24 février 2008

Propositions des Afroéquatoriens à l'Assemblée Nationale Constituante

Les 7 et 8 février derniers, j’ai accompagné une délégation d’afroéquatoriens à Ciudad Alfaro, Montecristi.

L’objectif était de présenter la proposition du peuple afrodescendant à l’Assemblée Nationale Constituante. La proposition suggérait que la Nouvelle Constitution conçoive une nation sur le modèle multiethnique, interculturel, inclusif et sans racisme.

La délégation a défendu cinq thèses: I) La reconnaissance de l’Équateur en tant que nation multiethnique, ceci implique le maintien du statut de "peuple" pour les afrodescendants; II) La défense des droits collectifs gagnés dans le cadre de la Constitution de 1998, y compris en élargissant le droit à la non discrimination, en tenant compte que c’est le seul pays en Amérique Latine qui envisage cela; III) Obtenir que constitutionnellement soit combattu le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les autres formes d’intolérance culturelle et par conséquent l’application de mesures d’actions affirmatives visant à réparer les dommages causés aux victimes de l’esclavage et du racisme; IV) Consacrer le droit à la participation politique directe pour les minorités culturelles au Congrès par le biais d’une circonscription électorale spéciale au niveau national pour les afroéquatoriens ; et V) Dans le cadre de l’ordonnance territoriale la nation, constituer les circonscriptions territoriales afroéquatoriennes et indigènes dans leurs zones.

La proposition du peuple afroéquatorien est claire. Elle mise sur un modèle d’inclusion sociale, de relations interculturelles et de reconnaissance de droits collectifs. Mais, n’étaient-ce pas les mêmes points qui furent défendus lors de la constituante de 1997? Dans la forme, il y a ressemblance, mais pas dans le fond.

Il y a 10 ans, le théâtre des revendications était différent. On allait connaitre un essor du multiculturalisme et l’émergence forte du mouvement indigène et des femmes dans un environnement néolibéral et de droite. En partant de cette conjoncture, des politiques culturelles furent inscrites et acceptées comme des "stratégies de reconnaissance", mais non d’habilitation citoyenne.

On dira que ce qui a été vécu au cours de ces dernières années fut une espèce de "multiculturalisme Light", qui a favorisé une inter culturalité superficielle, un corporatisme ethnique fut institué en plus de son incapacité à freiner la pauvreté, l’exclusion sociale, le racisme et les inégalités.

La conjoncture est différente aujourd’hui. Le mouvement afrodescendant est plus visible sur la scène publique. La Conférence de Durban de 2001 a généré une dynamique transnationale qui a permis que l’agenda international donne une importance au thème du racisme et ses effets négatifs sur la liberté culturelle, la citoyenneté et le développement économique et social. D’autre part, les nations latino-américaines expérimentent des transformations politiques radicales de leurs modèles de démocratie, de développement et de gouvernance. Le discours du socialisme du 21ème siècle encourage ces changements.


Mais, il se peut qu’il y ait une préoccupation par rapport à ces nouveaux changements: ouu se situent les demandes afrodescendantes dans ce socialisme du 21ème siècle?, Autrement dit, les propositions d’inter culturalité, d’inclusion sociale et d’antiracisme pourraient-elle être bien reçue dans l’expérimentation révolutionnaire que vit la démocratie équatorienne? Les réponses sont nécessaires pour pouvoir comprendre si les propositions faites à l’Assemblée Constituante de Montecristi par  les afroéquatoriens seront bien reçues et auront un effet positif pour le nouveau modèle de nation et d’état que l’on souhaite édifier sous les principes du socialisme du 21ème siècle que semble préconiser le bloc majoritaire ou de constituants en tête desquels se trouve la figure charismatique du président de la République Rafael Correa.

Pour l’instant, la proposition est faite. Reste maintenant à affiner les détails stratégiques. L’activisme, la pédagogie, la négociation et la participation sont nécessaires pour le peuple afro. L’Assemblée Constituante a encore quelques mois devant elle. On verra bien comment les faits évoluent. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que les solutions se trouvent toutes seules. Il faut rester attentifs et en mouvement
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Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga

Source: Actualidad Étnica

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23 février 2008

Les jeunes afrodescendants d’Amérique Centrale s’unissent

 

La nouvelle communauté régionale disposera de réseaux de jeunes à Belize, au Costa Rica,au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et au Panamá, a souligné Luis Diego Segura, auxiliaire de l’Unité de Société Civile et de Participation de la Fundapem ( Unidad de Sociedad Civil y Participación de la Funpadem)

 

 

Les jeunes Centre américains descendants des africains ont annoncé la création en ce jour d’un groupe d’action pour se regrouper afin de faire face à la situation d’exclusion dont ils souffrent dans la région.

