St Vincent Prime Minister Ralph Gonsalves

Le samedi 14 mars dernier, les populations de  St Vincent et des Grenadines ont présenté leur respect à leur premier Héros National, le chef Garifuna Joseph Chatoyer, qui mourut pendant la bataille contre les Anglais le 14 Mars 1795.

Dans un discours au cours de la cérémonie d’hommage à Chatoyer, le Premier Ministre de Saint Vincent, Ralph Gonsalves a de nouveau demandé que ceux qui étaient impliqués dans la destruction des peuples indigènes de la Caraïbe et de l’Afrique paient.

Aujourd’hui, nous avons un partenariat avec l’Europe, mains nous ne devons jamais permettre que ce partenariat nous fasse oublier la réalité du génocide et nous devons persister dans notre demande de réparations pour le génocide et l’esclavage,” a indiqué Gonsalves alors qu’il délivrait le discours principal devant le monument érigé à Dorsetshire Hill dans la zone où on indique que Chatoyer a été tué.

Ce gouvernement a mené cette demande aux Nations Unies. Elle occupe une place centrale dans notre travail diplomatique ; elle est vitale pour notre projet de réclamation historique. Certains diront peut-être de laisser tomber notre demande de réparations pour le génocide et l’esclavage. Hé bien, si vous souhaitez un autre gouvernement pour le faire, vous pouvez en choisir un autre, mais ce ne sera pas celui dirigé par Ralph Gonsalves.”

Gonsalves a saisi l’occasion pour situer historiquement le travail de Chatoyer et la souffrance  endurée par son peuple pendant la colonisation Britannique.

Quand l’Europe a trouvé ce pays, elle y a rencontré le peuple  Callinago. Ils avaient leur propre système de gouvernance, leur propre économie, et leur propre culture. Le fait que l’histoire peut nous rappeler qu’il y avait des populations qui y vivaient avant les Calliganos n’est pas l’objet du débat aujourd’hui,” a indiqué Gonsalves. “La réalité est que lorsque l’Europe a trouvé ce pays, elle a trouvé une civilisation florissante. Ces personnes n’étaient pas de simples occupants du paysage terrestre ou marin, ils y étaient installés en permanence; (ce pays) leur appartenait et les Européens sont venus pour s’en accaparer et eux ils se sont battus pour pouvoir (la) conserver et pendant plus de 200 ans de lutte, ils ont combattu les Européens et cette rencontre a connu une fin tragique en 1795 lorsque Chatoyer fut tué.”

“L’Europe, imprégnée des valeurs Chrétiennes, a commis des actes épouvantables de génocide contre des peuples qui ne leur posaient aucun problème. Je ne me plains pas du Christianisme, car je suis un Chrétien, je ne fais que  remarquer que l’Europe qui a commis un génocide contre les Callinagos et les Garifuna était une Europe imprégnée par les valeurs Chrétiennes, mais elle a détourné ces valeurs,” a déclaré Gonsalves.

Gonsalves a ajouté que les Européens ont fait face à une résistance farouche de Chatoyer et de son armée, mais après qu’il fut tué, les Européens ont massacré son peuple et abandonné 5000 d'entre eux sur Balliceaux, une île de la Grenadine où il n y avait ni nourriture, ni eau, ni aucune installation sanitaire convenable.

Sur une période de six mois, environ 3000 d’entre eux moururent et le 2000 restants furent  débarqués sur l'île de Roatan. Les Historiens nous disent que les seuls animaux qui auraient pu y survivre étaient les lézards et les iguanes, mais le peuple Garifuna y survécut et prospéra, et de cet exil, aujourd’hui à Belize, on retrouve des milliers de descendants du peuple Garifuna qui ont conservé leur langue”.

Le Premier Ministre de Saint Vincent a indiqué qu’après la conquête des Caraïbes, les Européens se sont tournés vers l’Afrique pour le travail (la main d’œuvre) et le commerce des esclaves débuta, suivi plus tard par l’arrivée de domestiques inféodés de Madère et de l’Inde.

“Parmi ceux d'entre nous qui sont venus, nous avons construit une civilisation de noblesse. Elle a sa légitimité historique et est en voie de s'ennoblir davantage et c'est la raison pour laquelle nous avons embrassé  et nous ne profanerons pas notre avenir de cette civilisation,” a déclaré Gonsalves.

En 2006, dans un discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, Gonsalves a demandé des réparations pour le génocide perpétré par ces mêmes nations impliquées dans l’esclavage.

L’année suivante, l’Assemblée Générale des Nations Unies ont convenu d’ériger un mémorial commémoratif des 400 ans du Commerce Transatlantique des Esclaves et désigna officiellement le 25 Mars comme Journée internationale du Souvenir des Victimes de l’Esclavage et du Commerce Transatlantique des Esclaves.

 

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga 

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