Ivete Sacramento, première femme noire rectrice d’université au brésil et militante du mouvement noir
“L’université doit être un lieu de production de connaissance qui bénéficie à toute la population ”
Ivette Sacramento
Première rectrice noire au Brésil, en huit ans de gestion de l’Université de l’État de Bahia, Ivete a augmenté le nombre de cours offerts, les faisant passer de 46 à 89 et a créé le Programme Intensif de Graduation des Professeurs. Elle a également ouvert les portes de l’université à la communauté et renforcé les sections de l’université à l’intérieur de l’État.

Élue en 1998 pour la plus haute charge administrative de l’Université de l’État de Bahia (Uneb), elle a été réélue en 2002, avec 75% des votes, et a passé le relais en fin 2005 à son successeur. En huit ans de gestion, l’originaire de Salvador âgée de 54 ans a augmenté le nombre de cours offerts de 46 à 89 et a créé le Programme Intensif de Graduation des Professeurs, qui a déjà qualifié 6 milles professeurs du réseau d’état. E mais: elle a ouvert les portes de l’université à la communauté par le biais de cours d’extension de l’alphabétisation des jeunes et des adultes, a renforcé les sections de l’intérieur de l’État en a inauguré d’autres. “L’Uneb est présente dans 24 villes. J’ai toujours vu l’éducation comme une manière de transformer la société”, dit-elle.
Au delà de la reconnaissance en tant qu’éducatrice, Ivete est également admirée pour son militantisme contre la discrimination raciale. “J’ai implanté les quotas pour les noirs en 2003, à une époque où on commençait à discuter du sujet”, dit-elle fièrement, elle qui est l’une des fondatrices du Mouvement Noir Unifié de Bahia. Ivette donne actuellement des cours et travaille en tant que conseillère dans les régions intérieures de l’État pour l’implantation des disciplines de l’histoire et de la culture afro brésilienne dans le curriculum scolaire.
Le racisme en débat partout au Brésil
Le sénateur Paulo Paim
Les actions affirmatives sont des mesures qui visent l’inclusion sociale des noirs et des afrodescendants, principalement dans le marché du travail et dans l’enseignement supérieur. Actuellement, ces mesures sont en discussion au niveau national, comme le Statut de l’Égalité et le Système des Quotas. Le Statut de l’Égalité Raciale, projet de loi du sénateur Paulo Paim qui compte 85 articles sera voté en 2007 à la Chambre des Députés. Ces derniers temps, plusieurs intellectuels se sont manifestés en faveur et contre le Statut. L’un des points les plus questionnés dans le statut est la présence de moins de 20% d’acteurs et de figurants afro-brésiliens dans les émissions et les publicités de la télévision, et l’auto déclaration concernant la race ou la couleur sur divers documents.

Humberto Adami
“Le statut de l’Égalité Raciale va dans le sens de combattre le racisme. Les gens ont le droit de se manifester contre les quotas, mais ils ne présentent aucune alternative de solution, pois il est important de proposer tout type d’alternative!”, souligne un membre du Conseil de l’Institut Afro-Bréilien d’Enseignement Supérieur et président de l’Institut de la Plaidoirie Raciale et Environnementale (Instituto da Advocacia Racial e Ambiental, IARA), Humberto Adami.
Pour l’ancienne rectrice de l’Université de Bahia (1998-2005), Ivete Sacramento, le Statut de l’Égalité Raciale doit être approuvé d’urgence pour l’inclusion sociale des afrodescendants. Dans une entrevue à ce magazine lors du dernier événement d “Afrobras”, le sénateur José Sarney va plus loin: “je crois que malgré toutes les incompréhensions qu’elles peuvent avoir, on doit commencer à exiger le programme des quotas. On ne peut pas rester dans cette inertie qui consiste à voir le pays hésiter sur les plus pauvres, et les plus pauvres sont noirs, et sont ceux qui ont plus de demande du point de vue de la santé et de l’emploi. La plupart des analphabètes sont noirs. On ne peut pas rester dans cette position consistant à nous résigner et pour en finir avec tout cela, nous devons avoir des actions affirmatives.”.
Les difficultés liées à l’inclusion sociale sont grandes et peuvent être observées à travers les données statistiques qui indiquent que montrent que 2% des noirs ont fait des études supérieures au complet, selon le recensement de l’année 2000 de l’Institut Brésilien de Géographie et de Statistique ( Instituto Brasileiro de Geografia e Estatística,IBGE).
“L’Université de Bahia utilise le concept d’auto déclaration de la race pour son examen d'entrée. Il y a six ans, les gens niaient leur ascendance ; après l’adoption des quotas, le fait d’être afrodescendant est devenu possible. Aujourd’hui, les gens s’auto déclarent, et cela représente une victoire”, souligne l’ancienne rectrice de l’UNEB, Ivete Sacramento. Selon l’avocat Humberto Adami, la Confédération Nationale des Établissements d’Enseignement (Confenen) a déclenché une action directe d’inconstitutionnalité de la loi des quotas 4151 au Tribunal Suprême Fédéral. Cette loi prévoit les quotas raciaux pour les noirs et les métisses dans les Universités d’État du Rio de Janeiro. “Nous avons lancé le processus avec 16 organisations du mouvement noir contre le racisme de couleur qui est une forme d’intervention contre le processus d’inconstitutionnalité. Par la suite, cinq entités religieuses de matrices africaines nous ont rejoint”, explique-t-il.
“Nous devons lutter pour que d’autres mesures soit effectivement adoptées et se joignent à l’égalité raciale. J’ai été la seule rectrice noire de l’UNEB, un fait qui prouve une inégalité due au manque d’opportunité ”, analyse l’ancienne rectrice Ivete Sacramento.
Une enquête en 2005 de l’Institut Ethos relatif au Profil Social, Racial et de Genre des 500 plus Grandes Entreprises et Leurs Actions Affirmatives révèle que 26,4% des noirs occupent des postes fonctionnels et 3,4% des postes de direction.
Selon l’avocat Humberto Adami, “des actions civiques publiques sont appliquées par le Ministère Public du Travail contre les banques pour absence de fonctionnaires noirs. D’ici un mois, le Ministère Public poursuivra en justice d’autres banques des autres régions du Brésil, sauf Brasília.”
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
http://www.ueg.br/especial_2007-11-20_04.htm
La grande aspiration d’IVETE SACRAMENTO dans sa jeunesse était de devenir professeur dans les régions intérieures de l’état Bahia, comme sa mère et ses tantes. “J’ai grandi en écoutant leurs histoires: elles prenaient les canots, se déplaçaient à dos d’âne pour aller donner des cours dans les régions les plus éloignées”, dit-elle. “Je voulais également être une exploratrice de l’éducation.” La fillette a couru après son rêve et est allée loin: Ivete est la première femme noire brésilienne à être devenue rectrice d’une université.
