Un président afropéruvien au Pérou, sera-ce possible?
Par Carlos O. López Schmidt
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

Hier soir, 4 novembre 2008, a été un moment historique pour la diaspora africaine (1) esclavisée (2) sur ce continent.
Et c’est hier soir, au moment précis où ému et fier je voyais, sur les écrans de télévision, un afrodescendant comme moi (et peut-être comme toi, amie et ami qui lit cet article) devenir le président du pays le plus puissant du monde à ce jour; je répète, à ce moment précis, une question a surgi dans mon esprit:
La même chose pourrait-elle arriver au Pérou?
Pourquoi pas? Me répondis-je, un sourire d’espoir sur les lèvres.
Aujourd’hui, déjà plus serein, la question a continué à trotter dans ma tête.
J’ai pensé que de nombreux analystes politiques consacreront probablement des heures et des heures à ce thème et rempliront des pages entières de leurs commentaires judicieux ou non.
Je dois, avant de poursuivre, confesser que je ne suis pas un analyste politique.Et même, je ne suis analyste d’aucun thème, même pas à mon propre sujet. Je suis simplement un afropéruvien qui rêve de la possibilité qu’un jour, ses frères et ses sœurs seront reconnus, non pas pour la couleur de leurs peaux ou de l’origine de leurs trisaïeuls, mais par leurs réalisations et leurs contributions au Pérou et pour l’humanité.
Je ne suis qu’un afropéruvien qui rêve qu’un jour, en marchant dans la rue, la femme en face de moi ne serrera pas fortement son sac en le voyant venir.
Je suis simplement un afropéruvien qui rêve qu’un jour ses petites-filles et ses petits-fils apprendront à lire avec des livres dans lesquels on retrouvera non seulement de beaux contes andins ou amazoniens, mais également afropéruviens, dans lesquels ils apprendront la grandeur de l’empire inca – et aussi- celle de leurs ancêtres afropéruviens, et qu’ils ouvriront les yeux plein d’émotion en découvrant le courage des guerriers incas et -aussi- de l’héroïsme de Catalina Buendía, la veuve de Pecho, afropéruvienne de Ica qui s’immola lors de la guerre contre les chiliens ; je répète que je suis simplement un afrodescendant qui rêve que dans ses mêmes livres de texte, ses petites-filles et ses petits-fils (et les tiens aussi) apprennent sur Túpac Amaru II et de sa bataille contre l’envahisseur espagnol , et -aussi- que l’un de ses plus importants lieutenants était afropéruvien du nom de Antonio Oblitas et que mes petites filles et petits fils seront horrifiés de même que toi et moi en sachant qu’il fut tué à coup de pieds devant les yeux de Túpac Amaru II, le même jour et au même endroit que lui ; et qu’ils sauront aussi que Micaela Bastidas Puyucahua, l’épouse de Túpac Amaru II était afrodescendante, et que toute femme qu’elle était, elle s’est battue vaillamment aux côtés de son époux et qu’on ne put la pendre au garrot car son cou fin -héritage africain- ne le permettait pas ; et qu’elle fut assassinée en recevant des coups ; et également dans ces textes scolaires parés de beaux dessins, nos petits fils apprendront que le Pérou est arrosé de notre sang et construit également à notre sueur et notre effort, et que les afropéruviens ont tué et sont morts dans toutes les guerres que le Pérou a mené pour se libérer du joug espagnol et de l’invasion des pays voisins ; et que le glorieux Monitor Huáscar du Chevalier des Mers , don Miguel Grau, était constitué en grande partie par des hommes de leur ethnie.
Je suis également un afropéruvien qui rêve qu’un jour pas très lointain, il y aura des afropéruviens et des afropéruviennes ministres d’état, juges ou présidents d’organismes d’état et privés et que ce jour, j’allumerai la télé la Tv, et je verrai sur un écran un afrodescendant présentant des produits de beauté, des voitures sportives ou des téléphones cellulaires de dernière génération et non pas seulement des produits de nettoyage ou de chicha morada (boisson non alcoolisé à base de maïs) et que ce jour, en faisant des démarches dans une banque, ce sera un employé ou une employée afropéruvienne qui s’occupera de moi ; et qu’à partir de ce jour les médias ne parleront plus de “main noire” “cœur noir” ou “nuit noire” pour faire référence à quelque chose de mal.
Je ne suis qu’un afropéruvien qui voit un de ses rêves se transformer en réalité: Plus jamais un de nos enfants ou de nos jeunes n’aura honte lorsqu’on lui dira qu’il est descendant des africains, car en partant du 4 novembre 2008, ils pourront répondre "...Oui, je suis afrodescendant, et un des nôtres est président du pays le plus puissant du monde (peut-être pour huit ans) ".
Pour finir , entêté comme toujours, je répète en insistant: Je suis et je serai un afropéruvien qui lutte jour après jour pour réaliser ses rêves de voir enfin, d’ici peu, au Pérou qu’on ne parlera plus des afropéruviens, andins, amazoniens, orientaux ou de juifs, mais d’êtres humains, égaux en toute chose, sauf du point de vue de la quantité de mélamine qu’ils ont dans les yeux et sur la peau.
Une afropéruvienne ou un afropéruvien pourra-t-elle ou pourra-t-il devenir président du Pérou? Je me posais cette question hier soir, et aujourd’hui, encore plus éveillé que jamais, je rêve que d’ici peu, beaucoup plus tôt que les gens pensent, l’espèrent et le souhaitent, une personne comme moi, ayant la quantité de mélanine –ou plus- que j’en ai dans les yeux et sur la peau dirigera notre merveilleux pays appelé Pérou.
(1) Diaspora africaine: les descendants des africains séquestrés du continent africain et emmenés par la force sur ces terres en condition d’esclavisés et considérés comme du bétail (des biens meubles) par les lois d’alors, c’est-à-dire comparables à une vache ou à tout autre animal de travail (bête de somme) quelconque ou à une machine qui se meut par elle même.
(2) Je n’utilise pas le mot esclave, car en lui même il est un terme passif. Quand on dit avocat, médecin, peintre, maçon, on parle d’êtres humains qui ont décidé librement de réaliser ce travail ou cette profession, et cela semblerait être pareil si on dit esclave. Esclavisé n’est pas un terme passif, et ne semble pas être une condition recherchée ou acceptée, le mot même définit la manière dont quelque chose arrive contre la volonté de la personne qui la subit et dénote un fait violent, et pour cette raison, dans toutes mes interventions, lorsque je parle de ce fait honteux pour l’humanité entière, je dis esclavisé.
http://www.cimarrones-peru.org/obama_presidente.htm
Barrack Obama et les afrodescendants d’Amérique du sud
Lima, (PRESSPERU).- Quelle est l’implication de la victoire de Barack Obama pour les afrodescendants et les africains du monde? Jusqu’à quel point incarne t-il une proposition, qui en plus d’être intégratrice, n’oublie pas sa responsabilité en tant qu’afrodescendant ? En plus de la discrimination raciale, de la discrimination contre la femme et l’homophobie, quelles autres formes de discrimination font réelement partie de son agenda?
Le leadership d’ Obama transcende les intérêts exclusifs des afro-Étatsuniens. Cependant, Obama ne peut échapper à la représentation que lui confère de manière indéfectible ses origines ethniques.
Les près de 150 millions d’afrodescendants des Amériques continuent d’avancer vers l’accès à de meilleures opportunités en santé, éducation et en emploi.
