25 novembre 2007

Des étudiants de l’Université Zumbi Dos Palmares racontent comment ils ont vaincu le préjugé racial

Ils ont plusieurs choses en commun : tous les trois sont noirs, étudiants de quatrième année en Administration des entreprises à l’Université de la Citoyenneté  Zumbi dos Palmares (Unipalmares) et stagiaires au sein de banques importantes de São Paulo. Mais au delà de tout cela, ils réunissent une caractéristique qu’ils tiennent à souligner: les trois ont vaincu les obstacles liés au préjugé et sont prêts à se battre pour rivaliser pour de meilleurs emplois, de meilleures fonctions et de meilleurs salaires. L’Unipalmares est une institution particulière qui aura formé sa première vague cette année. Elle est située sur  Barra Funda dans la Zone Ouest de São Paulo, et compte 87% d’étudiants noirs ou afrodescendants – pourcentage qui n’est observé dans aucun autre établissement d’enseignement du pays.

Foto: Simone Harnik/G1Fille d’un père noir et d’une mère blanche, Denise dos Santos Soares, 29 ans a toujours étudié dans les écoles publiques. Fréquemment victime d’actes racistes, elle a toujours entendu dire par sa mère qu’elle ne devait jamais baisser la tête devant les problèmes. "Comme ma mère est blanche, quand on sortait ensemble, les gens demandaient si j’étais adoptée. C’était vraiment très méchant", se souvient Denise.

Comme elle avait obtenu un emploi dans le secteur commercial, Denise ne pensait pas à aller à la faculté. Sa mère lui a alors appris qu’elle avait entendu une publicité à la radio au sujet de l’Unipalmares. Elle s’informa sur le projet, et fut prise de passion. "Je venais de mettre fin à des fiançailles et je décidai de changer ma vie de façon radicale. Quand je suis entrée à l’Unipalmares, ma vie a complètement changé, je me suis engagée dans le mouvement noir et je suis devenue une meilleure personne", affirme-t-elle.

Par le biais d’un accord avec la faculté, Denise obtenait un stage à la banque Itaú, dans laquelle elle est depuis trois ans. "J’ai mis de côté mon registre précédent en portefeuille d’entreprise et je me suis plongée dans ce challenge. Pénétrer le marché du travail pour nous autres noirs est une conquête ardue, je ne pouvais pas rater cette chance", indique l’étudiante, qui affirme que les accords que l’Unipalmares a établi sont fondamentaux pour l’insertion des noirs dans le marché du travail sans préjugé.

Foto: Simone Harnik/G1La Faculté, un abîme 

Luiz Henrique Ferreira, 31 ans était également élève dans une école publique et a même redoublé une année lorsque ses parents se sont séparés alors qu’il était encore adolescent. C’est à cette époque qu’il a commencé à travailler. "Je faisais du jardinage, je vendais des encyclopédies, j’ai été maçon. Mais mon premier vrai emploi c’était dans un supermarché comme emballeur", raconte-t-il.

Il a par la suite travaillé comme  commis de bureau dans une agence de tourisme dans laquelle il a conquis sa place et a obtenu le poste d’assistant d’administration. "À cette époque, je commençais seulement à me réveiller concernant la question de la conscience noire. J’étais très radical, je croyais que tout était fictif, je croyais que l’université n’était pas un endroit pour les noirs et pauvres, c’était un abîme qui se trouvait dans la favela", affirme l’étudiant.

Le fait d’être passé par diverses situations contraignantes, entre elles des heurts avec la police, ont fait craindre à Luiz Henrique que la faculté lui soit hostile. Il ne pensait donc pas faire un cours de niveau supérieur pour cette raison. Mais, avec le temps, il comprit qu’une formation théorique était nécessaire pour qu’il puisse évoluer dans la profession. "Si je n’avais pas étudié, je serais resté en arrière".

Luiz Henrique est allé s’informer de la proposition de l’Unipalmares et a lui aussi été enchanté par le projet. Il a alors décidé de faire le concours d’accès à l’université (vestibular) pour le plaisir d’étudier dans une université ayant des racines noires et non pour les cours.  "Je veux mettre sur mon curriculum le nom de Zumbi dos Palmares. À la faculté, nous sommes effectivement vus comme des personnes égales. Je comprends maintenant que le ' monstre ' n’est pas aussi laid qu’il parait", dit-il.

L’étudiant qui a effectué un stage à Bradesco est actuellement fonctionnaire et dit qu’il portera son expérience aux petits de la banlieue où il a un groupe de hip hop. "Quand je serai formé, je souhaite donner des cours à l’Unipalmares pour rendre la connaissance que j’ai acquise. Je dois être multiplicateur, tel est mon engagement. Je vais montrer aux jeunes de la banlieue que l’université existe vraiment et que des chaises sont là pour être occupées par toute personne, noire ou blanche", affirme-t-il.
Foto: Simone Hernik/G1

"Noir jusqu’aux os" 

Aujourd’hui Edmilson Nascimento, 32 ans est un jeune homme mur et expérimenté dans tout ce qui a trait au préjugé. Il raconte pourtant qu’il a été révolté en entendant un patron dire de lui qu’il était un "noir à l’âme blanche". "Son intention était de me faire un éloge, mais il n’a pas compris que pour moi ce qu’il avait dit était une offense. Je lui ai répondu que j’étais noir jusqu’aux os", se rappelle l’étudiant en dernière année d’administration de l’Unipalmares et stagiaire à la Citibank.

Désinhibé et assez éloquent, Edmilson affirme qu’il a beaucoup souffert du préjugé du fait qu’il est noir et également originaire du Nordeste. Il  est né à Natal, et a grandi à Recife (PE). Puis il est  parti à Salvador (BA), a vécu à Rio de Janeiro, à Curitiba (PR) et se trouve à présent à São Paulo. "J’ai déjà tout entendu. J’ai vécu diverses situations contraignantes. La faculté m’a beaucoup fait changer, principalement en ce qui a trait à la discrimination. Aujourd’hui, je vois la vie et les gens différemment", affirme-t-il.

Ancien critique implacable du capitalisme, Edmilson dit qu’il a appris qu’avant de critiquer quelque chose, il faut la connaitre en profondeur. Et c’est ce qu’il a fait lorsqu’il a eu l’opportunité de débuter une carrière dans la banque. "J’ai foncé et mon objectif à présent est de faire carrière dans la banque. Je travaille pour cela et je sais que je peux rivaliser en situation d’égalité.", disse.

Source : G1, par Fernanda Bassette 

Traduction du Portugais de Guy Everard Mbarga

http://unipalmares.edu.br/index.php?option=com_content&task=view&id=319&Itemid=1

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Les étudiants afrocolombiens, victimes des racisme à l’ Université Santiago de Cali

Actualidad Étnica, Bogotá, 23/11/2007. Le problème du racisme atteint tus les recoins du pays. Actuellement, les idéologies racistes attaquant les étudiants afrocolombiens sont mises en évidence au sein des universités. À l’Université Santiago de Cali (USC), des étudiants ayant des idéologies Nazis ont écris des commentaires grossiers qualifiant les Afrocolombiens de honte pour l’institution et demandant que “les Noirs retournent à leur terre natale, l’Afrique”.