 

 


Selon les leaders de la Fondation pour la Paix et la Démocratie ( Fundación para la Paz y la Democracia -Funpadem) du Costa Rica, les jeunes afrodescendants de la région sont fatiguée de la discrimination dont ils sont l’objet.


Ils ont indiqué dans un communiqué que dès qu’ils seront organisés, ils passeront de la parole aux actes.

 

 


La nouvelle communauté régionale aura des réseaux de jeunes à Belize, au Costa Rica,au Guatemala, au Honduras, au Nicaragua et au Panamá, a souligné Luis Diego Segura, auxiliaire de l’Unité de Société Civile et de Participation de la Fundapem.

De manière collective, ils ont analysé les espaces existants pour la participation citoyenne des jeunes afrodescendants, dans quelles conditions économiques ces espaces se développeront, et quel est l’espace social dans lequel ils vivent, entre autres choses, a-t-il ajouté.

 


L’initiative est soutenue par l’Organisation Noire Centre-Américaine (o de la Organización Negra Centroamericana, ONECA), présidé par l’hondurien Celeo Álvarez.

En novembre dernier, lors de la quatorzième Assemblée Générale de l’ONECA qui s’est tenue au Panama, l’ambassadeur du Honduras dans ce pays, Juan Alfaro Posadas, avait déclaré que les noirs, de même que les autres groupes ethniques de l’Isthme sont dénigrés à cause de la couleur de leur peau.

Il a souligné que très souvent, ils sont marginalisés et on tente de les dénigrer en les faisant passer pour des personnes aux idées courtes.

L’Amérique Centrale compte environ 46 millions d’habitants, dont 10% sont des descendants d’africains, la majorité vivant dans la pauvreté et la pauvreté extrême.

 

 

Source: Prensa Latina

 

 

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

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John McWorther : “ Pour beaucoup, être noir c’est aussi être une victime ”

Pour l’intellectuel John McWorther, le plus grand problème des noirs américains ce n’est pas le racisme, mais plutôt leur habitude de se sentir victime des blancs 



Dans Losing the Race: Self-Sabotage in Black America (“Course Perdue: Auto-Sabotage dans l’Amérique Noire”), le linguiste John McWorther affirme que le pire problème des noirs est leur propre victimisation. Certains l’ont traité de  “traître pour sa race” et de “nègre de louage”. Tandis que d’autres l’ont abordé dans la rue pour lui dire comment le livre a changé leurs vies. Ci-dessous, suivez l’entrevue accordée par McWorther:


Que signifie  la double conscience noire ?
Ce que j’essaie de dire avec cette expression c’est que, même si le racisme reste présent dans la société, le plus grand problème de la communauté noire n’est pas ce que les blancs pensent d’elle. Le problème est culturel, il est interne, la façon dont les noirs se traitent eux-mêmes. Je pense que les gens ont besoin de s’aider eux-mêmes et les uns les autres. C’est ainsi que les sociétés évoluent. En fait, les noirs le savent et se le disent entre eux tout le temps. Mais, en public, quand il y a un blanc pas loin, ils se mettent à jouer les victimes, à parler du fait que la société a une dette, comme le racisme est subtile, mais qu’il reste présent. C’est une double conscience : vous êtes une victime en public et un vainqueur  à la maison. Et cela crée une grande confusion dans la manière dont le racisme est discuté aux États-Unis.

Vous avez récemment écris un article intitulé Stop au Ku Klux Klan Noir.  Existe-t’il un équivalent noir du  KKK?
 


C’était évidemment un recours rhétorique que j’ai emprunté à Jason Whitlock  [commentateur sportif noir]. Ce qu’il y a c’est que, quand un noir meurt, dans la majorité des cas, son meurtrier est un autre noir, faisant partie des gangs ou étant lié à la drogue. Ces assassins représentent le  KKK noir. Si un  individu blanc d’une école du Sud débarque et tue des noirs, le crime fait la une de tous les journaux. Mais il y a des noirs qui sont victimes d’autres noirs tout le temps et le fait est considéré comme étant banal, comme un sujet sans importance. Les noirs accordent beaucoup d’importance au blanc qui tue un noir, mais non quand un noir agit de même. Ce n’est pas convenable.

