31 octobre 2007

Le Parc Mémorial Quilombo dos Palmares sera inauguré en Novembre

Par Oscar Henrique Cardoso

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

Brasília – La Journée Nationale de la Conscience Noire ( Dia Nacional da Consciência Negra) est la date de célébration  la plus importante pour la communauté noire brésilienne. Une date qui permet de réfléchir sur l’esclavage, le racisme et les actions affirmatives. Pour 2007, un moment unique marquera les commémorations du 20 Novembre, organisées par le Gouvernement Fédéral  à travers la Fondation Culturelle Palmares (Fundação Cultural Palmares)/Ministère de la Culture, ainsi que le Gouvernement de Alagoas, la Préfecture de l’ Union des Palmares et l’Institut Magna Matter, probablement entre le 15 et le 20  novembre.

Le 15 novembre, dès 11h, aura lieu l’inauguration officielle du Parc Mémorial Quilombo dos Palmares. Avec la présence des autorités nationales, des états, des municipalités, de militants du Mouvement Noir et d’artistes, l’inauguration du Parc Mémorial Quilombo dos Palmares, érigé sur le Site Historique de la Serra da Barriga*, dans l’Union des Palmares, Alagoas, répond à une revendication de la communauté afro-brésilienne qui date de 25 ans.

La construction du Parc a reçu l’appui du Ministère de la Culture/ Fondation Culturelle Palmares, du Ministère du Tourisme, de Petrobrás, de Caixa Econômica Federal et du Secrétariat Spécial des Politiques de Promotion de l’Égalité Raciale (Seppir). 2 millions de Réals ont été investis. Tout cela pour garantir l’accueil d’activités pédagogiques pendant toute l’année, en plus d’encourager et de renforcer les activités des groupes afro-brésiliens installés à Alagoas et dans la Région. Un vaste programme d’activités socioculturelles comprenant des rencontres, des activités artistiques et une exposition de la production culturelle quilombola mobilisera toute la communauté d’Alagoas dans les villes de Maceió et d’ União dos Palmares.

Infrastructure:

Le Parc Mémorial Quilombo dos Palmares possède une surface construite de près de 10000 mètres carrés. Il est situé dans une zone de 280 hectares de la Serra da Barriga, dans la municipalité de União dos Palmares. Le secteur de la Serra da Barriga est régi par le Décret 95.855, du 21 mars 1988 et est sous la responsabilité et l’administration du Ministère de la Culture, par le biais de la Fondation Culturelle Palmares/MinC.

Le Parc Mémorial Quilombo dos Palmares dispose de tout un ensemble d’équipements: zone d’accueil des visiteurs, locaux pour la contemplation, restaurant, miradors, une réplique du Palais dans lequel vivait Zumbi dos Palmares, des cabanes d’indigènes et de nombreuses informations sur le sens et l’importance des luttes et des expériences qui y ont été réalisées durant les 300 dernières années.

Agenda Social Quilombola:

La célébration du 20 Novembre sera également l’occasion de commémorer la victoire du Gouvernement brésilien en faveur de la certification et de l’immatriculation des territoires  issus des quilombos. Alors que d’innombrables tentatives de disqualifier l’émission de certificats de reconnaissance et d’annuler le Décret 4.887 - qui octroie l’immatriculation des territoires par des organes fédéraux membres du Programme Brésil Quilombola - sont en cours, le Gouvernement Fédéral , à travers le Ministère de la Culture/Fondation Culturelle palmares, procédera au lancement du Nouvel Arrêté qui organise les actions d’identification et de certification des territoires issus des quilombos, par la distribution de Livrets Socioculturels relatifs aux Quilombos.

Les lancements des documents seront effectués le 20 novembre prochain, sous forme de livret, distribués à 1 millions d’exemplaires destinés à l’information des communautés quilombolas et de la société en général.

Maquette du Parc Mémorial Quilombo Dos Palmares

Production Culturelle Quilombola:

Le 15 novembre, le Ministère de la Culture, à travers la Fondation Culturelle Palmares procédera lors de l’inauguration du Parc Mémorial Quilombo dos Palmares au lancement de l’Arrêté relatif à la Culture Quilombola qui sera accompagné par la libération de ressources financières de l’ordre de 2 millions de réals pour la formation, le développement et la préservation des activités culturelles dans les territoires issus des quilombos.

Le 16 novembre sera organisée une Rencontre Nationale à Maceió ayant pour thème: Les Nouveaux Instruments pour la Consolidation des Territoires de Quilombos. L’événement consistera à la présentation aux leaders des quilombos et au public en général de la nouvelle Instruction Normative de l’Incra pour l’immatriculation des terres du Nouvel Arrêté de la FCP/MinC pour la certification et l’inscription dans le Registre des Territoires Issus des Quilombos (Livro de Registro de Remanescentes de Quilombos).

Du 16 au 20 novembre, la Fondation Culturelle Palmares/MinC espère réunir des milliers de participants dans le cadre de la Première Rencontre Nationale de la Culture ( Primeiro Encontro Nacional de Cultura Quilombola). Installées dans la Serra da Barriga avec les annexes du Parc Mémorial Quilombo dos Palmares, près de 20 000 quilombolas seront réunies pour présenter les richesses et les réalisations sociales, économiques et culturelles. La plénière permettra l’échange d’expériences, l’établissement de diagnostics, de défis et de perspectives d’inclusion des territoires issus des quilombos, grâce à l’élaboration d’une politique publique de la  culture, en cours d’élaboration à la FCP par le biais du Programme de Développement Ethnique pour les Communautés Issues des Quilombos.

