31 décembre 2007
L’art Afro-Portoricain célébré au Musée de Nuestra Raíz Africana
Depuis 1999, La Plaza San José dans le Vieux San Juan dispose d’un espace pour documenter, préserver et faire connaitre l’influence de la race noire à Porto Rico.
Le musée célèbre l’héritage africain de l’île de Borinquen à travers des peintures, des photographies, des documents et des artefacts qui évoquent différentes périodes historiques. Selon ce qui est indiqué sur la brochure du musée, l’un de ses objectifs est de préserver, de collecter, documenter et diffuser l’histoire et la culture de Porto Rico dérivée de l’expérience des habitants noirs de l’île.
Les expositions du musée ont été ordonnées chronologiquement, en documentant l’origine, l’histoire et l’arrivée des esclaves africains à Porto Rico. Le premier niveau dispose de diverses salles d’exposition qui permettent de connaitre la géographie, la structure sociale et la religion des groupes d’esclaves africains qui arrivèrent sur l’île en provenance de l’Afrique Centrale et de l’Ouest. Parmi les principaux groupes ethniques qui se distinguent, on retrouve les Ashanti, les Yoruba, les Bantus et les Congo.

Une des salles informe sur la terrible traversée des noirs esclaves vers le Nouveau Monde à travers des peintures et des photographies des 16ème et 17ème siècles. Elle compte également une reconstitution de ce trajet qui montre comment les esclaves étaient entassés et beaucoup d’entre eux périssaient. Deux témoignages impressionnants qui font foi de la terrible réalité qu’ils ont vécue.
Les salles du deuxième étage invitent à connaitre l’influence de la culture africaine dans la réalité de Porto Rico. De la rencontre des africains avec les indiens Taínos à la présence de la religion Yoruba que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Santería et qui fusionne la croyance en des dieux Yorubas et des saints catholiques.
D’autres expositions illustrent la vie des noirs qui habitaient l’île depuis l’abolition de l’esclavage en 1868. Les africains et leurs descendants avaient peu ou pas d’opportunités d’évoluer et durent affronter la discrimination.
Une photo du célèbre afroboricua Rafael Cordero fait connaitre son combat pour offrir une éducation aux garçons et aux filles noirs et à tous ceux qui en avait besoin. Il donnait les cours de chez lui et allait finalement réussir à ouvrir une école dans la zone connue aujourd’hui sous le nom de Viejo San Juan (Vieux San Juan).
Il ne pouvait pas manquer une section dédiée à la musique et à l’art. Le musée conserve des tambours utilisés pour jouer la "Bomba", un style musical d’origine africaine, de même que des vêtements traditionnels des danseuses. De la même manière, des artefacts montrent comment les festivals, les coutumes et la nourriture typique de Porto Rico ont leurs racines en Afrique.
Une des expositions les plus festives montre l’art Afro-Portoricain de diverses localités comme les masques utilisés lors des festivals musicaux de Loiza, dont la population est en majorité noire. Des peintures de célèbres artistes portoricains comme Samuel Lind et Antonio Broccoli faisant allusion à des scènes de musique, de danse et de tambours de Bomba et de Plena sont également exposés.
Traduit de l‘Espagnol par Guy everard Mbarga
http://es.caoba.org/edicion8/cultureclub/arte/museo/article.html
http://www.seeingblack.com/2004/x021304/puertorico.shtml

Ximena Viáfara, une éducatrice afrocolombienne en Afrique
Elle fera un voyage en Guinée ou elle mettra en pratique sa méthode d'éducation basée sur la tradition orale.

http://www.revistaebano.com/pages/comunidad.html
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
93% de présentateurs de la télévision publique sont blancs au Brésil
Le pourcentage de journalistes travaillant devant les caméras de la TVE (Rio), de TV Cultura (SP) et de TV Nacional (DF) obéit au patron suivant : 93,3% sont blancs ou euro descendants; 5,5%, noirs (noirs + métisses) afrodescendants et 1,2% descendants d’amérindiens. On note également une sous représentation thématique de la communauté noire dans la programmation de ces émissions. Cette donnée fait partie de la recherche Onde está o Negro na TV Pública? (La place du noir dans la Télévision Publique) réalisée par la Fondation Culturelle Palmares. Cet aspect fut l’un de ceux débattus durant le séminaire TV Pública, Ação Afirmativa e Direitos Humanos (La Télévision Publique, l’Action Affirmative et les Droits Humains) qui s’est tenu le 11 décembre dernier à l’auditorium du Syndicat des Journalistes Professionnels de la Ville de Rio de Janeiro, et organisé par la Commission des Journalistes pour l’Égalité Raciale (Cojira-Rio).
Pour Délcio Teobaldo, journaliste de la TVE et professeur d’université, il est important que des femmes noires et des hommes noirs apparaissent devant les écrans, mais également, et plus particulièrement dans la production des programmes diffusés. “C’est important, car ces professionnels peuvent influencer le contenu de ce qui est transmis aux téléspectateurs”, affirme-t-il.
Le président du Syndicat des Artistes et des Techniciens de Spectacles et des Divertissements de Rio de Janeiro (Sated), Jorge Coutinho a révélé qu’au cours d’une réunion récente avec les dirigeants de TV Globo durant laquelle la question salariale fut débattue pendant six heures de suite, il a abordé le problème de l’insertion des noirs et de leurs communautés dans la programmation de l’émetteur.
Le communicateur Marcio Gualberto, coordinateur du Collectif des Entités Noires (Coletivo de Entidades Negras) dans le Rio de Janeiro et éditeur du blog Palavra Sinistra a fait remarquer qu’il est faut créer des stratégies pour les femmes et les hommes noirs puissent se former pour affronter le marché du travail dans cette période de digitalisation de la télévision et de la radio au Brésil. Coutinho est allé dans le même sens et a ajouté qu’il s’agit de l’une des préoccupations de son administration au Sated.
