La principale fête de la communauté Afroparaguayenne se célèbre chaque 6 janvier, en hommage à Saint Balthasar (San Baltasar). À cette occasion, on savoure le déploiement des expressions artistiques du ballet kamba kua, l’un des plus connus au pays. Ce samedi 5 janvier se prépare la 17ème édition de la “Grande Fête du Kamba” ( “Gran Fiesta del Kamba”) avec des propositions renouvelées de numéros artistiques les plus traditionnels d’Afrique 

Selon les organisateurs, ce nouveau numéro consiste à faire deux ou trois parades au cours de la procession principale et à chacune d’elle, le Ballet Kamba kua effectuera une manifestation rituelle et de guérisons à travers la danse utilisée à cet effet.

Le folklore paraguayen sera présenté par divers représentants de la musique, de l’humour et de la danse nationale. On retrouvera entre autres Ricardo Flecha, Juan Cancio Barreto, Quemil Yambai, le groupe Renacer de Villarrica, Carlitos Vera et le  Ballet de danses  Vivencias de Zeballos Cue.

C’est avec un grand acharnement et de l’amour que la communauté afroparaguayenne a réussi à conserver ses traditions et son tribut à son saint patron, sans chercher à en tirer des  avantages personnels. Ils cherchent ainsi à conserver  une culture traditionnelle très importante pour eux, car grâce à elle, ils se sont distingués et continuent d’exister.

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LEURS ORIGINES

Kambakua, territoire des noirs, est le nom de la communauté afroparaguayenne résidant  dans la municipalité de  Fernando de la Mora, ville voisine d’ Asunción. Lorsqu’ils arrivèrent au pays en 1820, ils disposaient de 100 hectares de terre. Aujourd’hui ils n’en conservent que deux.

Durant la période coloniale, les afroparaguayens étaient connus localement sous le nom de pardos(mulâtres). En  1785, ils représentaient 11 % de la population. Plusieurs bourgs comme  Aregua, Emboscada et Guarambaré furent établis en tant que communautés nègres. Les origines de cette communauté remontent au régiment de 250 Lanciers, des hommes et des femmes qui accompagnèrent le héros uruguayen José Gervasio Artigas dans son exil au  Paraguay en 1820.

Ils furent installés près d’Asunción, dans la municipalité qui porte actuellement le nom de  Fernando de la Mora sur quelques  100 hectares de terre. Pendant la période de la dictature, la communauté fut violemment dépossédée de 90 % de ses terres par l’État Paraguayen. Ils ne vivent actuellement que sur deux hectares et essayent de récupérer un cinquième des hectares desquels ils furent expropriés autrefois.

À l’époque, sur ces cent hectares de terre, ils pouvaient cultiver, faire des plantations, élever des animaux. Ils s’y consacraient déjà auparavant, mais actuellement, la grande majorité travaille comme maçon, peintres, mécanicien pour ce qui est des hommes, et les femmes en tant qu’employées domestiques et blanchisseuses. C’est ce qu’ils savent faire, puisque très peu d’entre eux purent accéder à l’éducation, ce qui rend difficile l’ouverture pour un autre type d’emploi.
En 1999, ils ont constitué une organisation sans but lucratif pour se battre afin que l’État reconnaisse la population afrodescendante qui ne se trouve pas seulement à Kambakua mais également à d’autres endroits comme  Paraguari (Kamba Kokue - Chacra de los negros) et Emboscada.

L’an dernier, après une grande persévérance, ils ont réussi à présenter un recensement de ces trois communautés, ce qui leur a permis de connaître leur nombre et dans quelle situation ils se trouvent.

La communauté est installée dans un quartier où 90 % des personnes sont nées et ont vécu à Kambakua. “Nous sommes  tous parents, cousins, frères, oncles, grands parents, etc”, soulignent les habitants.

Traduit de l’espagnol par Guy everard Mbarga

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