*Sierra da Barriga à União dos Palmares est célèbre car elle est la terre natale du leader noir Zumbi dos Palmares

http://www.palmares.gov.br/sites/000/2/Mailings/2/29/Mailing29.htm



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29 octobre 2007

João Cândido, l’ "Almiral Noir", leader de la Révolte de la Chibata

Par Oscar Henrique Cardoso. 

Une traduction de Guy Everard Mbarga

João Cândido Felisberto (Encruzilhada do Sul, 1880 - Rio de Janeiro, 6 de Décembre 1969) né dans la Province du Rio Grande do Sul d’alors, fils de João Cândido Felisberto et Inácia Felisberto, s’engagea dans la Marine du Brésil en 1894, alors qu’il n’a que 13 ans et effectue son premier voyage en tant que Apprenti Marin. Ainsi débutait l’histoire d’un héros noir brésilien, leader de la  Révolte de la Chibata en 1910.


Chibata (fouet) et punition:

En 1908, pour accompagner la fin de la construction de navires de guerre commandés par le gouvernement brésilien, João Cândido se rend en Angleterre, où il prend connaissance d’un mouvement mené par les marins britanniques entre 1903 et 1906, qui revendiquaient de meilleures conditions de travail. Parmi les marins insatisfaits des bas salaires, de la mauvaise alimentation et, principalement, des châtiments corporels dégradants, le climat de tension monta.

L’usage du fouet comme punition dans l’Armée avait déjà été aboli par l’un des premiers actes du régime républicain. Cependant, le châtiment cruel  continuait d’être appliqué dans les faits, selon le bon vouloir des officiers. Dans un contingent à majorité noir, des centaines de marins continuaient d’avoir leurs corps déchirés par le fouet, comme à l’époque de l’esclavage.

La Révolte:
Les élections présidentielles de 1910 - bien que remportées par le Marechal Hermes da Fonseca le candidat  situationniste - exprimèrent le mécontentement de la société par rapport au gouvernement en place. Le candidat de l’opposition, Rui Barbosa, réalisa une intense campagne électorale, suscitant l’espoir de changements.  Le 16 novembre 1910, un jour après la prise de ses fonctions par le Marechal Hermes, le matelot Marcelino Rodrigues de Menezes fut puni de 250 coups de fouet, selon les journaux de l’époque, appliqués devant tout l’équipage du Navire de Guerre Minas Gerais.

Le 22 novembre 1910, João Cândido déclencha la Révolte dite de da Chibata, prenant le commandement du Navire Minas Gerais (capitaine de Marine), plaidant l’abolition des châtiments corporels dans la Marine de Guerre du Brésil , lorsqu’il fut surnommé à l’époque par la presse  Almirante Negro (L’Amiral noir). Pendant quatre jours, les navires de guerre de  São Paulo, Bahia, Minas Gerais et Deodoro pointèrent leurs canons sur la capitale Fédérale. Dans l’ultimatum adressé au Président  Hermes da Fonseca, les marins déclaraient : "Nous, marins, citoyens brésiliens et républicains ne pouvons plus supporter l’esclavage dans la Marine brésilienne ".

Malgré le fait que la rébellion avait pris fin suite à l’engagement du gouvernement fédéral d’abolir l’usage de la  chibata dans la Marine et d’accorder l’amnistie aux  insurgés, João Cândido et les autres impliqués furent détenus.

Peu de temps après, l’éclosion d’un nouveau soulèvement des marins,  cette fois dans le cantonnement de l’ ilha das Cobras, à Rio de Janeiro, fut réprimée par les autorités. Malgré le fait qu’il s’était déclaré opposé à un nouveau soulèvement des marins en décembre 1910, João Cândido fut exclu de la  Marine, accusé d’avoir soutenu les rebelles. En Avril  1911, il sera détenu à l’Hôpital des Aliénés,  à titre de dément et d’indigent. Il sera libéré en 1912, absous des accusations avec ses compagnons. Banni de la Marine, il allait subir d’importantes privations, une vie précaire, travaillant comme docker et déchargeant des poissons à la Praça XV, au centre de  Rio de Janeiro.

Vie privée, persécution et mort:

Sa vie personnelle fut profondément marquée par le suicide de  sa seconde épouse  (1928). Accusé de subversion, il est de nouveau détenu en1930. En 1933, il adhère à l’Action Intégraliste Brésilienne, un mouvement nationaliste fondé en  1932 par l’écrivain  Plínio Salgado, réussissant à devenir le leader du  foyer intégraliste de Gamboa, à Rio de Janeiro. Dans une entrevue enregistrée en 1968, João Cândido déclara conserver son amitié pour Plínio Salgado, ainsi que sa fierté d’avoir été  intégraliste.

En 1959, il retourna dans le sud du Pays pour recevoir un hommage , mais la cérémonie fut annulée suite à une intervention de la Marine du Brésil. Discriminé et persécuté jusqu’à la fin de sa vie, il mourut du cancer à l’Hôpital  Getúlio Vargas, à Rio de Janeiro, pauvre et  dans l’oubli à 89 ans .

Les compositeurs  João Bosco et Aldir Blanc ont honoré sa mémoire dans la samba O mestre-sala dos mares. En octobre 2005, le Député nationaliste  Elimar Máximo Damasceno (PRONA/SP) présente un projet de loi  n. 5874/05, demandant l’inscription du nom de  João Cândido dans le Livre des Héros de la Patrie qui se trouve au Panthéon de la Liberté et de la Démocratie à la Place dos Três Poderes(Place des Trois Pouvoirs), à Brasília - DF.

http://www.palmares.gov.br/005/00502001.jsp?ttCD_CHAVE=340

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Afroamérique

Jorge Majfud

– Une traduction de Guy everard Mbarga

L’Uruguay célèbre chaque année la Journée du Patrimoine national qui dure en fait trois jours. Cette année, elle a été dédiée à l’héritage afrouruguayen. Dans mon pays, comme dans le reste de l’Amérique Latine et aux États-Unis, la revendication officielle d’une culture subalterne, représentante de groupes ethniques historiquement marginalisés comme l’ont été les populations noires et indigènes est une arme à double tranchant.

