Photo © MRG International

Par Deborah Gabriel

D'après une étude menée par le Groupe International pour les Droits des Minorités (MRG), les afro descendants vivant en Amérique Latine sont marginalisés sur les plans économique, social et institutionnel, et ne bénéficient que rarement des programmes de développement. Cette situation découle des mouvements esclavagiste et colonialiste qui ont eu lieu en Amérique du Sud.

La discrimination raciale est citée comme étant le principal facteur contribuant à la pauvreté au sein de la population noire qui ne participe pas à l'élaboration ou à l'application des mesures qui affectent leur vie quotidienne, parce qu'ils sont absents de la scène politique.

150 millions de personnes d'origine africaine vivent en Amérique latine, c'est-à-dire à peu près le tiers de la population totale. Ils habitent surtout en zone rurale et celle-ci se distingue par des infrastructures délabrées, peu d'écoles et d'hôpitaux, un faible revenu par habitant et un taux de chômage élevé.

Les afrodescendants (c'est ainsi qu'ils se définissent) représentent 40% des populations les plus pauvres de cette région.

Des études réalisées par la Banque Interaméricaine de Développement en 2001 ont permis de découvrir qu'au Brésil l'attribution d'une place dans une école dépend de la couleur de la peau de l'élève potentiel. Ainsi un grand nombre de personnes d'origine africaine n'ont pas accès à l'éducation.

Le Brésil compte le plus grand nombre d'afrodescendants  de l'ensemble de cette population en l'Amérique Latine –estimée à 150 millions d'habitants, soit 20 millions de moins que le Nigéria, pays le plus peuplé du continent noir ( Recensement de 2006 ).

En Colombie, 98 pour cent de la population noire ne dispose pas d'équipements collectifs qui lui soient destinés contre 6 pour cent seulement de la population blanche.

Ces exemples sont représentatifs des expériences des afrodescendats vivant dans toute l'Amérique latine.

Les initiatives de développement des organisations non gouvernementales ont très peu d'influence parce qu'elles travaillent rarement directement avec les organisations d'afrodescedants, mais plutôt avec les mêmes canaux gouvernementaux qui ont d'abord institué l'oppression économique et la discrimination.

Le mouvement note que cette attitude envers les afrodescendants a pendant des siècles été "fondée sur le concept de la suprématie de l'homme blanc". Ceci commença en 1492 avec l'expulsion de Maures noirs de la péninsule espagnole, dans le but d'évacuer les Africains et les noirs des colonies.

"les communautés espagnoles d'Amérique latine ont consciemment ou pas perpétué ce processus et cherché  à soutenir le blanchiment de leur population. Il s'agit là d'une élévation de tout ce qui est blanc et européen, et de l'exclusion de toutes les cultures et les races non blanches".

Le Dr Andoni Castillo, un anthropologiste Hondurien afrodescendant cherche à établir un comité chargé des réparations. Il a constitué un réseau avec des organisations de défense des droits des minorités, situées aux États-Unis et ici au Royaume-Uni. Il estime qu'il faudrait ouvrir un débat sur la détresse des afrodescendants en Amérique Latine.

Traduit de l'Anglais par Owono Mbarga Xavier

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