Gualberto a également critiqué la façon de choisir la composition du Conseil d’Administration de Empresa Brasil de Comunicação (EBC), même s’il reconnait que les conseillers choisis ont une représentativité dans leurs champs d’action. “La société civile organisée devrait être entendue par le gouvernement fédéral avant toute définition sur le mode de constitution du Conseil d’Administration”, souligne-t-il.
La coordination de la table de conférences était à la charge de la journaliste Angélica Basthi, membre de la Cojira et conseillère de l’organisation non gouvernementale Justiça Global. Elle a rappelé que le Brésil a activement participé en 2001 à la Conférence Internationale de la lutte contre le Racisme organisée par l’ONU à Durban, en Afrique du Sud. “En signant le document final de cette rencontre officielle, il (le Brésil) s’est engagé à mettre en œuvre toutes ses résolutions, y compris la promotion de la communauté noire dans la communication sociale et sur le marché du travail”, a-t-elle observé.
Le journaliste Carlos Alberto de Oliveira, ou Caó, conseiller de l’Association Brésilienne de Presse (Associação Brasileira de Imprensa, (ABI), a affirmé que ce qu’on appelle la Télévision Publique doit avoir comme finalité principale de contribuer à l’organisation et à la mobilisation de l’opinion publique brésilienne pour mener le pays à une institution dans laquelle on vit une véritable égalité raciale. “Sans cela, si rien n’est fait, il n y aura pas de Brésil, il n y aura pas de civilisation qui puisse commencer et se terminer ”, affirme Caó, ex-président du Syndicat des Journalistes Professionnels de Rio et auteur de la loi qui criminalise le racisme au Brésil depuis 1989.
Le séminaire a été enregistré en vidéo par une équipe de TV Rocinha, représentée par le producteur Lindemberg Silva, et une autre de la Centrale Unique des Favelas (Central Única de Favelas, Cufa), représentée par les producteurs Carlos Saci et Clécio Gomes. Un documentaire institutionnel de Antes das palestras foi exibido o documentário institucional da TV Rocinha.
L’événement a reçu le soutien de la Commission d’État de Lutte contre la Discrimination Raciale de la Centrale Unique des Travailleurs du Rio de Janeiro (Comissão Estadual de Combate à Discriminação Racial da Central Única dos Trabalhadores do Rio de Janeiro,CECDR/CUT-RJ), representée par son coordinnateur Cláudio Vovô.
Source: Syndicat des Journalistes
Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga
http://www.irohin.org.br/onl/new.php?sec=news&id=2540
27 décembre 2007
Carolina Maria de Jesus et Lélia Gonzalez, Afrobrésiliennes de caractère
Le racisme? C’est l’ensemble des idées basées sur la supposée existence d’une race supérieure.Carolina Maria de Jesus et Lélia Gonzalez ont vaincu, chacune à sa manière cette question. Carolina par le biais de son œuvre majeure, Quarto de Despejo. Un Livre qui révèle les blessures, les préjudices et les discriminations soufferts par l’auteure parce qu’elle était noire et pauvre. Elle a commencé à consigner son quotidien d’habitante de favela dans un livret trouvé dans les ordures. Sous la forme d’un journal intime, le livre est devenu un important témoignage, par le biais d’une dénonciation sociopolitique d’une culture hégémonique qui exclut ceux qui sont différents. "J’ai nourris, éduqué et aimé mes trois enfants. J’ai fouillé le papier, j’ai inspecté les ordures. C’est également le papier qui m’a donné à manger grâce à l’écriture", disait-elle une fois. Lélia par sa combativité. En 1978 plusieurs mouvements se sont retrouvés autour du débat sur l’action à mener le 13 mai. Le jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Alors qu’on était encore en plein régime militaire, le mouvement suggérait comme principale bannière la lutte contre la discrimination raciale. Malgré la dictature, la confluence de certains débats et l’organisation de certains groupes permirent la fondation, le 18 juin 1978, du Mouvement Unifié contre la Discrimination Raciale. C’est seulement en décembre 1979 qu’il deviendra le Mouvement Noir Unifié (MNU), nom qu’il conserve jusqu’à présent. Lélia fut l’une des fondatrices du MNU et consacra sa carrière académique à l’étude des relations raciales au Brésil. "La politique et la théorie doivent se rencontrer, c’est pour cela que j’ai posé ma candidature aux charges électives. Je suis noire et femme, et cela ne signifie pas que je suis la mulâtresse savoureuse, la domestique esclave ou la mère noire au bon Coeur", indiqua-t-elle une fois.
Carolina Maria de Jesus (1914-1977) Par conséquent, elle n’alla à l’école que jusqu’à la deuxième année du primaire. Dans les années 30, elle déménagea à São Paulo pour vivre dans la favela de Canindé. Elle gagnait son pain et celui de ses trois enfants en fouillant le papier. Dans les déchets, Carolina trouva un livret dans lequel elle commença à consigner son quotidien d’habitante de favela, sous la forme d’un journal intime. Découverte par le journaliste Audálio Dantas, reporter de la Folha da Noite, Carolina a vu ses annotations publiées en 1960 dans le livre Quarto de Despejo, qui s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. L’œuvre fut traduite en 29 langues. En 1961, le livre fut adapté en une pièce de théâtre par Edi Lima et mis en scène au Théâtre Nídia Lícia la même année. Un film a également été produit par la télévision allemande qui a utilisé l’auteure comme actrice de Despertar de um Sonho (inédit au Brésil). En 1963, Carolina publia chez l’éditeur Áquila, le livre Pedaços da Fome, avec une présentation de Eduardo de Oliveira. En 1965, elle publiera Provérbios. En 1977, au cours d’une interview accordée à des journalistes français, Carolina livra ses notes biographiques dans lesquelles elle racontait son enfance et son adolescence. En 1982, le matériel fut publié à titre posthume en France et en Espagne, et lancé au Brésil en 1986 sous le titre Diário de Bitita, chez l’éditeur Nova Fronteira. Carolina fut l’une des seules brésiliennes incluses dans l’Anthologie des Écrivaines Noires publiée en 1980 par la Random House à New-York. Elle est également incluse dans le Dictionnaire Mondial des Femmes Notables, publié à Lisbonne par Lello & Irmão. Carolina est décédée à São Paulo le 13 février 1977. Lélia Gonzalez (1935-1994)
La même année, elle s’affilia au Parti Démocratique Travailliste ( Partido Democrático Trabalhista, PDT), et se présenta aux élections pour la députation de l’État. Jusqu’au milieu des années 80, Lélia fut peut être la militante noire qui participa le plus aux séminaires et aux congrès à l’intérieur et à l’extérieur du Brésil. Ses contributions ayant eu le plus grand impact furent celles qui cherchèrent à articuler les questions de genre et de racisme. Un de ces textes emblématiques est Racismo e Sexismo na Cultura Brasileira (Racisme et sexisme dans la culture brésilienne). Lélia Gonzalez fut victime d’un infarctus le juillet 1994 à Rio de Janeiro.