Des sources fiables ont confirmé qu’à l’intérieur de l’USC certains étudiants partageant des idéologies Nazis s’en sont pris aux étudiants de descendance Africaine, non seulement par les graffitis dénigrant leur race inscrits sur les murs de l’Université, mais également à l’intérieur des salles de classe  en entravant leurs interventions et en attaquant tout référent à la couleur de leur peau.

Beaucoup de ses actes se sont perpétrés longtemps, mais elles ont augmenté depuis que le recteur de l’université, Hebert Celín Navas, a annoncé que l’USC serait classée comme étant la première université afro en Amérique Latine. Des commentaires tels que “ C’est est fait de nous avec le maudit recteur Noir que nous avons, nous sommes désormais classés comme l’Université des négritudes” s’entendent au quotidien au sein de l’Université, ce qui démontre les forts courants racistes qui s’agrandissent avec le temps.

Les actes discriminatoires et les fortes opinions qui injurient les afrodescendants ont déclenché des points de vue différents, qui divisent ceux qui soutiennent les auteurs de discriminations et ceux qui ne sont pas d’accords avec eux. Ce qui démontre une forte division au sein de l’USC, ou ceux qui désapprouvent ce qui se passe demandent que les dirigeants de l’Université prennent des mesures correctrices à ce sujet et affirment que les étudiants afrodescendants “qui permettent qu’on leur marche dessus sans rien faire” n’ont pas manifesté une grande résistance.

Les étudiants afrocolombiens dénoncent le fait que ces actes ont attentés à leur intégrité, en limitant leur liberté d’expression et leur libre détermination en tant que personnes. D’autre part, ils demandent que cette information soit divulguée pour que des mesures effectives soient appliquées face à ce problème.

Ils ajoutent que en plus de prouver un problème qui a été invisible durant des années, (problème que l’on croit résolu avec l’abolition de l’esclavage, mais qui reste latent comme le démontrent les actes qui se sont produits dans une des Universités les plus importantes du pays) cela démontre que malgré l’éducation,  les gens continuent de penser comme les esclavagistes espagnols le faisaient.

Hebert Celín Navas, Recteur de l’université Santiago de Cali

Il serait bon de dénoncer ce type d’événements, car en plus d’être considéré comme un crime de lèse humanité, l’USC a été intégrée il y a de nombreuses années pas un grand nombre d’afrocolombien ou encore des noirs, comme on aime appeler ce groupes de personnes.

Il semble donc étrange que dans cette université, soutenue financièrement par un nombre important de noirs- des afrodescendants ayant migré et originaires du pacifique – se produisent ces faits, qui s’ils ont effectivement été latents latents dans le quotidien colombien le sont évidemment

dans la ville de Cali. Ils se produisent dans une université ou la réflexion, le dialogue et si on veut l’analyse sont les principes. Il serait bon, en plus de la dénonciation de ce qui s’est passé par tous les média possibles, de lancer des invitations pour un forum de réflexion à ce sujet” disent des étudiants afrocolombiens.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

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24 novembre 2007

Les Afrodescendants en Amérique Latine : entre négation et exclusion sociale

ÉTUDES SOCIOCULTURELLES 

Même si elle forme un ensemble important dans plusieurs pays de la région, la population noire et ses descendants ont été historiquement marginalisés dans l’accès à l’éducation et à la santé,  les recensements, les responsabilités politiques et les postes de travail. Un passé d’invisibilité et un présent inéquitable que l’on essaye de dépasser à travers des actions conjointes.

Les afrodescendants en Amérique Latine et aux Caraïbes représentent environ 150 millions d’habitants, ce qui équivaut à un tiers de la population totale. L’importance numérique de la diaspora africaine dans cette partie du continent est telle que l’Union Africaine l’a désigné comme “la sixième région ”du Continent africain.

Cependant, la présence de ces habitants et l’apport culturel qu’ils représentent n’ont été reconnus par aucun pays, au contraire, les descendants de ce groupe furent marginalisés et systématiquement exclus des politiques gouvernementales.

Diego Buffa est historien et dirige –avec sa collègue María José Becerra– le Programme d’Études Africaines du Centre d’Études Avancées (CEA) de l’Université Nationale de Córdoba. Malgré les rares sources disponibles, il a essayé de mettre en évidence le processus de mise à l’écart et de marginalisation que les afro communautés ont subi et continuent de subir. “Presque partout, cette population est victime de discrimination raciale et d’exclusion, raison pour laquelle elle subit de grandes privations économiques et sociales, et qu’elle occupe de même un nombre  très faible de postes de direction dans la société où elle vit”, affirme-t-il.

Au sein de ce groupe, il inclue non seulement les descendants des esclaves africains emmenés de force en Amérique Latine et dans les Caraïbes durant la période coloniale, mais également un nouvel ensemble d’africains –même minoritaire par rapport au premier – qui sont arrivés et continuent d’arriver dans cette région, volontairement ou presque, à la recherche d’une meilleure situation économique ou pour des raisons politiques, depuis la fin du 19ème siècle et dont les descendants font partie de la population américaine.

Selon l’historien, les origines de la situation que traversent les groupes d’afrodescendants remontent au processus de consolidation nationale et à la création d’un concept unique de culture, c’est-à-dire, une nation unique ayant une identité homogène.

La terminologie dichotomique utilisée à cette époque, qui qualifiait le groupe dominant de “civilisé” et les autres de “barbares”, a laissé peu d’espace pour la tolérance ou pour la construction d’un esprit de multiculturalisme. “Ceux qui étaient différents du groupe dominant –indique Buffa  furent souvent victimes d’un traitement raciste, car le simple fait qu’ils étaient différents était considéré comme une menace par rapport au concept d’un État monolithique”.

Cela a conduit à une politique d’acculturation qui s’est centré sur l’idéologie européenne d’État-Nation, en plus de l’imposition d’une langue “européo-homogénéisante” pour l’ensemble de la population. Le résultat fut la large négation de la valeur de la culture et l’identité des groupes non européens, sans que ces derniers puissent, pour cause de pauvreté et de discrimination raciale avoir un réel accès à la nouvelle culture promue par le groupe dominant. Dans ce processus, les groupes afrodescendants, auxquels s’ajoutent les communautés d’origine, ont été laissés loin derrière dans ce processus.

De même, si les constitutions nationales de la majorité des pays latino-américains –sous une façade universaliste– favorisent l’égalité de ses citoyens face à la loi, dans la réalité il se trouve que ce discours déclamatoire ne parvient pas à renverser les iniquités qui persistent dans ces communautés.

La dissociation dans la pratique

Cette dissociation entre le discours et la pratique devient évidente du fait que jusqu’à récemment, les afrodescendants n’étaient pas pris en compte dans la comptabilisation des habitants de la région.