Que pensez-vous de l’influence des noirs américains sur les noirs du monde?
 


Vous savez, je me préoccupe  assez de l’influence des noirs américains sur les autres noirs. Ce dont je parle c’est le  hip-hop et de l'attitude gangsta. Quand je vois des turcs qui imitent cette attitude en Allemagne, les noirs des favelas du Brésil, je trouve que  c’est très  dangereux. C’est la même chose en Afrique, où la pauvreté est extrême et où il existe un grand besoin de ressources humaines, mais les musiques des jeunes continuent de parler de balancer le derrière, comme les américaines. Ce n’est décidément pas la meilleure chose au monde.


Depuis l’époque du jazz, la musique noire américaine est une référence mondiale. Qu’en est-il aujourd’hui?
La musique noire américaine. Bien qu’une bonne partie d’elle soit réellement de la bonne musique, la rage, le discours de haine est théâtral, c'est une attitude. Être enragé c’est facile, être enragé c’est légal , être enragé c’est quelque chose qu’on doit montrer. Mais une bonne partie du hip-hop c’est la façade, c’est être enragé pour être enragé. Porter des vêtements amples, montrer le majeur aux adultes, lâcher des jurons sans cesse, maltraiter les femmes et dire tout le temps comment vous êtes  le plus grand. Quel est le message? C'est que tous les noirs doivent se comporter ainsi jusqu’à ce qu’il y ait l’égalité raciale. Et quand vous êtes dégoûté par cette attitude,  que faites-vous pour aider quelqu’un ou pour vous aider vous-mêmes? Un jeune blanc peut aimer le hip-hop, mais au bout du compte, il sait qu’il va devoir se battre et beaucoup étudier pour obtenir une place à l’université.

À quoi ressemblait le fait d’être jeune durant ce qu’on a appelé  “l’âge d’or du  hip-hop”?
Je ne vivais pas à New York et franchement, cela n'avait pas autant d'influence que ça. Ma mère et mon père avaient un diplôme universitaire même si je ne représentais pas la cas classique d'une famille pauvre qui se bat pour porter la première génération à l’Université. Lorsque j’étais jeune,  on disait déjà que j’étais “très blanc”, parce que je ne parlais pas comme les noirs du mouvement. Aujourd’hui, je suis fréquemment  insulté par des noirs, principalement par ce que je vis en écrivant des choses que les gens ne vont pas toujours aimer.

Avez-vous déjà été victime de racisme?

Je ne dirais pas que j’ai été victime, mais il y a eu des fois où la race a contribué à transformer négativement certains événements. Une fois, je n’ai pas obtenu un emploi et des mois après, j’ai découvert que c’était à cause de ma couleur de peau. Des choses comme ça. Le racisme fait partie de ma vie et en général de manière douloureuse. Mais, à dire vrai, au jour d’aujourd’hui il est plus indirect que par le passé. Et c’est là le point le plus important de mon livre Losing the Race: le racisme n’a pas été une partie suffisante de ma vie pour dire qu’il est particulièrement important.

Est-il possible de classer avec exactitude qui est blanc et qui est noir ?

C’est une question très intéressante. Il y a cette façon brésilienne et latino-américaine d’identifier les personnes. Vous pouvez être entre tous les degrés entre “blanc” et “noir”, vous pouvez être  “moitié noir, mais pas noir” et identifié ainsi. Ici, avec la One Drop Rule [règle selon laquelle celui qui possède la moindre descendance noire est noir], quand vous avez un père noir et une mère noire, vous avez en vous la  “négritude”, et vous êtes noir, point final. Mais il existe un mouvement birracial qui, au cours des 10 dernières années a essayé d’inclure l’option mulâtre dans le recensement. C’est quelque chose d’absolument nouveau, à laquelle il était impossible de penser dans les années 70 et 80 par exemple. Mais il ne s'agit pas de choisir entre ce qui est mieux et de ce qui est pire.