Le bénéfice autorisé par les quotas et les actions affirmatives pour afro-Étatsuniens est à l’origine des conflits avec les Latinos qui ont remplacé les premiers, en devenant la plus grande minorité par rapport à la population blanche. Ces conflits débouchent même sur des meurtres dans les quartiers où cohabitent les communautés en question.
Le fait afrolatino, comme sujet d’intérêt est récent aux États-Unis, mais n’est pas pour autant un thème mineur.
Chez la majorité des afro-Étatsuniens, il n’existe pas une attitude inclusive par rapport aux afrodescendants des autres régions, qui sont qualifiés de latinos, caribéens ou de toute autre définitions d’identité n’impliquant pas l’inclusion au sein du groupe des afro-Étatsuniens. Cela est dû au sentiment que les immigrants enlèvent aux Afro-Étatsuniens des chances d’accès aux politiques de discrimination positives et aux quotas obtenus suite à la lutte pour les droits civils et politiques incarnée par Martin Luther King entre autres leaders.
Les raisons qui donnent à l’élection d’Obama une immense importance sont presque innombrables. Voyons ensemble certaines d’entre elles:
• Il représente l’ascension (sociale) et le développement par l’acharnement et l’engagement, mais également la possibilité d’avoir accès à une éducation de qualité et aux actions affirmatives.
• Parce qu’il a des racines africaines, et cela implique un nouveau regard sur l’Afrique et sur sa contribution au monde: un continent où en plus des éléphants et des safaris, sont produits des êtres humains, capables et compétents.
• Parce qu’il est un leader qui représente les grandes majorités et pas seulement les siens. . (Cela pourrait impliquer qu’une partie de la société nord américaine est dans un processus critique réel du racisme et de pari sur l’équité et l’intégration. Cependant, on est toujours dans l’expectative quant à savoir si ces mêmes électeurs soutiendraient les propositions inclusives des sans-papiers et des immigrants).
• Parce que l’image d’Obama peut rendre visibles de nouveaux mdèles d’afrodescendants, particulièrement dans les pays comme le Pérou où l’injure raciste n’est pas pénalisée. Ici , une femme noire peut se faire insulter de manière vulgaire, et où seulement près de 2 % des afropéruviens terminent l’Université et seulement 27% terminent le secondaire.
Face à la rareté des leaders afrodescendants, particulièrement dans les pays d’Amérique Latine, Obama émerge comme un nouveau paradigme. Selon le Vénézuélien Jesús Chucho García: “Espérons qu’ Obama poura faire quelque chose pour les afro-Étatsuniens prisonniers qui représentent le plus grand nombre des prisonniers afrodescendants sur la planète, espérons qu’il pourra soutenir les immigrants dont le rêve américain n’a pas été accompli, espérons qu’il pourra éliminer des projets militaristes en Afrique tels que l’AFRICOM ainsi que la pollution provoquée par les compagnies nord-américaines en Afrique sub-saharienne”.
Comme c’est le cas à l’école, un afrodescendant a la difficile et double tâche de démontrer ses habiletés supérieures pour gagner le respect et se faire accepter. Désormais, Obama a une grande responsabilité: ne pas trahir les illusions de millions d’enfants, adolescents et spécialement des adultes et des personnes âgées qui furent victimes de la ségrégation et de l’Apartheid, qui jamais n’avaient imaginé être en vie pour voir un des leurs assumer la grande responsabilité de diriger le pays le plus puissant au monde. Celui-là même qui oriente, et dans de nombreux cas, détermine la vie de millions d’êtres humain sur la planète.
http://www.pressperu.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2439&Itemid=75
Mónica Carrillo est la fondatrice et présidente exécutive de LUNDU, Centre d'Études et de Promotion des Afropéruviens. LUNDU est une organisation de jeunes afropéruviens qui travaillent à la promotion de la reconnaisance, du respect et du développement de la population afrodescendante par le biais de la lutte contre le racisme, le sexisme et d'autres formes de discrimination. Carrillo est également une jeune poète et artiste. Vous pouvez rentrer en contact avec elle par le biais de son courrer électronique mcarrillo@lundu.org.pe.
Par Mónica Carrillo

Traduit de l’Espagnol Par Guy Everard Mbarga
Les noirs et la Maison Blanche avant Obama
La Maison Blanche fut construite en partie par des esclaves. Aujourd’hui, leurs descendants peuvent s’y sentir à l’aise.
Frederick Douglass a visité la Maison Blanche trois fois durant la présidence de Lincloln Photos d’Archives Par Gardiner Harris Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga Les jours suivant la cérémonie de son inauguration, à mesure que Barack Obama et sa famille commenceront à se sentir à l’aise dans la Maison Blanche, leurs filles Malia et Sasha joueront probablement dans les escaliers, les chambres et les salons officiels de cette demeure. Aussi charmante que semble être la perspective de cette scène, le temps qu’il a fallu aux afroaméricains pour sentir qu’il y avait également une place pour eux dans cette résidence est un souvenir non moins émouvant. Lors d’un coup de fil avant les élections, Obama avait évoqué le profond symbolisme du fait que ses filles jouent dans le Patio Sud de la Maison Blanche, un édifice construit en partie par des esclaves. Et John McCain, lors de son discours de concession fit allusion à une scène privée qui se déroula entre Theodore Roosevelt et Booker T. Washington en 1901 et qui déclencha une controverse envenimée. En commentant ce dîner à cette époque, le Journal Memphis Scimitar la qualifia de “violation la plus condamnable jamais commise par un citoyen des États-Unis”. L’ancien président démocrate Grover Cleveland écrivit une lettre à la Chambre des Représentants – qui fut lue dans l’hémicycle de ce corps l’année électorale 1904- dans laquelle il déclara que jamais il n’avait fait une telle chose - inviter un homme noir pour dîner dans cette maison. John Stauffer, auteur de “Giants: The Parallel Lives of Frederick Douglass and Abraham Lincoln”, observa que “l’histoire de la Maison Blanche est un merveilleux symbole de l’histoire raciale de la nation toute entière”. La maison en elle même fut construite par des cuadrillas de travailleurs Noirs, dont certains étaient libres et d’autres esclaves. En 1801, un an après l’ouverture de ses portes, Thomas Jefferson emmena presque une dizaine d’esclaves de Monticello, et la majeure partie du personnel de la maison allaient être des esclaves jusqu’à la mort en 1850 de Zachary Taylor, le dernier président à avoir eu des esclaves. Beaucoup d’entre eux vécurent dans la zone réservée aux servants, au premier étage, mais d’autres vivaient dans le deuxième étage, réservé à la Première Famille -une intimité qui suscita des tensions fréquentes avec les servants qui n’étaient pas esclaves. Le visiteur le plus éminent de la Maison Blanche pendant son premier siècle fut Frederick Douglass. Il s’y rendit trois fois durant la présidence de Lincoln et sa dernière visite fut peut-être la plus importante. La Maison Blanche avait été ouverte au public pour célébrer la deuxième inauguration du président, mais les gardes ne lui permirent pas d’entrer -apparemment suite aux instructions de ne laisser entrer aucun noir. Douglass leur remis sa lettre d’introduction et Lincoln ordonna qu’on le laissa