Traduit du Portugais par Guy everard Mbarga |
“L’amiral noir ” João Cândido Felisberto devient Héros de la Patrie
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga |
26 décembre 2007
L'histoire des Afroargentins(II)
Les noirs dans la formation de l’Argentine

Malgré leur réduction à l’esclavage, des témoignages de l’époque soutiennent qu’à Buenos Aires et à Montevideo, les esclaves étaient traités avec moins de cruauté qu’à d’autres endroits. José Antonio Wilde, à Buenos Aires depuis 70 ans (1810-1880) disait ceci:
Citation:
Les esclaves avaient été traités avec beaucoup d’affection par leurs maîtres, et ça n’a rien à voir avec le traitement donné dans d’autres colonies.
Cela ne l’empêchait cependant pas de reconnaitre que :
Citation:
Les maîtresses tourmentaient plus ou moins cette portion malheureuse du genre humain (et qu’ils) étaient entre nous en général mal habillés.
Les étrangers qui venaient ont laissé la même opinion quant aux meilleurs traitements. Par exemple, Alexander Gillespie, capitaine de l’armée britannique durant les invasions anglaises écrivit dans ses mémoires qu’il fut surpris par le bon traitement qu’ils recevaient contrairement à leurs planteurs et ceux d’Amérique du Sud et poursuivait ainsi :
Citation:
"Ces malheureux arrachés à leur terre, lorsqu’ils sont achetés Buenos Aires, le premier soin du maître est d’instruire son esclave dans la langue maternelle de l’endroit, ainsi que dans les principes généraux et sur le credo de sa foi "...."Les maîtres, d’après ce qu’on peut voir, s’occupaient également de leur morale domestique. Tous les matins avant le départ de la maîtresse à la messe, elle les femmes noires en cercle sur le sol, jeunes et vieilles, leur distribuant pour leur tâche aiguille et tissu selon leurs capacités. Toutes semblaient joviales et je ne doute pas que la réprimande pénétrait également dans leur cercle. Avant et après le souper de même qu’au dîner, un de ces derniers se présentaient pour demander le bénédicité et remercier, ce qu’on leur enseignait à considérer comme des devoirs importants et ils les accomplissaient toujours avec solennité ".
Mémoires d’Alexander Gillespie, Capitaine de l’Armée Britannique
En 1801 les premières milices de noirs s’organisèrent et réglementèrent la Compañía de Granaderos de Pardos y Morenos comme un corps militaire discriminé séparé du reste.
Pendant les Invasions Anglaises (1806), s’organisa à Buenos Aires un soulèvement d’esclaves noirs encouragés par la montée de l’abolition de l’esclavage en Angleterre. Ils pensaient que l’expédition anglaise venait principalement pour leur donner leur indépendance. Mais le général anglais William Carr Beresford ne considéra pas ce mouvement avec sympathie: le porte-parole des habitants créoles de Buenos Aires Juan Martín de Pueyrredón (qui organisa la reconquêtes quelques jours plus tard), affirmait que la ruine menaçait le pays si on n’enlevait pas l’illusion des esclaves, il lui réclama des mesures en faveur de leurs haciendas et le général émit par conséquent un arrêté dans lequel il ordonnait que l’on fasse comprendre aux noirs que leurs conditions ne changerait pas (“On les a arrêté à temps se los atajó a tiempo”, écrivait Pueyrredón en juillet 1806 dans une lettre à son beau-père à Cádiz). Cette mesure contribua à la déroute des anglais, car elle incita les esclaves à combattre contre eux.
Après la défaite anglaise, le Conseil Municipal de Buenos Aires déclara comme principal objectif“de trouver le moyen de bannir l’esclavage sur notre sol ”. L’Assemblée de l’An XIII, le premier corps constituant d’Argentine décréta la liberté des ventres, mais ne reconnut pas le droit à la liberté des esclaves existants. Beaucoup d’entre eux intégrèrent les milices et les troupes irrégulières qui constitueraient possiblement l’Armée Argentine, toujours dans des escadrons séparés. Ils pouvaient, s’ils n’étaient pas bien avec leur maître, solliciter d’être vendus et même chercher eux-mêmes un acheteur.
Jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1853, la Ley de Rescate (Loi de Rachat) obligeait les propriétaires d’esclaves à céder 40% d’entre eux pour faire le service militaire. Ceux qui faisaient cinq années complètes de service obtiendraient la liberté, mais ce fut rarement le cas.
Dans l’Armée du Nord, commandée par José de San Martín et Manuel Belgrano, les noirs affranchis représentèrent jusqu’à 65% des troupes. San Martín considéra même qu’il y avait 400.000 afroamércains qui pouvaient être recrutés dans les armées de la patrie.
Les armées de l’indépendance recrutèrent la grande majorité des esclaves qui se trouvaient sur les territoires conquis aux royalistes, en leur offrant la liberté en échanges. Beaucoup d’entre eux intégrèrent le Bataillon Nº8, qui faisait partie de la ligne de choc lors de la bataille de Chacabuco au cours de laquelle ils subirent de nombreuses pertes.
