements assignés aux personnes selon leur race: à ceux qui travaillent dans le service domestique d'origine indigène, on leur demande de s'habiller en blanc des pieds à la tête (peu importe la saison de l'année); de même qu’on habille les afrodescendants avec des vêtements de la période coloniale  (avec des perruques, des créations utilisant des tissus de velours ) et ils sont assignés à des emplois comme l’accompagnement des cortèges funèbres, ou de portiers devant les entrées de hôtels de même que les casinos.

 

 

 

Dans une interview accordée à Terra Magazine, l' afrodescendante péruvienne Mónica Carrillo directrice de  Lundu (Centro de Estudios y Promoción Afroperuanos), explique que "le racisme envers les Noirs est ouvert et agressif, mais elle sent que les choses avancent".

 

Dans le cadre de son organisation, elle encourage l’accroissement de l'éducation et de la santé des jeunes et des enfants du port del Callao (Lima) et dans le district noir, El Carmen (situé à 300 kilomètres au sud de Lima), des endroits où elle travaille pour que la récupération de l'auto estime par le biais de l'art et pour faire baisser le taux de maladies sexuellement transmissibles.

 

Carrillo est une communicatrice ayant étudié à l'Université de San Marcos et à l’Université d' Oxford; son travail -qu'elle a débuté avant l'âge de 20 ans- a été reconnu par la Coalition Internationale pour la Santé des Femmes de la ville de New York où elle a pris part en tant qu'exposante en compagnie de l’acteur Richard Gere en 2007 et elle a été choisie pour ouvrir par un coup de marteau les activités de la célèbre bourse des valeurs de New-York.

 

Au Pérou,  Carrillo travaille depuis 2000 avec des enfants afrodescendants disposant de faibles ressources et développe la table de travail "Racismo nunca más"(Plus jamais de racisme)  pour mettre fin au racisme, qui, comme elle l’explique est "le fléau qui ronge le pays de l’intérieur".

 

La directrice de Lundu se souvient que lorsqu'elle était au collège, un professeur du nom d’ Iván García lors d’une récréation, alors qu'elle marchait avec sa sœur avait dit: "Regardez comme ces deux petites guenons marchent" devant tous les élèves. C’est une vexation".

 

Carrillo déclare que lorsqu'on compare les expériences de racisme avec celles  des autres afrodescendants  d'Amérique Latine (une population de 150 millions de personnes), on se rend compte à quel point la discrimination par le biais du racisme contre les noirs au Pérou est dure : "Ici, personne ne s'attend à ce que nous fassions une réflexion intellectuelle, on est recherché que pour le divertissement, la danse, la cuisine et le football".

 

 

 

"À l'école, un Afrodescendant a la double tache pénible  de démontrer ses habiletés supérieures pour gagner le respect et l'acceptation", ajoute Carrillo, qui est également poétesse et chanteuse.

 

Au Pérou, selon les chiffres de l'Institut National de la Statistique, 27% des afropéruviens termine l'éducation secondaire   a et seulement  2,7% accèdent à l'éducation universitaire.

 

"Nous subissons un racisme structurel, et quand nous avons commencé nos vies après la fin de l’esclavage (en 1854, sous la présidence de Ramón Castilla), nous n'avions aucun capital pour posséder nos propres industries et nous avons toujours eu des emplois de subalternes par rapport à la classe dominante : la main d'œuvre dans les haciendas, à la cuisine et on nous a toujours éloigné des livres, car il y avait cette croyance selon laquelle  nous ne pensions, ne réfléchissions que jusqu’à midi ", explique Carillo.

 

Chacun des cadres que les enfants peignent reflète une expérience de vie dans laquelle l'auteur se bat pour mettre fin à son racisme interne, de même qu'ils ont écrits des chansons  dans lesquelles, sur des airs de rap et de hip hop, ils racontent comment ils évoluent dans leur abandon du racisme et qu’ils gagnent de l'estime de soi, ce n'est pas facile, car nous devons mettre fin aux auto-perceptions négatives, chacun souffre un déchirement que l’on guérit par la musique et la peinture.

 

Par exemple, la petite afrodescendante Yajaira  âgée de 10 ans indiquait à Terra Magazine que dans son école "il y avait une enseignante qui m'insultait et qui aimait me battre, car elle disait que nous n'apprenions pas comme les autres, elle me faisait lire et je lisais dans  ma tête, elle s'approchait et me disait : tu ne sais pas lire, quelle brute. Ici à  Lundu, nous faisons de la lecture et nous racontons ce que nous ressentons en nous".

 

Dans ce sens, la psychologue de Lundu, Rocío Muñoz, indique que  "en travaillant avec les enfants avec des masques qu'ils dessinent et peignent eux-mêmes, cela leur fait penser que ce qu'on leur dit à l'école comme : Tu ne peux pas réfléchir après midi ? Tu appartiens à la famille des singes ? , n’est pas normal. Nous voulons une nouvelle génération qui reconnait cette violence verbale, mais qui propose une conciliation  entre personnes égales".