entrer. Le président demanda à Douglass comment avait été son discours. “L’opinion d’aucun autre homme n’a autant de valeur pour que la vôtre dans ce pays”, lui dit-il. “Monsieur Lincoln”, ui répondit Douglass, “cela fut un effort sacré”. Durant ces années, une couturière et ancienne esclave, Elizabeth Keckly, fut la confidente de Mary Todd Lincoln. Et au cours des trois décennies qui suivirent, plusieurs chanteuses noires, parmi lesquelles Fisk Jubilee Singers, Marie Selika Williams et Sissieretta Jones chantèrent à la Maison Blanche. Mais on n’invita aucune d’entre elles à rester dîner, un tabou qui s’étendra alors que le siècle suivant était bien entamé Lou Hoover, l’épouse de Herbert Hoover fit face à ce problème en 1929, après qu’Oscar De Priest soit devenu le premier afro-américain élu au Congrès depuis la Reconstruction. On allait la prévenir de ne pas inviter l’épouse de DePriest au traditionnel thé des épouses des membres du Congrès, et elle organisa donc un thé en aparté pour madame DePriest. Et malgré cela, l’événement motiva une résolution de critique de la Législature du Texas. Eleanor Roosevelt qui était la nièce de Theodore de même que l’épouse de Franklin, était célèbre pour avoir souvent inclut des afroaméricains parmi ses nombreux invités à la Maison Blanche , et elle reçut également les critiques –même lorsqu’elle invita Marian Anderson pour chanter à la Maison Blanche pour le roi et la reine d’Angleterre immédiatement après son concert au Lincoln Memorial en 1939. La vague d’indépendance qui enveloppa le monde dans l’après- guerre changea la scène diplomatique à Washington. Les diplomates noirs devinrent des invités réguliers des dîners d’état et les présidents des nations africaines étaient invités à passer la nuit. Cependant, la majorité des présidents réservaient exclusivement les chambres des hôtes de la Maison Blanche pour leurs parents et leurs amis proches. Mais les afro-américains continuèrent à gagner du pouvoir politique –au Congrès, au cabinet comme assistants- et dès les années 70, ils commencèrent à devenir des figures familières dans et autour du Bureau Ovale. On pense que les premiers hôtes noirs à avoir été invité à passer la nuit à la Maison Blanche furent Sammy Davis Jr. Et son épouse Altovise en 1973 par Richard Nixon. Davis allait être impressionné l'histoire. Par la suite, il allait dire en blaguant qu’il avait repoussé l’opportunité qu’il avait eu de dormir dans la chambre de Lincoln. “Je m’étais dit, je ne veux pas que [Lincoln] apparaisse en disant, ‘je les ai libéré, mais je ne voulais certainement pas qu’ils dorment dans mon lit’”. (La chanteuse Pearl Bailey, amie de Betty Ford, y passa également la nuit après la démission de Nixon). Dans les années 90, les Clinton élargirent le cercle des hôtes et des contributeurs politiques invités à passer la Nuit à la Maison Blanche, et ils y inclurent les célébrités et des politiciens comme Quincy Jones, Will Smith et son épouse Jada Pinkett Smith et Willie Brown. Cependant, l, el incidente qui exprime le Vieux l’émotion du passé pas si lointain est peut-être celui qui se produisit durant l’administration Lyndon Johnson. Bess Abell, qui était la secrétaire sociale de la Maison Blanche se souvient très bien d’un dîner de gala lors duquel Sarah Vaughan chanta avant de disparaitre du dîner. “Je l’ai rencontré dans ce Bureau que l’on avait préparé pour qu’elle soit sa loge Pendant la nuit, et elle était en train de pleurer”, raconte Abell dans une entrevue. “Et je lui ai dit, ‘Mrs. Vaughan, que se passe-t-il? Comment puis-je vous aider?’ Et elle m’a répondu, ‘Il n y a aucun problème. Ce jour est le plus merveilleux de ma vie. Quand je suis venue la première fois à Washington, personne ne voulait me louer une chambre d’hôtel, et cette Nuit, j’ai dansé avec le président”. http://www.elnuevodia.com/diario/noticia/revistas/revistas/un_pasado_no_tan_distante/490246 |
La première Rencontre Internationale de la Danse Noire débute à Salvador
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Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
Pendant trois semaines - du 17 novembre au 6 décembre – se tient à Salvador la Première Rencontre Internationale de Danse Noire (I Encontro Internacional de Dança Negra - EIDAN/2008). Dans ce laps de temps et à divers endroits de la ville seront réunis les icones de la danse noire traditionnelle et contemporaine. Le public pourra participer, l’accès étant gratuit.
La Première Rencontre Internationale de Danse Noire inclut plusieurs activités dans la périphérie de la capitale de Bahia. L’idée est d’amener au public des quartiers de la ville (Pelourinho, Pirajá, Tancredo Neves) ainsi qu’à celui de Portão (Lauro de Freitas) des spectacles, des ateliers, des débats, des conférences, des mises en scène et des expériences avec des artistes venant de divers endroits du monde.
L’objectif de l’événement, selon Elísio Pita, concepteur et coordinateur de la rencontre est de "créer un espace annuel et dans une atmosphère internationale pour l’échange d’expériences en Danse Noire dans ce qui est la plus grande ville noire en dehors du continent africain ".
Producteur, danseur et membre du Conseil D’État à la Culture, Pitta souligne également comme "objectifs essentiels" de l’initiative le fait "de permettre une réflexion critique sur les créations de danse basée sur l’idéologie noire, et avec pour but d’encourager la naissance d’un Centre de Référence de la Danse Noire au Brésil, ainsi que de souligner et d’offrir une plus grande visibilité à la production culturelle des artistes afrodescendants ". .jpg)
La mission de la Première Rencontre Internationale de Danse Noire toujours selon Pitta, est de "récupérer les mouvements perdus de la danse noire brésilienne à travers la convocation des icones de la danse venant de divers endroits du monde, d’autres états du Brésil, de Bahia et de la ville de Salvador".
Pour plus d'informations sur la programmation complète, veuillez consulter le site de l'événement : http://www.hotwebs.com.br/eidan2008/
ATTRACTIONS:
Albert St Albert (Canada)
Amélia Conrado (Pernambuco-Brésil)
Augusto Omolu (Danemark/ Brésil)
Augusto Soledade (USA/ Brésil)
Ballet Teatro Castro Alves (Bahia- Brésil)
Balé da Mata (Bahia- Brésil)
Companhia C Dança Negra Contemporânea (Bahia- Brésil)
Corppus Ballet (USA)
Cia de Dança Jorge Silva (Brésil)
Elísio Pitta (Bahia- Brésil)
Étienne Cakpo (Bénin)
Evandro Passo (Belo Horizonte- Brésil )
Giovanni Luquini (USA- Brésil)
Henry Daniel (Canada)
Irineu Nogueira (São Paulo- Brésil)
Michelle Murray (USA)
Petagay Letren (Jamaque)
Khalid Saleem (USA)
Rubens Barbot (Rio- Brésil)
Sankofa-Clyde Morgan (USA)
http://www.atarde.com.br/cultura/noticia.jsf?id=1010215
Les étudiants de la Howard University au soir de l’élection d’Obama
Ana Luíza Pinheiro Flauzina*
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Ce fut une nuit de célébrations dans l’une des plus importantes Universités des États-Unis. Fondée en 1867, l’ Université Howard est connue et reconnue comme un centre d’enseignement supérieur qui privilégie les études sur les relations raciales, constitué d’un corps enseignant et étudiant en majorité noir. Située dans la capitale des États-Unis, Washington DC, Howard a été un espace dans lequel la candidature de Barack Obama fut vécue d’une manière particulièrement touchante.