Sous le gouvernement de Juan Manuel de Rosas, la population noire de Buenos Aires allait atteignait 30%. De cette époque date la célébration des carnavals sous leur forme américaine, et le développement de rythmes comme le candombe et la milonga qui deviendront des parties intégrantes du folklore argentin. On raconte que De Rosas appréciait beaucoup la population noire et qu’il assistait fréquemment aux candombes. De nombreux gaucho qui travaillaient à cette époque étaient afroargentins.
En 1837 Rosas approuva une loi qui interdisait de manière explicite l’achat et la vente des esclaves sur le territoire national et en 1840, il rendit public sa déclaration d’abolition des esclaves du Río de la Plata dans toutes ses formes. La Constitution Nationale de 1853 abolit l’esclavage, mais c’est seulement avec la réforme de la Constitution en 1860 que l’abolition sera légalement totale avec l’établissement de la liberté des esclaves des étrangers introduits par leurs maîtres sur le territoire argentin.
Domingo F. Sarmiento, défendit des idées racistes et était président durant la période à laquelle on attribue la mort massive des afroargentins
Pendant la présidence de Domingo F. Sarmiento (1866-1872) allaient se produire des faits que l’histoire traditionnelle indique avoir causé la mort massive des afroargentins: la Guerre du Paraguay (1865-1870) et l’épidémie de la fièvre jaune (1871). Sarmiento avait exprimé de fortes idées racistes et pris clairement position quant à la nécessité d’éliminer la composante afroargentine de la population.
L’un des passages fondamentaux du Martín Fierro, écrit en 1872 et considéré comme le livre national de l’Argentine se résume à deux rencontres de l’acteur avec des gauchos noirs: il assassine le premier avec un évident dédain raciste dans la première partie du livre et il engage plusieurs années plus tard une célèbre payada (joute verbale) avec l’autre qui s’avère être le fils du premier, plusieurs années plus tard soutient une fameuse .
Après l’abolition de l’esclavage, les afroargentins vécurent dans des conditions misérables et discriminés. Une preuve de cela est que, parmi les quatorze collèges existants à Buenos Aires en 1857 seuls deux admettaient des enfants noirs, malgré le fait que 15% des élèves cette année là étaient de couleur. De même, 1829 à Córdoba, seuls deux afrodescendants pouvaient intégrer les collèges secondaires chaque année; et ils n’ont eu accès à l’université qu’en 1853.
Les afroargentins commencèrent à publier des journaux et à s’organiser pour la défense commune. Un des journaux, “El Unionista”, publia en 1877 une déclaration d’égalité des droits et de justice à toutes les personnes sans importer la couleur de la peau. Dans un de ses numéros, il était écrit:
Citation:
...la Constitution est lettre morte et les comtes et les marquises abondent, suivant l’ancien et odieux régime colonial essayent de traiter leurs subalternes comme des esclaves; sans comprendre que parmi les hommes qu’ils humilient, il y en a beaucoup qui cachent sous leurs grossiers vêtements une intelligence supérieure à celle de celui qui offense.
D’autres journaux furent “La raza africana, o sea el demócrata negro” et “El proletario” (tous de 1858). Jusqu’en 1880 dans la ville, il y avait environ vingt journaux de ce type.
Du fait cette activité organisationnelle, certains chercheurs spécialistes des mouvements sociaux ont considéré que afroargentins furent ceux qui introduisirent le socialisme et l’idée de justice sociale dans la culture argentine.
Le Génocide Noir en Argentine (LINK)
Ils ont également fait une incursion dans la politique. Par exemple José M. Morales, un colonel mitriste actif a réussi à devenir député provincial, membre de l’assemblée constituante et par la suite sénateur provincial en 1880, tandis que le lieutenant colonel parvint à devenir député à deux occasions et membre de l’assemblée constituante en 1853.
Catégories raciales coloniales
Pendant la Colonie, les autorités espagnoles qualifièrent comme "variétés" de "croisements" différentes les dérivations de l’union de personnes noires africaines avec des personnes d’autres origines ethniques. Les noms utilisés étaient les suivants:
Mulato (provient de “mula” : mule): croisement d’un(e) noir/e et d’un(e) blanc/he.
Tercerón: croisement blanc/he et mulata/o.
Cuarterón: croisement blanc/he et tercerona/o.
Quinterón: croisement blanc/he et carterona/o
Zambos: croisement noir/e et indien/ne
Zambos prietos: qui avaient une peu noire foncée.
Salto atrás (Saut en arrière littéralement): quand un enfant était plus noir que ses parents.
Avoir un "croisement" dans son arbre généalogique était du point de vue social une tache. Ces classifications, de même que d’autres fréquentes dans la culture coloniale comme "mestizo" ou cholo, étaient utilisées pour stigmatiser les gens et empêcher leur ascension sociale. Dans certains cas, des personnalités historiques connues se retrouvèrent dans cette situation, comme Bernardo de Monteagudo et Bernardino Rivadavia, furent qualifiés de "mulatos".
Qu’est-il arrivé à la population afroargentine?
On a traditionnellement affirmé que la population noire en Argentine a diminué dès le début du XIXème siècle jusqu’à disparaitre complètement. Cependant, le recensement pilote réalisé dans deux quartiers argentins en 2006 sur la connaissance des ancêtres en provenance d’Afrique Noire a permis de vérifier que 5% de la population sait qu’elle descend d’africains et un autre 20% pense qu’elle pourrait descendre, mais le sait pas avec certitude. Si l’on prend en compte le fait que l’immigration européenne expliquait plus de la moitié de la croissance de la population argentine en 1960, certains chercheurs soutiennent que avant leur diminution, il y eut un processus d’ "invisibilisation" de la population afroargentine et des ses racines culturelles. D’autres chercheurs ont soutenu qu’il a existé une politique délibérée de génocide des afroargentins, exprimée ouvertement par le Domingo F. Sarmiento, et qui s’est exécutée par le biais de politiques répressives en utilisant les épidémies et les guerres comme outils d’extermination de masse. Les théories qui soutiennent le génocide, de même que celles qui soutiennent la diminution de la population utilisent les mêmes arguments, mais ils se différencient par l’attribution d’intentionnalité que la première attribue aux classes dirigeantes. Parmi les causes exprimées se distinguent:
On a attribué à la sanglante Guerre du Paraguay (1865-1870) la diminution drastique de la population afroargentine
·les nombreuses pertes causées par les combats: les noirs faisaient partie de manière disproportionnée de l’armée argentine dans la longue et sanglante Guerre du Paraguay (1865-1870), au cours de laquelle les pertes des deux côtés durent élevées. L’historiographie officielle soutient que cette circonstance a produit la disparition de la population noire, tandis que celle qui soutient le génocide affirme que le recrutement disproportionné fut intentionnel.