Comment définissez-vous le fait d’être noir? Cela signifie-t-il vivre une situation spéciale?
Ma définition n’est pas aussi profonde que celle de plusieurs personnes sérieuses .Il existe une sous culture noire en Amérique. Il y a une manière de parler – jusqu'à présent, je ne parle pas ainsi –, il y a  une expression corporelle différente,  une cuisine différente – j'adhère absolument à cette dernière –, il existe la musique, avant le  hip-hop, le blues, le jazz, la soul et le funk. Vous êtes élevé dans ça, et vous vous identifiez à cela. Pour beaucoup,  cependant,  être noir c’est aussi être une victime. Pour moi ce n’est pas le cas. Je ne vais pas passer mon temps ici et là à m'étendre sur une conception fragile de moi même . Je suis noir, mes parents sont noirs, ma culture est noire. Mais je me définis, premièrement, comme un être humain, deuxièmement et principalement, américain et seulement après comme noir.

Traduitt du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://afrobras.org.br/index.php?option=com_content&task=view&id=3311&Itemid=2

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22 février 2008

Suazo, attaquant de l’Inter de Milan fait rêver les petits Garifuna du Honduras



Motivés par les exploits du buteur de l’Inter de Milan David Suazo et d’autres footballeurs qui jouent à l’étranger et qui sont devenus de nouveaux millionnaires, des centaines de petits garifunas honduriens s’entrainent quatre heures par jour sur la côte de la Caraïbe pour imiter leurs idoles."Nous devons suivre les pas de David Suazo", dit à l’AFP Alberth Sninder Centeno, le benjamin  des enfants de la cuisinière d’une garderie de ce fascinant paysage caribéen.

Entrainés par le technicien hondurien Francisco Bernárdez, une trentaine de jeunes et d’enfants garifunas se prépare à triompher dans le football et suivre les traces de Suazo, qui réalise d’excellentes performances au sein de l’attaque de l’Inter. Il a ainsi inscris son cinquième but de la saison dimanche dernier

Tout en enseignant à ses pupilles des variantes défensives et offensives, Bernárdez souligne que les noirs honduriens sont naturellement rapides et puissanst, du fait de leurs gênes africains et l’alimentation faite de plantain, de banane, de manioc et de poisson.

"Ils ne voient que Suazo... qui bat ses adversaires en pure vitesse ", affirme Bernárdez, alors qu’il montre aux petits footballeurs comment profiter de la largeur du terrain, qu’ils soient précis dans leur touche de balle sur les murs quand ils sont face à un adversaire.

Pendant les entrainements, tout tourne autour de Suazo et l’admiration est telle pour l’attaquant "catracho" que même l’entraineur porte un maillot du footballeur numéro un de ce pays d’Amérique centrale.

"Si Suazo est arrivé à l’Inter, moi aussi j’en suis capable", intervient Centeno, un fervent supporter de  Cristo, qui joue au poste de gardien de but. "Si je reste ici, je ne vais pas réussir", ajoute-il avec détermination.

Au cours de la dernière décennie, le Honduras est devenu l’un des plus grands exportateurs de joueurs de l’Amérique Centrale. Il y a notamment Julio César "Rambo" de León à Genoa, Edgard álvarez à Livorno, Wilson Palacios et Maynor Figueroa à Wigan en Angleterre et Carlo Costly au Belchatow polaco entre autres. Mais Suazo est sans l’ombre d’un doute le chouchou.

Le Ministère des Affaires Extérieures et de la Coopération et la Fondation de l’Atlético de Madrid ont signé hier un accord de collaboration qui permettra d’ouvrir des écoles en Argentine, au Honduras et au Maroc pour marquer "un but à la pauvreté", selon les mots du chef de la diplomatie espagnole Miguel Ángel Moratinos, selon ce qui a été publié par le journal Marca hier.

Moratinos a souligné le sentiment de "responsabilité" des joueurs de l’Atlético qui jouent le rôle d’ambassadeurs des projets et a souligné à quel point le football représente la porte de "sortie" que de nombreux enfants des continents dans lesquels règne le "désespoir" trouvent pour "vivre un monde meilleur". Le hondurien José "La Coneja" Cardona a joué avec les "Colchoneros".

Traduit de l'Espagnol par Guy everard Mbarga

http://garifunalink.com/?module=gknewsph&node=news_front&action=get_news_detail&news_item_id=93

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Edson Santos, le nouveau Ministre brésilien du Seppir installé par Lula

20/02/2008 - 15:46)

 

Le député  Edson Santos a été installé ce soir dans ses fonctions de ministre du Secrétariat Spécial des Politiques de Promotion de l’Égalité Raciale (Seppir) par le président  Luiz Inácio Lula da Silva. Des centaines de personnes parmi lesquelles des députés, des sénateurs, des représentants du Mouvement Noir et des organisations culturelles étaient réunis le Palais du Planalto où la cérémonie de  posse a eu lieu.

