Aurelio Martínez : “Je rêve de rétablir le lien entre la musique Garifuna et la terre de nos ancêtres.”
2008/2009
Publiée in 2008 Chanteur à la voix puissante et évocatrice, guitariste, compositeur et percussionniste, Aurelio Martínez est à 37 ans l’un des musiciens les plus doués d’Amérique centrale. Né au Honduras, il défend la tradition de la culture du peuple garifuna, qui mêle les racines africaines et celles des Indiens caraïbes. Poursuivant la tradition musicale de sa famille, Aurelio Martínez joue des percussions en public à l’âge de 6 ans et, à l’adolescence, il forme un groupe garifuna, « Lita Ariran ». En 2004, il est désigné « nouvel artiste de l’année » par AfroPop Worldwide pour son premier disque solo, Garifuna Soul. Porte-parole tant culturel que politique, il est le premier élu d’origine africaine au Congrès national hondurien, où il représente la région déshéritée d’Atlántida. Il préside par ailleurs la Commission des peuples ethniques. « J’attends beaucoup de mes contacts avec Youssou N’Dour et la culture musicale sénégalaise, explique-t-il. Je rêve de renouer le lien entre la musique garifuna et la terre de nos ancêtres. » (http://www.rolexmentorprotege.com/fr/music/martinez-biography.jsp)Biographie
Comment s’est passée votre rencontre avec Youssou N’Dour?
Étant finaliste de l’Initiative des Arts Mentor et Protégé de Rolex, je me suis rendu au Sénégal comme l’un des trois candidats choisis. Me rendre en Afrique était un rêve pour moi et également pour Andy Palacio (1960-2008), mon frère et maitre dans la musique Garifuna que je représente. Quand j’ai su que Youssou N’Dour allait être mon mentor, j’étais emballé. J’ai suivi toute sa carrière, de même que celles de Salif Keita du Mali et Baaba Maal du Sénégal. J’admire vraiment Youssou N’Dour – c’est un artiste de la paix dont la voix et la richesse musicale sont uniques, et je me suis toujours senti très proche de ses combats politiques et humains. Je m’attendais à rencontrer une personne formelle et tranquille – mais j’ai plutôt rencontré une personne joyeuse, très ouverte et un homme au grand cœur – une sorte de Roi du Sénégal!
Qu’espérez-vous de votre collaboration ?
C’est une opportunité incroyable pour ma carrière. En fonction de nos emplois du temps, on devrait se rencontrer de nouveau au Sénégal, pour répéter ensemble et voir si je peux l’accompagner dans une future tournée en Afrique et en Europe.
Je peux apprendre des choses dans le travail de composition de Youssou N’Dour. La percussion est également un élément clé, et j’écouterais avec une très grande attention le djembé, le tama, et le tabar – tous ces tambours africains très complexes. J’envisage de développer un nouveau style musical provenant de notre travail ensemble.
Vous êtes un chanteur, mais vous êtes également membre du Congrès National du Honduras, où vous représentez les Garifuna, une communauté dont les origines remontent à l’Afrique. Cela vous rend-il plus proche de votre mentor?
Oui, car je vais également essayer de montrer à Youssou N’Dour la richesse de ma culture. Notre travail ensemble pourrait amener à une plus grande reconnaissance mondiale de la minorité Garifuna, qui constitue environ 10% de la population du Honduras, mais qui est actuellement menacée à cause de la spéculation foncière.
À côté de cela, on peut également bénéficier de nos différences, car les racines africaines des Garifuna sont au Nigéria [le groupe ethnique Yoruba, alors que le Sénégal est plus people de Peul et de Wolof]. Mais grâce à des artistes comme Youssou N’Dour, l’ensemble de l’Afrique est liée, et non divisée. Les Garifuna sont les descendants des esclaves ayant fait naufrage sur l’île de St Vincent qui se sont mélangés avec les Indiens Arawak. Nous sommes arrivés au Honduras il y a 200 ans et les traditions africaines sont toujours fortes dans notre cuisine, avec les plantains frits par exemple, et le foufou (couscous) de manioc. Nous avons également notre propre religion, et notre langue dans laquelle je chante. Et également nos coutumes d’homme et de femmes libres.
