La possibilité que le prochain président des États-Unis soit noir remplit d’illusions les latino-américains d’origine africaine qui voient en Barack Obama l’occasion de mettre fin au racisme, ont déclaré à Efe certains de ses représentants.

'Sa possible élection en tant que président représente l’effondrement de nombreux stéréotypes, dont le principal est la discrimination raciale ', indique Zulu Araújo, président de la Fondation Palmares, un organisme de défense de la culture noire au Brésil.

Araújo, président de la Fondation Palmares

En moyenne, un latino-américain sur cinq est descendants des Noirs et seulement au Brésil, on prévoit qu’en fin 2008, la population métisse et noire dépassera en nombre la population Blanche d’une façon minimale sur le total des 185 millions d’habitants que compte le pays, selon l’Institut de Recherche Économique Appliquée (Instituto de Investigación Económica Aplicada - IPEA).

'Cela représente un progrès de la civilisation dans un pays où il y a 40 ans on assassinait Martin Luther King et le  Ku Kux Klan agissait impunément', ajoute Araújo en référence au sénateur démocrate de l’ Illinois, qui est le premier noir à devenir candidat à la présidence des États-Unis, pays fondé en 1776.

Araújo, de même que les Afrodescendants au Mexique ont bon espoir que s’il est élu président Obama, qui a pour adversaire le républicain John McCain, mettra en place des politiques d’inclusion pour ce groupe.

Les Noris Mexicains sont présent dans de petites régions de trois des 32 états du pays (Guerrero, Veracruz et Oaxaca) et n’ont pas de leaders représentatifs au niveau national.

Pour Lucía Cruz, de l’Organisation de développement Ethnique Comumunautaire Afrodescendant (ODECA) de Oaxaca, Obama 'a déjà gagné du simple fait d’être candidat  officiel'.

Sonia Pierre, d’origine Haïtienne, qui est Défenseur des droits Humains de la république dominicaine a une appréciation similaire, elle qui considère que la candidature d’Obama aux élections du 4 novembre reflète le fait que les sociétés changent et avancent.

Sonia Pierre, head of the Movement for Dominican Women of Haitian Descent, an advocacy group for the 500,000 to 1 million ethnic Haitians who live in the Dominican Republic, poses for a photograph in Santo Domingo, Friday, March 30, 2007. Dominican officials are seeking to revoke the citizenship of Sonia Pierre, a move seen by human rights groups as an attempt to silence a vocal critic of the government. From AP Photo by Ramon Espinosa.

Sonia Pierre

Haïti est deuxième pays à avoir obtenu l’Indépendance en Amérique (1804) et l’a justement obtenu en devenant la 'première république noire'.

Obama 'signifie qu’un nouveau leadership a surgi de la diversité de même qu’une nouvelle voie vers la sauvegarde des droits humains et de la démocratie', indique pour sa part Juan de Dios Mosquera, leader du Mouvement National Afrocolombien Cimarrón.

Le premier candidat noir au gouvernement de Puerto Rico, Rogelio Figueroa, affirme que le fait que les États-Unis  'aient dépassé le racisme dans la nomination à la Présidence ' permet d’aspirer à de meilleures conditions sociales.

Rogelio Figueroa

Rogelio Figueroa

Douglas Quintero, leader fondateur de l’organisation Afroamérica 21, qui regroupe divers collectifs noirs d’Amérique Latine et de la Caraïbe et dont le siège se trouve en Équateur, indique pour sa part qu’avec la candidature d’Obama 'les barrières et les stéréotypes se brisent peu à peu.

'La candidature d’Obama reflète le fait que dans le monde actuel 'il suffit  d’avoir la connaissance et l’attitude suffisantes ' pour exercer cette responsabilité, ajoute-t-il.

Douglas Quintero

Pour la député et présidente de la Table de Travail Afropéruvienne (Mesa de Trabajo Afroperuana -MTA) de Perú, Martha Moyano, 'si son élection dépendait de nous, on  le voterait'.

Martha Moyano

Pour l’instant, le leadership d’Obama renforce la lutte des noirs américains pour mettre fin à la discrimination et occuper des espaces de pouvoir et de décision, comme l’estime la dirigeante du Mouvement Culturel  Saya Afrobolivienne Marfa Inofuentes.

Si Obama devient président des États-Unis, dit-elle, ce sera un fait 'hautement historique' qui contribuera à changer l’image des descendants africains en Amérique.

Pour les centre américains, la candidature d’Obama 'est une reconnaissance du peuple afrodescendant', indique pour sa part  le leader religieux du  Nord de la Caraïbe au Nicaragua, le révérend Norman Bent.

Le révérend Norman Bent

Du côté du Panama, Barack Obama 'qui aspire à devenir Président de la République' représente un modèle d’inspiration pour la population noire, indique la secrétaire exécutive de la Coordination des Organisations Noires Panaméennes (Coordinadora  Nacional de Organizaciones Negras Panameñas) Eunice Meneses Araúz.

Un peu loin de cet optimisme, le fondateur et ancien directeur du Réseau des Organisations Afrovénézuéliennes (Red de Organizaciones Afrovenezolanas), Jesús 'Chucho' García, signale qu’ 'Obama ne représente pas la position de la diaspora africaine aux États-Unis (et que) sa formation a plutôt des similitudes avec l’élite blanche'.

Eunice Meneses Araúz

Cependant, García reconnait qu’ Obama représente  'un discours de type nouveau' dans son pays et pour le reste du monde.

Même l’ancien président cubain Fidel Castro a écris dans l’une de ses tribunes que 'du point du vue social et humain (Obama est) le plus avancé des candidats à la présidence ' et qu’il  'n’est pas responsable des crimes commis (par Washington) contre Cuba'.

Edgardo Ortuño

De son côté, le député afrodescendant uruguayen Edgardo Ortuño, membre du parti au pouvoir  Frente Amplio a bon espoir que les États-Unis avancent 'vers le dépassement de siècles de préjugés et d’affrontements provoqués par le racisme'.

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga

EFE