Après la signature  des documents de la prise de fonction, le président  Lula, dans son discours a indiqué qu’il avait envoyé une mesure  provisoire au Congrès pour transformer le  Seppir en Ministère de la Promotion de l’Égalité Raciale. Le public a alors applaudi et lancé des "Olê, olê, olê, olá, Lula, Lula". Pendant son discours, Lula a défendu l’ex-ministre Matilde Ribeiro. "Elle a quitté le gouvernement en n’ayant commis aucun crime, aucun délit, mais seulement des erreurs administratives", a-t-il indiqué. 

Le président a attiré l’attention du Mouvement Noir du Brésil sur la nécessité d’un consensus en vue de l’approbation du Statut de l’Égalité Raciale. "Tant que vous serez là à vous disputer, il restera là à moisir". Lula a affirmé que le mouvement noir a le droit de revendiquer plus que n’importe quel secteur de la société. A la fin de son discours, le président a remercié l’ancien secrétaire par intérim du Seppir, Martvs das Chagas et a souhaité bonne chance au nouveau ministre Edson Santos.

L’ex-secrétaire Martvs a indiqué dans son discours que le président Lula a choisi l’un des meilleurs cadres en plus d’être l’un des plus qualifiés pour diriger le Seppir. À la fin de la cérémonie, le nouveau ministre Edson Santos a remercié le président pour sa confiance, le gouverneur du Rio, Sérgio Cabral, présent lors de l’événement et a spécialement remercié ses parents "Merci de nous avoir éduquée mes frères et moi et de nous avoir appris à être fiers de notre race", a-t-il déclaré. 


Marília Matias Oliveira FCP/MinC

Traduit par Guy Everard Mbarga

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14 février 2008

Nei Lopes crée un dictionnaire pour révéler les écrivains noirs brésiliens

En mars de l'année dernière, au cours d'un débat, l'écrivain et compositeur Nei Lopes a entendu un collègue de table ne citer que des auteurs blancs en parlant du thème "Le noir dans la littérature brésilienne". Tel a été la graine qui a permis de commencer la production du Dictionnaire Littéraire Afro Brésilien "Dicionário Literário Afro-Brasileiro"Dictionnaire Littéraire Afro-Brésilien) désormais publié.

"J'ai senti qu'il était nécessaire de sortir de l'invisibilité le grand contingent d'écrivains noirs existants dans notre panorama littéraire ", affirme Lopes. "Et montrer également la manière dont les noirs sont habituellement traités, avec des stéréotypes qui ont façonné de manière biaisée la perception de la société brésilienne sur nous, afrodescendants de tous les niveaux." Selon lui, ces stéréotypes ont atteint les telenovelas, avec les personnages de la bonne à tout faire, du noir voleur etc.

Les notes contiennent des livres, des auteurs et des personnages. Les textes sont beaucoup plus descriptifs que militants, mais la vision critique de Lopes est perceptible. Les créations des écrivains importants sont consignées comme ayant pu contribuer, d’une certaine manière à la consolidation d'un discours raciste.

"Il y a des personnages qui sont de véritables archétypes comme Bertoleza de "O Cortiço" [de Aluísio de Azevedo]; la galerie du genre de Jorge Amado; de Josué Montello dans "Tambores de São Luís'; et ceux du théâtre de Arthur Azevedo", constituent un exemple. Plutôt que de revenir sur la supposée aliénation de Machado de Assis sur les questions raciales, Lopes voit un sens militant dans son œuvre en parlant d'écrivains peu connus, particulièrement les contemporains.

"À São Paulo, par exemple, il y a un mouvement littéraire qui publie les anthologies annuels depuis plus de 20 ans. À Minas, il y a une éditrice d'auteurs noirs. Le dictionnaire est composé dans une perspective visant à monter ce qui est caché ", affirme-t-il.

Avec une vocation de polémiste développée dans des articles de journaux, il s’agit pour lui d’être en ligne de front de la défense des quotas dans les universités et contre ce qu’il appelle le "racisme organisé".

"Vous écrivez un article, et le jour suivant, on a déjà un "docteur de l’USP", comme dit Chico Alencar [député fédéral du PSOL], en te répondant. Vous écrivez une lettre au journal, et au bas de celle-ci, on a déjà une "note de la rédaction". Le racisme s’est organisé pour nier l’existence du racisme au Brésil."

