25 janvier 2008
Des griots d’Afrique au hip hop – Sons échos et résonnances de l’océan (II)
Prof. Fabio Sambartolomeo
Traduction : Guy Everard Mbarga

En début d’année, j‘ai eu l’agréable surprise que la première partie de cet article se trouvait déjà publiée en France sur Afrikblog du frère africain Guy Mbarga. Cela m’a encouragé à éditer cette deuxième partie qui se propose d’aller en profondeur sur d’autres aspects qui continuent de mettre en évidence la présence afro dans des courants populaires comme le Hip Hop.
Peut-être que la forme musicale présentée par l’héritier du Jazz serait un bon point de départ. Le système question-réponse, si évident dans la musique traditionnelle africaine semble être présent dans les improvisations des poètes du rap. En Afrique de l’ouest, les troubadours (Griots) étaient les gardiens de l’histoire culturelle. Leur folklore de chanson parlée donna naissance aux arts verbaux aux États-Unis. Ces troubadours présentaient une oraison que la communauté répétait en chœur (système de l’antiphonie).
Dans le hip-hop, chaque mesure est envisagée comme une réponse qui trouve sa réponse dans la mesure suivante.
On trouve un autre exemple significatif dans la musique sacrée du Candomble, l’Abacuà, et d’autres expressions religieuses afro-américaines.
Alors que j’examinais du matériel de terrain et des archives audio pour le séminaire, j’ai trouvé quelques aires musicales de cumbias et de caderonas qui présentaient tellement de résonnances originaires qu’elles rappelaient les côtes de l’ancien Kétou (Nigeria, Bénin, Togo actuels). Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire…
Comme on l’a déjà vu plus haut, il est possible d’aller dépister les origines du hip-hop dans les tambours et les chants de griots de la côte ouest Africaine. La musique parlée est arrivée avec les embarcations emplies d’hommes et de femmes séquestrés des siècles auparavant. Le rap, comme le fut également le worksong, appartient à cette catégorie, et ce n’est pas fortuit. La culture yoruba a eu une grande incidence en Amérique, et précisément sa langue, comme d’autres originaires de l’Afrique, c’est une langue à tons.
C’est justement le fait musical qui définit significativement les concepts. Un même mot prononcé à diverses hauteurs peut des fois catégoriquement en changer le sens. Les accents fonctionnent avec une relation avec le 3e degré en mineur et dans certains cas l’intervalle entre les accents est pentatonique.
Ainsi, le rap, en tant que musique parlée a un fort héritage musical qui évoque le langage même de la culture yoruba.
Un autre paramètre de la musique qui unit les deux rives de l’Atlantique est la fonctionnalité. Dans les cultures originaires de l’Afrique subsaharienne, la musique fonctionne comme langage humain. C’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’être musicien, ni de montrer de grandes habiletés dans l’exécution d’un instrument sophistiqué. Storm Roberts indique dans son livre “La música negra afroamericana” qu’une fois, un homme rentra d’un long voyage pour retrouver sa famille et dans la partie la plus passionnante de son récit (de voyage) il se mit à chanter. Le but de la musique est plus éthique qu’esthétique.
L’important semblerait être la participation communautaire, le langage musical fonctionne comme un véritable lien social. Il y a une musique spécifique pour le travail de la terre, une autre pour le mariage, une pour chanter la tombée de la nuit, et encore une autre pour recevoir le jour. Pour chaque événement de la vie, il y a une chanson.
Une chanson est attribuée à chacun à sa naissance. Cette chanson se répète à chaque moment important de sa vie. Si cette personne fait une faute grave, toute la communauté se réunit pour lui chanter sa chanson personnelle et ainsi lui rendre sa bonté originelle. Cette fonctionnalité holistique semble être présente dans le genre néoafricain. Dans le Hip Hop, la musique fonctionne également comme une forme de communication sociale, que ce soit pour communiquer une revendication sociale comme pour faire face aux adversités. Il n’importe pas tant que le MC chante de façon très juste, mais beaucoup plus qu’il soutienne l’idiosyncrasie de cette culture populaire qui chaque jour fait de plus en plus incursion dans le monde globalisé.