Les afroboliviens, un monde différent
Les afroboliviens, un monde différent | |||
Ancestralité Ils sont arrivés en tant qu'esclaves dans les ports de la Caraïbe dès 1505 et leur déportation massive a débuté au Haut Pérou en 1545. La majorité d’entre eux venait d’Afrique, principalement du Congo, du Sénégal , d’Angola, du Benguela et du Biafra. Jusqu’à il y a 20 ans, ils se montraient peu au pays. Et même aujourd’hui, malgré l’abolition de l’esclavage en Bolivie survenu durant le gouvernement de Manuel Isidoro Belzu —il y a plus de 150 ans—, la population noire en Bolivie se sent prisonnière de la discrimination idéologique et raciale. L’exclusion subie lors du dernier recensement “par oubli” en 2001, lorsqu’ils n’avaient pas été pris en compte dans la classification des ethnies élaborée par l’Institut National des Statistiques en est une preuve. “Pendant la conquête, ce n’est pas la rencontre de deux mondes qui s’est produite, mais celle de trois mondes. Le troisième monde est le monde africain”, explique l’historien Fernando Cajías. Entre 13 et 20 millions d’africains furent emmenés dans le nouveau continent à partir de 1545 pour travailler principalement dans les mines dans des conditions infrahumaines. Avec le déclin de l’exploitation minière, ils migrèrent aux Yungas de La Paz et apprirent à cultiver la feuille de coca alors qu’ils étaient encore esclaves ; puis en tant que pongos, ils travaillèrent dans les exploitations agricoles (haciendas) en offrant cinq jours de travail contre deux pour leur famille, jusqu’à ce que le 2 août 1953 il y ait abolition du “pongueaje” et du “mitanaje”, ce qui favorisa l’accès aux terres sur lesquelles ils vivent aujourd’hui, même si la majorité d’entre ne possède pas de titre (foncier). La population des afrodescendants est actuellement estimée dans le pays à quelques 30.000 personnes, selon les dirigeants de cette communauté qui soutiennent qu’ils ont toujours été marginalisés dans les politiques de développement, et qu’ils ont une représentativité presque nulle; ce qu’ils essayent de changer avec leur demande d’inclusion dans la nouvelle constitution. Caracteristiques Population 22 000 habitants Département : La Paz Provinces Nord Yungas et Sud Yungas Famille linguistique : Espagnol avec des variantes dialectiques influencées par l’aymara Activités : Artisanat, culture du coca, du café, de fruits
Culture Les afroboliviens conservent vives des caractéristiques de leur culture d’origine, combinée à une assimilation naturelle du peuple aymara et d’influence chrétienne. Leur organisation sociale est basée sur l’unité familiale, ethniquement fermée qui démontre des liens très forts entre ses membres due à la ségrégation raciale existante. La Saya est l’une de leurs expressions culturelles qui conserve une partie de leurs anciennes traditions d’origine africaine dans laquelle ils expriment leurs inquiétudes sociales, leurs joies, leurs peines et leurs critiques, à travers des couplets rimés et des jeux de tambours intenses au rythme africain. “Les chanteurs de couplets improvisent des strophes espiègles qui recuillent l’expression de groupe”, commente le musicien afrobolivien Alido Inofuentes. Parmi leurs principales activités se trouvent l’agriculture, la vente et la main d’œuvre. Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga |
http://www.lostiempos.com/revistas_especiales/6agosto/bolivia_indigena/06_08_07_contenido2.php
“pongueaje” et “mitanaje : le premier terme est expliqué (pongo) et comme le deuxième est une forme d’esclavage.
Treizième Assemblée Générale de l'Organisation Noire Centraméricaine au Panama
L’Organisation Noire Centraméricaine ( Organización Negra Centroamericana, ONECA) a célébré du 29 novembre au 2 décembre dernier dans la Ville de Panama sa treizième Assemblée Générale, avec la participation de plus d’une centaine de délégués.
L’événement qui a vu la participation de quelques soixante trois membres de la communauté noire du Honduras s’est déroulé dans les installations de la Ciudad del Saber dans la capitale panaméenne et dans la ville de Colón, en région atlantique où réside la majorité des noirs de ce pays.
Pendants les cérémonies d’inauguration dans la soirée du jeudi 29 novembre, les noirs honduriens (garifunas) ont présenté leur danse traditionnelle, la punta, tandis que la délégation panaméenne exposait art folklorique avec le groupe de danse “La Pollera” et los Diablos de los Espejos.
Le discours inaugural a été prononcé par le Président de l’ONECA, l’hondurien Céleo Alvares Casildo, qui a souligné l’importance pour les afrodescendants d’être regroupés au sein d’une organisation leur permettant de défendre leurs droits dans le domaine de la santé, de l’emploi, de la politique et du dépassement constant à travers l’éducation.
La communauté noire centre américaine a également donné à l’ambassadeur du Honduras au Panama, son Excellence Juan Alfaro Posadas l’opportunité de délivrer un message de bienvenue aux différentes délégations de la région, ainsi qu’aux invités de la Caraïbe, du Canada, des États-Unis et d’autres pays.
L’ambassadeur Alfaro, après avoir félicité la délégation du pays hôte, le Panama, a déclaré se sentir fier qu’un hondurien comme Céleo Alvarez Casildo qu’il connait depuis de nombreuses années dirige l’ONECA.
Il a rappelé que Alvarez Casildo est un homme indispensable dans la lutte, car sa trajectoire dans les conquêtes populaires est longue; elle date de plusieurs décennies lorsqu’il était Président du Syndicat des Travailleurs de la Médecine, des Hôpitaux et Assimilés (SITRAMEDHYS) et très vite fondateur et président de l’organisation de Développement ethnique Communautaire (ODECO), entre autres étapes dans la revendication sociale.
Le diplomate a également indiqué que les noirs de même que les autres groupes ethniques de nos sociétés ont un fort coefficient intellectuel, mais qu’à cause de la couleur de leur peau, ils sont très souvent dénigrés, marginalisés et on essaye de les déprécier, en les faisant apparaitre comme des personnes aux idées courtes.
“Vous avez les mêmes droits et devoirs dans nos sociétés, ce qui doit vous motiver à poursuivre vos objectifs et vos buts. Si vous réussissez à renforcer l’unité, en vous éloignant des mesquineries, des sectarismes et en vous préparant un peu plus chaque jour, vous pourrez retrouver les espaces qui vous ont été refusés”, a indiqué Alfaro Posadas.
Enfin, il a déclaré que si les noirs restent unis, réussissent à dépasser tous les sentiments, et restent dans le droit chemin—dans n’importe quel des pays d’Amérique Centrale et de la Caraïbe, plus tôt que tard--, nous pouvons arriver à voir un Président ou une présidente noir(e), comme par exemple un important secteur de la population exclu tel que les indigènes en Bolivie qui ont obtenu le poste de Président à travers Evo Morales Ayma.