En lançant son 21ème livre, Lopes reconnait qu’il cherche un "respect" qu'il n'a pas obtenu dans la musique populaire, malgré ses 35 ans de carrière et de succès comme "Senhora Liberdade", "Tempo de Dondon" et "Gostoso Veneno". "Même si ici chez moi c’est le sambiste qui paie les factures de l’écrivain, je crois qu'il n'a pas encore conquis le respect qu'il mérite", déclare-t-il.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.irohin.org.br/onl/clip.php?sec=clip&id=2794

DICIONÁRIO LITERÁRIO AFRO-BRASILEIRO
Auteur: Nei Lopes      Editeur: Pallas
Prix R$ 35 (168 pages.)         Source: Folha Online

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Juan Pablo Sojo: créateur de l’Afrovénézualité

Publié le 23/12/2007

Alors que l’on fête le centenaire de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire de sa naissance et dès le mois de novembre a commencé à se souvenir de lui avec une série de conférences autour de son œuvre.

Il y a un siècle naissait le pionnier des études afrovénézuéliennes Juan Pablo Sojo. C’était le 23 décembre de l’année 1907 que le célèbre écrivain avec sa plume et sa sensibilité fit naitre et ouvrit le chemin, peut être inconsciemment, de la reconnaissance d’un des segments les plus importants de la diversité culturelle vénézuélienne comme l’est l’africanité.

Il s’inspira de son père le vieux (viejo) Juan Pablo Sojo, qui fut écrivain, collectionneur de traditions populaires d’origine africaine à Curiepe, et se laissa en même temps envelopper par le voile historique de ce Curiepe qui avait toujours lutté, dès sa fondation pour la revendication de sa fierté d’origine africaine, puisqu’il fut le premier village fondé par des africains et leurs descendants en condition de liberté au cours du 18ème siècle.

“Nochebuena negra”, de Juan Pablo Sojo

C’est dans ce contexte qu’il s’inspira de ses traditions pour écrire sa plus grande œuvre littéraire connue sous le nom de Noche Buena Negra ( Réveillon nègre), une nouvelle qu’il écrivit à l’âge de 22 ans et qui aborde les manifestations culturelles de Curiepe, du Mampulorio et du Sambarambule aux fêtes de Saint Pascal Bailon et Saint Jean Baptiste (San  Pascual Bailón y San Juan Bautista), mais également la spiritualité et le la révélation de l’exploitation à laquelle furent soumis de nombreux descendants d’africains par les propriétaires.

Mais Juan Pablo Sojo fut également essayiste et chercheur. En 1943 il écrivit son livre Temas y Apuntes Afrovenezolanos, dans lequel il inventa le terme afrovénézuélien, ce qui dément les intellectuels racistes autant de gauche que de droite qui affirment que les luttes afrovénézuéliennes sont une mode que nous avons récemment inventée sous l’influence afro-américaine.

Il s’agit d’une preuve historique laissée par Sojo, qui il y a plus d’un demi siècle parlait des afrovénézuéliens. Sojo a également écrit plus de cent articles sur la situation politique, sociale et culturelle de notre Barlovento. Des journaux tels que El Nacional, La Esfera, El País, et les revues Shell et El Farol ont recueillis ces beaux articles et essais qui l’ont même conduit à remporter des prix littéraires.

En ce centenaire de la naissance de cet insigne écrivain, la petite ville de Curiepe a créé un comité de célébration du centenaire et dès le mois de novembre, on a commencé à se souvenir de lui par le biais d’une série de conférences autour de son œuvre.

Casimira Monasterio, Rodolfo, Luisín, Horacio de même que des proches de Sojo ont revendiqué, avec ou sans soutien officiel le long parcours de ce natif de Barlovento qui lors de son passage en ce monde a laissé une marque profonde. Et un siècle après sa naissance, il n’a pas été oubliée, générations après générations, même si ni les écoles de Barlovento, ni celles de l’État de Miranda et encore moins les écoles nationales ne connaissent ses œuvres, une erreur qui doit être corrigée à l’occasion de ce centenaire.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.diariolavoz.net/seccion.asp?pid=18&sid=438&notid=246908

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11 février 2008

Afrobrésiliens et africains : plus d’échanges sont nécessaires

Pour Modibo Diarra, "la peur" réciproque entre les brésiliens et les africains peut être altérée par ‘action des médias alternatifs et des mouvements sociaux. Il recommande un plus grand dialogue pour faire face aux inégalités. 