·les épidémies, particulièrement la fièvre jaune de 1871: l’histoire traditionnelle soutient que les épidémies ont eu un grand impact dans les zones habitées par la population la plus pauvre, tandis que la vision qui soutient l’existence d’un génocide met en avant les mécanismes répressifs qui permirent au groupes de la classe bourgeoise de quitter les zones touchées alors qu’ils obligèrent dans le même temps les afroaméricains à rester enfermés et aggraver leurs conditions de salubrité.
·l’émigration en particulier en Uruguay, où la population noire avait été historiquement plus nombreuse et jouissait d’un climat politique plus favorable;
·l’immigration massive en provenance d’Europe entre 1850 et 1950, fomentée par la Constitution Nationale de 1853 qui multipliera rapidement la population du pays. Les immigrants européens auraient déplacés concrètement et symboliquement les noirs, en droite ligne du projet de la classe dirigeante d’européisation de l’Argentine.
Domingo F. Sarmiento, qui fut président durant la grande épidémie de fièvre jaune et la Guerre du Paraguay, des faits auquel on attribue l’extermination des afroargentins, avait une position fortement raciste et soutenait la nécessité d’éliminer la population noire. En 1848, il écrivit dans son journal de voyage aux États-Unis :
Citation:
L’esclavage aux États-Unis est un problème – une question sans solution possible; il y a 4 millions d’esclaves noirs et dans 20 ans, ils seront 8 millions. Les récupérer ?qui payera les 1.000 millions de pesos qu’ils valent? Affranchis, que fera-t-on de cette classe noire détestée par la race blanche?... L’esclavage est une végétation parasite que la colonisation anglaise a laissée accroché à l’arbre luxuriant des libertés. Ils n’osèrent pas l’arracher à la racine quand ils ont élagué l’arbre, laissant le temps le tuer, et le parasite a grandi et menace d’arracher l’arbre entier...
Quelques années plus tard, le même Sarmiento écrivait:
Citation:
"J’arrive heureux dans cette Chambre des Députés de Buenos Aires, dans laquelle il n y a ni gauchos, ni noirs, ni pauvres"
Les déclarations de Sarmiento sont un exemple de l’attitude prise par l’État argentin après l’abolition de l’esclavage, en modifiant les classifications des recensements pour qu’aucun registre de leur (les afroargentins) présence disparaissent, en éliminant les catégories de population "noire" ou "morena", pour les fusionner avec d’autres groupes sous l’étiquette de "trigueña". 1. adj. De la couleur du blé; entre brun et blond.
2. adj. Hond. et Ven. Dit d,une personne: De race noire ou de peau sombre.
Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga
L'histoire des Afroargentins (I)
Traduction de Guy Everard Mbarga
Être Afrodescendant
Définir le concept d’"afrodescendant" n’est pas une tâche simple. Après des débats ardus autour des années 2003 et 2004 entre les représentants des organisations afro et les membres de l’INDEC, il a été déterminé que les aspects qui définissent une personne afrodescendante sont les suivants :
·Être descendant des africains emmenés en tant qu’esclaves en Argentine.
·Être africain ou descendant d’africain.
·Avoir des ancêtres noirs.
·Être ou se considérer comme noir ou afroargentin.
·Être africain dans la diaspora
![Funeral en una iglesia. [Enterrement d'une femme negre]](http://www.bcnbib.gov.ar/bibliopress/entierro.jpg)
Afroargentins, communauté invisible
La population noire en Argentine, issue de la traite des esclaves durant les siècles de la domination espagnole de la vice-royauté du Río de la Plata a joué un rôle important dans l’histoire argentine. Elle est allée jusqu’à former plus de la moitié de la population de certaines provinces durant les 18 ème et 19 ème siècles et a eu un impact profond sur la culture nationale. Même si elle a diminué en nombre de façon marquée tout au long du 19ème siècle, à cause de l’effet conjoint de l’afflux migratoire organisé par la Constitution de 1853 et le taux de mortalité élevé des morenos(bruns, sous entendu noir), son apparente disparition a plus été le résultat d’une représentation historiographique qui les donnait pour exterminés que d’une réalité empirique.
En 2006, un recensement pilote sur cette question, dans les quartiers de Monserrat à Buenos Aires, et à Santa Rosa de Lima Santa Fe, a permis de vérifier que 5% de la population argentine sait qu’elle a des ancêtres originaires d’Afrique noire et qu’il y a 20% de personnes qui considèrent qu’elles pourraient en avoir, mais ne le savent pas à coup sûr.
Ce recensement vient en appui à l’étude du Centre de Génétique de Philosophie et de Lettres de l’Université de Buenos Aires qui a estimé que 4,3 % des habitants de Buenos Aires et de la banlieue ont des marqueurs génétiques africains.
Histoire
Comme élément du processus de conquête, le régime économique des colonies européennes en Amérique développa différentes formes d’exploitation forcée du travail des natifs. Cependant, la faible densité de peuplement relative de certains des territoires américains, la résistance opposées par certains groupes aborigènes à l’acculturation et surtout le taux de mortalité élevé que la soumission, le type de travail et les maladies introduites par les européens provoquèrent sur la population native mènera les européens à compléter la main d’œuvre que cette population fournissait par des esclaves originaires d’Afrique subsaharienne.