Le diplomate hondurien a été grandement applaudi et s’est déclaré l’ ami des noirs afrodescendants.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.embajadadehonduras.com.pa/noticiadetalle.php?id_noticia=84
10 afrobrésiliens racontent leurs parcours vers la réussite professionnelle
PAR SILVANA REGINA INÁCIO
Se battre et croire sont des mots qui doivent faire partie de la vie de celui ou celle qui veut réussir et atteindre ses objectifs. Aujourd’hui, les noirs brillent dans plusieurs domaines et gagnent des espaces, démontrant ainsi que le talent n’est pas uniquement réservé aux professionnels de la musique, de la dramaturgie ou des sports. raça brasil présente 10 professionnels ayant bien réussi, des exemples qui démontrent qu’une bonne partie de la réussite dépend des études, le dévouement et de la bonne volonté
"
Je suis né à Rio de Janeiro, dans le quartier de Méier. Je suis parti de là à 16 ans, et je suis allé à l’école d’Aéronautique de Sargento à Guaratinguetá, à l’intérieur de São Paulo. J’ai fait une formation en Ingénierie à l’Université de Taubaté et j’ai fait une post-graduation en Administration d’entreprises au Fecap, entre autres cours. Je suis tout le temps en train de me remettre à la page. Mais mon enfance n’a pas été du tout facile. En plus d’être divorcés, mon père buvait. J’ai commencé à travailler à 14 ans. Ma mère, originaire de alagoas, dit toujours que les études sont l’unique porte de sortie vers une vie meilleure. Elle fut mon exemple de persévérance et de force de volonté. A 45 ans, elle s’est résolue investir dans elle-même et dans son avenir. Elle est retournée aux études, elle est allée à la Faculté d’Assistance Sociale et a travaillé à l’INSS, elle est pétillante et elle est aujourd’hui retraitée. Tout cela est un motif de grande fierté et prouve qu’il n y a pas d’âge pour courir après ses rêves et ses objectifs. Au cours de ma carrière professionnelle, j’ai participé à la construction de l’Aéroport de Guarulhos et j’ai été directeur des Ouvrages de la Municipalité de Guarulhos. Actuellement, je suis président de l’Asseag (Associação dos Engenheiros, Arquitetos e Agrônomos do Município de Guarulhos – Association des Ingénieurs, Architectes et des Agronomes de la Municipalité de Guarulhos) et je dirige ma propre entreprise."
JORGE M. DA SILVA SANTOS, 57 ans, ingénieur civil
"Je ne suis jamais resté là à penser comment j’allais payer mes études. Ma préoccupation a toujours été d’améliorer mes connaissances et de me cultiver. Après avoir commencé les cours, je trouvais la solution pour payer. J’ai commencé à travailler à 15 ans et ma mère m’a toujours encouragé à étudier. J’ai suivi une formation en comptabilité et je suis diplômé de troisième cycle en Administration Comptable et Financière de la FAAP et j’ai obtenu un MBA en Gestion Commerciale d’Entreprises. Mais à la base j’ai été dans des collèges publics au sud de Glicério, à São Paulo. Dire qu’il n’existe pas de discrimination serait faire de la démagogie, mais j’ai toujours dépassé cela par mon professionnalisme et ma capacité. Je suis administrateur général de la comptabilité des neuf entreprises qui font partie du groupe bancaire Société Générale Brésil et dans ce cadre, je me rends à New-York au moins une fois par an. J’envisage de fréquenter deux autres facultés et de faire une spécialisation aux États-Unis qui pourra m’habiliter à travailler dans mon domaine n’ importe où dans le monde. Ma réussite ne dépend pas de tiers, mais bien uniquement et exclusivement de moi."
NELSON EDGAR LEITE, 40 ans, comptable
"Fille d’une couturière et modéliste, j’ai toujours rêvé de travailler dans le secteur de la mode. Ma mère a travaillé avec des stylistes célèbres tels que Reinaldo Lourenço, ce qui ne faisait qu’augmenter seulement ma volonté. Mon père est mort quand j’avais 13 ans. Une chose qu’il disait toujours et que je n’ai jamais oublié c’est que les noirs pour bien réussir doivent être dignes, courageux et beaucoup étudier.
Mon père a été un exemple pour moi. N’ayant pas été dans les conditions d’étudier dans sa jeunesse, il a pris des cours à la faculté d’Administration après s’être marié et après avoir eu des enfants. Grâce à une bourse de 70% d’une entreprise dans laquelle j’ai travaillé, j’ai réussi à faire ma première faculté dans le secteur de la Mode, mais quand j’ai essayé de travailler avec cela, je me suis rendue compte que c’était très difficile et qu’il fallait faire des cours de spécialisation dans d’autres pays, ce que je n’avais malheureusement pas les moyens de faire. C’est alors que j’ai décidé de changer de domaine et de passer un nouveau concours d’entrée à l’Université, et cette fois, j’ai réussi à entrer à l’USP, une des universités les concourues du Brésil, en Administration d’Entreprises. Aujourd’hui, je suis cadre dans une banque, ce qui était également un rêve d’enfance. L’éducation est la base de tout dans la vie de chaque personne."
GLÁUCIA HELENA JERONYMO, 35 ans, cadre de banque
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Je suis né à Araçuaí, no Vale do Jequitinhonha. J’ai connu une enfance très pauvre : j’ai perdu mon père alors que j’étais encore un bébé et je suis devenu orphelin de mère à 5 ans. J’ai été élevée par une famille riche pour laquelle ma mère travaillait en tant que domestique. J’ai dû arrêter les études pour aider aux travaux domestiques et j’ai seulement repris à l’adolescence. La famille qui m’élevait n’a pas aimé. Je suis arrivé à Rio de Janeiro il y a 20 ans. Je venais pour travailler dans la maison d’une amie, mais elle est rentrée plus tard à Minas Gerais. Moi j’ai dit que je ne rentrerais que la tête haute. Je voulais faire une formation en Journalisme, en Pédagogie ou en Nutrition, mais j’ai fini par choisir Hôtellerie. J’ai été vendeuse d’assurances, baby-sitter et domestique, jusqu’à commencer à travailler avec de grand chefs comme José Hugo Celdônio et les français Pierre Landry et Dominique Oudin, tous les deux au Le Saint Honoré. Rien n’est facile dans la vie, mais nous devons croire. Je suis sorti d’un coin perdu de l’intérieur pour arriver dans une ville comme Rio de Janeiro et j’ai réussi. Je suis chef exécutif de l’un des restaurants dont on parle le plus dans la ville."
ANA RIBEIRO, 40 ans, chef au sommet d’une carrière de réussites de Vale Jequitinhonha au Monde
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J’ai eu une enfance difficile. A 13 ans, j’étais ouvrière dans un atelier de couture. Par la suite j’ai travaillé dans une banque entre autres choses. J’ai une formation en Psychologie même si je n’ai jamais travaillé dans le domaine. J’ai toujours couru après mes rêves et mes objectifs. Des fois, j’occupais deux emplois. Je suis l’ainée d’une famille de sept enfants et j’ai réussi à obtenir une partie de ce j’ai à force de volonté et beaucoup de travail. De nos jours, les jeunes ont tout plus facilement. Avant, c’était plus difficile. Je gère avec mon mari et mes frères sept boutiques d’informatique au centre de São Paulo, et une fabrique de bijou de pacotille qui exporte en Amérique Latine. Je ne suis jamais descendu du ciel. Il faut courir derrière ses rêves et ses objectifs et se battre assez. Il n y a pas de réussite sans efforts."