En Uruguay, par exemple, le candombe et le carnaval ont toujours été identifiés avec les hommes et les femmes noirs. Les deux sont des expressions  légitimes et précieuses de notre pays, mais également, ce genre de spécialisation ethnique contribue à promouvoir un stéréotype, et devient ainsi une poche de force psychologique et morale qui empêche ou rend difficile ce par quoi une culture se définit : héritage, renouvellement, critique et créativité.

On peut dire la même chose lorsqu’on accuse d’imposture celui qui se définit comme amérindien ou indigène du fait qu’il ne met pas de plume sur la tête ou parce qu’il parle l’Espagnol ou parce qu’il n’arrache pas le cœur des touristes du monde civilisé.

Cela signifie que l’on accepte qu’un français ou un nord américain ne s’habillent pas ou ne se comportent pas comme un bourgeois du 18ème siècle, car on assume qu’il y a une dynamique culturelle, une évolution qui rend légitime  un changement radical au sein d’une même tradition.

Pourtant on est surpris ou l’on trouve ironique qu’un guaraní ou un aymará écrive un courrier électronique ou conduise la même automobile qu’un américain moderne.

Ou on accuse les anciens mexicains de faire des sacrifices humains, comme s’ils n’auraient pas été capables d’évoluer comme le christianisme l’a fait depuis le 16ème siècle, en abandonnant la pratique répétée de la torture et de l’incinération publique des victimes humaines, toujours au nom de Dieu, mais d’un dieu miséricordieux.

Une des plus grandes menaces d’une culture hégémonique est la fossilisation de ces autres qui représentent un questionnement à sa légitimité ou à son hégémonie. Pour la même raison, cette culture dominante applaudira et récompensera tout ce qui lui convient de maintenir dans des limites connues.

Aux États-Unis, on assume que les noirs sont de bons boxeurs et de bons basketteurs. Le vrai noir écoute du rap à un volume qui fait remuer son auto. Les automobiles des noirs sont extravagantes et ils ne fréquentent pas les universités. Les noirs marchent en dansant, mettent un foulard sur la tête, portes d’énormes pantalons et marchent en s’empoignant une partie de la braguette pour que leur vêtement ne tombe pas. Etcétera. Et on appelle tout cela "afro", ce qui démontre que ce sont des réactions sans conséquences structurelles à une culture dominante, européenne , et par conséquent une conséquence de ce qui est européen, blanc. Tout cela n’a rien d’ "afro" si ce n’est la couleur obscure de la peau —tout au moins, je ne me souviens de rien de pareil de mon expérience en Afrique—; ils ont beaucoup plus de la culture blanche ou européenne, de l’idéologie capitaliste à la religion, en passant, naturellement par un ressentiment historique justifié, qui explose périodiquement face à n’importe quel petit incident.

Dans mon pays, l’idée monothématique d’un homme noir jouant au tambour et d’une femme noire qui danse à demi nue, comme objet sexuel de consommation interne et pour l’exportation, contribue à restreindre—pas besoin de clarifier, c’est mon avis— la potentialité de la population noire qui ne s’auto présente pas ainsi, et n’est pas vue par les autres comme acteur dans d’autres sphères de la société . Si c’est un peintre blanc, il se distinguera par ses sujets "afro" et prendra un bain de "foule", même si le groupe évoqué représente 9% de la population. Il sera probablement reconnu comme un grand artiste plasticien et un mauvais joueur de tambour, puisque on assume que le blanc est l’"observateur naturel" de l’irrationalité et de la sensualité du primitif africain, selon la tradition eurocentrique centenaire.

De la même façon, après la Renaissance et Miguel Ángel, les nus de femmes abondent dans la peinture européenne (des fois entourés d’hommes vêtus) et dans les médias contemporains de divertissement : celui qui observe, le macho blanc est celui qui domine et réalise ainsi un jugement sexuel et esthétique. Regarder, représenter, c’est commander , établir, dominer. Celui qui est observé devient objet, devient chose. Et la critique y contribue en faisant abstraction des valeurs éthiques ou idéologiques, en applaudissant et en niant ceux-ci. C'est-à-dire en légitimant avec son prestige intellectuel.

En résumé, en même temps que nous reconnaissons la valeur d’une activité culturelle comme le candombe et le carnaval, je suggère que nous ne devrions pas nous laisser hypnotiser par un édifice de symboles et des valeurs qui par excès d’illumination occultent la structure rigide principale qui nous tient. Bien que nous les uruguayens nous nous auto représentions comme des antiracistes par excellence, nous devons reconnaitre qu’il existe une discrimination sociale de fait —même si je pense qu’elle n’est pas aussi grave que dans une grande partie des États-Unis— qui a relégué la population noire dans un lieu presqu’inexistant en politique, dans les universités et dans les hautes charges publiques et privés.

Pourquoi n’appelle-t-on pas "hispano"  un nord américain descendant de mexicains ou d’argentins blancs? La population noire du continent n’est pas venue en tourisme, mais par la violence de la culture européenne. Raison pour laquelle les noirs devraient s’appeler euro-américains, si ce n’était pas parce que cela signifierait un souvenir – rappel permanent d’une blessure qui reste ouverte. Oui, il existe une puissante culture aforaméricaine, afrocubaine, afrouruguayenne, etc. Mais définir quelqu’un comme  afroaméricain par le simple fait de sa couleur fait partie de la violence douce. Pourquoi les blancs ne s’appellent pas  "euro-américains", même là ou ils sont minoritaires? Tout cela me rappelle une émission locale au Mozambique qui faisait un reportage sur un accident en disant que le bilan faisant état des blessés était de "trois personnes et deux macúas". Les personnes étaient blanches; les macuas étaient noirs.

