Maria Inês Barbosa

La lutte contre le racisme, la xénophobie et les intolérances connexes sera en première ligne la semaine prochaine à Genève (Suisse) du 20 au 24 avril durant la Conférence de Révision de Durban. La rencontre convoquée par l’Onu (Organisation des Nations Unies) projette de poser de nouveaux jalons dans les agendas nationaux à partir des avancées et des défis visant l’application du Plan d’Action de Durban résultant de la 3ème Conférence Mondiale contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et les Intolérances connexes qui s’est tenue en 2001.

Un des points culminants de la Conférence de Révision de Durban sera l’engagement des Amériques à une amélioration des bases de collectes bases des données censitaires par race et par ethnie. Les premiers changements seront visibles au cours des Recensements de 2010 de pays tels que l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Costa Rica, Cuba, les États-Unis et la République Dominicaine.

La désagrégation des données statistiques par race et par ethnie était sur la table de travail des forums internationaux tels que la 9ème Rencontre Internationale sur les Statistiques du Genre (9º Encontro Internacional de Estatísticas de Gênero) et le séminaire “Recensements 2010 et l’inclusion de l’approche ethnique. Vers une construction participative avec les peuples indigènes et afrodescendants d’Amérique Latine ”.

Selon Epsy Campbell, économiste costaricaine “incorporer les hommes et les femmes afrodescendantes dans la série de Recensements de 2010 est une responsabilité non seulement des instituts spécialisés dans le domaine, mais également des États qui ne peuvent plus continuer à se dérober de leurs responsabilités, puisque les données les plus conservatrices, comptées à partir de l’information collectée par leurs propres recensements, indiquent que les hommes et les femmes afrodescendantes représentent plus de 120 millions de personnes dans la région”.

Campbell dénonce le sous-enregistrement de la population afrodescendante dans les Amérique et lance un défi aux pays : “pourquoi ne pas prendre le défi que nous permettra la série des recensements de 2010 comme une opportunité pour les pays d’enregistrer une information réelle de l’ensemble de sa population en donnant la visibilité à l’Afrodescendance?”, propose Campbell.

Seuls 9 des 19 pays latino-américains comptent de bases de données sur les afrodescendants.

Maria Inês Barbosa, coordinatrice du Programme Genre, Race et Ethnie ( Programa de Gênero, Raça e Etnia) de l’Unifem Brésil et Cône Sud (Fond de Développement des Nations Unies pour la Femme ) considère ce moment comme décisif pour l’alignement des politiques publiques de lutte contre le racisme avec les débats sociaux dans le monde .

Pour que les politiques d’actions affirmatives soient appliquées, en accord avec la Déclaration et le Plan d’Action de Durban, il faut établir qui sont les victimes du racisme. Cela est déterminant pour que les politiques publiques et les programmes comme celui que nous coordonnons , soient dans les conditions permettant de contribuer à l’élimination des inégalités de genre et de race”, affirme Maria Inês Barbosa, qui est responsable du Programme d’Incorporation des Dimensions de Genre, de Race et d’Ethnie dans les Programmes de Lutte contre la Pauvreté au Brésil, en Bolivie, au Paraguay et au Guatemala.

Révision de Durban

Le processus de la Conférence de Révision de Durban a posé des jalons importants, comme la Conférence Régionale des Amériques sur les Avancées et les Défis du Plan d’Action contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la xénophobie et les Intolérances Connexes organisée en 2006 par les gouvernements brésilien et chilien, et la Conférence Régionale des Amériques en 2008 par les Nations Unies avec le Brésil comme pays hôte et 33 pays participants.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

  http://www.unifem.org.br/003/00301009.asp?ttCD_CHAVE=83074