Aujourd’hui (04.11.08) a été organisé un grand événement pour accompagner la publication des résultats de l’élection. L’émotion et l’anxiété étaient palpables chez les étudiants et les professeurs dans l’attente du verdit en ce jour historique.
“Il ne s’agit pas d’une élection de plus, me dit Tiffanie Davis, étudiante en comptabilité, c’est la première fois que nous allons élire un président noir et cela, pour nous, signifie un changement vers quelque chose de meilleur, plutôt que de simples victoires du parti démocrate sur le Parti Républicain. C’est une victoire construite par notre passé de luttes”.
Tout en accompagnant l’annonce des choix de chaque État, les discours des jeunes noirs rappelaient leurs responsabilités devant cette nouvelle réalité politique. Ils reflétaient la manière dont la présence d’un homme noir à la présidence nécessitait plus d’articulation politique des communautés pour accorder leur soutien à la nouvelle administration et garantir leurs demandes politiques. Ils parlaient de l’importance d’Obama non seulement pour les États-Unis, mais pour le monde, comme un signal de la fin de la logique raciste qui a cours.
Pour Christopher Morris, étudiant en Marketing, la candidature d’ Obama a donné un nouveau sens à une image détériorée du Parti Démocrate: “Le fait qu’il soit un homme noir ayant la formation intellectuelle, la capacité politique et le charisme nécessaires pour occuper la Présidence nous laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un simple échange dans cet interminable ‘jeu de chaises musicales’ entre les partis. Pour qu’il devienne candidat, le Parti Démocrate a dû nécessairement revoir sa structure raciste et cela va continuer dans ce sens dans la pratique politique”.
La déclaration de la victoire d’ Obama et le discours du Président élu retransmis en direct de Chicago ont constitué le point de culmination de la nuit. Les étudiants de la Howard University reprirent en choeur le “Yes we can” répété dans divers états sur les images retransmises par les chaines de télévision.
“Le 4 novembre 2008 est un jour de victoire historique. Je pense que beaucoup de personnes de ‘bonne foi’ n’ont pas encore compris ce qui vient de se passer, dans quelle position ils viennent de se retrouver. Un président noir va faire que nous soyons obligés de faire face à notre racisme plus que jamais, tous les jours. Obama servira de miroir, principalement pour ceux qui ne l’ont pas voté. Chaque fois qu’un commentaire raciste sera formulé ou qu’un acte raciste sera perpétré, l’auteur sera désormais en train d’attaquer l’image de la personne qui le représente, qui conduit le destin du pays. Il faut être vraiment cynique pour écarter cette dimension de l’importance qu’un homme noir occupe une position comme celle-là”, indique l’étudiante en Droit Nikayla Scott, émue après la célébration de la victoire d’ Obama.

Elle me demande quelle répercussion la victoire d’Obama aura au Brésil. Je lui réponds dans mon anglais hésitant que, pour ne pas faire face au miroir, on préfère nier la négritude d’Obama. “Comment ça?”, me demande-t-elle le visage plutôt surpris. Je la remercie simplement et je lui dis que je vais prendre un peu d’eau, en lui promettant de lui expliquer cela un autre jour. Elle sourit et s’en va. Elle me semblait si heureuse, je n’avais pas le courage de gâcher la fête...
*
Ana Flauzina, Docteure en Droit, rédactrice en direct de Washington(EUA) pour le journal Ìrohìn.
http://www.irohin.org.br/onl/new.php?sec=news&id=3782
Obama inspire les Afrobrésiliens
Income disparity in Salvador is stark, with power largely in the hands of non-blacks [GALLO/GETTY] Par Gabriel Elizondo à Salvador, Brésil-Aljazeera Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
C’est comme si aucun autre groupe de personnes n’importe où en Amérique du Sud n’a suivi la marche de Barack Obama vers son élection en tant que premier président noir des États-Unis aussi passionnément qu’à Salvador au Brésil. Salvador qui se trouve sur la côte nord-est du pays est la troisième ville du pays avec environ 2,8 millions d’habitants dont plus de 80% se définissent comme noirs ou métisses. La plupart des habitants de la ville sont les ancêtres directs des 4 premiers millions d’esclaves emmenés dans la ville au 16ème siècle en provenance du pays connu aujourd’hui sous le nom du Nigéria. Salvador fut la principale porte d’entrée dans la région toute entière et fut la capitale coloniale du Brésil jusqu’en 1763. Et aujourd’hui, elle conserve une forte atmosphère Africaine du point de vue de la cuisine, de la culture et de la musique qui attirent des centaines de milliers de touristes chaque année. Condoleezza Rice, la première Africaine Américaine à avoir occupé le poste de secrétaire d’État, a visité la ville au début de l’année en cours et un nombre de plus en plus important d’Africains Américains visitant Salvador pour explorer leurs racines ancestrales. Le Candomble, la religion originale emmenée d’Afrique est toujours largement pratiquée malgré le fait que les esclaves furent forces de se convertir au Catholicisme. Et chaque mardi soir depuis des siècles, une église du nom de Nossa Senhora de Rosario dos Pretos (Notre Dame du Rosaire des Noirs) déborde de chants locaux, des fois exécutés en Yoruba, une langue Africaine, ainsi que des danses traditionnelles. La plupart des gens ici disent que la victoire d’Obama aura un impact sur les enfants de la ville de plusieurs manières, mais pas seulement parce qu’il est noir. "Obama n’est pas président parce qu’il est noir, il l’est à cause de la force de ses propositions," indique Cesar Souza, qui enseigne la danse Africaine dans une école fréquentée par des enfants noirs pauvres. "Il s’agit là d’un exemple pour chaque enfant noir vivant dans les endroits pauvres à travers le monde qu’il ou elle peut grandir, aller à l’école, à l’université et avoir des objectifs. Ces enfants vont regarder la télévision et voir Obama et désormais manifester de la curiosité. Donc, Obama sera une référence positive pour les gens au Brésil – et particulièrement pour les enfants noirs." Salvador est la capitale de l’état de Bahia, une région particulièrement pauvre où la disparité de revenu est totale et le pouvoir politique s’est consolidé entre les mains d’une élite dirigeante non noire. Selon les statistiques officielles, 40% de la population vit dans avec le salaire minimum ou moins, alors que moins de 1% des gens gagnent plus de 20 fois le salaire minimum. Environ la moitié des 190 millions de Brésiliens se considèrent comme noirs ou métisses. "À Salvador, plus de 80% de la population est noire, et nous vivons dans les pires conditions," indique Marcos Rezende, un jeune organisateur communautaire qui regardait les résultats des élections américaines en compagnie de plusieurs dizaines d’autres personnes à la télévision mardi. "La victoire de Barack Obama a une immense importance pour nous, car tous nos candidats noirs ici perdent toujours les élections". "Il nous a montré à nous les noirs que nous pouvons apporter ce type d’influence en détenant le pouvoir politique dans le futur, que oui, nous pouvons également gouverner n’importe où dans le monde". Le Brésil n’a jamais eu son président noir, malgré le fait que 47% des 190 millions de Brésiliens se définissent comme noirs ou métisses. "Obama n’aura pas d’influence uniquement aux États-Unis, son influence se fera également ressentir à travers le monde – et a également regardé les résultats de mardi soir à la télévision locale. "Pour la communauté noire ici, cela représente également une avancée pour nous– et cela nous fait penser sérieusement à la possibilité pour le Brésil d’avoir un président noir." Le 20 Novembre prochain, le Brésil célèbrera la Journée Nationale de la Conscience Noire – et au moins ici à Salvador – étant donné l’identité du nouveau président des États-Unis – cette année, cela aura un sens un peu plus fort. "Les enfants noirs qui ne comprennent pas la politique voient maintenant Obama en tant que Président à la Tv et réalisent qu’une personne ayant la même couleur de peau qu’eux est le président du pays le plus puissant au monde," indique Rezende. "Ces enfants diront, 'Je veux aussi le faire. Je peux le faire. J’espère devenir le président du Brésil.'"