Ce n’est pas pour rien que les refuges d’esclaves  recherchés, qui au Brésil s’appelaient des "quilombos", ont pris en Uruguay et en Argentine le sens de "bordel", "promiscuité" ou dans le meilleur des cas de "désordre". Personne ne dit "blanc crasseux", "sale blanc", ou "il fait des choses de blanc" (sauf dans le cas de l’immigrant galicien), mais le substantif "noir" est naturellement suivi d’une longue liste de mots dénigrants que la coutume a transformé en fait naturel. "Le Café pour noir n’a pas besoin de sucre". "Noir fin" est un oxymoron ou une curiosité. "Candombero noir" est un irrationnel sans éducation, c’est ce personnage des bandes dessinées comiques qui dans tout le continent faisaient ressortir (ses) deux énormes lèvres, un petit cerveau plein d’innocence et un certain autisme chronique qui le rendait inapte à la politique , la littérature et les sciences.

Si nous visitions aujourd’hui la page de notre chère Université de la République de l’ Uruguay, nous lirons une attitude typique de notre histoire qui s’exprime par des euphémismes : "La population de l’Uruguay est d’origine européenne, surtout espagnole et italienne, sans le préjudice d’autres nationalités, produit d’une immigration à portes ouvertes. Il existe également une présence réduite de la race noire qui est arrivée au pays en provenance des côtes africaines, durant la période de domination espagnole.

Quant à la population indigène, il y a plus d’un siècle que les derniers indiens ont disparu de tout le territoire national, ce qui différencie la population de l’Uruguay de celle des autres pays Hispano-américains ..."

La population indigène n’a pas  "disparu"; (1) ils ont usurpé leurs terres et ils ont assassinés tous ceux qu’ils ont pu, au nom de la civilisation et (2) n’ont pas disparu comme nous voulons le croire, ils sont là, mélangé d’une certaine manière dans notre sang et niés par notre culture, comme l’étaient les arabes et les juifs niés par l’Espagne impériale, qui a ainsi organisé sa propre décadence.

Bien qu’on ne nous l’a jamais dit à l’école, et qu’on ne le mentionne pas dans la culture publique, le soleil sur notre drapeau, comme celui sur le drapeau argentin, n’est rien d’autre que l’ Inti, le soleil des incas, dans son dessin et dans son origine, sans parler en détail de notre espagnol qui est plein de structures et de mots quechuas, guaranís, etc. Pour sa part, la population noire n’est pas "arrivée" en tourisme sur ce continent, sinon par le biais de la violence de l’enlèvement, par la violence physique et morale. La violence physique est terminée, mais la violence morale continue et nous devrions ajouter, la "violence culturelle". Plus grave encore, si la violence physique cicatrise souvent rapidement; ce n’est pas aussi facile en ce qui concerne la violence morale comme le démontre la psychologie et l’histoire des peuples.

Ce n’est pas vrai que nous sommes aussi blancs que nous nous sommes toujours crû, dans une logique qui avec un humour noir se résumait en l’expression: "en Uruguay et en Argentin, nous sommes plus civilisés car nous tuons tous les sauvages". Cette critique nécessaire n’abaisse  pas les mérites de nos pays qui ont contribué à l’histoire, particulièrement aux débuts du 20ème siècle et peut-être en ce début de 21ème siècle. Mais pour avancer, nous devons d’abord nous confesser. Pas devant le curé, mais devant notre propre conscience historique.
- Jorge Majfud, écrivain, de l’Université de Georgia.

http://www.alainet.org/active/20162&lang=es

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27 octobre 2007

Epsy Campbell. Présidente d’Action Citoyenne du Costa Rica. ‘‘L'action de la femme en politique n’est pas encore visible’’

Epsy Campbell. Présidente d’Action Citoyenne du Costa Rica

Elle est arrivée à Lima  à l’initiative de IDEA Internacional et de l’ ONPE, pour parler de la femme et de la politique. Elle pourrait devenir la première présidente de ce pays d’Amérique Centrale.

Par Carolina Martín.
Photo: Julio Angulo.

Étant une femme et une afrodescendante, estimez-vous que les choses ont été plus compliquées pour vous?

J’ai le privilège d’être née dans un pays comme le Costa Rica, où l’État a répondu aux besoins des gens et où l’on voit des thèmes comme celui de l’inclusion sociale, la société comme un tout. Ce que je vis n’est pas nécessairement un reflet de la réalité des autres. C’est pourquoi  je revendique partout que je suis une femme et une afrodescendante. C’est une façon de mettre le thème de la démocratie en permanence sur la table de discussion.

Les enquêtes vous situent, de plus comme l’une des femmes les plus influentes dans votre pays...

C’est vrai, et c’est une fierté et un défi. Cela a beaucoup à voir avec la manière de faire les choses. Je pense au fond de moi ce que je dis et les gens le perçoivent. Je veux rompre avec un ordre des choses qui est mauvais selon moi. Dans ce sens, j’ai toujours été une politicienne très peu traditionnelle. On peut très bien être perçu, mais si on commet la moindre erreur, cela peut aussi être fatal.

Pour quelle raison, pour occuper les postes traditionnellement masculins, la femme a tendance à se comporter comme si elle était un homme?