Récemment à partir de 2000, certains pays ont commencé à considérer la question de la race comme une variable à analyser lors des recensements. Malgré cela, Buffa explique que le décompte de cette population reste inexact à cause de nombreux facteurs. Parmi eux, le fait que les pays qui réalisent ce type de sondage utilisent des classifications différentes sur la base de la race ou des groupes ethniques, et que de plus celles-ci varient d’un pays à un autre; ou à l’identification ethnique dans laquelle la personne interrogée est celle qui désigne son groupe. “Cela rend difficile une identification adéquate. Par exemple, au Brésil, on reconnait la personne interviewée par la couleur ou la race, tandis qu’au Costa Rica, c’est par sa culture; au Honduras, par le groupe de population auquel la personne appartient et en Équateur, on lui demande comment elle se considère”, illustre-t-il. En ce qui concerne l’Argentine –et de nombreux autres pays de la région, comme le Chili, le Salvador, le Mexique et le Paraguay – la possibilité de s’identifier comme afrodescendant n’est même pas inclue (on demande seulement à la personne interrogée sa filiation ethnique, mais par rapport aux peuples originaires).

L’absence de données dignes de foi sur le nombre d’afrodescendants et sur leur situation socioéconomique entraine comme conséquence l’inexistence de politiques adéquates destinées à l’amélioration de la qualité de vie de ces groupes.

Ainsi, même si les pays ayant fait le plus d’avancées dans ce sens –déterminer les besoins pour leur donner des solutions par la suite– sont la Colombie, le Brésil et le Costa Rica, les statistiques continuent de mettre en évidence une dure réalité. Par exemple, les besoins de base de 80 pour cent des afrocolombiens sont insatisfaits, le  revenu par habitant n’est que de 500 dollars (équivalent à un tiers de la moyenne nationale), et sur mille enfants afro colombiens qui naissent, 151 meurent avant d’atteindre l’âge d’un an, contre une moyenne nationale de 39 pour mille.

L’Argentine noire

Dans notre pays, l’existence des africains fut niée historiquement, ou il a été prétendu qu’ils furent si peu numériquement qu’ils ont très vite disparu au 19ème siècle.

C’est que déclare Buffa, qui affirme que cette communauté a constitué une partie importante durant l’époque de la Colonie et que les centres les plus importants de l’Argentine furent Córdoba, Santiago del Estero, Tucumán et Buenos Aires.

Dans le cas de Córdoba, un ‘processus de blanchissement’, a été lancé à partir de la stigmatisation que cela signifiait d’être ou d’avoir été descendant d’esclave. Un fait qu’on a essayé d’occulter socialement, même dans la famille même”, indique-t-il. Dans le même temps, il rappelle qu’à l’Université Nationale de Córdoba, durant la colonie et même beaucoup de temps après la déclaration d’indépendance nationale, on exigeait la pureté du sang pour intégrer un lieu d’études ( casa de estudios ), situation qui a récemment changé avec la Réforme Universitaire de 1918.

Cependant, la forte présence africaine a laissé ses traces, surtout au sein de la population cordobaise en la que –selon l’historien – on observe de forts traits phénotypiques des afrodescendants. “Il se trouve que personne ne se reconnait comme afrodescendant, mais on peut le percevoir de façon claire: le cordobais typique a dans son sang une ascendance afro”, remarque-t-il.

Cela est dû en partie au fait que les communautés aborigènes étaient rares à Córdoba, et que la quantité d’esclaves dans la province durant l’époque de la colonie fut très importante, car ce territoire fonctionnait comme un centre du trafic des esclaves jusqu’à la zone de Potosí et du Chili. Mais de nombreux (esclaves) restaient ici, dans les congrégations religieuses qui en possédaient en grand nombre.

De même, les données sur la migration africaine récemment recueillies lors du dernier recensement national indiquent que Córdoba est la première province de l’intérieur ayant eu le plus grand nombre d’immigrants de cette origine, après la Capitale Fédérale et le conurbano bonaerense, alors que les autres provinces se trouvent loin derrière.

D’autre part, même si la race noire fut numériquement significative en Argentine, il est très difficile de savoir aujourd’hui ce qu’il en reste. “On pourrait réaliser une étude de type génétique, basé sur un échantillon de la population, pour savoir ceux qui ont des cadenas génétiques qui proviennent de la communauté afro; on pourrait de plus analyser d’autres facteurs, comme certaines maladies transmises par les communautés noires ”, indique-t-il.

Une avancée importante dans l’indentification des ces communautés dans les pays fut l’enquête pilote réalisée en 2005 dans deux quartiers (Montserrat, à Buenos Aires, et celui de Santa Rosa de Lima, à Santa Fe). Cette enquête a pu compter sur le soutien technique de l’INDEC et fut réalisé par l’Université Tres de Febrero, avec le soutien de plusieurs organisations non gouvernementales afrodescendantes. Au-delà des résultats de l’enquête, l’historien relève que l’important fut la possibilité

D’améliorer l’outil de recensement (elle a servi à analyser une série de questions par l’INDEC, en vue de les intégrer par la suite dans un sondage à venir). Par exemple, il a été recommandé de changer l’usage du terme afrodescendant, puisqu’il n’est pas compréhensible au sein de la population en général.

Actions de “visibilisation

Les innombrables problèmes auxquels font face les afrodescendants et le manque évident d’opportunités ont abouti à ce que , dans les dernières années , ce groupe a occupé le terrain social et politique, en élevant sa voix dans des conférences et des réunions internationales pour dénoncer leur situation de mise à l’écart et d’abandon.

Au niveau de la création d’espaces institutionnels supranationaux, la recherche conjointe de mesures menant à l’inclusion de ces groupes dans leurs sociétés respectives a connu un moment clé en 2003, avec la “1ère Rencontre de Parlementaires Afrodescendants des Amérique et de la Caraïbe” organisé à Brasilia. Mais le point culminant fut atteint en 2005, avec la création du Parlement Noir des Amériques (Parlamento Negro de las Américas) un forum des députés et des sénateurs qui cherchent à agir comme élément de pression dans les différents États de la région pour que soient appliquées de s politiques d’ensemble visant renverser la situation d’iniquité de ces communautés.

Un autre aspect que l’on considère important pour renverser la situation de ces communautés est la réalisation de recensements faisant référence au fait identitaire ou à la race, un instrument sur lequel des pays comme le Brésil, la Colombie, le Costa Rica et l’Équateur ont significativement avancé.

Même si, assurément, la concordance des critères pour pouvoir réaliser un échantillon fidèle de toute la région dans son ensemble fait défaut.

Les inégalités dans les différentes régions

Les études réalisées par Diego Buffa sur les communautés afrodescendantes mettent en évidence des niveaux importants d’inégalité sociale en termes de santé, d’éducation et d’économie dans toute l’Amérique Latine.