ESTER BOTELHO, 46 ans, femme d’affaires
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A 41 ans, je me considère comme un homme ayant fait de nombreuses conquêtes. Je suis de Blumenau. Fils d’un mécanicien et d’une employée de maison. J’ai quatre frères. J’ai juste fait l’enseignement collégial, mais j’ai investi dans de nombreux cours. Je voulais avoir plus de connaissances et je ne me suis jamais laissé abattre par les préjugés. Parce que je suis né sur une terre de culture et de coutumes allemandes. Ma mère nous a toujours appris à ne pas nous offusquer, mais à savoir nous tenir dans n’importe quel environnement, car être pauvre n’est pas une honte. Ce qui est honteux, c’est de ne pas avoir de volonté d’apprendre. A 14 ans, j’étais déjà emballeur. J’ai également été mannequin, coordinateur d’événements... Aujourd’hui, je suis chef adjoint du Cérémonial. Notre équipe est responsable des normes du cérémonial public et des voyages du président de la République. J’ai visité plusieurs pays et j’ai reçu des décorations internationales en Espagne, en Argentine, en France et en Guinée-Bissau. Au Brésil, j’ai reçu comme distinction la décoration Santos Dumont de l’Armée de l’Air Brésilienne de l’Ordre du Branco au grade de Commandeur et l’Imposition de la Décoration de l’Ordre du Mérite Naval au grade d’Officier du Quadro Suplementar."
MARCOS CÉSAR LAGUNA, 41 ans, de Santa Catarina au Palais du Planalto
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J’ai découvert ma vocation à 17 ans, quand j’ai fait un cours technique de cuisine au Senac. Mais j’ai appris les premiers trucs truques culinaires avec ma mère. De là à ici, ce qui était seulement une vocation est devenu un style de vie. Par l’intermédiaire d’un cousin– également chef cuisinier – je suis allé travailler en Belgique, peu après avoir terminé le cours. J’ai connu les plus grandes difficultés de ma vie là-bas, mais j’ai beaucoup appris. Je travaillais pour manger. Mais, pour un carioca né dans la banlieue de la ville et fils d’une mère célibataire, j’ai réussi à vaincre tous les obstacles, j’ai acquis de l’expérience et la reconnaissance professionnelles. J’ai déjà reçu de nombreux prix pour mes performances et j’ai été cité par la journaliste Danusia Bárbara, dans le Guia Restaurantes do Rio 2004, comme chef compétent et créatif. Étudier n’est jamais de trop. Il y a à peu près quatre ans, j’ai fait une formation en Histoire. Cependant, ma passion c’est la cuisine."
RENATO VICENTE, 40 ans, chef exécutif des cuisines et des restaurants d’un réseau d’hôtels
"J
’ai une formation en Communication sociale avec des compétences en Journalisme de PUC de São Paulo. J’ai fait une maitrise et un doctorat au programme de post graduation en Intégration de l’Amérique Latine et Communication et Culture de l’Université de São Paulo. Je suis né à São Paulo ou j’ai toujours vécu. Mon enfance a été bonne, mais difficile. Je vivais avec mes tantes, dans des conditions très précaires, mais dignes. Ma mère était employée d’une maison familiale et des fois elle venait à la maison les fins de semaines. Nous étions très pauvres et mes tantes se démenaient pour que nous soyons dignes. J’ai commencé à travailler à 10 ans dans un kiosque à journaux et je n’ai jamais arrêté de travailler et d’étudier. J’ai toujours en ma possession un dictionnaire que j’avais reçu du propriétaire du kiosque, Anísio, avec la dédicace suivante: Que ce dictionnaire serve à éclairer ton esprit. Aujourd’hui, je suis directeur dans le secteur de la Communication Sociale de l’Université de São Paulo. Mais je crois qu’il y a beaucoup à faire pour une société avec plus d’opportunités et pour nous assurer un avenir d’égalité et d’équité sociale pour les afrodescendants
JUAREZ T. DE PAULA XAVIER, 49 ans, journaliste
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L’opportunité est un espace que peu de personne occupent, mais si vous en avez une, battez-vous avec force. J’ai été le premier noir à faire une formation en Technologie et Médias Digitaux à la Pontifícia Universidade Católica de São Paulo et j’ai investi dans divers cours de langues. Je parle anglais, français et espagnol. Ma carrière professionnelle a débuté à Santos, ma ville natale, mais je suis passé dans plusieurs entreprises jusqu’à trouver ma place. Les études sont fondamentales dans la recherche de la réussite et de la reconnaissance professionnelle. J’ai déjà travaillé dans de grandes entreprisses du secteur informatique. Aujourd’hui, je dirige ma propre entreprise et je travaille dans le secteur du en tant que directeur et producteur de campagnes et d’événements de marques ou pour des destinations. La majorité de nos clients sont des consulats ou des ambassades. Je suis comblé professionnellement, mais je veux encore plus me spécialiser et dans le futur enseigner le Design dans les facultés tournées vers la population afro, de manière à ainsi porter un peu de ma connaissance et de mes rêves à tous."
LUIZ ANTÔNIO TIBIRIÇÁ, 38 ans, le premier afrobrésilien formé en Technologie et Médias Digitaux de la PUC São Paulo
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Je suis née à Rio de Janeiro. Et j’ai des parents merveilleux. Mon père a eu une formation en Administration des Entreprises et ma mère est comptable. Je dis souvent qu’il peut y avoir une enfance plus riche que la mienne, mais en trouver une de plus heureuse serait bien difficile. Je suis une fille unique et dont l’avenir a été très planifié par mes parents. Malgré cela, dès ma petite enfance, ils me racontaient les difficultés qu’ils avaient eu pour étudier, et celles que mes grands-parents ont eu durant une bonne partie de leur vie. Ces conversations qu’on a eues très tôt m’ont permis de prendre conscience de l’effort de mes parents et de mes grands parents, qui ont produit en bout de ligne de meilleures opportunités pour moi. Je valorise tout cela et j’ai conscience de l’importance que cela a et de mon rôle social. Leur effort dans le passé me donne l’opportunité d’étudier dans de bons collèges et de me former dans une faculté fédérale en Ingénierie de Production dans une faculté fédérale en Ingénierie de Production. Je travaille dans mon domaine à H. Stern, ce qui est déjà une bonne raison de célébrer. Je sais que j’ai beaucoup à faire et à apprendre, mais je suis sur le bon chemin."
FERNANDA DAMÁSIO G. DA SILVA, 22 ans, ingénieure de production
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga
http://racabrasil.uol.com.br/Edicoes/113/artigo57748-2.asp
Le professeur sud-africain Shadrack Gutto défend l'expansion des actions affirmatives au Brésil
PAULO DE ARAÚJO / Folha Online
Une Traduction de Guy Everard Mbarga
Après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, il y a 13 ans, les actions affirmatives appliquées dans le pays constituèrent le principal outil utilisé dans le processus d’inclusion sociale des noirs selon Shadrack Gutto, professeur des études africaines de l’Université d’Afrique du Sud. Il a accordé une entrevue en exclusivité à Folha Online à São Paulo.

Jusque là, les blancs --10% de la population du pays-- détenaient 87% des terres, tandis que les noirs, qui représentaient 90% de la population n'en détenaient que 13%. L'exclusion se répétait au niveau politique, de l'éducation et de l'économie.
"La situation a changé grâce aux actions affirmatives mises en place à partir de 1994", affirme Gutto à Folha Online, qui était au Brésil pour participer au "Séminaire International de Gestion Publique Partagée: Expériences d’Actions Affirmatives", organisé par la Préfecture de São Paulo.
Il continue de défendre l’augmentation du nombre de places pour les noirs dans les universités sud africaines. "Dans certaines universités, les professeurs blancs représentent encore 80% ou 90%. Et c’est un problème. On ne peut pas seulement avoir des blancs qui enseignent aux noirs. Il faut également qu’il y ait des noirs qui enseignent aux noirs".