Il y a des règles masculines et un surdimensionnement de ce qu’ont fait les hommes, même si la majorité de leurs actions n’ont pas été bien faites; dans le cas contraire, on vivrait dans un monde différent. Nous les femmes, nous essayons d’apprendre ses règles, mais aussitôt que nous obtenons notre part de pouvoir, nous commençons à les transformer.

De plus en plus d’hommes politiques incluent les femmes sur leurs listes. Conviction ou électoralisme?

Les deux. S’il y en a un qui veut perdre les élections, il lui suffit de dire qu’il ne veut pas de femmes sur sa liste électorale. Les femmes continuent de se battre pour prendre leur place, mais il y a toujours ceux qui nous cantonnent à la photo.

Je le dis, car au Pérou, Lourdes Mendoza, la deuxième vice présidente est presque invisible...

J’ai été candidate à la vice présidence et je ne l’ai accepté que parce que j’ai senti que je travaillais réellement en équipe avec le président. Cela me semble lamentable. Si une personne occupe un poste, ce qu’elle réalise doit être visible. L'action de la femme en politique n’est pas encore visible. Les défis restent très importants.

La discrimination positive est elle réellement positive?

Oui, mais seulement pour certaines femmes. La discrimination positive pose un problème, car elle reproduit une exclusion qui existe dans la société. Elle ne bénéficie en réalité qu’à des femmes qui se trouvaient déjà proches du pouvoir, mais les "outsiders" restent écartées.

Vous avez été un fervent défenseur du "Non" au Traité de Libre Échange avec les États-Unis lors du récent référendum sur le sujet au Costa Rica.

Oui. Les Traités de Libre Échange sont des modèles de développement qui placent l’investissement et les entreprises multinationales au centre de la logique  Le référendum était l’unique façon de rendre légitime un Traité qui est presque mort au Costa Rica. Mais, la question n’est pas réglée, il doit encore être approuvé à l’Assemblée Législative.

Au Pérou, il ne manque plus que le Congrès américain l'approuve. Pourrait-on encore y organiser un referéndum et rejetter le Traité?

Il n’est pas trop tard. Après sa signature par le parlement péruvien, il y a eu des modifications alors qu’en théorie c’était impossible. Si les forces sociales et politiques demandaient un referendum, le traité pourrait encore être rejeté. On enterre les morts que lorsqu’ils le sont effectivement (sourire).

Traduit de l'Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.larepublica.com.pe/content/view/185216/593/

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Citation de Epsy Campbell

Image

Présidente du Parti Acción Ciudadana, Costa Rica

"Les femmes noires ne sont pas dans la rue comme un résultat de la crise, elles ont toujours été dans la rue. Les esclaves devaient faire le travail du champ et de la maison, et elles y étaient également forcées. Les femmes du groupe dominant ont eu et ont une réalité totalement différente ".

Article

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24 octobre 2007

À l’école, pourquoi les héros ne sont jamais noirs?

Publié en novembre 2002

herois

Les noirs sont discriminés dans tous les recoins du monde ou les blancs sont majoritaires. Enseignant, votre classe serait-elle un territoire neutre? Pour peu que vous vous préoccupiez de traiter tout le monde de la même manière, les noirs continuent d'être discriminés. Vous voulez savoir comment? Pensez aux livres lus dans les classes. Montrent-ils des familles noires issues de la classe moyenne, heureux et ayant bien réussi dans la vie? Présentent-ils des princes, des rois et des reines qui ne sont pas blancs? Ne pensez-vous pas que c'est un problème? Imaginez vous donc ce que cela signifie d'être stimulé au plaisir de la lecture sans voir sa race représentée de manière positive dans les pages des livres. 

Pluralité Culturelle

Sujet: Le Préjugé racial

Objectif: Démontrer qu'il existe un racisme voilé au Brésil et que l'image des noirs dans les livres reste infériorisée par rapport à celle des blancs. Augmenter l''estime de soi  des élèves afro-descendants, susciter l'éveil de la classe quant à la diversité de la race humaine et promouvoir le respect des différentes ethnies.

Comment y arriver: Faites une enquête sur les héros et des héroïnes connus par le groupe. Ceux de couleur blanche seront probablement plus nombreux. Par la suite, présenter les personnages noirs de livres et de films (comme le dessin animé Kirikou et la Sorcière, disponible en VHS) et de personnalités représentées de manière positive. Discutez des raisons de cette différence, utilisez des recherches dans des journaux qui démontrent la discrimination

Conseil: N'arrivez pas avec un discours prêt sur le racisme. Laissez les élèves conclure que le préjugé et la discrimination existent au Brésil et qu'il faut les combattre. En parlant de la culture africaine et des rituels, préparez vous à être confronté au préjugé religieux.

"Les légendes, les contes de la carochinha et les mythologies aident les enfants à construire leur identité. Dans un processus de transfert, les petits se mettent à la place des héros et vivent les sensations des personnages", explique Taicy de Ávila Figueiredo, pédagogue et professeur d'Éducation Infantile à Brasília. Le sentiment d'infériorité et le rejet de soi sont les conséquences les plus communes dans l'estime de soi de celui qui ne se reconnait pas dans les histoires racontées à l'école. "Ils aiment tous être acceptés par leur groupe, par la société. Beaucoup d'élèves commencent à s'identifier comme des blancs", explique Ana Célia Silva, professeur de la Faculté d'Éducation de l'Université Fédérale de Bahia (UFBA). 

herois1

Vous devez vous demander comment fuir cette question, puisque les histoires consacrées du monde imaginaire sont européennes. La suggestion est d'entrer dans l'univers des légendes et de l'histoire de l'Afrique, de l'Orient, des indes... Voyez de quelle manière la professeure Maria Cecília Pinto Silva, de l'École Municipale d'Éducation Fondamentale Générale Esperidião Rosas, à São Paulo, à réussi à planter une graine contre le racisme dans le cadre d'une activité interdisciplinaire pour les classes Série 4 (CM2). Le projet a remporté le prix Éduquer pour l'Égalité Raciale, du Centre d'Études des Relations de Travail et des Inégalités (Ceert).

