L’esclavage vu d’une manière générale est un état social défini par la loi et les coutumes comme la forme involontaire de servitude humaine la plus absolue.

Capture

 

Un esclave est caractérisé par le fait que son travail et ses services sont obtenus par la force, et sa personne physique est considérée comme la propriété de son maître qui dispose de lui ou d’elle à sa guise.

 

 

En vertu de cette définition, l’histoire a représenté de manière passive les personnes réduites à l’esclavage, alors qu’en réalité, il existe des registres historiques qui indiquent de quelle manière, dès leur capture, les esclaves réagissaient avec détermination pour conserver leur liberté.

 

 

Dans les compte rendus se distinguent des formes plus ou/et moins subtiles utilisées par les esclaves comme la mauvaise exécution des travaux; la mutinerie dans les embarcations; la fuite sur la terre ferme pour pénétrer dans la forêt, et former des communautés de nègres marrons ou palenques. Les palenques, connus sous le nom de quilombos au Brésil, cumbes au Venezuela ou marroons en Jamaïque étaient des villages construits sur des terres difficiles d’accès, entre deux falaises ou au milieu de la forêt.

 

 

Parmi les palenques les plus importants se trouve celui de San Basilio en Colombie, puisqu’il fut le premier lieu reconnu libre par la couronne espagnole dans ce pays et dans toute l’Amérique Latine.

 

 

Le combat pour la liberté fut initié par Benkos Biojó dans le palenque de la Matuna.

 

 

Des références historiques existent sur la capacité guerrière et le leadership de Benkos Biojó, qui attaquait les haciendas en libérant les esclaves. Des hommes et des femmes s’unirent avec enthousiasme à son armée. La rébellion s’étendit sur une large zone proche de Cartagena que Biojó parcourait en défiant les espagnols.

 

 

Le marronnage, d’autre part fut l’acte de rébellion face à l’oppression inhumaine dans les débuts de l’esclavage. Il s ‘est érigé en une véritable forme de mobilisation des esclaves , parfois de manière éparse, d’autres fois tel un projet de résistance militaire, sociale et culturelle contre l’oppression. Ces luttes furent vitales pour la déstabilisation du système colonial, puisqu’elles agirent comme des anti-thèses aux valeurs défendues par les régimes esclavagistes. Le marronnage représentait la sauvegarde des valeurs du peuple africain et l’affirmation de ses hommes dans leur liberté. À partir de cette nouvelle forme d’organisation, les marrons créèrent un nouveau mode de vie, une véritable république indépendante de laquelle ils établirent des autorités , des organisations propres et travaillèrent à la conservation de la langue, la religion, la musique, les danses et les coutumes, qui peu à peu se mélangèrent à celles des indigènes et des blancs selon le lieu de leur présence.

 

 

Les autorités élues prenaient des décisions politiques et militaires. Les marrons affranchis et armés d’outils élaborés par eux-mêmes comme des haches, des machettes, des pieux et des pierres, organisaient des attaques contre les esclavagistes et les autorités pour libérer leurs frères et pour se procurer de la nourriture et des armes. Leurs femmes les accompagnaient et pendant la préparation de la fuite, elles cachaient des graines dans leurs chevelure pour le nouvel ensemencement dans le palenque. D’autres formes d’établissement surgirent également à cette période.

 

 

En 1797, 5080 garifunas en provenance de l’île de San Vicente arrivèrent sur les côtes de Roatán, au Honduras actuel, pou rétablir leurs communautés.

 

 

Les membres de ce groupe fut transféré en tant que prisonniers de guerre après les batailles de résistance contre les anglais et les français pendant près de 40 années sur les côtes de ce qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de l’île San Vicente, appelée à cette époque par les arawakan Yarume ou Yolome.

 

 

À leur arrivée au Honduras, les Garifunas négocièrent avec les espagnols de Trujillo et se fixèrent très vite sur des terres continentales, formant des communautés tout au long de la Côte Atlantique comprenant le Guatemala, Belize et le Nicaragua.