Jusqu’à très loin dans le 19ème siècle, l’exploitation minière et l’agriculture constituèrent le gros de l’activité économique en Amérique. Une bonne partie de ce travail fut réalisé par une main d’œuvre en régime d’esclavage ou assimilé. Les africains offraient aux conquistadors l’avantage d’avoir déjà été exposés aux maladies européennes à cause de leur proximité (géographique) et en même temps d’être adaptés au climat des colonies.
L’entrée des esclaves africains a commencé dans les colonies du Río de la Plata en 1588, même si ces premières arrivées furent en grande partie l’œuvre de la contrebande, et le trafic prospéra à travers le port de Buenos Aires lorsque l’on concéda aux britanniques le privilège de faire entrer un quota d’esclave à travers ce port. Les rois d’Espagne España signaient, pour pourvoir en esclaves les Indes Orientales, des contrats d’ “ établissement” avec diverses compagnies, principalement portugaises et espagnoles. En 1713, l’Angleterre, victorieuse de la Guerre de Succession espagnole (la Guerra de Sucesión española) exerça le monopole de ce commerce. Le dernier établissement fut signé avec la Real Compañía de Filipinas en 1787. Jusqu’à la prohibition en 1784, les noirs étaient mesurés et par la suite marqués au fer.
En ce qui concerne leur provenance avant le 16ème siècle, il y avait eu un nombre relativement réduit d’esclave en provenance des îles du Cap Vert, mais la majorité des africains introduits en Argentine venaient des territoires de l’actuelle Angola, de la République Démocratique du Congo, de Guinée et de la République du Congo et appartenaient au groupe ethnique qui parle la famille des langues bantus. L’immigration des groupes yoruba et ewe introduits en grand nombre au Brésil fut réduite (en Argentine).
On estime que 60.000.000 d’africains furent emmenés en Amérique, parmi lesquels seuls 12.000.000 y arrivèrent vivant. Ils entraient par les ports de Buenos Aires, Montevideo, Valparaíso et Río de Janeiro.
Les esclaves étaient destinés aux travaux agricoles, l’élevage, au travail domestique et dans une moindre mesure à l’artisanat. Dans les zones urbaines, beaucoup d’esclaves développaient des activités artisanales pour la vente dont les intérêts étaient perçus par les patrons. Les quartiers San Telmo et Montserrat à Buenos Aires abritèrent un grand nombre de noirs, même si la majorité d’entre eux était destinée à l’intérieur du pays. Le recensement mené par Juan José de Vértiz et Salcedo en 1778 laissait apparaitre des résultats très élevés dans les provinces ayant une production agricole importante : 54% en la province de Santiago del Estero, 52% dans la province de Catamarca, 46% dans la province de Salta, 44% dans la province de Córdoba, 42% dans la province de Tucumán, 24% dans la province de Mendoza, 20% dans la province de La Rioja, 16% dans la province de San Juan, 13% dans la province de Jujuy, 9% dans la province de San Luis. Dans d’autres provinces, ils représentaient une partie importante de la population; un des quartiers situés au bas de la ville de Corrientes porte encore le nom de Camba Cuá —du guaraní kamba kua, "refuge, tanière de noirs".
Quant à la ville de Buenos Aires, le même sondage chiffrait à 15.719 le nombre d’espagnols, à 1.288 celui des métisses et des indiens et à 7.268 celui des mulâtres et des noirs, tandis qu’en 1810, on comptait 22.793 blancs, 9.615 noirs et mulâtres et seulement 150 indigènes. La zone la plus densément peuplée de noirs était située dans le quartier de Montserrat, également appelé Barrio del Tambor (Quartier du Tambour), à quelques blocs de l’actuel Congrès de la Nation.
Les nations
Les noirs avaient l’habitude de se regrouper en sociétés qu’ils appelaient nation, parmi lesquelles Conga (de morenos), Cabunda, Africana argentina, Mozambique etc.
Leurs sièges avaient en commun le fait d’être des lieux ouverts aplanis artificiellement et sabler pour la danse; et d’autres étaient fermés avec un espace intérieur libre. Dans certains cas, les salles étaient recouverte d’un tapis et avait des rideaux grâce à la générosité d’un maître. La nation avait son roi et sa reine, (qui en réalité étaient élus démocratiquement et ne possédaient pas de cour) et disposaient d’un trône que l’on dressait dans le plus beau coin de la salle avec son drapeau, puisque chaque nation en possédait un.
Il y avait une estrade ou au moins un podium qui était utilisé entre autres choses pour recevoir les grands dignitaires, comme Juan Manuel de Rosas, épouse et fille comme on peut le voir sur un tableau de Martín Boneo. Des réunions et des danses étaient organisées au siège.
Les sociétés de noirs s’aggloméraient également dans les quartiers, comme celui de Mondongo ou del Tambor. Le premier (Mondongo) fut l’un des plus importants à Buenos Aires et était composé de 16 blocs dans le quartier de Monserrat. Son nom provenait du fait qu’ils en consommaient de grandes quantités que les vendeurs proposaient au cri de¡Mondongo, Mondongo! (Mondongo : les tripes). Quand au nom du deuxième quartier, Tambor, il était très commun qu’il y ait une ville ayant une nation qui portait ce nom, étant donné que le tambour était l’instrument préféré pour accompagner les danses et les chansons.
Des fois, les esclaves étaient achetés directement à l’extérieur par des particuliers par le biais d’un mandataire. Une lettre envoyée de Rio de Janeiro disait par exemple
Citation:
Très cher Monsieur: je vous envoie par la goélette Ávila la petite négresse que vous m’avez demandé d’acheter ici. Elle a entre treize et quatorze ans, elle est née au Congo et s’appelle María. Je vous signale que j’ai reçu les cinq cent pesos, le coût de l’achat. Un salut à vous. Affectueusement.