Dans l’entrevue, il revendique l’élargissement des actions affirmatives au Brésil, autant dans l’éducation que dans d’autres secteurs. "Soit les noirs sont exclus des universités, soit ils deviennent des parties du capital intellectuel du pays. Et le Brésil sera pauvre s’il n’existe pas une diversité culturelle dans le système éducationnel, avec des blancs, des noirs et des indigènes. Un pays a besoin de cela", affirme-t-il.
Lisez ci-dessous, l'intégralité de l'entrevue accordée par Gutto à Folha Online:
Folha Online- Quelle est votre opinion sur l’efficacité des actions affirmatives dans l’inclusion sociale des noirs en Afrique du Sud?
Shadrack Gutto- La ségrégation en Afrique du Sud existait déjà pendant l’ère coloniale. Par la suite, comme tout le monde le sait, le pays est devenu le centre d’un racisme systémique et très organisé durant l’apartheid. Quand ce régime fut vaincu, grâce aux efforts de la communauté internationale et du peuple sud africain lui-même, il fallait corriger ces erreurs historiques.
Pour cela, les actions affirmatives ont joué un rôle impératif, et il y avait déjà une vision sur son efficacité. En 1993, le Congrès National Africain, qui gouverne actuellement le pays formula le Programme de Reconstruction et de Développement. Quand il accéda au pouvoir en 1994 lors des premières élections démocratiques, il appliqua diverses réformes pour donner le pouvoir aux noirs qui étaient exclus de l’économie, de la politique, de l’éducation.
Il y eut alors une série d’actions, y compris la réforme agraire, la réforme dans les services publics et sociaux et la réforme dans le secteur de l’éducation.
Folha Online- Quelle était exactement la situation des noirs jusqu’alors?
Gutto- Avant 1994, les blancs, qui représentaient 10% de la population détenaient 87% des terres du pays. Les noirs qui en représentaient 90% possédaient seulement 13% des terres. Autant dire que la réforme agraire était fondamentale. Tout d’abord, il fallait donner aux noirs les titres (fonciers) des terres qu’ils occupaient déjà. Car, jusqu’alors, même s’ils étaient là, le gouvernement n’accordait les titres (fonciers) qu’aux blancs.
Le gouvernement a également dû acheter des terres pour l’établissement des noirs. Il y avait un problème du logement, car ils ne pouvaient pas vivre dans de nombreux endroits. La question du logement est dès lors également devenue une priorité.
Il était nécessaire de mettre des ressources à disposition pour que les gens puissent participer à l’économie et retrouver leur dignité. Dans ce sens, la réforme agraire a été l'une des principales avancées.
Folha Online- Vous appelez ce type de réformes des actions affirmatives?
Gutto- On ne peut pas le dire de manière stricte. Les actions affirmatives sont des outils visant à corriger des erreurs historiques, pour inclure ceux -là qui étaient exclus. On a l’habitude d’utiliser le terme "actions affirmatives". Personnellement, je préfère parler des "actions correctives", car on est en train de corriger ces erreurs. Ce qu’on fait c’est de donner aux personnes le droit de jouir des droits dont ils devraient déjà jouir normalement. Les actions affirmatives visent à construire une société normale à partir d’une société anormale.
Il s’agit de mesures permettant aux personnes de développer tout leur potentiel en tant qu’êtres humains. Car dans le régime de l’apartheid, les personnes ne développaient pas leur potentiel.
Folha Online- Ce qui s’est passé en Afrique du Sud au cours des dernières années en termes d’inclusion de la population noire peut-il être considéré comme un exemple de réussite?"
Gutto- Il y a eu des changements très significatifs. Une autre avancée importante, par exemple, fut sur la question sociale, comme les aides et les pensions pour les enfants, les personnes âgées et les chômeurs. Les noirs n’avaient pas accès à cela. C’était un privilège réservé aux blancs. Le gouvernement doit donc s’assurer que tous, blancs ou noirs puissent recevoir ces aides, car elles sont si importantes, surtout pour les pauvres.
Folha Online- Et la majorité des gens a t'elle réellement accès à ces aides?
Gutto- Oui, la plupart y a accès. On peut dire que l’Afrique du Sud a grandement réussi dans ce domaine. La question de la réforme agraire est néanmoins plus difficile, et les mesures n’ont pas encore été suffisantes. Il se trouve que le gouvernement doit acheter ces terres, il ne s’agit pas d'expropriation. Et il est difficile de disposer de ressources suffisantes, car les prix montent très vite.
Quand les gens savent que le gouvernement est intéressé par terres, ils font monter les prix.
Le gouvernement commence donc désormais à dire "nous ne pouvons pas seulement nous baser sur les forces en présence sur le marché. On va essayer de négocier des prix raisonnables. Et si ce n’était pas possible, on va exproprier et offrir des compensations par la suite". Le gouvernement ne peut pas continuer à jeter l'agent par les fenêtres. Mais c’est un long processus. La démocratie dans notre pays n’a que 13 ans.
Folha Online- Diriez-vous que l’Afrique du Sud est beaucoup moins raciste aujourd’hui que dans le passé? Les actions affirmatives ont-elles une influence sur la lutte contre le racisme?
Gutto- Le racisme reste présent, il n’est plus officiel évidemment. Mais pour finir avec le racisme, on doit effectivement faire usage des actions affirmatives. Car du moment que l’inégalité existe dans l’éducation, dans les services sociaux, dans la politique de l’entreprise etc, le racisme restera présent.
Les gens peuvent ne pas te discriminer directement. Mais ils te discriminent en t’excluant. Les actions affirmatives peuvent alors être comprises comme des mécanismes visant à détruire le racisme.
Folha Online- Comment sont élaborées les actions affirmatives dans le domaine de l’éducation?
Gutto- En Afrique du Sud, il y avait des universités pour blancs et d’autres pour noirs. Celles des blancs bénéficiaient de presque toutes les ressources. Ainsi, les gens avaient une éducation et un potentiel inégaux en termes de connaissance et d’application de cette connaissance.
Les universités pour noirs servaient seulement à l’enseignement. Pas pour la recherche. Aujourd'hui, les noirs sont en train de devenir la plus grande partie des étudiants qui graduent. Mais les blancs sont plus nombreux dans la recherche académique. Ainsi, dans certaines universités, les professeurs blancs représentent encore 80% ou 90%. Et cela est un problème. On ne peut pas seulement avoir des blancs qui enseignent aux noirs. Il faut également que l’on ait des noirs qui enseignent aux noirs.
Folha Online- Existe-t-il des actions ponctuelles pour introduire les noirs au marché du travail?
Gutto- Oui. Les noirs étaient auparavant exclus des postes les plus importants, ou des secteurs techniques ou scientifiques. Une des actions vise à faire que les entreprises aient un plan d’inclusion à tous les niveaux, jusqu’aux postes de gestion les plus élevés. Cela est valable pour les noirs, les femmes et les personnes porteuses de déficience. Mais il faut changer la mentalité de ces entreprises. Certaines n’appliquent pas les plans. Elles disent qu’elles ont besoin de plus de trois ans, de plus de cinq ans, et on ne les voit pas appliquer grand chose.
Il y a également une loi qui exige que les compagnies soient administrées en partie par des noirs. Pour qu’ils deviennent également propriétaires. Car si vous ne possédez pas le capital, votre rôle se limite à celui de consommateur. Il faut changer cela pour que les noirs ne restent pas que des consommateurs mais également des gestionnaires de l’économie.