Expérience Pratique
Diagnostic/Objectifs — Après avoir exemplifié diverses attitudes racistes, l'enseignante a élaboré un projet pour susciter le respect des différences. Elle a demandé à la classe de dessiner les héros préférés, en anticipant déjà le résultat. La majorité cita des personnages blancs. Elle exploita les données et montra aux élèves, dans le cadre du cours de mathématiques comment élaborer des graphiques. Le résultat fut le suivant : 94% de personnages blancs, 4% d'orientaux et 2% de noirs.


Problématique — Maria Cecília présenta le héros Kirikou, du film Kirikou et la Sorcière. Le dessin animé se déroule en Afrique et tous les personnages sont noirs. La classe regarda le film, réécrivit  l'histoire et le synopsis et en fit la critique.

Par la suite, l'enseignante demanda un exercice de comparaison avec les contes imaginaires et l'étude des caractéristiques de ce genre littéraire. Pour commencer, elle posa une question: pourquoi ne trouve-t-on pas de personnages noirs dans d'autres histoires? Les élèves réussirent à se rappeler de quelques uns comme Negrinho do Pastoreio,  Zumbi et Tia Nastácia. Quelle est la différence entre eux et Kirikou? "Il est un héros, madame", répondirent-ils. Bingo! L'activité suivante fut la lecture de livres dont les personnages principaux sont noirs, comme Luana, de Aroldo Macedo. Ensuite, les élèves ont rechercher des reportages sur le racisme dans les journaux et les revues, tandis que Maria Cecília montrait des photos et des histoires de grandes icônes brésiliennes noirs, comme le professeur Milton Santos.
Prolongements — En sciences, plusieurs versions de la création du monde furent étudiés et l'enseignante présenta des légendes africaines et indigènes.
À ce moment, un élève musulman , un élève musulman partagea son exprience et enrichit la discussion sur la pluralité culturelle  (lire ci-dessous ).

Tolérance religieuse complète

"Je ne veux pas dessiner, ni entendre parler des orixás", avaient réclammé certains évangéliques durant le cours de Sciences de Maria Cecília. Le préjugé religieux est un autre défi auquel il faut faire face à l'école. Certains enfants ne voulaient pas participer à cette étape du projet. Pendant ce difficile projet, l'élève Kaled Abidu El Carim Abou Nassif, libanais et musulman a demandé du temps pour raconter la version de la création du monde de la religion de Mahomet.Comme la culture islamique est en évidence, les camarades avaient plein de question. Après deux orixás, anjos et Alá, les élèves ont fait la connaissance de l'histoire de Tupã et ont abordé les légendes indigènes. "Vous voyez? Nous ne sommes pas et nous n'avons pas besoin d'être tous pareils", indique l'enseignante, en expliquant que connaitre est très différent de convaincre.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://novaescola.abril.com.br/ed/157_nov02/html/pluralidade.htm

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Matilde Ribeiro rencontrera Donald Payne du Black Caucus

Matilde RibeiroFoto:Roosevelt Pinheiro/ABr

En mission aux États-Unis entre le 23 et le 25 octobre, la ministre Matilde Ribeiro rencontrera le groupe de travail en charge de l’élaboration de l’avant projet de la Convention Interaméricaine Contre le Racisme et Toute Forme de Discrimination et d’Intolérance, dont le rapport a été réalisé et financé par le gouvernement brésilien. Au premier jour de sa mission (hier), Ribeiro recevra le secretaire -exécutif de la Commission Interaméricaine de Droits Humains, Santiago Cantón.

Le 24, l’ambassade du Brésil organisera un déjeuner en l’honneur de la ministre de l’Égalité Raciale et des ambassadeurs des Pays de Langue Portugaise en mission diplomatique aux États-Unis. Par la suite, Matilde Ribeiro aura une réunion avec le président du Congressional Black Caucus International Task Force”, le député Donald  Payne, à laquelle participeront les membres du “Western Hemisphere Affairs” du Congrès des États-Unis. Le25, l’agenda de Ribeiro prévoit des réunions avec les autorités du gouvernement américain.

http://www.presidencia.gov.br/estrutura_presidencia/seppir/noticias/ultimas_noticias/MySQLNoticia.2007-10-23.5009

Traduit du portugais par Guy everard Mbarga

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19 octobre 2007

Éducation : L’intégration de la minorité afropéruvienne ou le défi de l’école démocratique

Máximo Estupiñan – Traduit de l’Espagnol Guy Everad Mbarga

Le présent article a pour finalité d’aborder le thème de la présence des noirs au Pérou du point de vue de l’intégration de ce groupe à deux éléments basiques de notre système éducatif, le curriculum, ses contenus d’une part et des textes scolaires et de leurs messages ethniques implicites d’autre part.

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Dès lors, nous prétendons, contribuer à la notion de la communauté noire au Pérou en tant que minorité ethnique non intégrée, non seulement aux politiques générales de l’État, ou à ses plans de développement, mais aussi aux discours historico-éducatifs des écoles, dans une société qui n’a pas encore reconnu une partie d’elle-même, rendant impossible son intégration non seulement à ladite société, mais également au pouvoir politique et évidemment aux contenus éducatifs.