Pour conclure ces réflexions que nous essayerons d’approfondir, on peut penser que l’idée du fait communautaire est également un paramètre commun aux deux cultures. La tradition du Griot est héritée et l’idée de la famille est en général si forte que dans certaines nations traditionnelles, le mot pour nommer la communauté est le même que pour dire “moi”: Emi. Cette idée du fait communautaire se présente d’une manière très significative dans les “familles” du rap, elles ont leurs hiérarchies qui s’affichent avec une bijouterie prodigieuse, des cérémonies initiatiques, et dans certains cas se manifeste par des accords d’amitié entre bandes. La participation communautaire s’avère fondamentale non seulement pour le système de l’antiphonie de la musique yoruba, mais elle est également la pierre centrale du Hip Hop - héritier du Jazz - dont l’ancêtre se trouve sur la côte ouest de l’Afrique subsaharienne.
http://sonidosecosyresonanciasdeloceano.blogspot.com/2008/01/de-los-griots-al-hip-hop-2-parte.html
22 janvier 2008
Des femmes d’affaires garifunas se lancent à la conquête du marché du manioc aux États-Unis
Les femmes se sont organisées au sein de l’Assocition Hondurienne de Femmes Productrices de Cassave ( Asociación Hondureña de Mujeres Productoras de Casabe, Ahprocasabe) dont le siège social se trouve dans le hameau de La Unión, dans la municipalité El Porvenir (département de Atlántida) pour faire compétir sur le marché local et international. Pour encourager le projet de production et de commercialisation de la cassave, l’association a reçu un transfert non remboursable de 750 000 lempiras (monnaie du Honduras) de l’Institut National Agraire (INA) dans le cadre du Programme d’Accès à la Terre (PACTA) en plus du co-financement privé à travers un emprunt fait à la Coopérative d’Épargne et de Crédit Sonaguera Limitée d’un montant de 225 000 lempiras. Les fonds seront utilisés comme capital de travail pour l’achat d’intrants, les coûts d’opération, l’aménagement du bâtiment de la fabrique, l’usage des eaux résiduelles, les installations électrique et les autres besoins. Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga http://garifunalink.com/?module=gknewsph&node=news_front&action=get_news_detail&news_item_id=78 |
Andy Palacio, ambassadeur de la musique garifuna est mort

Andy Palacio a signé l’un des disques les plus apprécié de l’année 2007: un projet fascinant que certains ont voulu voir comme un Buena Vista Social Club de la musique garifuna. Wátina, qui a réuni autour des genres de musique traditionnels comme la festive paranda des artistes de Belize comme le septuagénaire Paul Nabor et les honduriens comme Aurelio Martínez, collectionne les critiques enthousiastes et a été choisi parmi les 10 disques de l’année par les critiques de Babelia.
En octobre, Palacio a reçu le Prix Womex et en novembre l’Unesco l’a nommé Artiste pour la Paix.
Né il y a 47 ans dans la petite localité de Barranco à Belize, Andy Palacio est mort dans la nuit de samedi. À l’initiative du premier ministre de son pays, un avion spécial l’avait transféré à Chicago pour y recevoir des soins suite à une hémorragie cérébrale. Un voyage qui s’est avéré vain. Il est tombé dans un coma durant le voyage. Ses producteurs et amis rappellent que, dans la culture garifuna, la mort d’un être aimé est une occasion de célébrer sa mémoire.
En 1635 deux navires espagnols firent naufrage face à l’île caribéenne de Saint Vincent et les africains survivants se mélangèrent aux indiens caribes: les garifunas sont descendants de ces hommes et femmes qui, décimés et expulsés par les anglais , durent se réfugier sur la côte atlantique de l’Amérique Centrale. Ils sont aujourd’hui près de 250.000 répartis entre le Nicaragua, le Honduras, le Guatemala et Belize. Et en 2001, l’ Unesco a déclaré leur langue, leur danse et leur musique Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité.
La trajectoire d’Andy Palacio ne peut être comprise sans Iván Durán. Quand ils se rencontrèrent en 1995, Palacio était un chanteur de punta-rock, un style dansant influencé par le merengue et le zouk. C’est Durán qui allait le convaincre de se concentrer sur les racines de la musique garifuna. Iván Durán, fils de catalans, enregistra Wátina pour sa petite compagnie Stonetree Records et réussit à le faire distribuer par Cumbancha, la maison de disque de Jacob Edgar, qui avait déjà inclus des chansons de Palacio dans les compilations de Putumayo Caribe! Caribe! et Music from the Chocolate Lands.