Folha Online – La résistance face à ces changements est elle grande?
Gutto-Oui. Il y a toujours des groupes qui s’opposent. Mais on ne gagne pas sans lutter. Du point de vue de la législation, il y a un grand travail qui est fait en Afrique du Sud. Mais en termes d’application –qui dépend de la coopération des personnes-la lutte continue. Le rôle du gouvernement n’est pas seulement de réguler, mais également de faire que les gens respectent les règles. Spécialement si les politiques sont bonnes. Il ne s’agit pas de provoquer la fuite des capitaux, par exemple, mais plutôt d’être plus inclusif. Si cela ne fait pas partie de l’agenda, le racisme et le sexisme persistent. La lutte pour le changement, pour détruire la mentalité de l’apartheid reste en cours.
Folha Online- Le Brésil a adopté le système des quotas pour favoriser l’accès des noirs dans les universités. Qu’en pensez-vous ?
Gutto-Les Brésil a commencé à appliquer ces actions affirmatives, mais cela reste encore très centré sur l’éducation, cela ne s’est pas fait pour d’autres secteurs.
Quand je suis venu à Salvador en 2005, ce sujet était très présent dans l’actualité. Et il a été démontré que les étudiants bénéficiant des quotas s’en sortaient mieux que ceux qui accèdent à l’Université par le mérite. Cela montre bien à quel point l’exclusion est artificielle, car ces personnes peuvent s’en sortir.
Mais les quotas dans les universités ne suffisent pas. Il faut prendre des mesures pour améliorer le niveau d’éducation des noirs dès l’école primaire. Pour ne plus avoir besoin des quotas en bout de ligne.
Folha Online- À l’époque de l’application, il y avait beaucoup de gens contre. Un des arguments était que les quotas légitiment le préjugé.
Gutto- Le Brésil doit prendre une décision. Soit les noirs sont exclus des universités ou alors ils rentrent dans le capital intellectuel du pays. Et le Brésil sera pauvre s’il n’y a pas une diversité culturelle dans le système éducationnel, avec les blancs, les noirs et les indigènes. Un pays a besoin de cela.
Folha Online- Considérez-vous les quotas comme une solution temporaire?
Gutto- C’est une solution temporaire, jusqu’à ce que les noirs obtiennent les mêmes chances d’aller à l’Université et de réussir. On parle de donner aux gens quelque chose qu’ils auraient déjà obtenu s’ils n’avaient pas été victimes du racisme.
http://www1.folha.uol.com.br/folha/mundo/ult94u350146.shtml
Témoignage : le professeur Carlos Moore raconte le Mouvement Noir Cubain
S. Paulo – Un vieux combattant antiraciste, accusé de subversion raciale par le régime cubain, le professeur Carlos Moore, 65 ans, a été le protagoniste d’une scène chargée d’émotion lorsqu’il a raconté son parcours durant la période de la révolution.

“J’ai même fui du pays protégé par les Ambassades africaines. Et après, j’ai vécu l’exil en Égypte, en France, au Nigéria, au Sénégal, en Jamaïque, en Guadeloupe, à Trinidad et Tobago...’, a-t-il raconté, la voix à peine audible à cause des larmes.
La scène a eu lieu durant le Séminaire International d’Actions Affirmatives ( Seminário Internacional de Ações Afirmativas) organisé par la Coordination Spéciale des Affaires de la Population Noire ( Coordenadoria Especial de Assuntos da População Negra) de la Préfecture de São Paulo la semaine dernière.
À la réponse à une question sur la situation raciale de Cuba, Moore, qui vit à Salvador/BA, a fait un historique du Mouvement Noir cubain, racontant que, après avoir activement participé à la guerre d’indépendance contre l’Espagne, les noirs furent interdits de participation à l’Exécutif, à la police et même exclus des écoles publiques. Ils représentaient alors 64% de la population de l’Île.
C’était la première fois, en sept ans de vie au Brésil que Moore acceptait d’évoquer la question raciale à Cuba. “Je devais donner une vraie réponse à un camarade qui m’a posé une question et je ne pouvais pas me défiler. J’ai accepté la responsabilité de ce que je suis en train de dire”, a-t-il affirmé.
Le crime de subversion raciale n’existe pas dans la législation cubaine, pourtant le régime l’applique systématiquement, soumettant les accusés à des peines variant entre 10 et 15 ans de prison.
Moore a vécu aux côtés et travaillé pour la sécurité et en tant que traducteur de Malcom X, le leader noir nord-américain durant la dernière période de sa vie, à partir de novembre 1964. Malcom est mort en 1965.
Génocide
Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga
Source : afropress.com

Selon Moore, le dirigeant, probablement âgé de 72 ans (il n’en n’est pas certain) assez affaibli et vit encore en mauvaise santé, mais il a été détruit psychologiquement.
Moore a également indiqué qu'avec la chute de l'union Soviétique, L’État cubain a reconsidéré la question raciale et lui à 34 ans a retrouvé le droit de se déclarer cubain après l'avoir perdu. “C’est seulement à 34 ans que Fidel Castro m’a permis de rentrer à condition que je ne parle pas de racisme et je ne peux pas rester plus de 42 jours dans mon pays”, a-t-il ajouté.
Malgré cela, Moore est plus optimiste depuis que Raul Castro, le frère de Fidel, occupe le pouvoir suite à l'éloignement de Fidel à la santé fléchissante “Après 48 ans de répression, concernant ce sujet, on prend une nouvelle direction avec Raul Castro. Le régime accepte désormais de discuter le thème du racisme, mais, seulement dans le cadre du Parti Communiste qui représente seulement 5% des cubains”. On n'ose pas discuter de ce sujet dans la société.”
À la fin, encore ému et sous les applaudissements, Moore s'est excusé. “Il m’arrive quelque chose qui ne m’est jamais arrivé. La mémoire de ce qui s’est passé a réussi à me perturber”.
Actuellement, la population noire de Cuba est estimée entre 62% et 64% de la population du pays.
À la fin des années 40, après la deuxième Guerre Mondiale, le Mouvement Noir resurgit à Cuba avec Juan José Betancourt Bencomo. Durant la période de la Révolution, en 1959, la population noire était estimée à environ 45 à 48% de la population du pays.
Buena Vista
En 1959, les “Sociétés de Couleur ” (“Sociedades de Color”), comme on appelait les clubs noirs comme le Buena Vista Social Club (décri dans le film de Ray Cooder), furent simplement dissous et leurs sièges détruits. “C’étaient des sociétés noires cubaines qui furent interdites. Buena Vista Social Club était l’une d’elles. Il y en avait près de 500. Fidel estima qu’il s’agissait de mouvements racistes. Et il refusa de rencontrer les dirigeants noirs”, raconte-t-il.
Selon Moore, à l’époque, Betancourt publia une lettre ouverte qui en résumé disait : “Nous les respectons en tant que nationalistes et révolutionnaires. Mais qu’ils ne viennent pas nous dire ce qu’ils entendent par le racisme et la discrimination à Cuba”. “La Doctrine Nègre : comment vaincre le Racisme Institutionnel ”, une plateforme de 332 pages qui proposait la déroute du racisme date également de la même époque.