La musique est-elle importante dans cet ensemble?
Très. Je viens d’une famille de musiciens. Mes parents ne voulaient pas que je suive cette voie, donc je suis parti de la maison en 1985 à 14 ans et j’ai poursuivi ma vocation avec l’aide des anciens. Ils m’ont tout appris. Andy Palacio de Belize a été une sorte de mentor pour moi. Youssou N’Dour en sera un autre, et je me dévouerai à 100% à l’Initiative des Arts Rolex, car cela va beaucoup plus loin que mon propre engagement.
Traduit de l’Anglais par Guy everard Mbarga (L'entrevue)
http://www.rolexmentorprotege.com/fr/music/aurelio-martinez-self-portrait.jsp
Dominique Lattimore : Top-modèle afro américaine chilienne à croquer
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Les chiliens sont fous d’elles. Ils lui lancent des compliments comme “beauté noire ou je mangerais bien ce bout de chocolat”. Faites connaissance avec elle. (Ver galería de fotos)
La top-modèle et étudiante en relations publiques chilienne Dominique Lattimore (22) ne peut pas sortir dans la rue sans qu’on lui rappelle son mètre 74, sa peau de panthère et ses mensurations (88-61-90). “Ils me taquinent, mais dans le bon sens, ils me font des compliments positifs tels que beauté noire ou je mangerais bien ce bout de chocolat.
Partout ou je vais, ils me regardent, car on n’a pas l’habitude de voir des gens ayant ma couleur de peau et qui ne soit pas caribéenne parler en tant que chilienne ”, rappelle cette fille qui après son passage au dernier Santiago Fashion Week a gagné de nombreux fans et même le site internet inter Andes Planetamodelos.com, où elle apparait sous le titre : Envoyée par Dieu sur la planète Terre (Dios la envió al planeta Tierra).
“J’ai un profil bas, je ne peux te dire que je cherche à faire une carrière à la télé, mais je ne peux pas non plus dire jamais”, indique Dominique au journal Las Últimas Noticias, dont la couleur de peau provient de son père afro-américain.
“Je suis née ici, mais mon père est nord-américain, ma mère est Blanche, je suis une chilienne-gringa. Je parle anglais, car j’ai vécu environ trois en Ohio”, explique-t-elle
“Vous apparaissez dénudée sur les photos de Planetamodelos. Qu’avez-vous à dire?”, lui a t’on demandé dans une note publiée dans le Journal chilien cité plus haut.
Elle a répondu que “c’était la première fois que je fais des photos dénudées et j’ai bien aimé car je travaillais avec une équipe qui a réussi à me faire oublier ma pudeur. En fait, j’étais tranquille, car je me préoccupais de cacher tout ce qu’il fallait cacher, ” dit-elle en rigolant.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
Youtube de Dominique Lattimore 1 http://www.26noticias.com.ar/dominique-lattimore-un-chocolatito-chileno-para-comer-aunque-haga-calor-56305.html | |
Umalali, la voix des femmes garífunas
CARLOS GALILEA - Madrid

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga
Elles n’avaient jamais chanté de manière professionnelle et encore moins enregistré leur voix sur un disque. Ce sont des femmes qui se sont occupées de leurs enfants et de leurs foyers, jusqu’à ce qu’elles soient appelées pour le projet Umalali.
Leur musique occupe ce mois (août 2008) la première place du hit européen des musiques du monde et beaucoup d’entre elles viennent juste de performer à Mondragón et au festival La Mar de Músicas en hommage au chanteur Andy Palacio mort prématurément.