"Je pense que l’un de mes rôles est d’être l’avocat le notre langue et de notre culture", déclarait-il il y a quelques mois à EL PAÍS. L’impact de Wátina avait amené Andy Palacio et le Colectivo Garífuna à faire des tournées aux États-Unis, au Canada et en Europe. On peut le voir dans La aventura garífuna, une série documentaire réalisée par Patricia Ferreira pour TVE.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://garifunalink.com/?module=gknewsph&node=news_front&action=get_news_detail&news_item_id=92
21 janvier 2008
Matilde Ribeiro n’encourage pas la pratique du racisme selon le Ministère Public brésilien
Le Ministère Public Fédéral (MPF) du District Fédéral a classé ce 17 janvier une enquête contre la ministre du Secrétariat Spécial des Politiques de Promotion de l’égalité raciale Matilde Ribeiro, accusée de pratique raciste. L’enquête a été diligentée suite à une entrevue de la ministre, accordée au site de la BBC Brésil en mars de l’année dernière. Pour le MPF, il n y avait aucun élément prouvant l’encouragement de la pratique du racisme. De plus, la transcription intégrale de l’interview démontre que la ministre désapprouve ce genre de conduite.
Source: G1
En mars de l’année dernière, Matilde Ribeiro avait déclaré que
"Un noir qui s’insurge contre un blanc, ce n’est pas du racisme". Elle avait ajouté que “Celui qui a été châtié la vie entière n’a pas l’obligation d’aimer celui qui l’a châtié",
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
20 janvier 2008
Statistiques ethniques pour politiques publiques spécifiques aux afrovénézuéliens
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Le Premier Diagnostic Pilote de l’Auto Reconnaissance Ethnico-Raciale ( Diagnóstico Piloto del Autorreconocimiento Étnico-racial) a été réalisé avec pour objectif de déterminer le nombre de vénézuéliens qui se reconnaissent comme afrodescendants. |
Le plan diagnostic a été organisé par le Bureau de Liaison avec les Communautés Afrodescendantes du Ministère du Pouvoir Populaire chargé de la Culture. Ce premier diagnostic représente un pas en avant vers la visibilité statistique de la population afrovénézuélienne, puisqu’il permet de construire les critères théoriques et méthodologiques nécessaires pour le dénombrement de la population d’origine africaine.
Traduit de l’Espagnol par guy everard Mbarga |
Source: Agencia Bolivariana de Noticias |
Le São Paulo Fashion Week ne reflète pas la diversité raciale du Brésil
Gary Duffy, Correspondant de BBC News à São Paulo Traduit par Guy Everard Mbarga |
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La majorité des Top Modèes du SPFW sont blanches, d'apparence européenne |
On retrouve tout le glamour et le style que l’on attend d’un événement de mode international au São Paulo Fashion Week.
L’événement fait déjà partie du calendrier de la mode et des dizaines de photographes se discutent les meilleures images qui seront immortalisées dans les magazines brésiliens et internationaux.
Mais, même si le Brésil est l’un des pays présentant la plus grande variété raciale au monde, la grande majorité des mannequins qui participent à l’événement sont blancs, d’apparence presque (uniquement) européenne.
Le Brésil compte plus de personnes d’ascendance africaine que tout autre pays en dehors de l’Afrique. La moitié de la population serait noire ou métisse et l’absence de mannequins noirs sur les podiums brésiliens est un problème qui a déjà été soulevé par des personnalités influentes de la mode mondiale.
Le styliste britannique Judy Blame et Michael Roberts, directeur Fashion and Style du magazine Vanity Fair se sont dits préoccupés et surpris par ce fait après avoir visité le pays. Blame aurait même observé que la mode n'a pas de couleur.

Michael Roberts, directeur Fashion and Style de Vanity Fair
Du côté de ceux qui sont à l'extérieur du bâtiment où se déroule la biennale, les jeunes mannequins noirs ont évoqué leur frustration.
"Je crois que le milieu (de la mode) est plus exigeant avec les jeunes filles noires. Mais je ne sais pas si cela (se produit) seulement parce que nous sommes noires ou parce que nous sommes différentes, avec un standard de beauté différent - nos cheveux et nos corps", déclare la Top Modèle âgée de 19 ans Rafaela Favero.
"C’est presqu’impossible dans le cadre d’un événement de mode ", affirme Rafael Milagres, mannequin de 24 ans.
"Il faut avoir de la chance pour que propos ton nom. Car aujourd'hui, pour participer à un défilé, il faut appartenir à une agence dont la majorité des gens sont blancs, comme c'est la cas de la majorité des agences au Brésil, alors que seulement 2% des top modèles sont noirs."