“Tous les dirigeants furent emprisonnés. Ceux qui n’étaient pas en prison devaient s’enfuir. Les clubs noirs furent fermés. À Cuba, il était interdit de parler du génocide de 1912”.
Révolution
Dans les premières années de la Révolution, le Mouvement Noir renait avec Waltério Carbonell. “Carbonell fût anéanti dans un Hôpital Psychiatrique. Moi même j’ai fui du pays, protégé par les ambassades africaines. Après 28 jours dans une prison, accusé de subversion raciale, j’avais alors 19 ans, et j’étais convaincu que j’allais être exécuté. Moi ainsi que d’autres dirigeants nous étions montrés comme les portes paroles du nouveau racisme nègre, envoyés devant les Tribunaux. On m’obligea à faire une déclaration dans laquelle je confessais que j’étais fautif en parlant de racisme, car je ne connaissais pas Cuba et que je confondais Cuba avec les USA”, a-t-il ajouté.
Benedita da Silva : “Le plus grand obstacle du noir c’est le discrédit”
“La première fois que j’ai rencontré Benedita da Silva c’était dans le cadre du lancement de l’un de mes livres Manual de Sobrevivência do Negro no Brasil (Manuel de Survie du Noir au Brésil) au début des années 90 à Rio de Janeiro”, se souvient Maurício Pestana, président du conseil éditorial de RAÇA BRASIL, quelques minutes avant de débuter cette entrevue.
Plus d’une décennie a passé et au cours de cette période, l’ascension politique de Bené (comme on l’appelle chaleureusement) l’a porté à des niveaux jamais atteints par un noir au Brésil: elle a été conseillère (municipale), député, sénatrice, ministre et gouverneure. “Son parcours a été une source d’inspiration mais également de critiques. Cependant, qu’il s’agisse de l’une ou l’autre des opinions, une chose est certaine: Benedita da Silva a une place assurée dans l’histoire politique du Brésil. Comme vous pourrez le constater dans cette entrevue accordée au magazine RAÇA BRASIL”.
VOUS AVEZ PRATIQUEMENT OCCUPÉ TOUTES LES SPHÈRES DE POUVOIR DANS VOTRE ÉTAT. VOUS AVEZ ÉTÉ CONSEILLÈRE, DEPUTÉE, SÉNATRICE ET GOUVERNEURE. QUE SIGNIFIE AFFRONTER LE POUVOIR LORSQU’ON EST UNE FEMME NOIRE, DANS UN PAYS OU LE POUVOIR SE TROUVE MAJORITAIREMENT ENTRE LES MAINS DES HOMMES BLANCS?
POUR VOUS, UNE PERSONNE AYANT DES ORIGINES MODESTES, COMME LA MAJORITÉ DE LA POPULATION NOIRE EST EXCLUE DE CE PAYS. QUEL EST LE PLUS GRAND OBSTACLE AUQUEL FAIT FACE LE NOIR POUR SON ASCENSION ET DANS LA CONQUÊTE DU POUVOIR.
Le discrédit vient en premier. Culturellement, nous les noirs sommes obligés de travailler et de vivre avec le discrédit, on entendra souvent “ça ne va pas marcher, cela n’aboutira à rien”, nous devons affronter le fait que notre image n’est pas associée historiquement à l’intelligence, que l’espace à occuper n’est pas le nôtre, affronter les embûches, toutes ces choses que vous savez...
Les préjugés et le combat restent évidents, vous voyez que votre adversaire est contrarié par votre image, par votre intelligence.
EN TANT QUE SECRÉTAIRE À L’ASSISTANCE SOCIALE ET AUX DROITS HUMAINS, COMMENT ÇA A ÉTÉ DE TRAVAIALLER DANS UN GOUVERNEMENT ACCUSÉ DE DURCISSEMENT ET MÊME D’USAGE D’UNE CERTAINE AGRESSIVITÉ DANS LES COMMUNAUTÉS OU VIVENT LA MAJORITÉ DE LA POPULATION NOIRE DE RIO DE JANEIRO?
Le gouvernement de l’état de Rio de Janeiro pour la première fois depuis de nombreuses années a une alliance très forte avec le gouvernement fédéral, qui investit ses équipements dans l’hygiène publique de base dans le cadre du Programme d’Accélération du Développement (Programa de Aceleração ao Crescimento, PAC).
Aujourd’hui, le résultat qu’on a c’est cet abandon, mais le gouvernement de Rio de Janeiro entre dans les communautés pour donner la sécurité et des opportunités.
IL Y A CERTAINS SECTEURS DU MOUVEMENT NOIR (PRINCIPALEMENT À RIO DE JANEIRO) QUI VOUS ACCUSENT DE NE PAS PARTICIPER PLUS GRANDEMENT AU DÉBAT SUR LA QUESTION RACIALE. QU’EN PENSEZ-VOUS?
COMMENT FUT VOTRE VIE À LA TÊTE D’UN MINISTERE DU GOUVERNEMENT LUIZ INÁCIO LULA DA SILVA?
VOUS AVEZ ÉTÉ ACCUSÉE DES DIZAINES DE FOIS RELATIVEMENT AU VOYAGE AYANT ABOUTI À VOTRE SORTIE DU GOUVERNEMENT, COMMENT AVEZ VOUS VÉCU TOUT CELA? PENSEZ-VOUS QUE LA PRESSE ET LA JUSTICE SONT PLUS RIGOUREUSES LORSQUE L’ACCUSÉ EST NOIR?
Je n’en ai aucun doute! Je l’affirme , elles le sont beaucoup plus. Mais ce n’est pas seulement la presse, malheureusement, nous ne trouvons aucun soutien. Malheureusement, la manifestation de solidarité entre ceux qui ne sont pas noirs est bien plus importante que celle au sein de notre communauté. Je veux affirmer ici qu’il n y a pas de tolérance avec nous, il n y a pas de solidarité avec nous...
QUEL CONSEIL DONNERIEZ-VOUS AUX JEUNES QUI AUJOURD’HUI ASPIRENT À SUIVRE LES TRACES D’UNE CARRIÈRE POLITIQUE RÉUSSIE TELLE QUE LA VÔTRE?
Ce que je dirais aux jeunes, j’ai vu nos jeunes filles tomber enceinte, fonder une famille et avoir des engagements familiaux de façon très prématurée. Chaque fois que je peux, je conseille de ne pas entrer dans cela, ne le faites pas, quelque pire soit votre situation économique, quelque soit la force du racisme, il y a une lumière sur le chemin: le savoir! Tout d’abord, le savoir ne prend pas de place, personne ne peut vous prendre ce que vous savez, je pense donc qu’il faut avoir l’espoir. Ayez l’espoir, ayez la foi. Il est important d’avoir toute l’énergie pour affronter les obstacles.
AUJOURD’HUI, IL Y A UN DÉBAT TRÈS IMPORTANT SUR L’INTOLÉRANCE QUE CERTAINES RELIGIONS ÉVANGÉLIQUES, SURTOUT LES NÉOPENTECÔTISTES, MANIFESTENT PAR RAPPORT AUX RELIGIONS DE MATRICE AFRICAINE. QUELLE EST VOTRE POSITION À VOUS QUI ÊTES UNE FEMME ÉVANGÉLISTE À CE SUJET?