24 décembre 2007
Adalberto Camargo le Premier Député Fédéral Noir pour São Paulo se raconte (II)
Edition: Antonio Lucio / Oswaldo Faustino
Collaboration et Copy desk: Izabel Cristina R. de Jesus
Texte final: Oswaldo Faustino
Traduction de Guy Everard Mbarga

Premier Député Fédéral Noir pour São Paulo dans les années 60, il a survécu à une enfance marquée par l’absence de ses parents, à l’intérieur de l’État, et la dureté des plus petits boulots, lorsqu’il s’en alla pour la capitale pauliste, avant de devenir un homme d’affaires à succès. Homme politique conscient de son rôle dans le processus de conquête socio-économique des communautés noires, brésilienne et mondiale, il encouragea le rapprochement du Brésil avec le Continent Africain. Adalberto Camargo nous raconte son histoire, une saga victorieuse.
Portal Afro – Au-delà de l’Afrique, quels autres objectifs visait votre projet politique?
Dep. Adalberto Camargo – L’Afrique a été le premier thème de mon projet politique. J’ai par la suite également compris la nécessité de l’engagement de la femme noire dans le processus politique. J’ai donc également introduit l’ascension de la femme noire dans ce projet. Ainsi que la formation de la jeunesse noire, pour encourager la communauté à participer au secteur économique des affaires. Lors de ma première mission d’affaire sur le Continent Africain, j’ai emmené 10 noirs en Afrique pour visiter neuf pays. Lors de la seconde, j’en ai emmené 10 de plus, puis 60. Je visais l’intérêt du Brésil comme un tout. À l’époque, le gouvernement m’a demandé quel était mon intention. J’ai répondu que nous devions avoir une représentativité au niveau de l’Afrique pour pouvoir agrandir notre marché de consommation. Nous pouvons concurrencer les européens fournisseurs traditionnels de l’Afrique. J’ai dis que nous avions besoin de bourses d’études. Le gouvernement m’en accorda 3000 pendant une période, et je les ai distribuées à la communauté, aux personnes qui étaient les plus proches de moi.
Portal Afro – Des bourses d’études?
Dep. Adalberto Camargo - Oui, des bourses universitaires. Beaucoup se sont formés grâce à l’obtention de ses bourses. Certains ne le disent peut être pas pour s’auto affirmer tout seuls. Mais c’est sans intérêt pour moi. Ce qui compte c’est ce que j’ai fait. Il y a un cas intéressant : j’avais un ami Hamilton Cardoso, un grand journaliste qui était de gauche. Nous nous sommes rencontrés et il m’a dit: “Écoutez Monsieur le député, je suis de gauche, mais j’ai besoin d’une bourse d’étude”. J’ai été franc avec lui. Il était de l’extrême gauche, il savait exposer ses points de vue pour atteindre ses objectifs. Je lui ai dit: “Je vais vous obtenir la bourse d’études. Mais cela ne veut pas dire que vous devez suivre ma ligne idéologique. Vous devez seulement suivre la vôtre. Chercher, au travers de votre propre ligne idéologique, à travailler en vue d’honorer notre race. À quelque endroit que vous soyez, faites honneur à notre race, soyez au top”. Il y a beaucoup de gens qui ont témoigné de ma façon d’agir. Comme je me ressentais de ne pas avoir (eu) un père ou une mère pour me guider, je cherchais toujours à écouter les gens. Surtout, ceux qui étaient plus âgés, qui avaient plus d’expérience que moi.
Portal Afro – Cette pratique a-t-elle plus tard assuré le succès de votre première candidature?
Dep. Adalberto Camargo - Oui, cela a garanti le résultat de ma première élection. Et non seulement la mienne, mais également celle de la Professeure Theodosina Ribeiro qui a d’ailleurs rendu un grand service à la Nation. Sans aucune expérience politique, elle fut élue conseillère à São Paulo, avec un vote seulement dépassé par le journaliste Freitas Nobre. Elle fut la deuxième personne la plus votée par les paulistains. Elle est devenue une référence et une source d’encouragement pour notre race. Après elle, d’autres femmes se sont engagées dans la vie publique. Et Paulo Rui de Oliveira, un autre grand batailleur, comme conseiller et comme président du Conseil Municipal de São Paulo. Il fut le premier politicien noir à présider le pouvoir législatif de la ville. Paulo Rui a embrassé nos idées, avec Ronaldo Batista, Laércio de Moraes, Walter Nascimento. Je leur disais: “Nous pouvons gagner l’élection, car nous allons bénéficier des résultats de ceux qui nous ont précédé dans la lutte pour une charge représentative”.
Portal Afro – Malgré les divergences politiques, il existerait un courant politique des noirs paulistains?
Dep. Adalberto Camargo – On peut dire que oui. Il y avait Francisco Lucrécio, Raul Joviano do Amaral, Eduardo de Oliveira, qui fut candidat au conseil avant moi, Ademar Ferreira da Silva, qui a posé sa candidature à la députation fédérale, la Professeure Sofia, Leite, Seu Roque. Correia Leite fut un grand politicien. José Pelegrini discutait et débattait pas mal. À mesure qu’ils essayaient d’obtenir l’engagement des noirs dans le processus politique-partisan - électoral, ils ont permis de faire murir l’idée selon laquelle notre communauté manquait de représentations politiques. Ils ont beaucoup aidé. Geraldo Rodrigues dos Santos fut élu député fédéral pour Santos. Il était communiste, et ses droits politiques ont été révoqués et il a dû s’exiler. Et Esmeraldo Tarquínio, un avocat spécialiste du Droit des Douanes. Il fut conseiller à Santos, puis député de l’état et il fut élu comme premier préfet noir de Santos. Moi je suis entré dans le bal en 66. J’ai réussi à catalyser le produit engendré par la réflexion de tous ceux qui furent candidats avant moi Frederico Penteado Junior et quelques autres. Ils ont tous contribué en subsides et en encouragement pour que l’on puisse rassembler la communauté électorale noire. Le pouvoir politique est là pour garantir la représentation, ainsi que la structure socio-économique du Pays à la construction duquel nous contribuons.