Le propriétaire de l'une des agences qui font la promotion du travail pour les mannequins noirs affirme que l'esclavage a beau avoir été aboli il y a très longtemps au Brésil, mais son ombre reste présente.
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Pour Hélder Dias, il manque de travail pour les top modèles noirs |
"C'est comme s'il n ya jamais eu d'abolition. C'est une façade et l'histoire continue", indique Helder Dias à BBC.
"Les mannequins noirs ne trouvent pas du travail et il n y ont pas accès, ils ne sont pas bien payés et vivent dans un sous monde, car il n y a pas d'opportunités d'emploi (pour eux) ", ajoute t-il.
Les stylistes brésiliens affirment pour leur part qu’il n’y pas d’intention délibérée d’exclure les mannequins noirs et ils insistent sur le fait que le monde de la mode ne reflète que la société.
"Le Brésil est un pays très mélangé ethniquement. Nous avons beaucoup de noirs, beaucoup de japonais. La vérité est que le Brésil est fait de ce mélange, qui apparait également sur nos podiums", dit le styliste Fause Haten.
"Si les mannequins sont bons, peu importe qu’elles soient blanches ou noires. (...), j'adore les mannequins noires, (...) je n’ai aucun préjugé pour travailler avec des mannequins noirs", dit Dudu Bertholini, da Cori, dont le défilé au premier jour ne comprenait pas de mannequins noirs.
Interrogé sur les allégations des mannequins noirs des difficultés qu’elles et ils ont à obtenir du travail dans le cadre du São Paulo Fashion Week, le styliste répond par d’autres questions.
"Est ce qu'elles sont intelligentes? Est ce qu'elles sont de bonnes Top Modèles? Est-ce qu’elles sont belles? Est-ce qu’elles sont grandes? Sont-elles assez bonnes?"
Dudu Bertholini, da Cori, insiste sur le fait que la beauté et le talent importent plus que la couleur |
Même la journaliste Erika Palomino critique la posture du monde de la mode relativement aux mannequins noirs.
"Certaines personnes dans le monde de la mode peuvent être très bornées, elles peuvent être conservatrices et des fois ils comprennent les choses très tard. Je pense qu’il serait merveilleux d’avoir des mannequins noirs", dit-elle.
Paulo Borges, organisateur du São Paulo Fashion Week affirme que l’absence de mannequins noirs reflète les plus grands problèmes de la société brésilienne.
"Je pense que cela est le reflet de l’exclusion sociale au Brésil. Je pense que la mode fonctionne avec une grande série de profils et une grande série de qualités esthétiques ", affirme-t-il.
"Il y a plusieurs mannequins noirs qui font des défilés et s’il n y en a pas plus (de mannequins sur les podiums - passerelles), cela est dû à l’histoire de la race noire au Brésil, qui reste une histoire marquée par les restrictions (d’acceptation)."
Il n’y a aucun doute que les premières semaines de la mode au pays ont apporté le charme et le goût brésilien à l’industrie. Mais celui qui souhaite que l’image publique de la mode au Brésil réflète la diversité de sa société devra encore attendre un peu.
Rafaela (droite) affirme qu'il manque des opportunités pour les top modèles noires
19 janvier 2008
Éducation au Brésil : L'Afrique méconnue
HÉRCULES BARROS
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Presque cinq ans après son entrée en vigueur, la loi qui a rendu obligatoire l’enseignement de l’histoire de l’Afrique et de la culture afrobrésilienne dans l’éducation de base reste encore dans les tiroirs. L’application d’une politique spécifique pour la formation des professeurs et la production de matériel didactique prévue dans la Loi 10.639 avance à pas lents. La Secrétaire de l’Éducation Continue, l’Alphabétisation et la Diversité (Secad) du Ministère de l’Éducation (MEC) reconnait la non application de la législation et envisage pour 2010 le début d’une inversion du déficit pédagogique actuel. À ce sujet, seul un groupe réduit d’initiés dans le monde académique a accès à l’image d’un continent qui durant la période médiévale connaissait des techniques de construction avancées, des empires, avait la maitrise de l’écriture et possédait même des universités.
Cette réalité faisait partie de l’Afrique avant l’arrivée des européens, mais elle est méconnue des élèves dans les écoles du pays. Dans les salles de classe prédomine le stéréotype de tribus primitives et des noirs mis en esclavage, en plus de manifestations culturelles limitées à la pratique du candomblé et de la capoeira. “C’est comme les pays qui n’associent le Brésil qu’à la samba, à la mulâtresse et au football ”, se lamente le professeur d’histoire de l’Afrique Anderson Ribeiro Oliva, de l’Université Fédérale du Recôncavo à Bahia.