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga http://english.aljazeera.net/news/americas/2008/11/200811619119961388.html
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Entrevue avec Mahogany Kinell, jeune créatrice du Magazine Caoba
Par Guy Everard Mbarga
Mahogany Kinell est une jeune Afropanaméenne dont le dynamisme va de paire avec ses multiples talents. Titulaire d’un Master en Marketing et en Gestion Commerciale obtenu en Espagne, elle a travaillé pendant trois années en tant que gestionnaire des ventes et du Marketing par Internet dans l’industrie de l’éducation Internationale.
Et à seulement 24 ans, Mahogany a lancé en janvier 2006 le Magazine en ligne Caoba, qui s’adresse principalement aux femmes afrodescendantes de l’Amérique Latine, mais également apprécié par les équato-guinéennes. Dans l’entrevue exclusive qui suit, elle nous parle de cette aventure éditoriale, des noirs du Panama, de ses sentiments d’Afrodescendante envers l’Afrique et de … Barack Obama entre autres.
- Mahogany, peux-tu tout d’abord, nous présenter le magazine Caoba que tu administres?
Caoba est un magazine en ligne qui s'adresse principalement à la communauté afrolatine. La revue a une touche très féminine, car au départ, elle s’adressait plus aux femmes, avec des articles sur la beauté, le maquillage de la peau noire de même que les soins du cheveu afro. Cependant, nous avons un public masculin important, et c'est la raison pour laquelle le magazine compte désormais une section spéciale pour les hommes.
De plus dans la rubrique Culture Club, on retrouve des articles sur l’art, la musique, l’histoire et les expressions de la communauté afrodescendante de l’Amérique Latine, et des africains. Les autres segments très prisés sont Estilo de Vida qui aborde la santé et présente également des articles sur la motivation et le dépassement personnel et Mundo Actual avec des news et des actualités de la communauté, ainsi que des conseils pour obtenir un emploi et sur les finances.
- Quelle fut la raison principale qui t'a motivé à te lancer dans cette aventure extraordinaire?
Ce qui m'a motivé à créer Revista Caoba c'était l'envie de fournir à la communauté afrolatine un média dans lequel elle pouvait s’identifier. Les revues conventionnelles n’offrent presque jamais des conseils de beauté ou de soin du cheveu aux femmes noires, et les rares magazines qui le font sont soit en anglais, soit en français et même en portugais, mais il n y avait rien en espagnol. J’ai donc décidé de poser la première pierre et de me lancer, comme tu le dis si bien, dans une aventure incroyable.
- Et quelles sont les difficultés que tu dois affronter pour réaliser ce travail si important?
Eh bien, l’une des principales difficultés c'est l’endroit où je vis, puisque je réside en Suisse alors que mon marché se trouve beaucoup plus en Amérique Latine. Au moins, en Espagne, je serais plus dans une ambiance propice pour promouvoir la revue. Cependant, avec beaucoup d’efforts et d’engagement, j’ai réussi à faire que Caoba ait une bonne diffusion, et c’est ce qui me réjouit. J'ai également besoin de plus de soutiens de rédacteurs ou de collaborateurs qui enverraient des articles à publier. J'ai pratiquement écrit tous les articles qui se trouvent sur Caoba.
‘‘À Panama, on retrouve deux groupes principaux de Noirs : Les descendants des africains qui sont arrivés dans l’isthme à l’époque de la colonisation d’une part, et ceux qui sont arrivés au début du 20ème siècle pour participer à la construction du Canal d'autre part’’ .
- Parlons à présent des Afro panaméens. Quelles sont les origines des noirs qui vivent aujourd'hui au Panama, et quelles sont tes propres origines?
À Panama, on retrouve deux groupes principaux de Noirs : Les descendants des africains qui sont arrivés dans l’isthme à l’époque de la colonisation d’une part, et ceux qui sont arrivés au début du 20ème siècle pour participer à la construction du Canal d'autre part. Ce dernier groupe est formé de personnes originaires des Antilles, de pays comme la Jamaïque, La Barbade et Trinité et Tobago. Les descendants des afro-antillais portent en général des noms anglais en plus de parler cette langue avec aisance.
Personnellement, j’appartiens aux de groupes, puisque mon grand-père maternel est arrivé ici avec ses parents de la Jamaïque pour travailler sur le Canal. Son père a travaillé dans la construction du Canal et il a suivi ses traces. Le père de ma grand-mère venait de la Barbade et il a également travaillé sur le Canal. Mes grands parents paternels appartiennent au groupe d'afro panaméens descendants de la période coloniale.
‘‘Récemment, Irving Saladino, originaire de la province de Colón où la majorité des habitants sont noirs a donné au Panama sa toute première médaille d'or aux Jeux Olympiques’’.
- En Afrique, on connaît l'ancien footballeur Dély Valdés qui est Panaméen. Quels sont les leaders ou les figures importantes actuelles et passées qui représentent la communauté noire au Panama?
Je peux dire avec beaucoup de fierté qu'au Panama, la communauté afro occupe une place importante dans la société et est très intégrée. Le mois de Mai est d'ailleurs le “Mois de l'Ethnie Noire” au Panama. Il y a un grand nombre de personnalités qui se distinguent. Je mentionnerai quelques unes comme Graciela Dixon, qui fut la première femme noire de l'histoire du Panama à occuper la présidence de la Cours Suprême de Justice. Récemment, Irving Saladino, originaire de la province de Colón où la majorité des habitants sont noirs a donné au Panama sa toute première médaille d'or aux Jeux Olympiques. Le chanteur connu sous le nom de “El General” est l’un des Panaméens les plus célèbres au niveau International et l’un des précurseurs du reggae en espagnol. La Docteure Marion Clarke de Martin fut la première femme et afro panaméenne à devenir Doyenne de la Faculté de Médecine de l'Université de Panama.
- S'ils existent, comment se manifestent le racisme et la discrimination contre les afro descendants au Panama ?
Le racisme est présent partout et le Panama n’en échappe pas. Cependant, il y a de la tolérance et du respect. Il y a cinq ans, il existait encore ce qu’on appelait le “droit d’admission” par lequel les bars et restaurants pouvaient choisir qui pouvait entrer dans leur locaux ou non. J’ai personnellement été victime de ce “droit” et on ne m’a pas laissé entrer une fois dans une discothèque seulement parce que je suis noire. Grâce à Dieu, ce n’est plus pareil depuis l'approbation d'une loi pour éliminer cette pratique-mesure. Il est également clair qu'une grande partie de la communauté afro connaît des limites économiques, ce qui rend difficile la possibilité pour tous d’avoir une bonne éducation et cation et au final, des opportunités d’emploi moindres pour ce secteur de la population.
