Gabriela Villalobos
Historienne, Dpt. Antropologie et Histoire
Musée National du Costa Rica

Familia participando en taller del museo

Les premiers Africains arrivèrent au Costa Rica pendant la conquête et la colonisation de l’Amérique en tant qu’esclaves du fait de la crise démographique subie par la population indigène. Une deuxième période de leur arrivée fut le dernier tiers du 19ème siècle lorsque l’État libéral costaricain chercha à affirmer sa souveraineté dans la Caraïbe et à communiquer directement avec l’Europe par le biais de la construction du chemin de fer vers l’Atlantique.

Pour réaliser cette Enterprise, on négocia avec l’américain Minor Keith des terres et d’autres avantages qui permirent de lancer la production bananière à grande échelle de l’UFCO (United Fruit Company), ce qui transforma la logique des relations économiques, sociales et culturelles qui existaient dans la région depuis l’époque coloniale.

Dans le contexte de demande main d’œuvre pour la construction du chemin de fer et du développement de l’activité bananière, on fit venir un grand nombre d’afro caribéens, -surtout des jamaïcains-, ainsi que des chinois, des italiens et des centre américains. En 1872 arriva le premier navire à Puerto Limón en provenance directe de Kingston, Jamaïque; un an plus tard, on parlait déjà de la présence de presque 1000 afro caribéens à Limón. Ce millier augmenta peu à peu atteignant presque les 20.000 en 1927, soit environ 55% de la population de la province même si ce pourcentage baissa au cours des décennies suivantes.

Ces habitants d’origine antillaise qui avaient commencé leur vie en tant que travailleurs de la construction du chemin de fer, constituèrent par la suite la main d’œuvre de la plantation bananière et en partie des services urbains et sur les quais. Après l’abandon de l’ UFCO et de la crise des années trente, ceux qui ne migrèrent pas commencèrent à s’installer comme paysans locataires des terres de la Compañía et à se consacrer à l’exploitation de cacaoyères.

Pour réaffirmer la contribution de la culture afro-costaricaine dans le pays, le Syndicat des Éducateurs (SEC), au début de la décennie 1980 impulsa le décret instituant le 31 août comme “Día del Negro”(Journée des Noirs); jour choisi en commémoration de la “Première Convention sur la Situation des Noirs” qui prenait fin le 31 août 1920 au Madison Square Garden de New York, et qui représente un des antécédents fondamentaux dans le combat pour le respect et contre l’exclusion de la population afro descendante dans le monde, un combat qui n’a pas pris fin.

Traduit de l'espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.museocostarica.go.cr/es_cr/tema-del-mes/d-a-del-negro.html?Itemid=117