Infrastructure et politiques de santé. Les maladies les plus fréquentes qui les affectent sont liées aux conditions insalubres des endroits dans lesquels ils vivent; de plus, ils présentent des niveaux élevés de détérioration environnementale, l’usage des eaux polluées et le mauvais emplacement des déchets solides, ce qui finit par empirer significativement leur qualité de vie.

Chômage et sous-emploi.

Ils se manifestent de manière chronique sur une grande partie de la population économiquement active. Le secteur de l’emploi reste restreint, étroitement lié à des facteurs d’exclusion, produit de la discrimination et du faible niveau d’instruction à laquelle peut avoir accès la main d’œuvre afrodescendante. Ainsi, l’accès aux emplois qualifiés et aux meilleurs salaires leur est pratiquement interdit.

Éducation. Le taux d’analphabétisme au sein de la population afrocolombienne est supérieure à la moyenne nationale autant dans la région rurale (43% contre 23% au niveau national) qu’urbaine (20% contre 7.3% au niveau national). Sur cent jeunes afro colombiennes, deux reçoivent une éducation supérieure, en plus d’une infrastructure éducative insuffisante dans les régions ou la population noire a une plus grande présence dans le pays. Ce cadre situationnel, se répète avec quelques nuances dans le reste de l’Amérique Latine.

Sur le travail

Le travail sur “La situation économique et sociale de la population noire et des ces descendants en Amérique Latine: un état de la question” (Programme de Recherche des Études Africaines – Centre d’Études Avancées de l’Université nationale de Córdoba), fut exposé lors des journées sur les études de la population qui ont eu lieu la semaine dernière dans la ville cordobaise de Huerta Grande, sous l’égide de l’AEPA (Association d’Études de la Population Argentine) . À cette occasion, cette Association a inclus, pour la première fois une table ronde liée à la thématique des afrodescendants.

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard

http://www.hoylauniversidad.unc.edu.ar/portada/notas/071106afrodescendientes.html

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23 novembre 2007

Journée Nationale de la Conscience Noire : Lettre de Abdias Do Nascimento à Lula

Agência Senado

Monsieur le Président de la République, Cher Lula,

Recevez mes salutations quilombistes en cette Journée Nationale de la Conscience Noire.

J'ai reçu des mains de Votre Excellence des distinctions qui me rendent très fier, et que je reçois au nom du peuple afrodescendant de ce Pays, car j'estime que les mérites lui reviennent. Pour cette raison, je ne pourrais pas m’empêcher de m'adresser en ce jour au peuple noir, à tout le peuple brésilien, et à nos gouvernants, en la personne de Votre excellence, car le bonheur du noir, comme dit le poète, est un bonheur guerrier.

Alors que l'octroi de la Grande Croix de l'Ordre du Mérite culturel et mon inclusion au plus haut niveau de l'Ordre du Rio Branco me remplissent de joie, j’observe que les inégalités raciales au Brésil restent aigues et profondes.

Je reçois des nouvelles au quotidien relatives à des recherches quantitatives qui confirment ce fait. Aujourd’hui seulement par exemple , nous avons appris de la part de chercheurs de l’UFRJ que les principales causes de mortalité des hommes noirs sont violentes, comme les homicides, tandis que les blancs meurent plus pour cause de maladies.

Toujours aujourd'hui, on a également su que la Fondation SEADE a déterminé que les blancs occupent quatre fois plus de postes de direction que les noirs.

Des secteurs puissants, détenteurs des moyens de communication de masse au pays, mènent actuellement une campagne visant à discréditer ces statistiques et à vilipender ceux-là, comme Votre Excellence qui pensent que des politiques publiques de lutte contre ces inégalités sont nécessaires. Ils nous accusent encore de racisme, en utilisant l'argument fallacieux selon lequel le critère de classification raciale, et non celui de la réalité sociale, cause des divisions dangereuses dans notre société.

Il y a des décennies que les intellectuels noirs affirment que la race n'a rien à voir avec la biologie ou la génétique, mais que, en tant que catégorie socialement construite, il s'agit d'une dure réalité discriminatoire basée sur les caractéristiques d'apparence.

Monsieur le Président, vos récentes visites en Afrique ainsi que d'autres initiatives comme la promulgation de la loi 10.639/03 et l'application de la politique des quotas réparatoires dans les universités a  permis l'avènement d'un climat qui permet de débattre sur des questions sérieuses qui sont occultées ou niées par les élites retranchées dans le monde académique et dans l'univers médiatique. À présent, dans une période si encourageante, ils fomentent, avec une agressivité grandissante, cette campagne de déstabilisation de la société, dans laquelle la désinformation délibérée rivalise avec la malveillance raciste, qui vise à intimider tout un peuple et à tromper toute une nation.

Nous sommes témoins que, à la chambre des représentants du peuple, après avoir reçu en grandes pompes les porte parole de cette campagne, on a demandé de “la fermer” aux noirs qui ont usé de leur droit démocratique légitime de présenter leurs demandes.

Il est effrayant de penser que législateurs, capables d'une telle agression se prononceront, d'ici quelques mois sur le Statut de l'Égalité Raciale, dont les propositions ouvrent de nouvelles perspectives pour l'amélioration des relations socio-raciales et portent un vent d'espérances pour la population noire méprisée.

Monsieur le Président, la Ministre du SEPPIR, notre chère Matilde Ribeiro vous a présenté en ce jour le Plan National de Promotion de l'Égalité Raciale, fruit d'un processus de délibérations pour la construction de ces politiques publiques.

Je vous invite aujourd'hui à ne pas faiblir dans votre décision de les appliquer, car notre population espère des politiques effectives, ce qui signifie l'investissement de ressources humaine et budgétaire.

Il y a longtemps, les économistes dévoués au peuple brésilien parlent de la nécessité pour notre pays de croitre, pour valoriser, pour absorber ces légions de jeunes qui, chaque année cherchent à pénétrer le marché du travail.

Nous avons accumulé des décennies perdues faute de développement économique intensif dans l'emploi, avec la transversalité de race et de, associée à la réduction du rôle de l'État dans le secteur social. Comme conséquence, les problèmes sociaux niveaux dangereux. Voyez la violence dans nos cités qui atteint des taux de génocide dans la population noire et vivant dans la favela.

Je reconnais la grande avancée que signifie la Loi 10 639/03, qui vise à récupérer notre histoire et notre mémoire et de les transformer en patrimoine culturel de l'ensemble du peuple brésilien, mais je dois élever ma voix pour dire que cette loi n'est pas réalisée, ou alors son application est rendue difficile, par tous ceux qui ne veulent pas les changements dans les relations de domination raciale dans notre pays.

Je reconnais l'avancée contenue dans le Programme Brésil Quilombola, et j'invite Votre Excellence à continuer à investir encore plus dans ce secteur, malgré la campagne médiatique qui qualifie les programmes de cette nature de criminels et racistes, dans le but de mettre en doute leur moralité et de favoriser les intérêts fonciers établis.

