Par Josemira Reis*

Traduction du Portugais : Guy Everard Mbarga
Photos
: Carlos Cruz

Sheila Regina dos Santos Pereira, membre de l’équipe pédagogique de l’Institut Culturel Steve Biko ( Instituto Cultural Steve Biko -ICSB) est la grande gagnante du Prix Jeune Scientifique 2007 ( Prêmio Jovem Cientista 2007) qui a pour thème L’Éducation pour réduire les inégalités sociales. Le prix qui existe depuis 1981 est l’un des plus important en Amérique Latine.

Soutenu par le Conseil National du Développement Scientifique et Technologique  (CNPq), le Groupe Gerdau et la Fondation Roberto Marinho, son objectif est de révéler les talents et stimuler les recherches qui sont centrées sur les alternatives significatives aux problématiques brésiliennes.

Au cours de cette édition étaient en course des centaines de travaux issus de l’ensemble du pays centrés sur la recherche de perspectives possibles de réduction des iniquités sociales ayant l’éducation comme vecteur fondamental.

Avec la recherche intitulée 'OGUNTEC: uma experiência de ação afirmativa no fomento à iniciação científica'('OGUNTEC: une expérience d’action affirmative de soutien à l’initiation scientifique )' dirigée par le professeur Abraão Felix (Université d’État de Bahia), Sheila a effectué une étude autour du parcours de 35 étudiant(e)s noir(e)s dans le programme Oguntec, soutenu par l’ICSB depuis 2002.

'Le travail résulte de l’accompagnement pédagogique de ces étudiants, tous noirs et venant des écoles publiques entre 2005 et 2007. Nous y avons tracé un parallèle entre le cadre social brésilien et leurs réalités , leurs restrictions, leur succès, leurs problèmes d’estime de soi, leurs difficultés d’apprentissage entre autre aspects ', indique la jeune chercheuse, gagnante de la catégorie diplômé.

Ayant une formation en Statistique de l’Université Fédérale de Bahia (UFBA), Sheila connaît bien la réalité de l’objet de son étude. Étudiante, noire et sortie de l’école publique, elle a également vécu l’amertume du manque de politiques de soutien à la production de connaissance chez les jeunes et surtout chez les noirs: 'Au Brésil, seuls 10% des noirs de moins de 30 ans ont une formation supérieure complète. Cela résulte d’un long processus de ségrégation et d’absence de politiques effectives visant à répondre aux besoins de cette frange de la société', souligne-t-elle.

À la question de savoir ce qu’elle envisage de faire avec les 20 000 Réals mis à sa disposition, elle répond : 'Je ferai un don à l’Institut Steve Biko et à ses projets éducatifs. L’institut a déjà permis l’accès de plus de mille (1000) étudiants à l’enseignement supérieur, et je suis l’un d’eux. Ici, au-delà des filières, on apprend à vivre en co-responsabilité et à partager avec le groupe les fruits que nous avons le privilège d’avoir'. La relation de Sheila avec ICSB a débuté en 2002, alors qu’elle était encore étudiante dans un autre projet, le  Pré - l’examen d’entrée au Steve Biko. Après avoir intégré l’Université, elle est revenu en tant que volontaire de l’équipe pédagogique du programme Oguntec dont elle fait partie jusqu’à présent.

À PROPOS DE L’OGUNTEC

L’Oguntec est l’un des principaux programmes éducatifs de l’Institut Steve Biko. Son objectif est d’encourager et de diffuser la science et la technologie parmi les étudiants des écoles publiques. Sa stratégie méthodologique repose sur trois axes fondamentaux d’actions : L’accroissement de la Scolarité, la  Popularisation de la Science et de la Technologie et l’Inclusion Digitale

'Ces étudiants passent par le même genre de difficultés. Beaucoup arrivent à l’Institut et ont encore le courage de se soumettre à l’examen d’entrée à l’Université, pour se faire évaluer sur quelque chose de complètement différent de leur réalité. C’est ce qui m’a poussé à faire l’étude, à montrer la façon dont du point de vue social sont construits  les mécanismes qui sabotent les rêves de ces jeunes et le besoin de politiques publiques effectives pour inverser cette réalité', précise t-elle.

Jordeson Nascimento, 19 ans, est un bon exemple :'Avant, je  n’envisageais aucunement d’aller à l’université, précisément l’université publique, mais en  intégrant l’Institut Biko, je suis entré en contact avec un processus d’apprentissage plus interactif et interrogatif, qui nous rend plus austère. J’ai donc eu plus de courage et j’ai affronté la peur  de l’examen d’entrée à l’Université. Je suis à présent étudiant en Architecture de l’FBA, et en Ingénierie de Production Civile de l’ UNEB', déclare l’ancien étudiant de l’Oguntec.

Fondé le 31 juillet 1992 par des étudiants d’universités associés au Mouvement Noir, l’Institut Culturel Steve Biko  est une organisation non gouvernementale à but non lucratif dont la mission consiste à promouvoir l’ascension sociale de la population noire à travers l’éducation et la sauvegarde de ses valeurs ancestrales.  Tout au long de ses années d’existence, l’Institut a activement participé à des conquêtes sociales importantes, comme l’institutionnalisation des actions affirmatives dans les universités publiques bahianaises et la fondation de programmes comme Diversité à l’Université du gouvernement Fédéral. Actuellement, il se prépare `faire un grand pas dans le processus de consolidation  de sa mission : construire une institution d’enseignement supérieur qui valorise la diversité ethnique et raciale, et qui envisage les savoirs et les pratiques de la vision africaine et de ses diasporas dans la construction de connaissance.

*Coordinatrice du Service de Communication de l'Institut Steve Biko