Cependant, avec une bonne éducation et si l’on sait se projeter avec assurance, la couleur ne doit pas constituer un obstacle. Je pense qu’au Panama, il existe une atmosphère très cordiale entre les différents groupes ethniques. Et même, c’est seulement quand j’ai déménagé pour l’Europe que j’ai entendu parler des groupes xénophobes et de la manière dont ils peuvent attaquer et même tuer des gens parce qu’ils sont d’une certaine race. C’est quelque chose qui n’arriverait jamais dans mon pays.
- Peux-tu partager un fait historique ou culturel spécifique aux afrodescendants panaméens?
Selon moi, l’abolition de l’esclavage, tant au Panama que dans le reste du continent a constitué la plus grande réussite pour les afrodescendants, puisque grâce à lutte de nos ancêtres pendant de nombreux siècles, au jour d’aujourd’hui, nous n’avons plus de chaînes au cou et nous sommes des citoyens de plein droit.

- Existe-t-il un mouvement noir panaméen qui a des revendications politiques, sociales, économiques et culturelles pour les afrodescendants?
Oui, de nombreux collectifs qui travaillent pour une plus grande et une meilleure intégration des (afro) panaméens dans la société et pour mettre en relief nos contributions à l’histoire et à la fondation de la nation. Entre autres on peut citer le Centre d’Études Afropanaméennes ( Centro de Estudios Afro Panameños), la Commission Coordinatrice de l’Ethnie Noire du Panama ( Comisión Coordinadora de la Etnia Negra de Panamá), le Comité Panaméen contre le Racisme, la Société des des amis du Musée Afro Antillais du Panama (SAMAAP), la Pastorale Afro panaméenne, le Réseau des Femmes Afropanaméennes (Red de Mujeres Afropanameñas) le Réseau des Femmes Afrodescendantes ( Red de Mujeres Afrodescendientes - REMAP) et la Sauvegarde de la Jeunesse Afropanaméenne ( Rescate de Ia Juventud Afropanameña ).
‘‘L’Afrique, un mystère pour beaucoup d’Afrodescendants…Quand on étudie l’histoire à l’école, la partie africaine de la colonisation est totalement ignorée. On dit seulement que les africains étaient des esclaves, quelque chose de dur pour un enfant, car il est pour cela l’objet de moqueries constantes’’.
- As-tu déjà visité un pays africain?
Oui, j’ai visité l’Afrique du Sud et la Tanzanie.
– En tant qu’afrodescendante, que penses-tu de ce continent, quels sont tes sentiments à son sujet?
Je pense que l’Afrique est un mystère pour beaucoup d’afrodescendants, et malheureusement, le peu d’information que nous recevons sur le continent parle de la famine, de la désolation, de la misère, des maladies et de la guerre. D’autre part, quand on étudie l’histoire à l’école, la partie africaine de la colonisation est totalement ignorée. On dit seulement que les africains étaient des esclaves, quelque chose de dur pour un enfant, car il est pour cela l’objet de moqueries constantes. La société grandit avec cette idée, comme si nous étions encore des esclaves, comme si nous n’étions pas égaux, et c’est un stigmate avec lequel nous luttons chaque jour.
Mais bon, maintenant que je vis en Europe, j’en sais un peu plus sur le continent et je sais qu’il est très riche culturellement, qu’il dispose de nombreuses ressources naturelles, mais qu’il reste encore soumis à une constante exploitation. Ce qui me fait vraiment mal, c’est de voir le manque d’unité, même dans un même pays. Je suis stupéfiée par les guerres civiles constantes, mais surtout par la dureté et la cruauté avec laquelle ils peuvent se battre entre eux. A part cela, comme en Amérique Latine, l’Afrique est victime de la corruption. Tous ses facteurs rendent difficile l’avancée vers un véritable développement, ce qui est dommage.
– L’image de misère, des guerres diffusées par les médias de Communications, principalement occidentaux n’influence-t-elle pas ton désir de te revendiquer afrodescendante, et pourquoi?
J’estime que cela est dû à mon éducation. J’ai lu et je me suis imprégnée sur le sujet, j’ai montré de l’intérêt et peu à peu, je prends connaissance de la vérité, et il y a beaucoup de choses dont on peut être fier. Mais il y a également beaucoup à faire.
‘‘L’idéal serait que nous qui vivons de l’autre côté de l’Océan sachions d’où l’on vient et que ceux qui sont en Afrique sachent à quel endroit nous sommes... J’aimerais que l’Afrique, un jour, fasse quelque chose pour nous autres qui sommes de l’autre côté et avons été vendus et arrachés de notre terre. Que notre mère Afrique nous embrasse, nous console et nous soutienne pour qu’on aille de l’avant.’’
– À quoi ressembleraient les relations au sein d’un Monde Afro idéal pour Mahogany?
L’idéal serait que nous qui vivons de l’autre côté de la mer sachions d’où l’on vient et que ceux qui sont en Afrique sachent à quel endroit nous sommes. Que l’histoire de l’Afrique et de la période de l’esclavage soit largement incluse dans les textes scolaires pour que nous puissions savoir et comprendre ce qui s’est passé. J’aimerais que l’Afrique, un jour, fasse quelque chose pour nous autres qui sommes de l’autre côté et avons été vendus et arrachés de notre terre. Que notre mère Afrique nous embrasse, nous console et nous soutienne pour qu’on aille de l’avant.
Que nous soyons un peuple afro uni, mais également que nous le soyons en tant qu’êtres humains, de toutes les ethnies, races, croyances et langues.
– Pourquoi, à ton avis, les relations directes entre les Afrodescendants d’Amérique Latine et les Africains sont presque inexistantes ?
Je pense que la langue est une barrière, puisque l’Afrique est majoritairement francophone et il y existe des dizaines de langues et de dialectes supplémentaires. Et puis il est extrêmement cher de voyager d’Afrique en Amérique Latine et vice-versa. Il y a également le manque d’information. Je pense que l’africain moyen ne sait pas où nous nous situons géographiquement, et du côté des afro descendants, selon moi, l’information tellement négative qu’ils reçoivent fait qu’ils perdent l’intérêt pour la concrétisation de cette relation.
– Quels sont les Leaders africains ou afrodescendants qui t’inspirent ?
J’admire beaucoup la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, puisqu’elle est un exemple d’évolution pour toutes les femmes, autant africaines qu’afro descendantes. Nelson Mandela est un combattant infatigable qui a sacrifié une grande partie de sa vie pour un idéal. Cela est digne d’admiration alors qu’aujourd’hui la majorité des gens ne pensent qu’à eux. Barack Obama est un symbole d’espoir pour moi, du fait que les choses peuvent changer si nous y mettons de l’envie. Il est si rafraîchissant et démontre l’importance d’un couple et d’une famille unis.
As-tu un autre message que tu aimerais partager avec les lecteurs?
Qu’ils aient des rêves et des objectifs, et qu’ils se battent pour qu’ils se réalisent. Qu’ils aient la foi et l’espoir, et qu’ils ne prêtent pas tellement attention aux choses négatives. Rien dans cette vie n’est impossible si l’on croit en soi, en ce que l’on veut réaliser, tôt ou tard on y arrive. Je les encourage également à lire. La lecture est vitale pour ouvrir l’esprit. Qu’ils fassent des recherches pour connaître la vérité, car s’ils se contentent seulement de ce que disent les médias, ils vivront dans une bulle et non dans la réalité.