 

Pour quelle raison  Lundu a été créé, de même que la proposition esthétique en noirs?

 

 

En tant que groupe de jeunes afropéruviens, nous nous sommes rendus compte qu'il n y avait pas des gens mobilisés travaillant en faveur des droits des afropéruviens et il n y avait rien de fait pour mettre fin au racisme. Nous avons décidé de former des jeunes à la peinture à El Carmen (a 300 kilomètres au sud de Lima) et dans le port del Callao, où la population est pauvre.

 

 

 

Considérez-vous que l’avènement de Barack Obama au pouvoir contribuera à la lutte pour mettre fin au racisme contre les noirs?

 

 

L'image d'Obama peut rendre visibles de nouveaux modèles afrodescendants, particulièrement dans des pays comme le Pérou où l'injure raciste n'est pas pénalisée. Ici, une femme afropéruvienne peut se faire traiter de "vagina de hule. (Vagin de Jante littéralement).

 

Lorsque Obama a été élu, ma maman de 62 ans m'a appelé en pleurant, et très émue en disant : vous n'avez pas idée de ce que signifie l'avènement d'un président noir. Quand j'étais jeune, je suis allée à l'hôpital Loayza (à Lima) et on a refusé de m'offrir des soins parce que je suis noire.

 

 

 

Et quand j'étais à l'université, un professeur a dit en public : Maintenant tout le monde étudie, même des femmes comme celle-ci ? en me montrant, et j'ai aussi vu des seniors de 80 ans suivre l'élection d'Obama dès le début, indique Carrillo.

 

Lundu

L’idée de Lundu est de profiter de la conjoncture pour que les gens comprennent et adoptent un regard différent, il ne s'agit pas d'une lettre ouverte à Obama, car il court le risque de devenir le majordome de la Maison Blanche

 

 

 

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

 

 

 

http://www.us.terra.com/terramagazine/interna/0,,EI11327-OI3647584,00.html

 

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15 mai 2009

Mois de l’Afrovénézuelanité : XIIIème Edition de la journée Exprésate à Caracas

Dans le cadre du Mois de l’Afrovénézualité, la Maison de l’Artiste (Casa del Artista) réalisera une tournée d’aide médicale.

Il y a 214 ans, un 10 mai José Leonardo Chirino mena l’insurrection des Noirs et des  zambos (métisses Noirs et amérindiens) qui se produisit dans la  région montagneuse de Coro, avec pour objectif primordial l’élimination de l’esclavage pour l’égalité des classes sociales, valeurs fondamentales établies aujourd’hui dans la Constitution Bolivarienne.

Cette rébellion émancipatrice est célébrée depuis 2004 durant un mois entier sur l’ensemble du territoire vénézuélien. Ainsi, le mois de Mai a été établi comme Mois de l’Afrovénézualité, une période durant laquelle le Ministère du Pouvoir Populaire pour la Culture (MPPC) ouvre des espaces d’amusement, de débat, de réflexion et de préservation de notre mémoire historique.

Dans ce cadre, la Fondation Casa del Artista, lancera ce vendredi 15 mai dès  9 h00 du matin au Boulevard Amador Bendayán, la XIIIème Edition de la tournée Médico-social Exprésate (Exprime-toi) au cours de laquelle les activités culturelles des artistes afrodescendants seront à l’honneur.

Pour revendiquer l’héritage laissé dans le pays par ces millions de femmes et d’hommes arrachés violemment à l’Afrique et qui cherchent à augmenter leur participation en tant qu’acteurs d’une société multiethnique et pluriculturelle, la Casa del Artista a établi un vaste programme de services et d’activités pour la communauté.

Les personnes présentes pourront recevoir des soins médicaux et odontologiques intégraux, se faire émettre et actualiser leur numéro du RIF (Registre d’information Fiscale), se faire vacciner, établir des certificats médicaux pour la conduite et pour le Mercal (Ministère de l’Alimentation).

De même, on pourra profiter d’une foire-exposition gastronomique et artisanale afrovénézuélienne et d’une exposition artistique par des artistes afrodescendants.

Parmi les groupes participants prévus pour cet événement se trouve: Coral Cruz Felipe Iriarte (Vargas); Grupo Elegguá (Caucagua); Yemayá (Barlovento); Tres Potencias (Barlovento); Por ahí vamos (Barlovento); Velorio de Cruz de Mayo (Caucagua); Danzas tradicionales de Barlovento; Tambores por siempre (Vargas); Al son de los tambores (Caucagua) et Afroindianidad (Caracas).

Dans la même tournée, à 16 h 00, on rendra hommage à quatre artistes afrodescendants dont la trajectoire musicale est reconnue au Venezuela pour leurs contributions pour la protection de la culture afrovénézuélienne. Il s’agit de Mónico Márquez, Luis (Cruz) Felipe Iriarte, Aureliano Huice et Ernestina Ibarra, mieux connue dans le milieu artistique sous le nom de La Ñeta.

Traduit de l’Espagnol Par Guy Everard Mbarga

http://www.rnv.gov.ve/noticias/index.php?act=ST&f=16&t=97266

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