TEMPOS E CONTRATEMPOS
Portal Afro – Racontez-nous l’histoire avec le politicien qui vous a incité à devenir député?
Dep. Adalberto Camargo - En 1956, je lavais les voitures sur la Rue Major Sertório et je voulais devenir vendeur d’automobiles. Il fallait que j’obtienne un permis de conduire. J’ai demandé mon acte de naissance et je l’ai emmené chez le mandataire Walter Selega, dont le bureau existe jusqu’à présent. J’ai demandé à Walter Durão de faire la demande pour moi pour que je puisse aller dans les Services sociaux faire tirer ma carte d’identité. Pendant qu’il faisait la demande, le député Arlindo Maia Lello qui avait une très forte représentation à l’époque est arrivé dans le bureau. Tout le monde l’a donc entouré quand il est entré. J’étais serré dans un coin, en attendant ma demande. Il m’a aperçu et il a pensé que je détonais dans ce cadre. Il sauta par-dessus le comptoir, arracha le papier de la machine de Durão et le déchira en disant : “Pourquoi le noir veut une carte d’identité?”
Portal Afro – À ce moment là vous êtes vous souvenus du conseil de Tia Catina?
Dep. Adalberto Camargo – J’étais serein. Après cette scène, la réception a pris fin, le député est parti et tout le monde s’est dispersé. Je l’ai rencontré par la suite et il m’a demandé s’il m’avait blessé. Je lui ai répondu: “Non. Monsieur, vous ne m’avez pas blessé, non”. J’ai soudainement donné un coup sur la table du bar, il a pris peur et je lui ai dis : “Un de ces jours je serai député fédéral”. Je me suis fait cette promesse à ce moment là. J’ai donc organisé ma structure sociale et relationnelle, pour démontrer ce que je pouvais faire pour la société. En 1966, j’ai récolté tous les efforts de ceux qui m’ont précédé et j’ai été élu député fédéral. Nous représentions 45% de la force électorale et nous n’avions aucun représentant au niveau national. J’ai été le premier pour São Paulo.

Portal Afro – Vous avez été élu Député Fédéral avec combien de votes?
Dep. Adalberto Camargo – Plus de 17 000 votes. Après, Theodosina a été élue conseillère avec 21 000. Puis est venue ma réélection avec 41 000 votes. Le certificat est là sur le mur. Après cela, en 1974, j’ai obtenu 90 000 votes. En 78, quand je suis arrivé à mon quatrième mandat, j’étais déjà combattu électoralement par une partie de la société électorale. Mais j’avais déjà engendré beaucoup de choses.
Portal Afro – Que saviez-vous des lois, du processus législatif?
Dep. Adalberto Camargo – Quand j’ai travaillé dans les automobiles, à Rio de Janeiro, chaque fois que je pouvais, je passais par le Palais Tiradentes et j’écoutais les discours des députés. C’est ainsi que j’apprenais. Dans le Législatif, j’avais plusieurs amis, comme Arnaldo Cerdeira et Ulisses Guimarães, qui étaient liés à un grand nombre de mes clients. Après mon élection en tant que député fédéral, j’ai cherché à me faire conseiller par des personnes qui connaissaient le processus législatif, comme Orlando Costa, un noir qui était déjà conseiller de la Casa, et Saturnino de Oliveira, qui m’ont apporté le soutien initial dans ma vie législative. Pendant deux ans, j’ai appris et fait connaissance avec les méandres du Congrès National. J’ai été membre des Commissions des Transports et des Relations Extérieures et suppléant de la Commission de la Justice pour apprendre un peu sur l’élaboration des lois, la Constitution, le Règlement Interne et d’autres structures juridiques.
Portal Afro – Votre élection a prouvé qu’avec un grand engagement, on peut y arriver…
Dep. Adalberto Camargo – Effectivement. Au cours de mon premier mandat, il y a eu un “réveil” des noirs pour la politique. J’ai lancé Theodosina pour le poste de conseillère pour São Paulo et plus de 40 candidats noirs dans l’intérieur de l’État, comme Laércio de Moraes, Genésio Arruda à Carapicuíba, Maria Helena Ferraz, à Bauru, José Camargo, à Araraquara, et beaucoup d’autres qui ont essayé d’emprunter le chemin politique.
Portal Afro – Et qui vous guidait dans ce chemin?
Dep. Adalberto Camargo – J’ai beaucoup appris aux côtés d’un grand juriste noir, Paulo Lauro, le premier préfet de notre race à São Paulo. Il m’orientait. J’ai toujours cherché à apprendre. On apprend sans cesse. Et on le transmet à celui qui y trouve de l’intérêt. Celui qui n’y trouve pas d’intérêt, on ne lui transmet pas. Je ne parle pas comme un perroquet, car je ne je ne prends pas les devants.
Portal Afro – Vous avez également cherché des expériences au niveau international.
Dep. Adalberto Camargo – J’ai rencontré Samora Machel, du Mozambique, Julius Nyerere, de la Tanzanie, Houphouët Boigny, de la Côte d’Ivoire, Idi Amin de l’Ouganda, Kenneth Kaunda de Zambie, Léopold Senghor du Sénégal pour m’informer de l’évolution du processus d’indépendance de ces pays, en Afrique.
Ce sont des références pour nous, descendants d’africains dans la diaspora. Connaître leurs expériences peut aider la communauté afrobrésilienne dans la conquête d’une meilleure place dans la société. .Quand j’ai parlé en Afrique, je suis devenu la risée de la presse. Ils se sont fatigués de dire que j’allais chercher Tarzan. Mais l’Afrique, c’est 700 millions de consommateurs de produits et services. C’est un grand marché pour le Brésil. Aujourd’hui, ce continent représente 12 milliards de dollars dans le commerce bilatéral, il peut offrir plus 100 000 emplois et permettre la valorisation des noirs dans le milieu d’affaires brésilien.

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