Par Beatriz Camargo

"J’ai été il y a un an au Brésil et je n’ai vu aucune information sur mon pays", critique l’anthropologue malien Modibo Diarra, qui fait une recherche sur la route de l’esclavage de l’Afrique au Brésil et qui a pris part au second volet des Dialogues avec l’Afrique ("Diálogos com a África II"), une des activités décentralisée du Forum Social Mondial (FSM) 2008. Pour Diarra, les pays africains et le Brésil ont beaucoup de choses en commun et devraient plus dialoguer. Parmi les problèmes communs, il choisit le "sous-développement et les inégalités: une minorité qui possède tout et une majorité qui souffre".

"La façon dont les africains voient le Brésil est–elle positive? Je pense que non. Et comment les brésiliens voient-ils l’Afrique? Non plus positivement. Il y a la peur, et cette peur a été aggravée en nous. Quelque chose empêche le dialogue entre le Brésil et l’Afrique", diagnostique le chercheur. Diarra qui a également été journaliste pendant plus de 20 ans considère les médias comme les principaux responsables de ce qu’il appelle "l’obscurité " de l’Afrique au Brésil et vice-versa.

L’anthropologue espère que des véhicules alternatifs ainsi que l’interaction entre les mouvements contribuent à briser le "mur" qui sépare les deux continents baignés pa.l’Océan Atlantique. "Il y a une politique qui souhaite laisser l’Afrique dans l’obscurité. En poursuivant ce que nous sommes en train de faire en ce moment [partager les expériences], la lumière jaillira à un certain moment. Il faut faire confiance à l’Afrique."

Échanges d’expériences

Selon  Suelma Inês de Deus, du Soweto Organização Negra, l’interaction avec les organisations africaines durant le FSM 2007, à Nairobi, au Kenya a apporté un immense apprentissage. "Il y a autant dans la culture que dans la politique quelque chose en commun. Nous apprenons de leurs initiatives, comme les projets sociaux mis en place dans les favelas qui sont liées au mouvement noir ".

Gildean "Panikinho" Pereira, rappeur et également membre de Soweto Organização Negra raconte l’échange réalisé au Kenya lorsque le mythe sur la conception de l’Afrique a été brisé. Avant d’aller au FSM de 2007 à Nairobi, il a fait une enquête sur les rappeurs qui avaient des engagements proches de ceux du mouvement noir d’ici. Il a été impressionné lorsqu’il a pris connaissance des groupes. "Ils sont plus politisés que beaucoup de rappeurs brésiliens, leurs productions sont de hauts niveaux et ils sont plus organisés. Ils sont en contact avec l’ensemble du continent", décrit-il.

Le mythe, poursuit Panikinho est présent des deux côtés. "C’est la raison pour laquelle il est très important d’être en contact direct. La relation avec l’Afrique est très nouvelle. Nous apprenons la manière dont ils affrontent un autre type de racisme et comment leur expérience peut contribuer à la nôtre. D’un autre côté, notre expérience [d’afrodescendants] apporte un nouveau regard sur leur identité."

Cette rencontre a également permis d’avoir une opinion différente sur le conflit vécu au Kenya depuis décembre 2007, après les résultats des élections présidentielles. Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), les affrontements ont déjà causé près de 800 morts et plus de 250 000 déplacements. "Le conflit est une question politique ", affirme le rappeur de la Soweto Organização Negra. "Les kenyans étaient déjà mécontents du gouvernement, qui était proche des intérêts des pays les plus riches."

"Le problème est que l’aliénation du peuple fait que d’autres choses qui ont toujours existées- mais qui ne sont pas fondamentales – prennent de l’ampleur. Le gouvernement place la question ethnique comme centrale, alors que ce n’est pas le cas". Il cite comme exemple les jeunes des différentes ethnies du mouvement hip hop, qui sont du même côté et qui se battent pour les mêmes objectifs. "Ils ont déjà dépassé ce problème ethnique".

L’événement "Diálogos com a África II" fait suite au "Diálogos com a África I", rencontre ouverte qui s’est tenue après le voyage de la Soweto OrganizaçãoNegra pour le FSM 2007, au cours duquel furent présentés les principaux échanges établis entre le mouvement noir brésilien et les organisations africaines.