LES ÉTATS-UNIS DÉBATTENT DÉJÀ D’UNE CANDIDATURE NOIRE À LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE, QUAND PENSEZ-VOUS QUE NOUS POURRONS ARRIVER À LA MÊME CHOSE?
VOUS AVEZ DÉJÀ OCCUPÉ LA CHARGE DE SENATRICE, VOUS CONNAISSEZ BIEN LA MAISON (LE SÉNAT), QU’AVEZ-VOUS PENSÉ DE L’ACQUITTEMENT DU PRÉSIDENT RENAN CALHEIROS?
Vous savez, je connais bien cette maison et je connais parfaitement les implications et les difficultés d’un vote et s’ils ont eu raison ou tort, le Congrès a des pouvoirs pleins pour prendre la décision. Le sénat exprime également la volonté du peuple, cela veut dire que tous ces sénateurs sont des représentants du peuple, autant ceux qui étaient contre que ceux qui étaient en faveur, pour cette raison, émettre une opinion et prendre une décision est toujours très difficile. Tout le temps que j’ai passé au Congrès, j’ai toujours défendu le vote ouvert, mais enfin, la décision a déjà été prise.
SOUHAITERIEZ-VOUS AJOUTER QUELQUE CHOSE?
Je souhaite féliciter RAÇA BRASIL qui nous a donné tant de joies. Et en cette nouvelle phase de la revue, je suis très heureuse de pouvoir donner mon opinion ici, dans les “Pages Nègres ” ( Páginas Pretas). Sincèrement, j’ai toujours eu des commentaires selon lesquels notre magazine -- car je le considère comme le nôtre– devrait être plus complet et pour cela, il devrait y avoir de la politique. Lors du lancement de cette section [septembre] j’ai lu un article sur un sujet très commenté qui a été placé à un haut niveau -- avec des débats de personnalités de São Paulo, de Rio de Janeiro, de Minas Gerais et Rio Grande do Sul sur le système des quotas. Peut être de nombreuses personnes ne connaissent pas le recteur Timothy Mulholland. Dans l’entrevue, il a parlé de la violence, avec laquelle notre combat est traité. Alors, si lui a ressenti cette violence, imaginez ce qu’il en est pour nous qui avons subi pour qu’aujourd’hui notre revue puisse avoir ses “Páginas Pretas”? Je pense qu’il doit informer les gens sur la politique, car la politique fait également partie du monde noir. Il est possible que demain on dise que nous devons nous occuper de notre culture, que les gens doivent seulement parler de notre beauté, de nos cheveux... Mais, nous devons également parler de notre politique, ne serait ce que parce que notre beauté, notre danse resterait complètement dans l’anonymat si nous ne faisions pas la politique. Nous ne serions pas diplômés si nous ne faisions pas la politique.
Traduit du Portugais par Guy Everard MBARGA
http://racabrasil.uol.com.br/Edicoes/115/artigo64566-2.asp
Cela ne dépend que de nous. Nous n’allons pas attendre que n’importe qui fabrique une candidature noire, quelque soit la place à occuper, cela dépend de nous, de notre travail pour qu’il y ait cette candidature. Ce sera une grande bataille, comme la lutte pour (les droits de) la femme – encore plus pour une femme noire. La phrase de Vandré “Celui qui sait, gère le temps (Quem sabe faz a hora)”, je pense que cela dépend de nous.La constitution fédérale garantit les droits individuels et collectifs de libre manifestation de la religiosité, un point un trait. Je suis précisément évangéliste, même si j’ai vécu avec mes parents qui pratiquaient l’umbanda. Je suis née dans l’ umbanda, je pratiquais l’ umbanda, je suis quelqu’un qui a eu une trajectoire dans le syncrétisme , peut être que c’est quelque chose qui a fait grandir mon degré de tolérance, mais toute la culture évangélique n’a pas été une culture qui a aidé à comprendre ce droit important, qui est le droit des personnes de manifester librement leur spiritualité que ce soit dans la religion A ou B. Ce n’est pas quelque chose que je dis seulement à RAÇA BRASIL, mais c’est quelque chose dont je parle avec les parents quand je participe à des séminaires et débats sur l’intolérance. Pas seulement sur la question de la religiosité, cela touche même les débats sur les choix sexuels, les droits individuels et collectifs de la société. Je dis toujours clairement que la société brésilienne est une société plurielle et que la constitution brésilienne nous garantit le droit de penser et d’exprimer notre pensée.
Je suis fière d’avoir reçu ce cadeau du Président Lula, un ministère avec un budget spécifique, ayant un pouvoir et pas juste des bureaux... Nous avons réalisé un important travail qui a porté ses fruits et qui a été un des grands instruments pour les politiques sociales du gouvernement, dans le cadre du Ministère De l’Assistance Sociale, qui est aujourd’hui le Ministère du Développement Social et de la Lutte contre la Famine. Je suis fière de mon passage au gouvernement.
Dire que mon histoire ne fait pas partie de la réussite de notre combat c’est ne pas avoir le minimum de vision, ou mieux, c’est avoir une vision restreinte. Ma première alliance ne fut pas à partir de la couleur de la peau, car la couleur de la peau au contraire, à un certain moment, je l’ai rejeté, car elle signifiait l’horrible, le laid, le méchant, l’analphabète, l’ignorant, celui qui vivait dans les pires conditions et dans la famine, je pourrais alors nier cela, j’ai toujours eu des outils pour le nier. Grâce à Dieu, j’ai eu la chance de militer dans différents mouvements, et je suis une personne complète, car j’appartiens au mouvement des femmes, au mouvement noir, au mouvement des habitants des favelas. Une personne qui a ce parcours, qui à ce bagage, a donc une vision plus complète, car je ne connais pas seulement les noirs qui ont réussi à atteindre à l’université, non plus seulement ceux qui ont réussi à entrer dans les institutions du mouvement noir, j’ai connu ces noirs qui n’ont pas servi d’inspiration aux livres, mais qui faisaient partie de ma propre histoire, ma propre vie.
C’est une conquête. Mon militantisme a certes démontré les résultats que j’ai obtenu jusqu’à présent pour permettre que le noir occupe une place, et aux premiers rangs. Cela ne signifie pas que le racisme est terminé, le noir avance, car nous sommes en train de lutter et de batailler. Dans la mesure où on a conscience de l’existence des inégalités sociales avec des marques profondes du point de vue des inégalités raciales et que l’on veut porter cela au niveau politique comme une bannière, on doit beaucoup travailler, ce n’est pas facile. Dans tous les espaces de pouvoir que j’occupe, mon grand défi est donc d’être une femme noire dans un pays visiblement rempli de préjugés. Mais il est important de dire combien j’ai souffert pour porter cette bannière au quotidien dans le milieu du pouvoir et dans la lutte pour ce même pouvoir.

Citation de Paulo Rogério Nunes, publicitaire et directeur exécutif de l’Institut Media Ethnique

La communication est stratégique pour l’avancée de notre combat, combat contre le racisme et pour le développement de la communauté noire dans le monde entier. Quand on pense d’une manière globale, en Afrique, dans les Caraibes, dans les pays ou les noirs sont présents, la communication permet que les groupes historiquement sans représentation aient voix au chapitre. Sans appropriation des media, nous ne réussirons pas à mettre notre combat, nos dicours à l’ordre du jour.