Dans la thèse de doctorat Leçons sur l’Afrique (Lições sobre a África) défendue cette année à l’ Université de Brasília (UnB), Oliva fait une lecture comparative entre les représentations des africains et du continent noir dans l’imaginaire occidental. “L’image de l’Afrique du passé et celle des esclaves et la contemporaine est établie comme meurtie par la guerre, la misère et la maladie ”, explique l'historienne. “Il existe encore l’impression exotique formée par les savanes et les safaris ”, complète-t-elle. Oliva fait également apparaitre le même stéréotype dans l’analyse de la manière dont les noirs sont dépeints dans la littérature et dans les média.
Selon le chercheur, la loi n’a suscité que des expériences ponctuelles. La coordinnatrice générale de Diversité et Inclusion Éducationnelle de la Secad, Leonor Franco de Araújo, allègue que la première difficulté dans l’application de la loi est la propre constrcution culturelle raciste de la société, également intrinsèque dans les universités. “Les universités devraient travailler sur cette question dans la formation initiale des professeurs. Ce n’est pas ce qui se passe”, révèle-t-elle.
Retard
Selon l'évaluation du coordinateur du Centre d'Études Afro-Brésiliennes (Núcleos de Estudos Afro-Brasileiros - Neab) de l'UnB, Nelson Inocêncio, rien ne justifie que l’on attribue la responsabilité du manque de professeurs et du matériel didactique aux universités. Pour Inocêncio, une série de facteurs contribuent au retard de l’enseignement de l’histoire et de la culture afro-bésiliens. “Les éditeurs n’investissent pas dans des publications sur le sujet et les états et les municipalités ne prennent pas en charge la qualification des professeurs”, détaille-t-il . La loi n’a pas changé la réalité de la professeure Marizeth Ribeiro. Elle doit toujours explorer pour offrir aux élèves de l'école primaire ( 1ère à 4ième série) de l'École Classe 16 de Gama un cours différencié . “Je leur enseigne ce qui m’a été refusé en tant qu’élève et pendant la faculté”, dit-elle. Malgré l’effort de la professeure, la première représentation que les élèves font de l’Afrique est celle de l’esclavage et de la misère. “Les livres d’histoire ont très peu changé le portrait de la réalité”, se lamente-t-elle. Pour ses classes, Marizeth parcourt les publications de la Fondation Palmares et du MEC. “Je dois aller au delà d’un matériel qui devrait être distribué par toutes les écoles”, indique-t-elle.
Selon la coordinatrice du Secad, 21 publications spécifiques sont à la disposition des établissements d’enseignement supérieur depuis 2003, mais le contenu n’est pas présent dans les curriculums des cours de licence et de pédagogie. “Les universités ne veulent pas assumer cette thématique comme étant importante pour la formation des professeurs ”, affirme-t-elle. Selon Leonor, les préparations des éducateurs pour aborder le sujet sont réduites à des actions stratégiques isolées. “On ne pas passer la vie entière à faire de la formation continue pour un sujet qui est inscris aujourd'hui dans la Loi des Directives (LDB - Lei de Diretrizes e Base)”, dit-il.
Investissements
Pour rattraper le temps perdu, le ministère travaille sur un programme national d’élargissement de l’application de la loi prévu en 2008. Le MEC investira également R$ 5 millions dans les 67 Neab éparpillés dans les universités brésiliennes. Par le biais du Programme d’Actions Affirmatives pour la Population Noire ( Programa de Ações Afirmativas para a População Negra - Uniafro), les centres recevront des financements pour augmenter la formation des professeurs et l’élaboration du matériel didactique.
“On espère qu'au plus tard en 2010, les gens auront une production significative de matériel pour les écoles ”, prévoit-t-il.
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
http://www.irohin.org.br/onl/clip.php?sec=clip&id=2842
Les afrouruguayens célèbrent le Candombe de San Baltasar depuis 200 ans
Extrait d’un texte d’Oscar D. Montaño

Le Candombe a été la synthèse, la somme et l’amalgame de la contribution de plus de 20 peuples africains, dont les membres furent emmenés par la force de leur terre.
Peu après l’année 1800, les africains de ces différents peuples se réunissaient tous les 6 janvier pour invoquer leurs entités spirituelles par l’intermédiaire de la figure catholique de Baltasar, roi mage afro, sans éveiller les soupçons des autorités et des “maîtres”.