Le critique Charlie Gillett a suivi les exemples de Sam Phillips à Memphis ou Berry Gordy à Detroit, des gens qui ont lancé des maisons discographiques pionnières, pour parler du travail du producteur Iván Durán avec Stonetree Records –distribué par Cumbancha- dans un petit pays d’Amérique Centrale appelé Belize.

Depuis 10 ans, ce fils de catalans a enregistré des dizaines de garífunas ayant entre 20 et 86 ans. "Les femmes du Honduras, du Guatemala et de Belize ayant des voix spectaculaires", affirme Durán. Quelques 250.000 garífunas vivent en Amérique Centrale. Ce sont des descendants d’esclaves provenant de deux embarcations négrières espagnoles qui firent naufrage en 1635 en face de l’ile de Saint Vincent et dont les survivants se retrouvèrent sur la côte atlantique.
En 2001, l’Unesco a déclaré leur langue, danse et musique Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité.
Dans Umalali, aux percussions garífunas, on a ajouté des guitares électriques, la basse, le saxo tenor... "C’aurait été très facile de lancer un disque de 20 chansons de ces femmes accompagnées de tambours ou d’une guitare par-ci par là. Un projet déjà réalisé de nombreuses fois à travers le monde. Mon idée a été d’ajouter des choses qui ne seront offensantes pour aucun musicien garífuna. Nous n’essayions pas de faire une fusion avec quoique ce soit. Il s’agissait simplement d’enrichir l’arrangement par le biais de sonorités et de textures", affirme le producteur.
Les voix aigre-douce et authentique de Sofía Blanco, sa fille Silvia, Desere Diego, Chela Torres...se succèdent.
"Sofía vient du Guatemala, elle a 54 ans et n’a jamais chanté en dehors de sa communauté. Ce qui me touche le plus dans le disque, c’est l’histoire qu’il y a en arrière", dit-il. "Pour ces femmes, la musique est un usage quotidien. On ne chante pas pour chanter. On s’en va un jour à Punta Gorda, qui se trouve à environ quatre heures de la maison, et Sofía et sa fille sont venues avec moi dans la voiture. Nous sommes partis très tôt le matin et une demi-heure plus tard, elles me voient en train de conduire un peu pensif, et elles se mettent à chanter. Et elles n’ont pas arrêté pendant les quatre heures.
Des chants rythmiques et des mélodies simples enregistrées en face de la mer: "Un environnement dans lequel elles se sont senties à l’aise, étant donné qu’un studio c’est intimidant. Nous avons enregistré dans une maison normale, l’équipe se trouvait dans la cuisine, une chambre servait pour les chanteuses et la salle de séjour et pour les tambours.
On vivait sur place. Cela a permis que les gens se relâche et cela se ressent dans le disque ".
Iván Durán avait déjà réussi à transcender avec Wätina, le disque primé d’Andy Palacio, mort prématurément à 47 ans. La mort d’un être cher dans la culture garifunas est une occasion de se réjouir de l’avoir côtoyé dans la vie.
"L’enterrement d’Andy était mémorable. Des milliers de personnes chantant et dansant. La culture garífuna voue un grand respect à la mort et elle est perçue comme une suite, une continuation", explique Durán.
"Mon père et moi sommes les seuls socios du Barça à Belize. Nous sommes également en train de transformer mon fils de trois mois en socio. Mes parents voyageaient en Amérique Centrale et ont décidé de s’y installer en 1971.Ils ont fondé l’une des premières maisons d’édition du pays. Je me rends à Barcelone chaque année depuis mon enfance. La moitié des gens du quartier de Gracia fait partie de ma famille", dit-il en riant.
Publié le - 06/08/2008
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
Une chanson après l’autre. À un moment, mon portable a sonné, et avant de répondre, j’ai approché ma main de la radio pour baisser le volume, car la personne au bout du fil pensait que j’étais en train d’écouter une émission
", raconte Durán en souriant.