Une vague de violence est encore lancée, dans le but également de favoriser de tels intérêts, un quilombola ayant été assassiné aujourd’hui dans l'état d'Espírito Santo. Il est nécessaire d'avancer dans l'immatriculation des terres et de faire valoir les droits des communautés quilombolas contre les menaces constantes d’expropriation de leurs territoires.

Par souci de cohérence, nous ne pouvons pas célébrer Zumbi du Quilombo dos Palmares, héros national, alors que les populations des quilombos du Brésil sont agressées et voient leurs droits bafoués!


D'autre part, en ma qualité de co-fondateur et ex-président du Mémorial Zumbi, mouvement de la société civile ayant conduit à la création de la Fondation culturelle Palmares et à l’expropriation des terres de la Serra da Barriga, je viens vous informer que, lors d’une cérémonie civique qui a eu lieu sur les terres de Palmares manquaient les drapeaux du Brésill, de l'État d'Alagoas, et de la Municipalité d' União dos Palmares. Il s’agit là d'un symbolisme fondamental.
Cette date, cette lutte et les politiques publiques d'égalité raciale sont les bannières du Brésil et de ses gouvernements locaux et d'états, pas seulement des afrodescendants!

Enfin, je souhaite dire que j'ai la foi aux forces qui veulent transformer mon pays. J’ai également la grande conviction que les énergies qui jaillissent du cœur de Zumbi dos Palmares et de tous nos ancêtres agrandiront davantage encore la conscience noire dans ce pays. De noirs et de blancs qui rêvent le bon rêve de la liberté et de la justice.

Veuillez, Monsieur le Président, accepter nos salutations quilombistes, car le quilombisme est une proposition pour la Nation. Zumbi vit en nous, hommes et femmes de la résistance antiraciste et de la construction d'un Brésil juste et démocratique. Axé!

Abdias Nascimento

Professeur
http://www.irohin.org.br/onl/new.php?sec=news&id=2375

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Éducation : La première Université d’Amérique Latine pour les noirs au Brésil

Pionnière en Amérique Latine, l’Université de la Citoyenneté Zumbi dos Palmares (Universidade da Cidadania Zumbi dos Palmares,Unipalmares) à São Paulo est la seule université conçue pour la population noire du Brésil et centrée sur ces derniers.

Foto: Simone Harnik/G1

L’institution a été inaugurée en 2004 avec l’idée d’intégrer les noirs et les non-noirs dans le débat sur la diversité raciale au pays. Actuellement, 90% des étudiants sont afrodescendants. En entrevue à l’émission Revista Brasil de la Radio Nacional AM, le recteur de l’ Unipalmares, José Vicente a expliqué que les cours sont centrés sur la réalité de la population noire au Brésil.

“Par exemple, notre cours d’économie est très focalisé sur l’histoire économique des noirs. Notre sociologie (…) travaille beaucoup l’aspect racial, et notre philosophie travaille sur l’équité sociale.” Selon le recteur, 40% du corps enseignant est constitué de titulaires de doctorat et de maitrise noirs. “Ce qui est également une nouveauté, car il s’agit d’un nombre très élevé lorsqu’on considère la moyenne de la présence des noirs en tant que professeur dans les institutions d’enseignements.”

Vicente a indiqué que l’université a pour objectif de rendre l’étudiant le plus critique lorsqu’il se présentera sur le marché du travail et au moment de prendre des décisions. “Ce jeune va devoir affronter cette réalié sur le marché du travail. Il est important qu’il ait la conscience critique et des éléments pour conscientiser son entourage et tenir compte de l’histoire du pays au moment de prendre une décision.”

Le recteur affirme que l’histoire de la population noire brésilienne est “amplement débattue” en classe, mais l’objectif est de recouvrer l’histoire de tous ceux qui ont contribué à la construction du pays et reconnaître les “groupes qui ont été marginalisés ” dans le processus historique. L’ Unipalmares est un établissement communautaire sans but lucratif. L’institution offre des cours d’Administration et de Droit.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Source : A Tarde/BA

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22 novembre 2007

Deuxième Rencontre des Intellectuels d’Afrique et d’Amérique à Caracas

Caracas, 19 Nov. ABN.- Ce lundi a eu lieu au Salon Simón Bolívar de l’Université Bolivarienne du Venezuela (UBV) la cérémonie d’ouverture de la Deuxième Rencontre des Intellectuels d’Afrique et d’Amérique ( II Encuentro de Intelectuales de África y América) programmée dans le cadre du Deuxième Festival Culturel avec les Peuples d’Afrique ( II Festival Cultural con los Pueblos de África) qui se déroule du 17 au 25 novembre à Caracas.
Festival cultural AFRICA

La rectrice de l’UBV, Yadira Córdova, a souhaité la bienvenue à tous les invités, en soulignant l’importance spéciale que revêt pour l’université le fait de pouvoir recevoir et soutenir cette rencontre, car elle fut justement créée pour former les nouvelles consciences, les nouveaux intellectuels et les nouveaux professionnels devant servir la Patrie bolivarienne.

'Il est indéniable que nous ne pouvons pas réaliser cette formation de conscience si nous n’envisageons pas les contributions transcendantes de la culture africaine à notre culture”, a-t-elle indiqué.

La rectrice a indiqué que cette rencontre réaffirme aux vénézuéliens leur identité latinoaméricaine, également le fruit de l’influence africaine.

“Les africains sont présents dans notre histoire pour tous les combats qu’ils ont mené pour notre libération. Car ils furent les premiers à avancer, à nous dire: nous voulons être libres. Et parce qu’ils se retrouvent dans nos expressions musicales, dans notre gastronomie, dans nos danses… l’Afrique est présente dans nos sens”, a ajouté Córdoba.

L’intellectuelle égyptienne Hoda Nasser, présidente de la Fondation Gamal Abdel Nasser a également fait une intervention.

Elle a indiqué que en ces moments actuels de tensions et d’anxiété que l’on vit à cause des actions des politiciens États-Uniens et les réactions terroristes, ces débats promus par la Deuxième Rencontre des Intellectuels d’Afrique et d’Amérique sont importants, car, c’est la seule manière de faire face à la domination globale.

La coopération entre les nations en développement est un des outils les plus importants pour promouvoir la paix, le développement économique et la justice sociale. Des similitudes existent entre l’Afrique, l’Asie et l’Amérique, ils ont tous éliminé la domination coloniale et cette situation doit plus nous rassembler dans ce genre de contexte. Seule la justice peut créer un paix durable” a déclaré Nasser.

Le cours magistral de la cérémonie d’ouverture tait dirigé par Benito Irady, président du Centre de la Diversité Culturelle qui avait pour thème La Diaspora africaine, diversité et développement des peuples.

Le processus de transformation que nous menons au 21ème siècle, établit les bases de la reconnaissance de l’afrodescendance. Revendiquer son identité culturelle, l’importance de la vitalité des cultures est essentiel pour l’union, pour avancer dans la consolidation de la conscience sociale pour le développement des peuples” affirme Irady.