Aux débuts du XIXème siècle, les chants et les danses étaient réalisées sur la Place du Marché (Plaza del mercado) et au Cubo del sur, qui faisait face à la mer dans la côte sud. Ils se tenaient particulièrement entre le 25 décembre et le 6 janvier, des dates durant lesquelles les autorités le permettaient du moment qu’ils étaient précédés par des visites de courtoisie et d’hommages dans les habitations des principaux dignitaires. Elles se répétaient de plus de manière sporadique lorsque l’occasion se prêtait, même si c’est cela qui donna naissance aux protestations répétées des voisins et par conséquent aboutissaient à l’interdiction du Conseil Municipal dans les premiers temps et de la police par la suite.
Le Candombe est le nom générique que l’on donna aux différentes danses d’origine africaine sur ces terres. Chacun de ses plus de 20 peuples avait sa langue, son mode de vie, sa vision et ses sentiments, sa culture, ses danses et ses chants (dépendamment de la situation, soit une célébration soit des funérailles). Le Candombe est le “produit de l’unification en un concept unique.
CANDOMBE. Mot dérivé du préfixe Ka et de Ndombe (peuple angolais), de la langue - dialecte Kimbundu, ramification des langues bantus parlées au Congo, en Angola et dans diverses régions de l'Afrique du sud y. On peut dire que étymologiquement, le vocable serait un apport Banguela, du fait que ce peuple Ndombe ait été le plus nombreux - important en nombre et qui a connu le plus de notoriété à Montevideo.
Mais en ce qui concerne la formation du concept musical, de la danse, de la symbologie qui constitue le Candombe tout au long du 19ème siècle, il n’y a aucun doute quant aux apports des différents peuples africains qui entretinrent leurs Salles de Nation.
Le rôle joué par le Candombe fut fondamental, en résistant à tous les embates de l'esclavage, à toute la répression constante et quotidienne qu'ils subissaient. C'était une façon de réagir et de se rebeller contre les impositions et l'asservissement dont ils étaient l'objet. C'était une façon de conserver leurs coutumes et par leur biais de se sentir vivants.
N'oublions pas que l'esclavage perdura pendant la république.
Le Candombe avait une richesse instrumentale impressionnante, étant l’expression culturelle la plus importante des afrouruguayens. On peut affirmer, sans risque de se tromper que ses origines sont africaines.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
13 janvier 2008
Philip Emeagwali : “La technologie est la racine de tous les maux”
Traduit de l'Anglais par Guy Everard Mbarga |
D'après les livres d’histoire, des marchands d’esclaves Européens armés ont kidnappé un Africain sur cinq qu’ils ont transporté par les océans jusqu’en Amérique. La boussole (compas)est un dispositif utilisé dans le monde entier pour la navigation; un outil technologique d’extinction moins visible, mais non moins extrême. De la même manière que les Britanniques ont utilisé leurs connaissances maritimes et que les États Unis ont exploité leur capital intellectuel pour diriger le monde, les premiers marchands d’esclaves ont utilisé une simple boussole pour faire des ravages dans la civilisation.
Il est triste de constater que cet instrument de navigation s'est développé à l'époque de la traite des esclaves sur l'Océan Atlantique et grâce à celle-ci. Le développement technologique de l’innocente boussole, inventée en Chine pour la divination religieuse il y a 2000 ans a permis que l’Afrique soit ravagée d’une manière inqualifiable.
C’est la boussole qui a créé le Commerce Atlantique des esclaves, en permettant aux premiers navigateurs coloniaux — et à leurs marchands sanguinaires — de dresser une route précise de l’île de Gorée, sur la côte sénégalaise au Brésil; ouvrant la voix au commerce Transatlantique des esclaves qui débuta le 8 août 1444. Ce commerce de la marchandise humaine a touché quatre continents, a duré quatre siècles et servi de guide honteux pour la dépravation de l’avidité et de la conquête humaine.
La boussole est devenue de fait l’arme de destruction massive qui a conduit à la décapitalisation et à la décapitation de l’Afrique. Elle a créé la Diaspora Africaine avec une personne sur cinq enlevée de la terre mère. Il s’est agi du plus vaste et du plus brutal déplacement d’êtres humains dans l’histoire humaine.
Il est difficile d’imaginer aujourd’hui qu’une telle destruction et l’enlèvement systématique d’une race puisse provenir d’un outil aussi ordinaire qu’une boussole.