Le problème de l’intégration sociale dans tous ses sens est un problème d’égalité de chances de même qu’un problème d’égalité de présences, au sujet des contenus éducatifs offerts.

Notre réflexion se fera alors autour de la faible intégration des noirs dans les textes, aux curricula  et à leurs contenus:

– Premièrement, nous observons que les contenus des curricula  de nos écoles n’incluent pas les périodes des populations noires africains préalables à l’expansion européenne, c’est à dire leur état, leur situation et leurs cultures antérieures. Ils ne mentionnent pas non plus la traite, les captures, le commerce et le transfert traumatique dans les bateaux négriers. Ils segmentent ainsi l’histoire de la formation de la population afropéruvienne, qui malgré ses origines forcées dans toute l’Amérique a débuté par des générations de noirs africains qui avaient déjà des cultures particulières élaborées très longtemps avant leur capture et leur transfert en Amérique, contrairement à ce que l’on prétend démontrer dans les textes.

– De la période coloniale est minimisé le rôle économique ardu joué par les noirs au Pérou, autant dans les haciendas que dans les grandes villes de la côte ; leur inlassable soif de liberté et leurs contributions autant du point de vue de la culture que de l’histoire, la religiosité, les arts, le folklore, l’alimentation et de nombreuses autres coutumes quotidiennes des péruviens contemporains.

         La participation active des noirs à et pour l’indépendance n’est pas non plus exprimée, comme ce fut le cas des Hussards de Junin, et encore moins durant les conflits entre royalistes et indépendantistes, conservateurs et libéraux pour recruter les esclaves qui combattirent au cours des guerres et construisirent une partie de cette liberté dont nous jouissons tous aujourd’hui.

– Dans la République n’est pas mentionné dans les textes le véritable caractère économique de l’abolition de l’esclavage, ni la participation militaire postérieure des noirs à la guerre du Pacifique , y compris même le monitor Huáscar .

– Plutôt que d’apparaitre de manière centrale à une certaine époque: la colonie, et avec le rôle des esclaves , ils disparaissent par la suite de cette «histoire officielle» durant toute la République, jusqu’à l’obtention de la «liberté», point auquel ils disparaissent immédiatement de notre «histoire pour les élèves» jusqu’à nos jours.

         En majorité, autant les programmes officiels que les textes scolaires coïncident dans une image extrêmement réduite, fausse et pauvre de la population d’origine afropéruvienne.

– A partir de cette réalité se révèle la nécessité de prendre les ethnicités comme le point de départ pour l’élaboration des programmes, textes scolaires au Pérou, puisqu’aucune présence ethnique n’apparait ou ne disparait dans une histoire à la dynamique ininterrompue et aucun texte ou programme ne répond adéquatement à la question : qui sommes nous? C’est-à-dire, une occurrence au thème important de notre identité.

– Même si l’ouverture du système éducatif national permet à des nombreux secteurs populaires d’accéder aux services éducatifs, la communauté noire a été l’une des plus tardives à intégrer ce processus du fait de la discrimination raciale et de genre et de la situation socio économique. Sans oublier que l’accès de la population afropéruvienne aux écoles a été liée au processus d’urbanisation et à celui de la migration campagne-ville.

Puisque nos écoles ne jouent pas un rôle remarquable dans la formation d’une image positive de la population afropéruvienne, ce n’est pas assez que des générations d’enfants et de jeunes noir étudient dans les écoles s’ils continuent d’y apprendre qu’ils ne font pas partie de notre histoire si ce n’est en tant qu’esclaves.

Il s’agit donc là d’un problème qui va au-delà de la simple présence des enfants noirs à l’école; c’est le problème du contenu de ce qu’on leur enseigne à leur propre sujet et de la manière dont une société n’a toujours pas pu les intégrer ni au curriculum nià son histoire de manière positive.

http://www.geocities.com/Athens/Crete/8530/artic12.html

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Dr Andoni Castillo : "Les Garifuna sont des Africains purs"

Publié le 14 mai 2007

Des Africains asservis en provenance de la Sierra Leone furent amenés dans ces îles et y vivent encore, pour la plupart, dans le dénuement et ignorants de leur histoire.

Le Docteur Castillo a réussi à obtenir des informations sur les colonies Britanniques en Amérique Latine en consultant les Archives Nationales du Royaume-Uni. Il attribue la majorité des problèmes d'institutionnalisation du Racisme envers les afro descendants, aux idéologies Européennes de suprématie de la race blanche, comme le note le Groupe International pour les Droits des Minorités (MRG) dans son rapport.

Avant les années 1960, les Afro descendants n'avaient pas la possibilité d'aller à l'école.

Le Docteur reconnaît  le mérite de Marcus Garvey, Martin Luther King et Malcolm X d'avoir attiré l'attention du monde sur la situation critique des noirs d'Amérique latine.

"Après les années 1960 la porte  légèrement ouverte pour les Africains qui en Amérique latine " commente t-il.

Mais, elle devrait quand même s'ouvrir plus largement afin de répondre à la nécessité pour l'histoire Africaine de faire entièrement partie du système éducatif.

Il pense que cela peut se faire au travers de l'action conjointe des organisations situées aux Etats-Unis et en Europe  qui visent les réparations. Le docteur Castillo croit cependant que, malgré les appels lancés par Malcolm X à la fin de sa vie pour l'unité Panafricaine, les leaders afro Américains contemporains se focalisent sur leur propres expériences et ont tendance à oublier la souffrance de leur voisins afrodescendants. 

La première conférence des leaders afro descendants se tiendra les 15 et 16 juin prochains. A partir de la conférence, un comité chargé des réparations sera constitué et fera avancer le processus. Le NCOBRA (National Coalition Of Blacks for Réparations in America, Coalition Nationale des Noirs pour les Réparations en Amérique) des États-Unis et Coalition Panafricaine Chargée des Réparations localisée en Europe ont pour l'instant apporté leur soutien.