Traduit du portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.reporterbrasil.com.br/exibe.php?id=1273 

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04 février 2008

Dojival Vieira, Mouvement Brasil Afirmativo : “ Matilde Ribero est un bouc émissaire ”

Luana Lourenço
Reporter de Agência Brasil

Brasília - La ministre Matilde Ribeiro a été victime de la “tradition raciste” de l’État brésilien et traitée comme le “bouc émissaire de l’affaire des cartes de crédit corporatives *” selon le coordinateur du Mouvement Brasil Afirmativo, Dojival Vieira.

Après avoir reconnu sa faute dans l’utilisation de la carte de crédit corporative, la ministre a remis sa démission (le 1er février) de ses fonctions de Ministre du Secrétariat Spécial des Politiques de Promotion de l’Égalité Raciale  (Seppir). Le mouvement noir craint la disparition du secrétariat avec son départ, selon Vieira.

La tête de la ministre a été livrée par le gouvernement pour éviter qu’une CPI [Commission d’Enquête Parlementaire] étudie en profondeur la beuverie des cartes corporatives. Elle est utilisée comme un bouc émissaire servant à dissimuler une crise”, pense-t-il.

Selon Vieira, le traitement lié aux dépenses effectuées avec la carte de crédit corporative aurait été différent au cas où un ministre blanc était impliqué. “Le chef du mensalão, José Dirceu, n’est par exemple parti que lorsqu’il fut révoqué par le  Congrès. Alors que Benedita da Silva, pour une somme ridicule de R$ 4 000 qu’elle a utilisé pour aller participer à un culte évangélique à Buenos Aires a été exécrée et victime d’ostracisme politique”, compare-t-il

Vieira craint que la démission de la ministre entraine l’extinction du Seppir. Même s’il critique la gestion de Matilde Ribeiro d’un Secrétariat qu’il qualifie “d’excessivement paulistain et en majorité proche du parti travailliste ”, il affirme que l’entité est un espace important pour répondre aux revendications des noirs du Brésil et ne peut pas être dissous.

Le Seppir est une revendication historique des mouvements sociaux noirs. Malgré l’action  négative de la ministre, il a était important de donner de la visibilité à la thématique ethnico-raciale brésilienne. Nous ne pouvons pas lâcher cet espace conquis”, estime-t-il.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.agenciabrasil.gov.br/noticias/2008/02/01/materia.2008-02-01.2549267266/view

*(Cartes de crédit réservées à l’usage des organes de gestion de l’administration publique fédérale)

Dojival Vieira, journaliste

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Brésil : La communauté noire propose Leci Brandão pour remplacer Matilde Ribero

Leci Brandã, chanteuse

Luana Lourenço
Reporter de Agência Brasil

Brasília – La chanteuse Leci Brandão est désignée par Frei David, fondateur et conseiller de l’organisation non gouvernementale (ONG) Educação e Cidadania de Afro-descendentes e Carentes (Educafro), comme la proposition de la communauté noire pour remplacer la désormais ex-ministre du Secrétariat Spécial des Politiques de Promotion de l’Égalité Raciale (Seppir), Matilde Ribeiro qui a démissionné de ses fonctions ce 1er février).

Compte tenu de la faute administrative de Matilde, nous estimons que le gouvernement Lula doit réfléchir sagement et choisir une personne qui fait l’unanimité au niveau national. Et nous pensons que Leci Brandão est ce grand personnage du moment”, affirme-t-il.

Frei David a indiqué que lors d'une rencontre après la réélection du président Luiz Inácio Lula da Silva, il avait proposé le nom de Leci Brandão pour ce poste. “ C’est une proposition intéressante”, avait alors indiqué la chanteuse.

Frei David, de Educafro

Je cherche Leci, et je ne l’ai pas encore trouvé; mais je déclare officiellement que nous , la communauté noire désignons Leci Brandão comme candidate au poste de ministre des relations raciales”, a-t-il annoncé. La chanteuse est membre du Conseil National de la Promotion de l’Égalité Raciale ( Conselho Nacional de Promoção da Igualdade Racial -CNPIR).

Selon de Frei David, Matilde Ribeiro “a été victime d’un important problème”, car il existe dans la société brésilienne un vice de l’esclavage, d’une nation dans laquelle seuls les noirs sont punis”. Selon lui, le gouvernement doit faire plus attention au Seppir, en augmentant par exemple sa dotation budgétaire.

http://www.agenciabrasil.gov.br/noticias/2008/02/01/materia.2008-02-01.0800999176/view

Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga

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