Cependant, en tant que peuple ayant survécu au commerce des esclaves, nous devons tirer notre force des leçons apprises du passé et tirer notre énergie de la force de l’avenir. Et la force de l’avenir réside dans le “contrôle” de la technologie et dans son exploitation pour le bien de l’humanité, et non pour sa destruction.
Les africains doivent se rendre compte que l'Internet est un outil de navigation moderne et qu'il constitue leur propre ciment de sagesse.Alors que nous nous préparons pour notre long voyage dans le cyberespace du futur, avec sa promesse technologique, — son ciment de sagesse — nous devons saisir la valeur stratégique et le potentiel de cet outil crucial. Notre image du futur inspire le présent et le présent sert à créer le futur.
Le manque de connaissance technologique substantielle d’Internet en Afrique et de son potentiel pourrait conduire le continent à être agressé ou manipulé d’une manière inattendue, de la même façon qu’il fut dévasté voilà quelques générations faute d'une simple boussole.
Nous n’avions pas reconnu la force de la boussole à cette époque ; le danger est que nous ne reconnaissions pas celle de la technologie aujourd’hui.
Pendant que l'Afrique envisage l'avenir, les pays occidentaux, les plus rapides à se servir des armes technologiques, font l'avenir.
Ce fait, et la manière dont la force de la technologie peut être utilisé contre les pauvres me sont apparus chez moi de façon claire lorsque j’ai récemment reçu le mail suivant:
“Il y a un an environ, j’ai embauché un développeur en Afrique pour faire mon travail. Je le paie 12000 dollars par an pour faire mon travail pour lequel je suis payé 67000 dollars l’année,” écrivait l’expéditeur. “Il est heureux d’avoir un emploi et moi je suis content de ne devoir travailler que 90 minutes par jour. À présent, j’envisage d’obtenir un second emploi en faisant la même chose.”
La technologie entre les mains des autres a été utilisée pour exploiter l’Afrique durant des siècles. Il est maintenant temps pour l’Afrique de saisir la technologie et d’embrasser enfin le ciment de la sagesse et de l'émancipation de l’âge moderne. L’Afrique a la chance de montrer au monde comment la technologie doit être utilisée pour le bien, et non pour le mal. Et les africains peuvent utiliser la technologie d’aujourd’hui, non pas pour s'auto exploiter, mais pour corriger les erreurs du passé et se doter du même outil qui a été utilisé pour les oppresser dans le passé. L’Afrique peut donner un exemple parfait au monde en utilisant la technologie pour sa propre élévation et pour le bien de l’humanité.
Cette fois-ci, nous avons le choix.
Extrait d'un discours délivré par Philip Emeagwali à la Conférence de la Diaspora Africaine ( African Diaspora Conference) à Tucson, Arizona. La copie enti`re et la vidéo sont disponibles sur emeagwali.com.
D'origine nigériane Philip Emeagwali a remporté en 1988 le Gordon Bell Prize, le prix Nobel de superinformatique. Il a été surnommé “un des pères de l'Internet” par CNN et TIME; et vanté comme “l'un des plus grands esprits de l'Âge de l'Information” par l'ancien président américain Bill Clinton; et élu le plus grand scientifique Afrodescendant de l'histoire par New African.