Le docteur Castillo qui est membre de la communauté des Garifuna insiste sur le fait que les Garifuna sont des descendants des Mandingues du Mali, en Afrique de l'ouest, qui migrèrent en Amérique du Sud en 1302, 200 ans avant Christophe Colomb.

Les Garifuna luttèrent pour s'affranchir de l'asservissement Britannique et Espagnol et préserver leurs liberté, leur langage et leur culture.

La présence des Africains aux Amériques est documentée dans le livre : They Came Before Columbus (Ils y étaient avant Colomb), du Dr Ivan Van Sertima.

Deux oeuvres du Docteur Castillo paraîtront bientôt avec pour thèmes centraux l'esclavage en Amérique latine et la communauté des Garifuna de Colombie sur lesquels il a passé ces dix dernières années à faire des recherches.

Il a indiqué à Black Britain  qu'une bonne partie de l'histoire que les Européens ont écrite sur les Garifuna est fausse et biaisée.

"Si vous lisez les histoires relatées par des auteurs Européens au sujet des [ origines des] Garifuna, elles nous décrivent comme des descendants d'un mélange des races d'Arawaks, Amérindiens et d'esclaves Africains. Ils nous considèrent comme des Caribe noirs qui vivaient dans les îles St Vincent aux caraïbes il y a 200 ans. Ceci n'est pas vrai du tout. Nous sommes des Africains purs".

Traduit de l'Anglais par Xavier Owono Mbarga

http://www.blackbritain.co.uk/feature/details.aspx?i=105&c=race&h=Afro+descendants+in+Latin+America+gearing+up+for+reparations+battle+after+centuries+of+oppression+under+white+supremacy

Deborah
Par Deborah Gabriel

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18 octobre 2007

DE LA DIFFICULTÉ D'ÊTRE AFRODESCENDANT

D'après le Dr Andoni Castillo "En Argentine l'on trouve plus d’un million d'afro descendants. Pourtant, la présence des africains dans le pays est niée. Au Mexique, il y a trois millions d’afro descendants, pourtant le gouvernement Mexicain affirmera le contraire."

L'une de ses préoccupations majeure est l'absence de programme scolaire convenable qui enseigne l'histoire africaine.

Plusieurs afro descendants vivent isolés, sont appauvris, méprisés par le reste de la société et abandonnés par leurs gouvernements.

Le dénigrement des populations noires dure depuis si longtemps et va si loin que plusieurs de ceux qui parviennent à acquérir de l'éducation s'empressent de se débarrasser de leur origine pour se faire accepter.

« L’africain apprend des choses sur quelqu'un d'autre et une fois son diplôme en poche, il ne pense plus du tout comme un Africain ». Il a à l'esprit cette idéologie de suprématie par laquelle il pense: « j'étais noir mais je ne le suis plus. Je ne suis plus du tout Africain » explique le Dr Castillo qui ajoute ensuite que, l'Afro descendant instruit ne recherche pas de partenaire pour le mariage parmi les femmes noires mais cherche plutôt à se faire accepter en épousant des femmes blanches ou latino.

Comme Frantz Fanon l'observait dans son oeuvre Peaux Noires, Masques Blancs : « celui qui a été colonisé est élevé au dessus de sa jungle, selon qu'il adopte les canons de sa culture. Il devient de plus blanc, selon qu’il renonce à son état ». ( "The colonised is elevated above his jungle status in proportion to his adoption of the mother country's cultural standards. He becomes whiter as he renounces his blackness, his jungle.").

Comme le MRG le fait remarquer dans son étude, l'éducation est un moyen de promouvoir les valeurs européennes et les versions Eurocentriques dans lesquelles les Afro descendants, n'ont contribué en rien au développement mondial et les Africains sont présentés comme étant inférieurs aux autres races.

L'une des principales raisons pour lesquelles les Africains sont prêts à se défaire de leur identité est que la contribution des noirs à la formation de l'Amérique latine actuelle a été omise délibérément, une contribution qui n’est pas mentionnée dans les livres d’histoire.

Il s'agit en particulier du fait que le rôle joué par les afro descendants dans la lutte pour l'Indépendance de l'Amérique latine contre l'Espagne n'est pas connu. En Argentine, à Cuba, au Venezuela, à Porto Rico, en République dominicaine les Africains se sont battus à la ligne du front et pourtant cette information n'est pas mentionnée dans les archives, selon le Dr Castillo.

Il pense qu'il est peu surprenant qu'il y ait chez les afro descendants si peu d'estime et de confiance en soi, étant donné qu'ils sont bombardés par des images télévisées d'une Afrique déchue et frappée par la pauvreté alors qu'en même temps il leur est refusé de connaître leur vraie histoire.

Il croit qu'en constituant le comité en charge des réparations, cela permettra d’une certaine façon d’aborder l'héritage Européen de l'esclavage de possession des Africains et pense fermement que la priorité doit être la conception de programmes scolaires qui tiennent compte de l'histoire africaine.

L'enquête menée par le Dr Castillo dans de petites îles d'Amérique latine,

la République

du Honduras, le Costa Rica, le Nicaragua et Belize notamment, qui sont d'anciennes colonies Britanniques, lui a permis de découvrir que dans chacune de celles-ci il y a entre 5000 et 6000 noirs dont la langue d'usage est l'Anglais.

Traduit de l’Anglais par Xavier Owono Mbarga

http://www.colourfulnetwork.net/print/?i=105&c=Feature&n=bbo&a=print

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