Pour sa part, le vice ministre chargé de l’Afrique, Reinaldo Bolívar, a indiqué que lors de cette rencontre, il ne s’agit pas que des pays africains, mais également de ceux de la Caraïbe, de l’Amérique Centrale et de l’Amérique du sud.


“Nous autres vénézuéliens sommes des peuples d’Afrique, d’ou l’importance du mot afrodescendant dans la réforme constitutionnelle qui reconnaît cette condition, qui est une connexion géographique, culturelle et historique avec tout ce passé laissé par ceux-là qui immigrèrent de force ”, indique encore Irady.

Reinaldo Bolívar

Le vice ministre a indiqué que les propositions qui proviennent des intellectuels réunis serviront à enrichir la déclaration finale , de même que le plan d’action du Deuxième Sommet Afrique-Amérique du sud que le Vénézuela célébrera d’ici un an.

Nous savons que les idées qui surgissent ici ne resteront pas seulement sur le papier”, a-t-il précisé.

Le ministre de l’Éducation Supérieure, Luis Acuña, était également présent lors de la cérémonie d’ouverture de la Deuxième Rencontre des intellectuels d’Afrique et d’Amérique.

“nous estimons que dans cette politique vénézuélienne d’intégration, ce qui vient en premier, c’est d’abord l’intégration culturelle des peuples. Nous pouvons réaliser n’importe quelle intégration commerciale, qui prendra fin lorsque les ressources économiques disparaitront, mais l’intégration des peuples ne meurt jamais', a ajouté le ministre.

'Les peuples intégrés vivent éternellement et c’est le cas du Venezuela, un pays qui s’est formé par l’intégration de personnes venues d’Afrique, des aborigènes et des espagnols . Aujourd’hui, dans chacun de nous reste présente la couleur de ceux qui nous ont formé”, a-t-il-ajouté.

Les thématiques à aborder dans le cadre des trois tables de travail au cours de cette rencontre, qui se tiendra à l’hôtel Alba Caracas du 19 au 21 novembre (hier), sont La diaspora africaine, l’Environnement, l’Économie, Énergie et ressources naturelles (Petrosur et Banco del Sur), Communication, Éducation, Science et Culture (Universidad del Sur, Telesur et Radio Sur).

Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga
http://www.abn.info.ve/go_news5.php?articulo=111026&lee=18

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SEMAINE DE LA CONSCIENCE NOIRE: Rencontre Nationale des Quilombos et des représentants des religions afro-brésiliennes

(20/11/2007 - 19:01)

Union dos Palmares, 20/11/07 – Jusqu’à ce mardi(20 novembre), des centaines de quilombolas et de représentants des religions de matrice africaine du nordeste et de plusieurs états du pays participent à la Rencontre Nationale des communautés Traditionnelles Quilombolas et des Religions de matrice Africaine , organisée par la Fondation Culturelle Palmares au siège de la préfecture d’ Union dos Palmares. La plénière
nationale fait partie de la programmation de la Semaine de la Conscience Noire dont le point culminant des célébrations a été l’inauguration du Parc Mémorial Quilombo dos Palmares lundi dernier (19).

Ayant débuté dimanche (18), la rencontre a présenté de nombreuses plénières.La première visait à expliquer aux habitants des quilombos les nouvelles procédures pour l'identification et la concession de certificats d’auto reconnaissances fournies par la Fondation Culturelle Palmares, qui a réalisé les modifications de l’Arrêté numéro 6 promulgué par l’institution en 2004. Les doutes furent dissipées par
le procureur fédéral au FCP, Alcides Gama et par la Chef Procureur au FCP, Amélia Caracas. La rencontre a également été suivie par la réalisation d’autres conférences. Le médecin gériatre et spécialiste en Education et Santé Vítor Brasil a évoqué l’importance de garantir une santé et une qualité de vie aux aux populations des quilombos. L’écrivain, journaliste et psychologue Severino Lepê Correia a quant à lui parlé
de l’importance du corps ors de la conférence Corporéité et Négritude dans les Temps Contemporains.La première journée s’est terminée par la présentation musicale du Groupe de Danse Meninas de la Communauté de Pau D´Arco, située dans la ville de Arapiraca, Alagoas.

La Rencontre nationale prend fin aujourd’hui (mardi 20) avec des activités culturelles et une autre
plénière traitant de l’usage des herbes médicinales pour le traitement des maladies. La place centrale
d’Union dos Palmarès sera également le théâtre de présentations artistiques des communautés
des quilombos qui se partagent la ville d’Union dos Palmarès ce 20 novembre, jour férié municipal en honneur de la Journée Nationale de la Conscience Noire.

Oscar Henrique Cardoso, ACS/FCP/MinC
Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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21 novembre 2007

Journée Nationale de la Conscience Noire au Brésil

La date représente le combat de Zumbi pour la liberté et la résistance des noirs à l’esclavage.


Il y a 312 ans, le 20 novembre, mourait une grande icône de la résistance noire à l’esclavage et du combat pour la liberté: Zumbi dos Palmares. C’est dans ce cade que l’on célèbre le Journée Nationale de la Conscience Noire au Brésil à la même date, dédiée à la réflexion sur l’insertion des noirs dans la société brésilienne. Une série d’événements seront ainsi réalisées dans plusieurs villes brésiliennes.


Avec le soutien du Ministère de la Culture, par le biais de la Loi Fédérale d’Encouragement de la Culture a lieu du 19 au 25 décembre à Belo Horizonte la quatrième édition du Festival d’Art Nègre (FAN). Au programme, des présentations d’artistes nationaux et internationaux, représentants de la culture noire venus d’Afrique et de ses diasporas, des défilés, des expositions, des spectacles théâtraux et dansants, des festival cinématographiques entre autres activités.

Dans la communauté Largo da Vitória situé dans la municipalité de Riacho de Santana, les habitants du quilombo feront une marche de protestation et pour revendiquer leurs droits, ce mardi (20 novembre) et participeront à des débats sur l’histoire de la communauté et à une table ronde au cours de laquelle des contes, des histoires et des mythes de Largo da Vitória seront présentés. L’événement est ouvert au public.


À Alagoas se tiendra dès 21h à la Place Basiliano Sarmento à União dos Palmares, un show musical avec le chanteur de reggae Edson Gomes et un groupe originaire de la municipalité, Thiago Correia e Comunidade Quilombolas. Les célébrations se poursuivent avec le 20ème Pèlerinage sur la Terre de Zumbi le 24 novembre à l’aube, à Serra da Barriga, également appelé Cerca Real dos Macacos, qui fut le siège du Quilombo dos Palmares.


Le 4ème Salon National de Photographies - Brésil Afro rendra hommage à la culture afro-brésilienne dans la municipalité Votorantim, à São Paulo. En tout, prêt de 330 images ont été reçues, dont près de 60 seront exposées le 20. L’objectif est de montrer le travail de photographes amateurs et professionnels et de consigner les coutumes et tout ce qui se réfère à la culture afro, ainsi qu’aux afrodescendants eux mêmes.