Le tout premier numéro de Caoba
Élection d’Obama ; Réaction d’activistes AfroLatinos
Par Karen Juanita Carrillo

Suite à la victoire électorale de Barack Obama qui servira en tant que 44ème Président des États-Unis, les célébrations ont eu lieu à Harlem, Fort Green, Brooklyn et dans de nombreux quartiers en majorité habités par des Noirs à travers les États-Unis.
Mais les célébrations qui ont eu lieu au delà des frontières américaines ont peut être été plus grandioses.
L’excitation que les activistes Afro Latino ont ressenti est palpable dans les mails qu’ils ont envoyé, dans lesquels ils parlent du sens que prend une présidence d’Obama pour leurs communautés et leurs nations :
"En ce moment, nous célébrons cette victoire dans toutes les communautés Afrodescendantes de la Colombie et je veux tous vous féliciter là haut pour tout le travail effectué pour créer cette victoire électorale," indique un Jose Luis Rengifo Balanta exultant qui travaille avec une organisation d’activiste en Colombie : "Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, nous avons un président qui incarne l’ensemble des rêves de tous les Noirs à travers le monde."
"À Quibdò, la capitale Afrocolombienne [du Chocó] nous fêtons grandement" affirme Jesus Elias Cordoba Valencia. "Nous sommes unis dans notre Négritude."
"Nous les Afroéquatoriens nous sommes tout à fait confiants dans la perspective d’une présidence Obama, écrit Pepe Chala de la Confédération Nationale Afroéquatorienne (Confederación Nacional Afroecuatoriana -CAN/Afro ). "Une présidence d’Obama signifiera tant de choses pour nous. Elle changera la perception négative que le monde a des Afrodescendants."
"La victoire d’Obama aux élections présidentielle est la meilleure chose qui pouvait arriver aux Afrodescendants de Colombie et pour ces Colombiens qui croient en la justice ," déclare Ana Castillo. "Car, comme il l’a dit lors de l’un de ses débats, il n’apporterait pas son soutien à un accord de Libre échange États-Unis – Colombie et il ne permettra pas que les crimes et les massacres qui sont régulièrement perpétrés dans nos communautés restent impunis comme c’est actuellement permis sous la présidence d’Álvaro Uribe. J’espère également qu’en tant que président, Obama soutiendra les programmes et les plans financiers qui pourraient bénéficier et emmener le développement des Communautés Afrocolombiennes."
Rubén Jean-Baptiste Latorti du Mouvement Politique Communautaire Dominicano- Haitien (Movimiento Politico Comunitario Dominico-Haitiano - MPCDH) affirme qu’autant les Afro Dominicains et les Haïtien -Dominicains "comprennent le rôle que joue e [Obama] dans ces élections, et il a déjà gagné le soutien de notre communauté!"
Igor Correa Caicedo
"On se rappellera du 4 Novembre 2008 comme le jour où la pratique du racisme institutionnel a commencé à prendre fin dans le monde," écrit Igor Correa Caicedo du Centre Colombien d’Assistance Juridique ( Centro Colombiano de Asistencia Jurídica AFRONTAR). "Chaque Noir sur la planète devrait reconnaître et célébrer ce fait historique. C’est une célébration nationale pour les Afrocolombiens et tout ceux qui soutiennent. À Cali, il y a une caravane...les gens ont pris leurs voitures et leurs motocyclettes...ils klaxonnent et crient : OBAMA!... OBAMA!"
"C’est évidemment très important et extrêmement considérable d’avoir un Afrodescendant comme président des États-Unis. C’est un moment transcendantal ," déclare l’auteur et animateur radio, Victor Perdomo Fayad du Venezuela. "D’un point de vue sentimental, cette victoire me rend heureux, car politiquement, cela veut dire que de nouvelles forces et de nouvelles idées sont en train de pousser de côté l’ancien establishment aux États-Unis."
"En tant qu’Afrodescendant," écrit Jesús "Chucho" García, leader du Réseau des Organisations Afrovénézuéliennes ( Red de Organizaciones Afrovenezolanas), "je ne crois pas en une solidarité immédiate avec quiconque à cause de la pigmentation de la peau, particulièrement quand cette personne est le premier président afrodescendant des États-Unis du Nord (pas des États-Unis d’Amérique). ...Je souhaite qu’il ouvre un dialogue avec les nations de l’Amérique du Sud et des Caraïbes qui sont en train de créer leurs propres destinées et desquelles – s’il a vraiment conservé l’étiquette de la diaspora africaine - Obama devra humblement apprendre."

Jesus Chucho Garcia
Lucas Gil Ibarguen du Comité Afro Contre la Discrimination et la Xénophobie( Comité Afro Contra La Discriminación Y Xenofobia) déclare : "C’est très important qu’Obama ait gagné, étant donné qu’il est afrodescendant, mais seulement s’il ne suit pas la ligne des invasions et des génocides des anciens présidents Américains. S’il s’avère être comme Condoleeza Rice ou Colin Powell, il ne mérite pas notre soutien, car dans ce cas, il poursuivrait l’histoire d’oppression et de militarisme infâme des États-Unis"
"Cela semble être la meilleure chose qui pouvait arriver aux États-Unis," indique le journaliste, auteur et animateur Afro Cubain Pedro Pérez-Sarduy. "D’avoir un président cultivé, intelligent et talentueux – et non un arrogant ou un fanatique; qui a des liens forts avec ses racines africaines – dans un pays qui a souffert de l’esclavage. En fin de compte, avec Obama, les espoirs de nos gens seront si grands qu’il est certain que nous pourrons mettre de côté l’histoire de bigoterie qui a régné sur les relations entre les États-Unis et Cuba. Cela servira nos deux pays, pas seulement les Cubains."

Pedro Pérez-Sarduy
"Par le simple fait d’avoir été élu président, Obama a rendu un grand service aux noirs dans les Amériques," indique Zulia Mena García qui fut la première représentante au congrès Colombien spécifiquement élue pour protéger les intérêts des AfroColombiens. "Sa victoire est un signe très important qui relèvera notre moral . Elle prouve le bien fondé de toutes les luttes que nous nous avons mené pour notre dignité et pour nos droits civils à travers le monde; Cette victoire nous dit : 'Oui nous le pouvons – Oui, nous pouvons remporter ces luttes.'"

Zulia Mena García
Carlos Rua Angulo, le directeur l’École de Formation au Leadership Ecotambor basé à Bogota en Colombie suggère qu’avec l’élection d’Obama "un certain nombre de choses vont changer simultanément: il s’agira principalement de choses en faveur des communautés aux États-Unis, mais il y aura également des changements qui bénéficieront aux communautés porté le fardeau des politiques ayant favorisé la suprématie militaire américaine. Ces politiques ont été meurtrières pour nos communautés et sont directement responsables de la pauvreté subi par quelques 170 millions de personnes. Bien sûr, Obama ne pourra pas changer cette situation immédiatement, mais ce qui est merveilleux c’est de savoir qu’il peut graduellement apporter des changements qui mettront fin à ces inégalités."