 

 

Un autre exemple d’établissement  indigène afrodescendant est celui du peupleraizal dans l’Archipel de San Andrés, Providencia et Santa Catalina. Le peupleraizal est le produit de dynamiques coloniales qui débutèrent en 1527 avec des esclaves africains emmenés par des puritains britanniques, et leur mélange avec des peuples indigènes isthmiens et caribéens.

 

 

Les rébellions d’africains esclaves et de leurs descendants se produisirent sur tout le continent américain. Dans certains cas, les esclaves adoptèrent des noms africains, revendiquant ainsi leur africanité et forgeant des formes de résistance.

 

 

Ces tentatives connurent des fortunes diverses, de la reconnaissance d’autonomie de la part des autorités à la répression qui se voulait exemplaire avec l’exécution des insurgés .

 

 

Dans les Îles des Caraïbes au cours du 16ème siècle,  les soulèvements qui se sont produits dans la raffinerie de l’amiral Diego Colón et la rébellion dirigée par le noir Miguel (1552) dans les mines de  Buría (Venezuela), qui essaya d’unir les indiens et les marrons contre la domination coloniale, furent particulièrement importantes.

 

 

Au 18ème siècle se démarque la résistance organisée dans le quilombo de Palmares dans la forêt vierge brésilienne. Au cours du même siècle, deux guerres marronnes sont notables, en Jamaïque (1729-39, et 1795); le grand soulèvement des esclaves au Surinam (1772-1778); le soulèvement de Andresote au Venezuela (1732) et celui de Miguel Espinosa (1794).

 

 

Des esclaves enfuis de la raffinerie de Porto Calvo constituèrent au 17ème siècle une république dans le Brésil (correspondant à l’État actuel d’ Alagoas, dans la région de la "Serra da Barriga") qui dura plus de quatre-vingt-dix ans, défiant tout d’abord les hollandais et la consolidation de la colonie portugaise plus tard.

 

 

Cette république fut le premier état libre de l’Amérique, et 30 000 hommes et femmes africaines de diverses ethnies et traditions linguistiques y vécurent.

 

 

 

Le développement de la République de Palmares fut tel que, non seulement il s’auto suffisait, mais il vendait commerçait également ses cultures ( le maïs, porotos, le manioc, la cane à sucre, papa et tabac)aux hameaux voisins comme Porto Calvo, Serinhaen, et Ipojuca. Son développement fut également politique, puisque les citoyens de Palmares formaient leurs dirigeants pour l’administration des quilombos.

 

 

Les quilombos qui faisaient partie de la République de Palmares (Obenga, Anadalaquituchs, Dambrabanga, Subupira, Acotirene, Tabucao, Zambi, et Macaco) élirent Ganga Zumba, qui peut se traduire par grand seigneur (maître)de la République.

 

 

Même si on ne connaît pas le nombre de Zumbis qu’il y a eu dans la République de Palmares, on sait grâce à des rapports coloniaux que les deux derniers hommes qui occupèrent cette charge ont défini par leurs attitudes le futur de Palmares.

 

 

En 1694, après deux années de résistance, les troupes commandées par les mercenaires de la couronne portugaise réussirent à détruire

 

Macaco - la capitale de Palmares. Le dernier Zumbi se sauva à cette occasion et revint pour diriger de nouvelles attaques, mais le 20 novembre 1695, il fut assiégé dans sa forteresse ou il mourut en combattant héroïquement l’ennemi.

 

 

À Bahia, en 1798 Lucas Dantas et Luis Gonzaga das Virgens qui étaient des soldats, Joao de Deus do Nascimento et Manuel Faustino dos Santos Lira (tailleurs ou couturiers) lancèrent la Revuelta de los Alfayates (Révolte des Tailleurs) ou Inconfidencia Bahiana.

 

 

Inspirés par les idéaux de la révolution française, le groupe prétendait proclamer la république sur la base des idées de liberté, d’égalité et de fraternité et la république.

 

Rendre compte de toutes les actions menées par les esclaves est un exercice exhaustif qui va au-delà des possibilités de ce guide. ..

 

 

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

 

 

Extrait du Manual de los Afrodescendientes de las Américas y del Caribe

 

 

www.unicef.org/lac/manualafrodesc2006(1).pdf