Jusqu’à samedi 24, le Ponto de Cultura Nas Trilhas da Cidadania Cultural, de Minas Gerais, avec les collectifs artistiques et culturels qui en font partie, réalise la 2ème Semaine de la Conscience Noire: Ponto da África à Diamantina. Plusieurs activités sont prévues lors de cet événement, parmi lesquelles des expositions de vidéo, des conférences, des ateliers, des débats, le lancement de livres et des expositions photographiques.


Du 28 novembre au 2 décembre se tiendra la 4ème Exposition Internationale du Cinéma Noir, dont le cinéaste et anthropologue Celso Prudente est le curateur. L’initiative, qui rendra hommage à Abdias do Nascimento - activiste du Mouvement Noir, acteur, théâtrologue et sculpteur -, a pour objectif d’élargir la réflexion au sujet de la présence des noirs dans le cinéma. Une sélection des films dans lesquels la samba et le football seront les personnages principaux, à la Cinémathèque Brasileira, à São Paulo.

Célébration Nègre


Selon le texte publié sur la page électronique du Secrétariat Spécial des politiques de Promotion de l’Égalité Raciale (Seppir), rattaché à la Présidence de la République, en 1971, des activistes du Grupo Palmares, du Rio Grande do Sul sont arrivés à la conclusion selon laquelle le 20 novembre était le jour de l’exécution de Zumbi et ils établirent celle-ci comme Journée de la Conscience Noire.


Sept ans plus tard, le Mouvement Noir Unifié ( Movimento Negro Unificado) intégra la date comme jour de célébration nationale. En 2003, la Loi nº 10.639, du 9 janvier, sanctionnée par le président Luiz Inácio Lula da Silva, établissait la date comme partie du calendrier scolaire.


Le 20 novembre fut institué comme date de référence pour le mouvement en opposition au13 mai, date du Décret d’Abolition de l’Esclavage, la fameuse Loi Áurea, par la princesse Isabel, en 1888. Le 13 mai exprime ainsi la célébration de la générosité d’une blanche par rapport aux noirs, plutôt que de mettre l’accent sur Le Combat des Noirs eux-mêmes pour leur liberté.


Maíra Guedes – Communication Sociale/MinC

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

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16 novembre 2007

Identité afrocolombienne : Hommage à Arturo Truque et au chef Segundo Cabezas

En reconnaissance à la contribution de leur travail pour l’identité noire du pays, le Musée National de Colombie et la Fondation Color de Colombia (Couleur de Colombie) commémoreront le samedi prochain 17 novembre à 18 heures, à l’Auditorium Teresa Cuervo du Musée National, les 80 ans de la naissance du conteur Carlos Arturo Truque et les cinq ans de la mort du chef Segundo Cabezas. L’entrée est gratuite.

Bogota, novembre 2007. Cet événement verra la participation de l’ambassadeur du Honduras, Rafael Murillo, qui est directeur théâtral dans son pays et de Nicolás Montero, acteur au petit écran. La conteuse et poétesse Sonia Truque sera chargée de faire un témoignage sur son père et l’ancien magistrat Jairo Maya Betancur lira une élégie écrite en 1970 au conteur auquel on rend hommage. D’autre part, dans le cadre de la commémoration de la mort du chef Segundo Cabezas, ses collègues Francia Cabezas et Willans Lucumí, créeront une boisson spéciale en l’honneur du maître que l’on pourra déguster lors de l’événement.   Cet espace a pour but de partager avec le public la trajectoire des deux figures représentatives de la population afrocolombienne, pour renforcer l’identité multiculturelle du pays.

Carlos Arturo Truque
Il est né à Condoto (Chocó) en 1927 et meurt à Buenaventura en 1970. Journaliste et poète, il s’est distingué particulièrement en tant que conteur remarquable. En 1953, il obtient le Prix Espiral avec Granizada y otros cuentos. L’année suivante, il remporte le Concours de l’Association des Écrivains et Artistes de Colombie avec Vivan los compañeros, un de ses meilleurs contes, traduit dans plusieurs (ruse, français, allemand et chinois).

En 1958, le troisième prix lui sera accordé au Concours folklorique de Manizales avec le conte Sonatina para dos tambores et en 1965 une mention lors du 5ème Festival National d’Art avec El día que terminó el verano. Le drame Hay que vivir en paz a également mérité un prix au Festival de Berlin en 1951.

Selon l’écrivain Fabio Martínez, sa production a influencé d’autres auteurs. “Si vous voulez, Granizada y otros cuentos produit un effet positif qui va postérieurement influencer le roman colombien, comme ce fut également le cas de La hojarasca de García Márquez, paru en 1955”.

Segundo Cabezas
Né à Barbacoa (Nariño) le 23 avril 1928 et il est mort à Bogota en 2002. Il a étudié à la célèbre École Cordon Bleu de Paris et a effectué des stages dans les Hôtels Carlton de Stockholm, Savoy de Londres, Les Allees de Cannes, le Hilton de Berlin le Restaurant Maxim"s de Paris.

Il fut l’hôte gastronomique de 14 chefs d’État et d’importantes personnalités tels que Indira Gandhi, John F. Kennedy, Charles de Gaulle et Rafael Caldera.

Il a également été Chef Exécutif des clubs Jockey, Country et Los Lagartos à Bogota, dans les Ambassades du Venezuela et de France en Colombie, de Colombie en France et de la Présidence de la République; conseiller gastronomique des Hôtels Tequendama de Bogota et Nutibara de Medellín, et des restaurants la Fragata et Caña Brava de la capitale.

L’École de Cuisine et de Gastronomie de la Corporation Universitaire de la Régin Andine (Escuela de Culinaria y Gastronomía de la Corporación Universitaria del Área Andina ) porte son nom. On se souvient très bien de son émission télé, qui portait le nom de son plus livre de référence : Cocine de primera con Segundo.

Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga


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SÉGRÉGATION - La couleur de l’espace urbain au Brésil

A partir de l’analyse de la configuration urbaine du District Fédéral , il est plus facile de comprendre de quelle manière les inégalités territoriales agissent pour le maintien des inégalités raciales au Brésil.

Marcel Cláudio Sant’Ana, Professeur en Planification Urbaine (UnB) et conseiller technique au Ministère des Villes

Traduction du Portugais : Guy Everard Mbarga

Muni d’une quantité considérable de bon sens commun, il est difficile pour un brésilien de croire que sous certains aspects, l’institution de pratiques racistes au Brésil est pareille à l’institution des mêmes pratiques dans la société nord-américaine ou sud africaine: Après tout, bombardé depuis son enfance par l’idéologie de la démocratie raciale, au cœur de notre notion d’identité nationale, ce brésilien, dans le ‘meilleur esprit ’ de la Liberté - Égalité - Fraternité, a peu de chances de s’interroger sur la manière dont l’action des facteurs raciaux agit sur la formation de la structure sociale brésilienne, sur la stratification sociale et l’inégalité qui en découle.