http://emeagwali.com/speeches/technology/debates-on-slave-trade-overlook-the-role-of-technology.htm
12 janvier 2008
La présence des descendants africains à Lima au début du 20ème siècle (II)
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Extraits de Aldo Panfichi Traduction de Guy Everard Mbarga La présence africaine à Lima remonte à l’origine même de la Ville. Étant destinée à devenir le siège de la principale Vice-royauté coloniale d’Amérique du Sud, les espagnols s’y installèrent accompagnés de nombreux esclaves. ______________________________________________________________________ MALAMBO Un des quartiers “noirs” de Lima les plus importants est Malambo. Selon un bref mais important article de Luis Tejada, Malambo est un quartier noir d’origine coloniale. 6 La première construction qu'il y ait eu dans la zone fut une prison d’esclaves, puis il y eut une enceinte de la première décharge publique de Lima. Plus tard, s’établira un hôpital pour lépreux avec une paroisse appelée San Lázaro (1563). En 1716 sera créé au même endroit un foyer pour aveugles, manchots et infirmes. Peu après autour de ces constructions se forma un faubourg habité par des familles noires, mulâtres, indiennes yungas, des aveugles, des manchots, des lépreux et des infirmes. Pendant les premières décennies du 20ème siècle, ont comptait à Malambo 44 ruelles dans ce qui est représente aujourd’hui blocs 4 et 5 de l'actuel Jr. Francisco Pizarro, et où habitaient un total de 4560 personnes. Malambo se caractérisait par la combinaison d’un profond sentiment religieux exprimé par ses innombrables confréries de même que par les fêtes et l'environnement festif de ses célébrations. Fête et religion sont toujours allées ensemble dans les quartiers pauvres de Lima. La majeure partie des ruelles de Malambo avait chacune son propre Saint Patron et une fête annuelle les identifiait comme la Vierge de Fátima, Saint Domingo, La Cruz, San José, Sainte Rosa, Sainte Eufemia, Cœur de Jésus, la Vierge del Carmen, San Antonio, etc. Les habitants de Malambo, également connus comme les malambinos, étaient des maitres en danse, en musique et en cuisine. Comme ils vivaient dans des ruelles minuscules. Ils avaient l’habitude de prendre les rues, la petite place de San Lázaro ou d’autres places publiques pour les transformer en lieu de représentations festives ou l’humour, la satire et le rie étaient toujours présents. La proximité de Malambo avec la Pampa de Amancaes, théâtre tous les 24 juin des fameuses fêtes de San Juan, et auxquelles assistaient le tout Lima, aida à consolider le prestige festif des malambinos. Et encore plus lorsqu'en1922 de en provenance de ce quartier arriva une bande de noirs dansant le “Son de los diablos”, pour faire irruption dans les carnavals du Président Leguia, en rompant le programme officiel et en se mettant à danser autour du roi carnavalón.7 Dans les chinganas de Malambo, on mangeait des fritures, beaucoup d’entre elles préparées avec les tripes, de chanfainita (met à base de viande de bovin) et des confiseries telles que le frijol colao ou le turrón (touron, nougat) de Doña Pepa devenu célèbre plus tard. Mais tout n’était pas divertissement à Malambo. Il y eut également une organisation ouvrière et une contestation sociale. Quatre ou cinq grandes boulangeries existèrent dans le quartier, qui approvisionnaient la ville, et dans lesquelles se rassemblaient les ouvriers et les artisans boulangers. Aux débuts de 20ème siècle, l’usine textile El Inca se fixa dans le secteur et recruta un nombre important d’habitants du quartier. L’organisation ouvrière, l’activisme syndical les grèves et les manifestations se développèrent dès lors très vite dans la zone. En décembre 1918, dans une rue de Malambo se forma le comité de grève Vitarte-El Inca qui comme nous le savons initia l’historique lutte pour les 8 heures, le plus important mouvement de revendication de la classe ouvrière péruvienne des débuts du 20ème siècle. À Malambo fonctionna également une bibliothèque ouvrière dirigée par des anarchosyndicalistes et une imprimerie du nom de “Proletaria”, qui imprima une bonne partie des journaux ouvriers de l’époque.8 1 Publiée in Lo Africano en la cultura criolla, Fondo Editorial del Congreso del Perú, Lima, 2000 2 Frederik Bowser (1977): El Esclavo Africano en el Perú Colonial, Editorial Siglo XXI, México D.F. 3 Jesús Cosamalón (1999): Indios detrás de la Muralla. Matrimonios indígenas y convivencia inter-racial en Santa Ana (Lima, 1795-1820); Fondo Editorial Pontificia Universidad Católica del Perú. 4 Susan Stokes (1987): “Etnicidad y Clase Social. Los Afroperuanos en Lima 1900-1930”; en Lima Obrera 1900-1930, Vol. II, varios autores, Editorial El Virrey. 5 Izaguirre Rómulo (1906): “Influencia de las habitaciones de Lima sobre las causas de la mortalidad”; Thèse de Faculté de Médecine Université Mayor de San Marcos; Imp., Opinión Nacional 6 Luis Tejada (1995): “Malambo”; in Mundos Interiores de Lima; Panfichi Aldo- Portocarreo Felipe editores; Centro de Investigaciones de la Universidad del Pacifico. 7 Tejada, Luis (1995): “Malambo” ob. cit., pp-155-157 8 Tejada R. Luis (1988): La Cuestión del Pan. El anarcosindicalismo en el Perú 1880-1919; Instituto Nacional BIBLIOGRAPHIE Aguirre Carlos 1993 Agentes de su propia libertad. Los esclavos en Lima y la desintegración de la esclavitud 1821-1854. 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