Le Docteur Jorge Ramirez Reyna, président de l’Association Noire de Défense et de Promotion des Droits Humains - ASONEDH) basée à Lima au Pérou a écrit un article dans lequel il parle d’Obama comme de "quelqu’un dont chaque individu afrodescendant a pris de la fierté. Il a démontré que même si nous avons subi l’esclavage, l’oppression, le racisme, nous continuons de marquer l’histoire. ...Le 4 Novembre est un jour historique. Ce jour est le commencement d’une nouvelle ère pour chaque Afrodescendant, aujourd’hui, le monde entier nous regarde et aujourd’hui nous sommes tellement plus fiers de notre histoire, de notre race et de notre foi au fait qu’un noir peut être président du plus grand et du plus puissant pays au monde. Aujourd’hui, nos ancêtres sont en fête, car un fils de l’Afrique a renforcé l’espoir de tous nos gens à travers le monde. Aujourd’hui, chaque afrodescendant croit et sait que nous pouvons changer l’histoire – et aujourd’hui, le Sénateur Africain Américain Barack Obama a changé le monde."
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga
Karen Juanita Carrillo is a Brooklyn, New York-based writer and photographer. She co-founded the website AfroPresencia.com and serves as the senior researcher with the UN-affiliated International Oil Working Group.
Obama et les Afro-Américains peuvent aussi remercier Bush !

Par Guy Everard Mbarga
Barack Obama, le Président Élu des États-Unis d’Amérique remplacera George Walker Bush que les américains en grande majorité et le reste de la planète se réjouit de voir bientôt quitter la Maison Blanche.
Un sondage réalisé en août 2008 auprès des américains indiquait que 41% d’entre eux trouvent que l’actuel dirigeant de la première puissance mondiale est dans l’histoire le pire président des États Unis. Autant dire qu’il ne laissera pas de bons souvenirs auprès de ces concitoyens, ni dans le reste du monde.
Mais, si l’on regarde les choses dans une perspective plus spécifique, plus particulière, du point de vue des afro-américains et des noirs en général, deux gestes politiques, de Georges Bush marqueront tout de même l’histoire de façon très positive : les deux nominations au sein de son administration à des postes stratégiques au niveau mondial de deux afro-américains. Tout d’abord la nomination de l’afro-américain Colin Powell au poste de Secrétaire d’État qu’il occupa entre 2001 et 2005 avant de démissionner.
Et deuxièmement, celle de Condoleezza Rice qui fut sa Conseillère à la Sécurité nationale entre 2001 et 2005 , avant d’être nommée également Secrétaire d'État, seulement la deuxième femme à occuper ce poste. Le magazine américain Forbes l’a classée deux années de suite (2004-2005) la femme la plus puissante du monde.
Le secrétaire d’État aux États-Unis est le poste de plus haut rang dans le Cabinet et celui ou celle qui l’occupe est le principal conseiller en politique étrangère du président selon le site Internet du Département d’État américain.
Le Département d’État Américain, dirigé donc par le Secrétaire d’État est en quelque sorte la cheville ouvrière de la politique étrangère américaine et a un impact immense sur le reste du monde, mais également notamment sur l’économie américaine.

On juge mieux de l’importance de ces deux postes quand on connaît le manque de visibilité politique dont bénéficient les noirs et les Afrodescendants vivant en dehors de l’Afrique et principalement dans les pays occidentaux. Les doigts de deux mains suffisent pour compter le nombre de ministres noirs en Europe par exemple.
Or on sait que la prospérité de ces populations noires dépend également de leur intégration, c’est-à-dire de leur engagement dans le système politique et de leur prise en considération par ce même système. Cette intégration se faisant par le haut ou par le bas.
L’exemple tout frais de l’implication sans précédent des électeurs noirs dans le vote en faveur de Barack Obama à la présidence est là pour témoigner du fait que plus une population se sent concernée par le processus politique, plus elle y participe.
Les Afro-Américains voyant un des leurs tout prêt d’occuper la Présidence américaine, actuellement la position de pouvoir la plus importante, la plus prestigieuse sur la planète se sont mobilisés pour l’aider à y parvenir.
À un autre niveau, de voir Colin Powell et Condoleezza Rica occuper des postes de prestige dans leur pays pendant 8 ans environ a à coup sûr eu un impact positif sur les afro-américains dans de nombreux domaines.
En fin de compte, l’actuel Président américain, Georges Walker Bush rentrera aussi dans l’histoire comme celui qui a permis à Condoleezza Rice et à Colin Powell, d’occuper les postes les plus prestigieux* jamais occupés par un noir dans tous les pays occidentaux. Avant la présidence de Barack Obama bien sûr…Et on pourrait sans risque de se tromper affirmer que le texan, un républicain, a contribué à préparer le terrain au Sénateur de l’Illinois.
Seul bémol à tout cela pour les deux premiers, leurs images respectives sont associées à la période de la politique étrangère de cow-boy des années Bush qui a justifié le grand désamour entre les États-Unis d’une part et une bonne partie des autres pays du monde d’autre part.
- Classement des personnalités politiques noires les plus prestigieuses de l'histoire en Occident :
1 – Barack Obama, Président des États-Unis
2- Condoleeza Rice – Colin Powell : Secrétaire d’État Américain
3 - Koffi Annan : Secrétaire général de l’Onu
4 – Michaelle Jean : Gouverneure Générale, Canada
Obama, 44ème Président Us
PRESIDENT-ELECT BARACK OBAMA****

Getty/istockphoto.com
THE NETWORKS WON'T TELL YOU, BUT THE PAGE WILL:
BARACK OBAMA WILL BE THE 44TH PRESIDENT OF THE UNITED STATES
The Huffington Post
November 4, 2008
OBAMA WINS: NEW HAMPSHIRE, PENNSYLVANIA, OHIO, MASSACHUSETTS, ILLINOIS, CONNECTICUT, NEW JERSEY, MAINE, DC, DELAWARE, MARYLAND, VERMONT, RHODE ISLAND, MICHIGAN, MINNESOTA, WISCONSIN, NEW YORK, IOWA...
MCCAIN WINS: GEORGIA, KANSAS, OKLAHOMA, TENNESSEE, KENTUCKY, SOUTH CAROLINA, ALABAMA AND ARKANSAS, WYOMING, NORTH DAKOTA, WEST VIRGINIA, LOUISIANA, UTAH, TEXAS...
Barack Obama Cruises to Historic Victory
Barack Obama Cruises to Historic Victory
ABC News projects that Barack Obama will be the next president of the United States.
CNN: OBAMA TO BE NEXT PRESIDENT
Sen. Barack Obama will defeat Sen. John McCain to become the next U.S. president, CNN projects. Projected wins in West Coast states helped give the Democrat the magic number of electoral votes. developing story
Breaking News >> FOX NEWS PROJECTS: Obama Captures Electoral Votes Needed to Be President
AP
URGENT: Illinois Sen. Barack Obama sweeps to historic victory to become America's first black president. | PHOTOS | ON THE SCENE | WATCH THE STRATEGY ROOM
• Rally at Obama Campaign HQ in Chicago: WATCH LIVE | Rally at McCain Campaign HQ in Phoenix: WATCH LIVE
• ELECTORAL VOTE TALLY: Obama 220, McCain 138 | BALANCE OF POWER, SENATE: D-53, R-45, I-2
• BALANCE OF POWER, HOUSE: D-241, R-194