Dans cette perspective, ou les facteurs raciaux sont déconsidérés, puisqu’ils ne peuvent être reconnus dans le plan officiel de nos pratiques culturelles, malgré le fait qu’ils règnent dans le plan officieux, et sous la toile de fond d’une théorie économiciste, ce brésilien entend l’inégalité sociale uniquement par la voie économique, qui prend la population comme un tout, indépendamment du groupe racial auquel il appartient, restaurant l’assurance de notre mythe d’origine— un pays construit pour une relation harmonieuse entre blancs, indiens et noirs—, et qui permet de plus de consolider la naturalisation des inégalités raciales et de l’appropriation nationale et des biens de l’État par la population blanche, sans l’inconvénient des conflits raciaux explicites.

Lorsque l’on aborde le questionnement sur nos villes, sur les inégalités sociales reproduites sur le territoire physique, les mêmes présupposés sont validés par le sens commun et par les théories déterministes de fond économiciste: si d’un côté la vision orthodoxe de la science économique soutient les explications sur la stratification sociale, dans le même sens et subordonné à ce processus, on trouve également un courant de pensée sur la structuration de l’espace urbain comme processus résultant du déterminisme économique qui régit l’action des individus. Ainsi, les recherches sur la ségrégation socio-spatiale et l’inégalité urbaine se sont structurées sous la base déterministe, dans laquelle l’économie, ou mieux, la domination du capital financier , les facteurs d’ordre économique, directement et indirectement, indépendants de la réalité sociale et les facteurs d’ordre économique, directement et indirectement, indépendamment de la réalité sociale  et de sa localisation sur le globe terrestre (à la lumière d’un processus économique globalisé), est prise comme base pour l’entendement des questions des espaces intra-urbains.


De ce discours fallacieux, un point doit être considéré comme véridique : les actions et les acteurs agissant dans la formation de notre structure sociale sont les mêmes à agir dans la formation de notre espace urbain. Espace territorial et espace social sont des maillons indissociables d’un même courant, des maillons qui se valident l’un l’autre pour affirmer et renforcer la structure même. De cette manière , quand l’on pense aux villes brésiliennes, on doit penser à leur rôle face à notre processus de formation socio-économique, à nos pratiques culturelles/idéologiques, aux réponses qu’elles donnent pour le maintien d’un statu quo qui débute dans la période coloniale avec l’esclavage et qui reste présent jusqu’à aujourd’hui, dans une société d’économie de marché.

Ici, les inégalités urbaines jouent un rôle important dans le maintien des inégalités sociales au Brésil. Partant de l’analyse de la configuration urbaine du District Fédéral (DF) et la formation historique de son espace urbain, il est plus juste de parler de la structuration urbaine de la ségrégation raciale, il est plus juste de comprendre comment l’inégalité territoriale agit pour le maintien des inégalités raciales brésiliennes.

Le DF présente une situation particulière en terme de composition raciale de la population.Noirs et blancs assument une égalité numérique: la population blanche représente  49,15% de la population totale et la population noire 49,57% (PDAD-2004). Mais cette égalité n’implique pas une égalité de répartition dans l’espace urbain, et encore moins dans l’appropriation des équipement publics et de services urbains: Comme on peut le voir sur la carte, la population noire se concentre dans les régions périphériques du DF ou dans des zones de dégradations socio – environnementales les plus proches de la zone de concentration du travail et du revenu — Brasília. Cette concentration de la population noire dans des zones périphériques coïncide directement avec la distribution de la population des analphabètes, avec la concentration des actions policières, de chômage , d’irrégularité foncière, d’habitations en dessous des normes, de moindre offre de services publics (principalement de santé et d’éducation), des équipements de loisir, entre autres. Tout ce qui finit par constituer une intersection de variables négatives sur la population nFoto: Daniel Cardoso - A precariedade do Itapoamoire.

Nous avons ainsi dans les Régions Administratives (RA) de plus grande concentration de la population noire comme Estrutural (66%), Recanto das Emas (63%)  Brazlândia (64%), une moyenne de revenu par habitat mensuel R$ 790,50, tandis que dans les RA à majorité blanche, comme Lago Sul (85%), Lago Norte (70%) et Brasília (77%),un revenu de R$ 8408,00. Il est important ici de révéler les extrêmes de la distribution de revenus et de la concentration de population noire: Lago Sul présente un revenu de  R$ 11.276,00 tandis que Estrutural en présente un de R$ 499,00.

L’exemple de ce qui se passe avec la distribution du revenu nous permet de nous rendre compte que en ce qui concerne les données sur la scolarisation et le taux d’analphabétisme de la population, la même condition d’exclusion se répète: les RA ayant le plus grand pourcentage de population du  nordeste, noire, avec un revenu inférieur et un plus grand pourcentage de population jeune occupent les pires positions du point de vue des taux de scolarisation. La population ayant un niveau supérieur complété se trouve majoritairement dans les Régions Administratives ayant un plus grand pourcentage de population blanche. Par conséquence, la population ayant un diplôme incomplet est en majorité concentrée dans les RA ayant un pourcentage de population noire plus élevée.

En terme d’irrégularité foncière, la même opposition est constatée. Les  RA dont la proportion de la population noire est majeure(citées dans le paragraphe précédent) présentent une moyenne de 28,3% de terrains en situation d’irrégularité foncière, tandis que les RA dont la concentration de la population blanche est plus importante présentent une moyenne de 1.02% de terrains en situation irrégulière.

Foto: Daniel Cardoso - Suntuosidade do Lago Norte

Ces oppositions entre les territoires de plus grande concentration de noirs et ceux de plus grande concentration de population blanche se reflète dans diverses recherches. Pour beaucoup, cela est dû à la structure même de l’espace urbain du District Fédéral constitué lors de sa construction: Brasilia, dans son Plan Pilote, était destiné à l’habitat de la bureaucratie haute et moyenne de l’État qui devait être transférée de Rio de Janeiro, soit des blancs en majorité. L’établissement des milliers de personnes originaires du nordeste, des noirs en majorité, illusionnés par le rêve de l“Eldorado do Cerrado”, qui venaient construire la capitale du pays n’était pas prévu.

Les noirs ont fini par être destinés aux zones distantes du centre réservé à la population blanche: zones déstructurées, ayant une infrastructure urbaine inégale, une moindre possibilité d’accès à l’emploi, à l’éducation et aux loisirs - des zones dont la qualité de vie urbaine est très mauvaise. On peut parler d’une ségrégation planifiée par l’État, dans laquelle les nordestinos, des noirs étaient écartés.

Et dans ce jeu officieux, de constante consolidation de l’appropriation des avantages sociaux par le groupe social blanc, au détriment de la population noire, encore une fois originaires du nordeste et noirs devaient être placés en marge du merveilleux projet de développement de la nation.

http://www.irohin.org.br/imp/template.php?edition=19&id=70

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