Les femmes afrodescendantes d’Amérique Latine et de la Caraïbe forment une population d’environ 80 millions de personnes. Compte tenu de ce chiffre, on pourrait penser qu’il est difficile de les dissimuler, pourtant elles ont été rendues systématiquement invisibles dans l’histoire pendant des siècles. 

Et même de nos jours, les pays  qui envisagent des politiques publiques dans lesquelles sont considérées les conditions, les besoins et les caractéristiques spécifiques des femmes noires sont rares.

De fait, jusqu’à présent, de nombreux pays ne disposent pas de recensement avec des données statistiques classées par catégories ethnico raciales. 

Étant donné que la majorité des pays d’Amérique Latine et de la Caraïbe ont des constitutions ou des lois interdisant la discrimination raciale ou de genre, le racisme se manifeste à travers les préjugés, la négation des racines culturelles de leur passé africain et les formes sociales de discrimination.

Les femmes noires ont joué un rôle dans la gestation du mouvement féministe latino-américain, peut-être pas dans le nombre, mais à coup sûr dans le militantisme. C’est là qu’est né l’espace de réflexion et d’analyse de la question ethnique et raciale qui a eu un résultat concret avec la création de la Maison de l’Identité de Femme Afro (Casa por la Identidad de la Mujer Afro), en 1989 en République Dominicaine.

Actuellement, dans toute l’Amérique Latine et la Caraïbe, de nombreuses organisations de femmes noires ont vu le jour devant la nécessité d’ouvrir des espaces dans les sociétés. Tel est le cas de la Coordination Nationale des Femmes noires en Équateur (Coordinadora Nacional de Mujeres negras en el Ecuador  - CONAMUNE), organisation de la société civile née en 1999 et dont l’objectif est de générer, de soutenir et d’impulser la consolidation de l’unité des femmes noires, en renforçant la formation politique et le développement productif individuels.

  La CONAMUNE, contribue à l’éducation, la formation, la participation politique et au développement productif de la Femme Noire, et cherche à renforcer son potentiel, et ainsi démontrer ses capacité dans divers secteurs pour contribuer au développement du peuple noir dans sa façon d’être particulière.   

La CONAMUNE est présente dans les 10 provinces suivantes: Esmeraldas, Guayas, Los Ríos, El oro, Carchi, Imbabura, Pichincha, Pastaza, Sucumbíos et Orellana. Les membres de cette organisation sont convaincues que par la formation et le développement économique et par leur participation active, les femmes noires réussiront à faire que chacune d’elle prenne conscience et définisse le rôle qu’elle souhaite  jouer et doit remplir dans la société.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga